DES DISPOSITIONS A APPORTER AU SACREMENT DE PÉNITENCE
Il est certain que le sacrement de Pénitence remet absolument tous les péchés commis après le Baptême, si graves soient-ils. Il change la peine éternelle due au péché en une peine temporelle, que nous devons subir en ce monde ou en l'autre, bien qu'il puisse remettre toute la peine temporelle, si la contrition est parfaite et très vive. Mais il est certain aussi qu'il n'opère ces heureux résultats que dans les âmes bien disposées.
Or, pour recevoir le pardon de ses péchés, il faut avoir la foi, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu; et, de plus, l'espérance en la miséricorde divine. Dieu a promis le pardon au pécheur pénitent, on peut compter sur sa parole. Ensuite, il faut demander à Dieu, par la prière, la grâce de recevoir ce sacrement avec fruit, car nous n^ pouvons rien sans le secours de Dieu. De plus, il est nécessaire de remplir les conditions posées par Dieu lui-même. Or, voici ces conditions :
r L'examen de conscience. La même loi
qui ordonne de se confesser ordonne de s'examiner, au moins sur les fautes graves, à moins que Ton n'ait commis que quelques péchés, dont on se souvienne distinctement. Comment s'accuser des péchés que l'on ne connaît pas, et comment les connaître sans examen? L'obligation de s'examiner sur les fautes graves est telle, que si, en la négligeant gravement, on oubliait ou si on risquait d'oublier des fautes mortelles, on ne ferait pas une bonne confession. L'examen des fautes vénielles est utile, sans être nécessaire. L'examen surlesfautesmortellesdoitêtre diligent et sérieux, mais paisible. Pourquoi se mettre inutilement l'esprit à la torture? Le moyen le plus facile de s'examiner, c'est de se servir d'un livre d'examen qu'on lit attentivement, ou que l'on fait lire devant soi par un enfant. On trouvera un examen à la fin de ce livre. Pendant cette lecture, on cherche à se rappeler les fautes graves commises par pensées, désirs, paroles et actions, contre les commandements de Dieu et de l'Eglise, sur les péchés capitaux et contre les devoirs de son état.
Si l'on ne peut lire, ni faire lire un livre d'examen, on parcourt dans son esprit les commandements de Dieu et de l'Eglise, en recherchant et en comptant les fautes commises, envers Dieu, envers ses parents, envers son prochain, envers soi-même, par pensée, par désir, par parole et par action. Et quand on a fait ce que l'on a pu, on se tient tranquille. On aura soin, en se présentant au saint tribunal, de dire son embarras à son confesseur, qui sera heureux d'aider son pénitent à s'examiner.
^2° Il ne suffit pas que le chasseur découvre le gibier, il faut qu'il l'abatte. C'est la contrition qui abat et tue le péché que l'examen a découvert. La contrition, c'est la douleur et la détestatiop
des péchés commis, jointe au ferme propos, à la résolution sincère de ne plus en commettre à l'avenir. Rien ne peut remplacer la contrition. Sans elle, l'examen, la confession elle-même, seraient de nulle valeur devant Dieu. Si vous ne faites pénitence (au moins par le repentir), a dit Notre-Seigneur, vous périrez tous. « On peut bien dire que l'on n'a pas péché, dit saint Augustin; mais il faut être plus que barbare pour prétendre, qu'après avoir péché, on peut obtenir le pardon sans la contrition. » En effet, le pécheur s'est éloigné de Dieu en aimant le mal, il ne peut donc se rapprocher de Dieu qu'en détestant le mal qu'il a commis. Donc, point de bonne confession sans la contrition, n'accusât-on même que des fautes légères ; et la contrition doit, en pratique, précéder l'absolution. Il faut donc avoir soin de s*y exciter et d'en produire les actes avant d'entrer au confessionnal : mais quand l'acte de contrition a été fait sincèrement avec l'intention de recevoir le sacrement, peu avant d'entrer au confessionnal, il n'est pas nécessaire de le refaire en recevant l'absolution.
