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remonté au ciel, où, assis à la droite de son Père, il règne en souverain sur l'univers et d'où il viendra pour juger tous les hommes. Pendant qu'il était sur la terre, il nous a dit qull était Dieu, qu'il nous instruisait lui-même de ce que nous devons croire et faire, qu'il ne pouvait ni se tromper ni nous tromper; et la raison nous dit assez que Dieu n'est ni ignorant ni menteur. Il faut donc croire ce qu'il a dit.
Il a chargé ses apôtres et ensuite le Pape et les évêques de nous instruire de tout ce qu'il nous a appris ; et il a promis d'être toujoursavec eux, afin qu'ilsnous disent toujours la vérité ; il a prouvé qu'il était toujours avec le Pape et les évêques, c'est-à-dire avec l'Eglise catholique, par les miracles qui ont toujours été opérés dans cette Eglise seule, et par les grandes vertus qu'ont pratiquées les saints que l'Eglise a produits. Nous connaissons les vérités enseignées par Dieu par le catéchisme, qui est en substance le même partout; et les vérités qu'on nous y apprend sont crues par tous les catholiques du monde et enseignées par tous les prêtres, par tous les évêques et par le Pape. Nous pouvons donc et devons dire avec certitude :
Acte de foi. — Mon Dieu, parce que vous êtes la science et la vérité infinies et que vous avez révélé vousmême ce que nous devons croire, je crois tout ce que vous avez dit et tout ce que l'Eglise enseigne.
Le Fils de Dieu nous a promis, quand il est venu sur la terre, le pardon de nos péchés, à condition que nous nous en repentirons et nous en confesserons; il nous a promis sa grâce et son secours, afin de nous aider à aller au ciel, à la condition que nous les demanderons par la prière. Il nous a promis le bonheur de voir Dieu, dans le ciel, face à face, tel qu'il est, à la condition que nous persévérerons dans son amitié. Notre-Seigneur a prouvé par des miracles ses promesses comme ses paroles. L'Eglise, qu'il assiste toujours, nous enseigne qu'il a réellement fait ces promesses. Nous pouvons donc compter sur elles; car, comme il nous l'a appris, il est fidèle, il est tout-puissant pour nous donner ce qu'il nous a promis, il est infiniment bon pour ses
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créatures, et, par conséquent, disposé à tout nous donner; e'tant le souverain bien, il a en lui-même tout ce qui peut nous rendre heureux. Nous devons donc lui dire :
Acte d'espérance. —Mon Dieu, parce que vous iiCavez 'promis le ciel, parce que vous êtes infiniment fidèle dans vos promesses, tout-puissant et bon, f espère que vous me donnerez, avec le secours de votre grâce, la faveur de vous voir un jour au Paradis.
Dieu nous a fait connaître qu'il était l'infinie perfection. Lui, en effet, qui donne toute perfection aux cre'atures, doit être plus aimable, plus beau, plus saint, plus parfait que toutes ensemble. Si nous avons bon goût et bon cœur, disons-lui souvent:
Acte d'amour. — Mon Dieu, parce que vous êtes infiniment parfait, je vous aime par-dessus tout, et pour l'amour de vous, faime mon prochain comme moi-même.
Celui qui aime Dieu par-dessus tout doit détester par-dessus tout ce qui l'offense, le péché. Quel grand malheur de ne pas avoir aimé toujours un Dieu si aimable, de l'avoir oublié, méconnu, outragé 1 Quel sujet de douleur et de regrets!
Acte de contrition. — Mon Dieu, parce que vous êtes souverainement aimable, je vous aime de tout mon cœur, et pour l'amour de vous, je me repens bien de vous avoir offensé dans toute ma vie, et je suis fermement résolu de ne plus vous offenser.
Ces actes sont comme des échelons par lesquels l'âme s'élève peu à peu, par la foi et l'espérance, jusqu'à la charité ou l'amour de Dieu, et jusqu'à la contrition parfaite qui se base sur la charité.
