JE CROIS EN JÉSUS-CHRIST, HLS DNIQUE DE DIEU
Dieu le Père a un Fils véritable, de même nature que lui, égal à lui, éternel comme lui étant un seul et même Dieu avec le Père. C'es< par son Fils que le Père a créé le monde. Le Fils est donc Créateur de toutes choses, comme le Père. C'est lui qui a rempli le ciel de milliers d'anges. C'est lui qui a peuplé la terre d'hommes. C'est lui que Dieu promit pour Sauveur à notre père coupable; et depuis lors, l'humanité tout entière soupirait après sa venue. Il était attendu des païens eux-mêmes.
Enfin, l'heure marquée parles décrets éternels sonna. Le Fils de Dieu, la seconde Personne de la Sainte Trinité, notre Souverain Maître, lui qui ri 'avait point de corps, non plus que le Père et le Saint-Esprit, fut envoyé par son Père, qui a aimé le monde jusqu'à lui donner son Fils unique. L'Eternel se fit homme comme nous; et en restant Dieu, il prit un corps et une âme semblable? aux nôtres, afin de se faire voir à nous, de nous parler une langue que nous puissions comprendre et afin de souffrir pour expier le péché de notre premier père et nos propres péchés.
En restant vrai Fils de Dieu, il devint véritablement homme. La nature divine s'unit en lui à
la nature humaine, de manière à ne faire qu'une seulePersonne, la Personne du Fils de Dieu, ayant, avec la divinité, un corps capable de souffrir et de mourir, avec une àme humaine douée d'intelligence, de volonté, de sensibilité comme la nôtre. Mais, en prenant notre humanité, il ne voulut point participer au péché ni aux passions humaines qui sont le fruit et la semence du péché. Qui dira sa naissance merveilleuse?
Une vierge, la Vierge Marie, le conçut par un lîiracle du Saint-Esprit, sans perdre sa virginité; ^lle l'enfanta le 25 décembre. La fête de Noël lous rappelle cet événement. Marie fut sa vériable Mère ; mais il n'eut point d'autre père sur la terre que son Père céleste. Si Dieu devait naître, pouvait-il naître d'une autre que d'une vierge? Et si une viergesanstache devait enfanter, a qui pouvait-elledonner lejour,sinon à un Dieu?
Quand l'Enfant-Dieu fut né, saint Joseph lui donna un nom révélé par l'archange Gabriel, un nom qui exprimait toute sa mission; il l'appela Jésus, c'est-à-dire Sauveur : car il venait sauver le monde. C'est dans une pauvre étable qu'il veut naître. Celui qui vient nous apprendre le mépris des grandeurs et des richesses. Mais en même temps que la Vierge l'adore dans la crèche où elle l'a déposé, les anges se penchent pour contempler ce doux Enfant si beau, en qui ils reconnaissent leur Créateur et leur Roi. Les anges invitent leurs frères de la terre à venir l'adorer avec eux. Et les bergers accourent; et ils se prosternent devant le Dieu qui vient de naître.
Une étoile d'un éclat extraordinaire brille sur i'horizon. Les rois de l'Arabie l'ont contemplée; ils se souviennent de cette étoile qui devait sortir de Jacob, d'après leur prophète Balaam. Ils suivent sa clarté; et elle les dirige à Bethléem,
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jusqu'au berceau de l'Enfant-Dieu. Ces trois rois
radorent et lui offrent des présents : de l'or comme à un roi, de l'encens comme à un Dieu, de la myrrhe, symbole de la pénitence, comme à un homme. Hérode a peur pour son trône et il veut le mettre à mort. Joseph, le gardien de la virginité de Marie, prend l'Enfant et sa Mère et fuit avec eux en Egypte, et il y reste jusqu'à la mort d'Hérode.
Après qu'il n'a plus rien à craindre de la fureurl
du prince, il revient à Nazareth. Et Jésus, jusqu'à trente ans, est soumis, lui, le Roi du ciel, lui, à qui obéissent les anges, lui qui gouverne le monde, il est soumis à Joseph et à Marie. Joseph et Marie travaillent, ce sont d'humbles ouvriers, ils gagnent leur pain à la sueur de leur front. Jésus travaille avec eux, nous apprenant par là les deux grands devoirs de l'homme : obéir et travailler; l'obéissance, qui triomphe de notre orgueil et nous préserve des écarts de la propre volonté; le travail,
qui dompte le corps et nous délivre de l'oisivelé
et de la sensualité.