Pour être capable de nous obtenir miséricorde, la contrition doit être dnis le cœur. Les juifs, pour marquer leur repentir, déchiraient leurs vêtements, et le prophète Joël leur disait : Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, par le repentir de vos fautes. Le cœur est le vrai coupable, c'est donc lui qui doit faire pénitence. Sans le regret du cœur, les manifestations de contrition ne seraient qu'hypocrisie. Mais quand ils partent du cœur, les gémissements, les pleurs, sont très salutaires. Saint Pierre, après son triple reniement, pleura le reste de ses jours; et ses larmes, à force de couler, tracèrent deux sillons sur sesjoues.
La contrition doit nécessairement être surna-
turelle, c'est-à-dire produite en nous par la grâce, sans laquelle nous ne pouvons rien. Il faut donc demander la contrition à Dieu, qui, seul, peut la donner. De plus, la contrition doit être produite en nous par des motifs surnaturels, c'est-à-dire par des raisons que la foi nous suggère. Se repentir d'avoir frappé quelqu'un, parce qu'en le frappant on s'est démis un bras, c'est un regret naturel que Dieu n'accepte pas. Il faut se repentir d'avoir offensé Dieu, et par des vues plus élevées que celles de la terre. Mgr de la Mothe, évêque d'Amiens, se préparait à la confession en faisant trois stations, l'une en enfer, l'autre au ciel et une troisième au Calvaire. Rien n'est plus salutaire que cette pratique. Avant de nous confesser, considérons en esprit cet abîme où les réprouvés, privés à jamais de Dieu, font entendre des cris de rage et de désespoir, tourmentés qu'ils sont par les flammes; hélas! nos péchés nous ont mérité le même supplice. Puis, transportons-nous au ciel, ce séjour où il n'y a plus ni tristesse ni larmes, et où tous les biens sont réunis. Là, l'âme possède Dieu qu'elle voit face à face et sans voile; elle trouve en lui tout trésor et tout bonheur. Hélas ! toute faute grave nous a fermé ce lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix. Enfin, mettons-nous en face du crucifix, de Notre- Seigneur agonisant sur la Croix, les pieds et les mains percés, la tête couronnée d'épines; et demandons-lui qui l'a réduit à cet état. Ce sont nos péchés. Oh 1 dépîorons-les amèrement.
La contrition puisée dans la considération de l'enfer mérité, du ciel perdu, des souffrances endurées pour nous par Notre-Seigneur est sainte; et, avec un commencement d'amour de Dieu, elle suffit, unie à la confession et à l'absolution, pour nous obtenir le pardon de nos péchés. Mais
cependant, elle n'est point parfaite encore, et on l'appelle contrition imparfaite ou attrition; car en se confessant, lame regrette d'avoir offensé Dieu, plutôt par intérêt pour elle-même, par amour d'elle-même, que par amour de Dieu. Donc, même en recevant le sacrement de Pénitence, il est bon, bien que cela ne soit pas nécessaire, de s'exciter à la contrition parfaite.
Pour recevoir le pardon de ses péchés sans recevoir le sacrement de Pénitence, la contrition parfaite est rigoureusement nécessaire. Elle est donc la seule planche de salut pour ceux qui, étant en danger de mort et en état de péché mortel, ne peuvent pas se confesser. Et comme tous peuvent un jour se trouver dans une situation si périlleuse pour le salut, tous doivent connaître en quoi consiste la contrition parfaite. C'est celle qui est produite en nous par l'amour parfait de Dieu. L'âme considère les perfections infinies de son Créateur que la foi lui fait connaître ; et cette considération la porte à dire à Dieu : 0 mon Dieu, parce que vous êtes infiniment parfait, je vous aime plus que tout. Mon malheur a été de vous déplaire, à vous qui êtes souverainement aimable ; j'ai un grand regret de vous avoir offensé, et par amour pour vous, je vous promets de ne plus le faire. Cet acte d'amour parfait, d'amour de Dieu, accompagné du regret de l'avoir offensé, inspiré par ce même amour, efface tous les péchés même avant la confession, quand il est accompagné de la résolution de se confesser et d'éviter toute faute grave.
Aussi cet acte dont nous donnons la formule à la prière du matin, dans l'appendice de ce livre, devrait être familier à tous les chrétiens. Il faudrait le produire du fond du cœur, dès qu'on a eu le malheur d'offenser Dieu, le soir, avant
d'aller prendre son repos, et surtout dans les dangers de mort que l'on peut courir. Quel malheur, si, en le négligeant pendant la vie, on se rendait incapable, par oubli ou ignorance, de le produire à la mort! Pour lors, c'en serait fait du salut, si l'on était en état de péché mortel.
