‹ Le livre de tousChapitre 141 sur 196 · DU CHOIX D UN ETAT · texte numérisé non relu

DU CHOIX D UN ETAT

un caprice d'enfant, on crut qu'en lui laissant! passer la nuit dans le monastère elle ne serait plus d'humeur à y rester le lendemain. Mais on^ vit le lendemain que sa volonté n'avait point changé. La supérieure, reconnaissant quelque chose de surnaturel dans sa constance, dit à la mère : « Laissez, Madame, votre fille avec nous, car c'est la grâce qui agit en elle. » Euphrasie, dont la vertu était plus grande que la tendresse, prit alors sa fille, la conduisit devant une image: de Notre-Seigneur et s'écria en pleurant : « Mon Seigneur Jésus-Christ, recevez cette enfant, puisqu'elle ne désire que vous, » Puis, elle se tourna vers sa fille, lui adressa ses recommandations et la remit entre les mains de la supérieure. Quelques années plus tard, celte mère généreuse, après une vie sainte, mourait dans le monastère entre les bras de sa fille. Et Euphrasie la jeune mar-i chait à grands pas dans cette carrière de vertus] et de prodiges, qui l'ont rendue si célèbre parmi! les Grecs, et qui l'ont fait vénérer par l'Eglisej comme une sainte.

Une certaine inconstance dans son désir d'êtn religieux n'est pas toujours une preuve de noi vocation. Si même ce désir renaît quand on est fervent et disparaît quand on est tiède, c'est une] preuve qu'il vient de l'esprit de Dieu.

En dehors des cas où l'on est obligé de choisir! un état plutôt qu'un autre, si l'on n'éprouve aucun! attrait pour un des états plus parfaits, sans avoir] non plus des empêchements pour un état quelconque, après avoir prié et consulté, on est libre] dans son choix. Si l'on se marie, on fait bien ; si on garde le célibat, on fait encore mieux; si onj embrasse l'état religieux, on aura encore plus de mérites. L'important, c'est de faire son choix cnj vue de Dieu, et de préférer l'état de vie où l'oi

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croira pouvoir faire plus facilement son salut. Entrer même dans l'état religieux avec une intention si chrétienne et sans autre vocation que cellelà, non seulement c'est permis, mais souvent c'est nécessaire d'agir ainsi, comme le remarque le grand théologien Suarez; dans beaucoup de déterminations des plus importantes, on n'a pas d'autres lumières. Il faut donc savoir s'en contenter. Qu'on évite de prendre pour une vocation l'inclination naturelle qui porte à aimer les personnes de sexe différent. Cette inclination ne prouve pas plus une vocation divine qu'un bon appétit ne prouve qu'on n'est pas appelé de Dieu au jeûne. Qu'on ne l'oublie point : il faut plus de raisons pour croire qu'on est appelé à un état où il suffit d'observer les commandements, que pour se croire appelé à un état où l'on doit observer les conseils, car Notre-Seigneur a manifestement exhorté à la pratique des conseils. C'est la réflexion de saint Ignace. On trouvera de plus grands développements sur les importants sujets que nous venons de traiter fort brièvement dans un opuscule que nous avons publié sous ce titre : Quelle est ma vocation ? (Se trouve à La Salette, par Corps, prix : 0 fr. 60.) Mais il est temps de revenir aux moyens de salut que nous avons entrepris d'exposer.

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