Maisl'heure estvenue deremplir, d'une manière plus éclatante, sa mission. Il est venu nous apporter non seulement l'exemple de ces vertus morales qui font l'homme, mais encore la foi, l'espérance, la charité qui font le chrétien.
Les peuples étaient dans les ténèbres et l'ombre de la mort, ils ne connaissaient pas le chemin du ciel. Jésus voulut le leur enseigner; mais pour
donner à sa parole une autorité divine, le Père céleste voulut faire connaître au monde le trésor qu'il possédait en son Fils. Au jour du baptême de Notre-Seigneur, le Saint-Esprit descendit sur lui, sous la forme d'une colombe ; la voix du Père retentit : C'est là mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Cette même voix se fit entendre au jour de la Transfiguration et elle ajouta : Ecoutez-le.
Jésus lui-même fit des œuvres divines et prouva
sa divinité par des miracles. Aux noces de Gana, le vin manque, Jésus-Christ, en présence de tous les convives, change en vin excellent Teau qui remplissait six vases de pierre ; c'est par là qu'il débute. Pendant trois années, il sème à la fois des miracles et des bienfaits. Il éteint les ardeurs de la fièvre dans la belle-mère de saintPierre, il commande aux vents, à la mer, et les tempêtes se calment aussitôt. Avec cinq pains, il nourrit, au désert, cinq mille hommes. De ses doigts, il touche les oreilles des sourds, et ils entendent; les yeux des aveugles, et ils voient. Il rend le mouvement aux paralytiques, eussent-ils depuis trente-huit ans perdu l'usage de leurs membres. Les possédés sont délivrés à sa voix. Les muets publient la puissance de celui qui leur a rendu la parole : il guérit les lépreux. Trois morts sortent du tombeau, éveillés par sa voix puissante. Même au jour de sa passion, d'un mot il renverse les soldats qui viennent se saisir de lui. Et même à sa mort, la terre entière sera ébranlée et prendra le deuil. Les prodiges de Notre-Seigneur remplissent l'Evangile. Les hérétiques, les schismatiques en conservent le récit, aussi bien que les catholiques, et y croient fidèlement. Que dis-je ? les historiens païens en ont gardé le souvenir. En faisant de telles œuvres, Jésus-Christ pouvait donc dire sans crainte d'être démenti : Je suis le Fils de Dieu ; et il l'a confessé, même à la veille de sa mort devant ses plus cruels ennemis. Il a pu ajouter : Si vous ne croyez pas à mes paroles^ croyez à mes œuvres. Ses œuvres étaient d'un Dieu ; ses paroles étaient donc divines ; aussi les apôtres ont-ils cru. Que dis-je? les bourreaux eux-mêmes, en descendant du Calvaire, se disaient, en se frappant la poitrine : Il était vraiment le Fils de Dieu. Puisqu'il était Dieu et Fils de Dieu, comme il l'affirmait et
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le prouvait, il ne pouvait enseigner que la vérité et toute la vérité; Dieu peut-il se tromper? est-il capable de mentir ? Ce serait un blasphème que de le prétendre.
Dans le cours desâges, que de martyrs ont versé leur sang pour attester la divinité de Jésus-Christ I Et Dieu a confirmé leur témoignage par d'éclatants miracles. Dans les persécutions d'Hunéric, roi des Vandales, trois cents catholiques confessèrent la divinité de Jésus- Christ et eurent, pour ce fait, la langue coupée jusqu'à la racine. Mais tous, après ce supplice, continuèrent de parler avec une facilité merveilleuse. Cet éclatant miracle eut de nombreux témoins, entre autres l'empereur Justinien lui-même, qui avait vu à Constantinople quelquesuns de ces généreux confesseurs.