Quel malheur pour un pauvre moribond, quand il n'a personne à ses côtés pour l'aider à produire, à sa dernière heure, un acte de contrition parfaite! A quoi lui servent les larmes, les cris de ceux qui l'entourent, s'il meurt dans la disgrâce de Dieu? Ce malheur, hélas! devient de plus en plus fréquent, à mesure que diminuent l'esprit de foi et l'instruction religieuse. Nous conjurons les personnes pieuses de nos villes et de nos campagnes de rechercher avec zèle les malades qui les avoisinent, de les disposer de bonne heure à la visite du prêtre, d'avertir à temps de leur état les ministres de Dieu, de ne pas abandonner les moribonds, même après qu'ils ont reçu les sacrements, et de les assister, jusqu'au dernier soupir, selon la méthode que nous donnons dans l'appendice. (Voir la Méthode pour assister les mourants, «rla fin de ce livre, dans l'appendice.)
La contrition doit, de plus, être souveraine. Ce qui ne signifie pas qu'on doive avoir une douleur plus sensible du péché que de tout autre mal, parce que la perte de Dieu, que nous ne voyons pas, nous frappe moins que celle des biens terrestres; mais nous devons estimer que la perte de Dieu est la plus grande de toutes, la déplorer avec une grande douleur et être bien déterminé, quoi qu'il arrive, à ne plus pécher au moins mortellement. Sans cela, il n y a point de pardon. Qui voudrait sacrifier son âme, le ciel, son Dieu, pour se procurer les viis intérêts et les malheureux plaisirs de ce monde?
La contrition doit être universelle, c'est-à-dire quelle doit s'étendre à tous les péchés mortels, non pas qu'il soit nécessaire de faire un acte de contrition sur chacun d'eux, mais on doit les détester tous en général, sans en aimer aucun. Celui qui reste attaché à un seul péché grave, quand même il détesterait tous les autres, ne peut obtenir le pardon d'aucun. Il aime ce que Dieu abhorre, il aime le mal, il ne peut donc être l'ami de Dieu, qui a tout mal en horreur. L'oiseau, ne fût-il enchaîné que par un pied, n'en serait pas moins esclave. Si l'on a commis des péchés mortels et des péchés véniels, il n'est pas absolument nécessaire d'avoir la contrition des péchés véniels pour faire une bonne confession; il suffit de se repentir de tous les péchés mortels. Toutefois, on ne reçoit pas le pardon des véniels, si l'on ne s'en repent pas. Si l'on ne confesse que des péchés véniels, pour que la confession soit bien faite, il faut au moins se repentir de l'un d'eux.
Sainte Thérèse, qui n'avait jamais péché mortellement, a pourtant écrit : « Je ne saurai jamais assez donner de larmes à ma triste vie. » Si l'on n'avait la contrition d'aucun péché véniel, quand on n'accuse que des fautes légères, la confession serait au moins nulle, ce qui est un grand malheur. C'est pourquoi il est très important que les personnes qui ne font que des fautes légères, s'excitent avant chaque confession à la contrition d'une faute plus sérieuse de la vie passée et l'accusent à la fin de la confession. Il en est qui s'excitent ainsi à la contrition d'une faute passée, mais ne s'en accusent pas; cela ne suffit point. Toutefois, il n'est pas nécessaire de confesser avec détail ce qui a déjà été dit dans des confessions bien faites; il suffit d'indiquer la vertu ou
AU SACREMENT DB PENITENc»
péché
le commandement contre lequel on a sérieusement.
Si la contrition manquait d'une seule des qualités que nous venons d'énumérer, elle ne serait point véritable, et, par conséquent, elle ne nous réconcilierait pas avec Dieu. Il est une autre qualité de la contrition qui n'est pas indispensable, mais cjui est pourtant très salutaire. Il est à désirer que la contrition soit durable et peisévérante
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Madeleine aux pieds de Jésus.
dans l'âme. C'était là celle de David : Mon péché est toujours devant mes yeux, disait-il; jour et nuit, mes larmes sont ma nourriture. C'est pendant trente ans que Madeleine pleura ses égarements. Si nous retombons si facilement, c'est parce que nous ne nourrissons pas assez habituellement dans nos cœurs la douleur de nos péchés passés.