Or, il importe de le remarquer, la charité et la contrition parfaite effacent tous les péchés avant même qu'on reçoive le sacrement de Pénitence, de telle sorte que si, avant de mourir, on eu produit sincèrement les actes sans pouvoir recevoir les sacrements, bien qu'on les désire, on est cependant sauvé, eût-on même étéjusque-là hérétique ou païen. Pourquoi l'ignore-t-on, et pourquoi est-il des chré-
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tiens qui, se trouvant en face d'un moribond pour lequel le prêtre ne peut arriver à temps, le laissent expirer sans lui su^'^e'rer ces actes, soit par ignorance, soit par oubli? Quel malheur! Mais qu'on le remarque bien, la contrition parfaite, l'amour de Dieu supposent ne'cessairement la foi et la connaissance des motifs de la foi et des vérités nécessaires au salut, que nous venons d'exposer. Il est donc bien nécessaire d'enseigner aux malades et aux mourants, même aux petits enfants qui ont quelque connaissance, ces vérités élémentaires. C'est là une excellente préparation à la confession.
On ajoute que le Fils de Dieu a établi la confession pour qu'elle remette les péchés à l'homme coupable; que pour se confesser avec fruit il faut examiner ses péchés, dire tous ceux qui sont graves, avec leur nombre, leur espèce et les circonstances qui en changent l'espèce, en avoir le repentir et être résolu à ne plus les commettre.
Lors même que les malades ont déjà reçu l'absolution, il ne faut pas leur faire négliger de répéter ces mêmes actes, qu'on peut abréger une fois qu'on a instruit le moribond de la manière que nous venons d'exposer. Il suffit ensuite de lui faire dire : Mon Dieu, je crois en vous ; mon Dieu, f espère en vous ; mon Dieu, infiniment parfait, je vous aime ; pour l'amour de vous, je me repens de vous avoir offensé. Il ne faut pas fatiguer le malade; si donc il ne goûtait pas ces actes, il suffirait, tant qu'il n'est pas à l'extrémité, de les lui faire répéter à de longs intervalles ; et s'il était très souffrant, on se contenterait de lui suggérer un seul acte à la fois, par exemple : Mon Dieu, je crois en vous, en lui disant qu'il suffit qu'il le dise du cœur; et plus tardon lui ferait dire: Mon Dieu, j'espère en vous, et ainsi de suite.
Quand approche la dernière heure, il faut faire tout le possible pour que le prêtre soit là, afin de donner encore une foisrabsolution aumoribond à son dernier soupir, lors même que le malade aurait été administré depuis peu. Il peut se faire, hélas ! qu'après les sacrements reçus cette pauvre âme succombe à quelque tentation de désespoir ou autre semblable.
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Si le prêtre ne peut être là à ce moment de'cisif, il faut avoir soin d'écarter de la couche et de l'appartement du malade les proches parents, qui n'auraient pas assez de foi ni de force pour contenir leurs larmes et leurs sanj^lots. C'est le sage conseil de saint Lieuori. Il est clair, en effet, que ces manifestations de douleur peuvent troubler un moribond et lui donner occasion de se désespe'rer. A plus forte raison faut-il écarter de lui les personnes qui auraien t e'té, durant sa vie, un péril pour sa vertu.
L'absence du prêtre rend plus nécessaire encore la présence d'un paient, d'un ami, d'une personne fortement chrétienne, qui suggère au malade les actes de foi, d'espérance, et surtout les actes de charité et de contrition parfaite.
Quand le moribond perd ses sens, il ne faut pas se lasser. Les médecins attestent, aussi bien que les théologiens, que le sens de l'ouïe se perd un des derniers. Souvent donc un malade, qui passe pour avoir perdu connaissance, entend encore. Il faut donc à très haute voix et lentement dire à ses oreilles, jusqu'au dernier soupir, les actes du chrétien, en les interrompant pour ne pas le lasser, et lui inspirer de remettre son âme entre les mains de Dieu, d'invoquer les noms de Jésus, Marie, Joseph, tout en persuadant à ceux qui seraient présents de prier instamment pour lui et en particulier de réciter les prières de la recommandation de l'âme.
Heureux ceux qui sauront se dévouer à cette œuvre, la plus nécessaire de toutes, d'assister ainsi les mourants. Us ouvrirontle ciel à une multitude d'âmes et se prépareront à eux-mêmes la grâce d'une bonne mort.