Gyrola, chef des ariens, ne pouvant prouver la fausseté des miracles opérés par lescatholiques, résolut d'en faire un en apparence, pour se conserver le crédit qu'il avait parmi les siens. Il donna donc 50 pièces d'or à un pauvre homme, à condition qu'il contreferait l'aveugle, et que, se trouvant sur son passage, dans une place publique, il le prierait, au nom de Dieu, de lui mettre la main sur les yeux, et de lui rendre la vue. La chose étant ainsi concertée, Cyrola, qui se fit accompagner de trois prélats, passa, comme par hasard, devant ce faux aveugle, qui, ayant le mot, s'écria aussitôt : «Ecoute-moi, bienheureux Cyrola; exauce-moi, saint prêtre de Dieu, prends pitié de mon aveuglement. Fais-moi ressentir le pouvoir que Dieu t'a donné, et que tant de lépreux, d'estropiés et de morts ont éprouvé. » L'hérétique, s'arrêtant à ses paroles, lui dit : « Pour preuve que la foi que nous professons est véritable, que tes yeux, à cet instant, soient ouverts. » Dieu Entendit ce blasphème et, pour en faire voir Tim-
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piété en présence de la foule que l'hérétique avait fait assembler exprès pour être témoin de son miracle imaginaire, il renditvéritablementaveugle celui qui faisait semblant de l'être, et lui causa une si grande douleur aux yeux qu'il ne pouvait pas la supporter. Ce coup de la justice divine découvrit toute la fourberie; car ce misérable, sentant toute la violence de sa douleur et se voyant privé de la vue, commença à crier que Cyrola Tavait corrompu et lui avait donné de l'argent pour faire l'aveugle, et que, ne l'étant pas, il l'était devenu par une juste punition de Dieu : « Imposteur, disait-il à cet impie, tu as voulu tromper les hommes, et Dieu t'a justement confondu. Tu as voulu faire semblant de me rendre la vue, et tu es cause que je ne vois plus; voilà l'argent que tu m'as donné, rends-moi la vue que tu m'as ôtée. » Mais la puissance de Dieu n'en demeura pas là, elle acheva le miracle, elle rendit le triomphe parfait ; car le nouvel aveugle s'étant tourné vers les évêques catholiques et les ayant suppliés d'avoir pitié de lui, quoiqu'il fût indigne de toute miséricorde, ils lui dirent : « Si tu as la foi, toutes choses sont possibles à celui qui croit. » « Je crois, répondit-il, en Dieu le Père Tout- Puissant, en Jésus-Christ, Fils de Dieu, égal à son Père ; au Saint-Esprit consubstantiel au Père et au Fils: celui qui ne croit pas qu'ils ont tous trois une même substance et une même divinité, qu'il souffre le même châtiment que j'endure. » Sur cette confession, saint Eugène, évêque de Garthage, fit le signe de la Croix et dit tout haut : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, un seul vrai Dieu en trois Personnes égales en puissance et en majesté, que tes yeux soient ouverts et recouvrent la vue. » Aussitôt que la dernière parole fut prononcée, la douleur de ce
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misérable cessa, et il commença de voir clair comme auparavant. Un si grand prodi^^e couvrit les ariens dehonte, et donna sujet aux catholiques de leur reprocher les ténèbres de leur hérésie et la malignité de leur imposture.
La mort d'Hunéric n'est-elle pas elle-même, comme celle des persécuteurs de l'Eglise, une preuve de la divinité de Jésus-Christ? Cette mort fut la plus tragique et la plus détestable que l'on ait jamais vue sur la terre ; car saint Victord'Utique dit que les vers le mangèrent et le consumèrent tout vivant. Saint Grégoire de Tours ajoute qu'il entra en frénésie, qu'il mangea ses propres membres et que le soleil s'éclipsa, à sa mort, des trois quarts de son globe, comme pour témoigner une horreur de ses crimes, et saint Isidore de Séville écrit que les entrailles lui sortirent du corps et qu'il eut la même fin que le misérable Arius, dont il avait soutenu si fortement la doctrine.
Or Jésus-Christ a instruit, pendant trois ans, des pêcheurs de Galilée, dont il a fait les colonnes de son Eglise, les bases de la société qu'il venait fonder. Il a promis d'être avec ses apôtres et le Pape et les évêques, leurs successeurs, jusqu'à la consommation des siècles, pour les préserver de toute erreur. Ses promesses sont sincères, comme sa parole est vraie, parce qu'elles sont divines; et c'est ainsi qu'il a donné aux hommes la foi inébranlable, parce qu'elle repose sur la vérité et la science de Dieu et sur l'Eglise infaillible par la promesse et l'assistance de Dieu. Quel bienfait !
Pour en apprécier la grandeur, il faudrait connaître dans quelles ténèbres d'ignorance étaient plongés, ceux même qui, avant Jésus-Christ, passaient pour philosophes, et il faudrait comprendre la sublimité de la doctrine de Jésus-Christ-., ... 0 mon Sauveur, vous nous avez appelés des
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ténèbres à votre admirable lumière, je m'attache à jamais à votre parole, à votre Evangile, je crois tout ce que vous avez dit, je veux vivre et mourir dans cet foi 1