3° La contrition suppose le ferme propos, et le
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ferme propos est la résolution énergique de ne plus pécher. Sans ferme propos, point de contrition, et, par conséquent, point de pardon. Auraitil une vraie douleur d'avoir désobéi à son père l'enfant qui lui demanderait pardon, ajoutant qu'à la première occasion il lui désobéira de nouveau ï Loin de lui pardonner, le père ne seraitil pas justement indigné de ce repentir dérisoire? Ayons donc soin, avant d'entrer au saint tribunal, en nous excitant à la contrition, de penser à l'avenir et de nous déterminer énergiquement, non par une demi-volonté qui ne suffit pas, mais par une résolution ferme, à ne plus pécher, au moins mortellement, et si nous n'accusons que des péchés véniels, à nous corriger au moins de l'un d'entre eux.
Quelles sont les qualités du ferme propos? — Il doit être intérieur, surnaturel, souverain et universel comme la contrition, et dans le même sens. On raconte d'un grand capitaine, que s'étant confessé une première fois, il fit des promesses à son confesseur. Celui-ci lui ayant demandé plus tard s'il y avait été fidèle : « Je n'ai jamais manqué de parole aux hommes, répondit-il; comment en manquerais-je à Dieu? » C'est admirable. Heureux ceux dont le ferme propos est efficace de cette sorte I Malheur, au contraire, à ceux qui, aussitôt après une confession, retombent sans résistance ! C'est une preuve que leur résolution manquait d'une qualité essentielle, la fermeté, l'efficacité. Quand la volonté de l'homme est bien affermie dans la haine du mal, elle ne se dément pas si vite; et si elle change aussitôt, c'est souvent une preuve qu'elle n'était pas vraiment décidée à éviter le péché.
Toutefois, tant que l'homme est en ce monde, il est sujet à faillir. La rechute, quand elle a lieu
assez longtemps après la confession, ne prouve pas que le ferme propos n'a pas été efficace, surtout si elle a été précédée d'une vraie résistance aux tentations. L'efficacité du ferme propos consiste donc à être, au moment où l'on se confesse, résolu de se corriger au moins des habitudes graves. Il ne suffit pas de dire : Je voudrais ne plus pécher, il faut dire : Je veux fermement, avec la grâce de Dieu. Et ici, qu'on n'écoute pas le démon qui cherche à persuader qu'on ne pourra pas vivre sans certains péchés favoris. La vérité est que ce qui fait le malheur de l'homme, en ce monde et en l'autre, c'est le péché. Malheur donc à ceux qui ne veulent pas renoncer à la haine, ni réparer les torts sérieux faits au prochain par le vol, la calomnie ou la médisance, ni faire une pénitence grave que le confesseur leur impose pour des fautes mortelles ! Ils ne peuvent recevoir leur pardon.
L'omission volontaire d'une pénitence grave, imposée pour des péchés mortels, est une faute grave; mais elle ne rend pas la confession mauvaise, si, au moment où le confesseur a imposé cette pénitence, on avaitl'intenlion del'accomplir.
L'efficacité du ferme propos suppose la résolution d'éviter les occasions prochaines et volontaires du péché, dont nous avons parlé au chapitre XXV, page 242, et de prendre les moyens de se corriger, de s'approcher par conséquent des sacrements, de sanctifier le dimanche, de prier surtout dans la tentation. Voudrait-il guérir le malade qui refuserait d'employer les remèdes nécessaires?
4° Outre la contrition et le ferme propos d'éviter le péché et d'accomplir la pénitence, il est nécessaire de confesser ses fautes, au moins mortelles, pour en recevoir le pardon. La qualité
essentielle de la confession, c'est la sincérité et la franchise. Il faut dire ses fautes sans exagération ni dissimulation. L'accusation des fautes légères n'est cependant pas nécessaire, bien qu'elle soit utile. La franchise sur les fautes sérieuses est si nécessaire, que sans elle la confession serait un sacrilège, n'omît- on l'accusation que d'une seule faute grave. Le Concile de Trente déclare anathème quiconque oserait prétendre qu'il n'est pas nécessaire de droit divin de dire tous ses péchés, même secrets, ainsi que les circonstances qui changent l'espèce du péché. Il faut donc accuser : 1" les espèces de péché. Il ne suffit donc pas de dire : J'ai péché, ni : J'ai fait beaucoup de fautes graves ; ni même : J'ai fait beaucoup de péchés contre telle vertu. Il faut dire quel péché on a fait, si c'est un blasphème ou un parjure, si c'est un péché de pensée ou un péché de parole, ou un péché d'action. 2° le nombre des péchés. Diminuer volontairement, ne seraitce que d'une faute grave, le nombre des péchés mortels, c'est faire un sacrilège. Quand on ne peut pas dire le nombre précis, il faut dire le nombre approximatif, en y ajoutant le mot environ. Si on ne peut même donner le chiffre approximatif, on dit : J'ai eu cette mauvaise habitude pendant tant d'années et je succombais tant de fois par jour, par semaine, par mois ou par an. 3° Les circonstances qui changent l'espèce du péché f par exemple, si on a frappé son père, il ne suffit pas de dire : « J'ai frappé un homme » ; quand l'homme qu'on a frappé ou insulté est le J père de celui qui le maltraite, c'est une circons- 1 tance qui change l'espèce du péché et qui doit être accusée en confession. Si, par une timidité excessive, on ne se sentait pas le courage de dire ses péchés, on pourrait les écrire tels qu'on les
connaît et remettre au confesseur le billet, en lui aisant:« Je m'accuse du péché que je vous ai écrit. » Saint Liguori lui-même indique cette méthode. Si on ne savait pas écrire, il faudrait dire à son confesseur avec confiance : « Mon père, j'ai une peine que je ne sais ni n'ose pas déclarer, veuillez m'aider. »
La contrition, la confession, le désir de satisfaire à Dieu par la pénitence accomplie sont comme la matière essentielle du sacrement de Pénitence, et sont aussi les dispositions que le pécheur qui veut obtenir sa grâce doit nécessairement avoir.
Si, dans les confessions précédentes, on avait, par ignorance ou oubli, manqué de ces dispositions, ce ne serait point une raison de se décourager. Il est un moyen facile de réparer les confessions mal faites, c'est la confession générale de tous les péchés de sa vie, ou la revue, c'està-dire l'accusation de tous les péchés commis depuis l'époque où l'on a commencé à mal faire ses confessions. Une confession générale est aussi facile et ne prend pas plus de temps qu'une confession ordinaire, et, avec l'aide d'un bon confesseur, on peut la faire bien et avec un grand profit spirituel, surtout dans un temps de mission ou de jubilé, quand on est sur le point de choisir un état de vie, quand on avance en âge, afin de se préparer à la mort. Ceux qui n'ont jamais, depuis leur Première Communion , fait des confessions générales, feraient bien d'en faire une dès qu'ils en auraient l'occasion favorable, et même de chercher cette occasion, en faisant un pèlerinage ou une retraite. La méthode que nous donnons à la fin de ce livre sera d'un grand secours pour se préparer au sacrement de Pénitence, et même à une confession générale.
Si les dispositions du pénitent sont la matière essentielle du sacrement de Pénitence, les paroles de l'absolution que le prêtre prononce en sont la forme nécessaire. Le prêtre seul peut absoudre, encore a-t-il besoin pour cela de recevoir de Tévêque l'approbation et la juridiction. Un juge ne peut rendre des sentences que dans le terri- , toire qui lui est assigné. Mais les fidèles peuvent se confesser à tout prêtre approuvé, même dans le temps pascal. Quand on a commencé sa confession à un prêtre, on doit retourner à lui pour ; recevoir l'absolution, à moins qu'on ne veuille refaire entièrement sa confession à un autre prêtre.
En vertu des pouvoirs que Dieu a donnés à ses ministres de remettre les péchés, la sentence que le prêtre prononce est ratifiée dans le Ciel ; et le * plus grand coupable, s'il venait à mourir après l'absolution bien reçue, ne serait pas condamné au tribunal de Dieu. Il pourrait toutefois passer un temps plus ou moins long en Purgatoire, s'il n'avait pas expié la peine temporelle dont le sacrement de Pénitence n'affranchit pas toujours, ou s'il n'avait pas eu soin de gagner les indulgences dont nous allons parler.