‹ Le livre de tousChapitre 28 sur 196 · JÉSUS-CHRIST NOTRE SAUVEUR · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST NOTRE SAUVEUR

Les promesses divines sont le fondement de nos espérances, comme les paroles divines sont la base de notre foi. Jésus-Christ a promis le pardon au pécheur qui se repent, le secours divin, la grâce au faible qui le prie, le ciel à ceux qui observent sa loi. Ses promesses sont enregistrées clairement dans l'Evangile et elles nous sont attestées, soit parles hérétiques et les schismatiques, soit surtout par l'Eglise infaillible. Or, Dieu est fidèle. L'homme peut manquer à sa parole, encore est-ce pour lui un déshonneur ; Dieu ne peut manquer à la sienne.

Qui pourrait, en effet, Tempêcher de nous accorder grâce et pardon et de nous ouvrir le ciel? N'est-il pas tout-puissnnt? et celui qui rend la vie aux morts ne peut-il pas donner le paradis à ceux qui le servent ? La bonté de Jésus-Christ pour nous ne serait-elle pas assez grande pour qu'il veuille nous donner ce qu'il nous a promis ? Oh ! rassurons-nous.

Ce qui éclate dans la vie du Sauveur, c'est la tendresse miséricordieuse qu'il porte à l'homme. Personne n'est repoussé par le divin Maître, ni les pauvres, ni les malades, ni les lépreux, ni les poss'^.dés. Il accueille jusqu'aux petits enfants ; et il les caresse, les bénit et les rend à leurs mères, aui sonttoutes fières de l'affection qu'illeura témoisnée. Il aime les pécheurs; il mange et boit avec

eux ; et quand on lui en fait le reproche, il répond : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.

Peut-on oublier l'histoire de Madeleine, qui arrose de pleurs les pieds de Jésus et les essuie de ses cheveux; l'histoire de la femme adultère à qui il dit : Personne ne vous a condamnée ? — Personne, Seigneur. — Ni moi non plus, je ne vous condamnerai pas. Allez, ne péchez plus. Jérusalem a repoussé toutes ses avances miséricor-

dieuses; et sur elle il pleure, au lieu d'appeler le feu du ciel. Quel affligé Jésus a-t-il rencontré sans le consoler? La veuve de Naïm pleurait; il ressuscite son enfant et le rend à sa mère, heureuse et consolée. Marthe et Marie pleuraient leur frère. Jésus n'y tient pas : Où Vavez-vous déposé ? demande-t-il. On le mène au sépulcre. En vain on lui dit : « Déjà il est tombé en corruption » ; il pleure et il crie de sa voix puissante * Lazare, sortez; et Lazare sort du tombeau.

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Ce qu'il a fait alors, ne Ta-t-il pas renouvelé à travers les siècles. Il est des mères qui pleuraient la mort spirituelle de leurs fils, des sœurs qui gémissaient sur les égarements de leurs frères. Elles ont invoqué Jésus et ces morts sont ressuscites. 0 tendresse du cœur de mon Jésus ! Ni les bourreaux eux-mêmes, ni le larron crucifié à côté du Sauveur n'ont pu s'y soustraire : Père, pardonnez-leur, disait-il de sa Croix. Aujourd'hui vous serez avec moi en paradis. Quand un Dieu

tout-puissant et si bon nous promet le ciel, qui oserait désespérer ? 0 Jésus, je m'élance vers le le ciel et je crois le posséder déjà, puisque vous me l'avez promis et que c'est de vous, si bon, que je l'attends. Gomment votre cœur compatissant me le refuserait-il ? Mais vous êtes venu apporter non seulement la foi et l'espérance, mais encore la charité.

La charité, c'est un lien d'amitié qui unit le Créateur à la créature. Dieu aime sa créature ; la

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créature se tourne vers Dieu, l'être infiniment parfait et aimable qu'elle connaît par la foi ; et elle lui dit : Je vous aime comme mon souverain bien. Voilà la fin de l'homme : aimer Dieu et en être aimé. L'homme, par sa chute, était ennemi de Dieu; et le péché le séparait de son Créateur irrité contre lui. Incapable de payer la dette contractée envers la justice divine, il ne pouvait prétendre à rentrer en grâce avec son Dieu. Jésus est venu, il a pris sur lui tous nos péchés ; il s'est chargé d'apaiser la colère de son Père, en les expiant. Son humanité, telle est la victime innocente qui devait porter la peine due aux coupables. Voyez le divin Jésus, couronné d'épines, le corps tout entier labouré par les fouets des bourreaux, il accepte la croix qui lui est préparée et sur laquelle il doit mourir. Après trois douloureuses chutes, il arrive au Calvaire : crucifiement, fiel et vinaigre, rien ne lui est épargné.

Il expire en disant : Tout est consommé; ô mon Père, j'ai achevé l'œuvre que vous m'avez confiée^ qui est celle du salut des hommes. Je leur ai donné l'exemple de toutes les vertus qu'ils doivent pratiquer : de l'obéissance, du travail, de l'humilité, de la résignation dans la souffrance. Je leur ai appris à vous connaître, je leur ai donné ma Mère pour être leur appui ; je viens de laver leurs crimes dans le sang que j'ai versé pour eux; afin de leur donner la marque d'amour de toutes la plus éclatante, mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains; et, inclinant la tête, il rend le dernier soupir,

Jésus était mort, son âme était séparée de son corps, bien que la divinité restât unie à l'un et à l'autre. Dès lors, nous étions sauvés. Comme homme, il avait vraiment souffert pour nous ; la justice du Père était satisfaite. La divinité, qui ne

pouvait ni souffrir ni mourir, avait donné à cette expiation un prix infini. L'homme devenait enfant de Dieu, il pouvait désormais aimer son Père céleste. Gomment en effet ne pas aimer ce Père adorable, qui nous a donné son propre Fils? Comment ne pas donner son cœur à ce Fils de Dieu, qui nous a aimés et s'est livré pour nous? Quand j'aurai été élevé de terre, avait dit le Sauveur, j attirerai tout à moi; et, en effet, le

spectacle de sa mort a attiré à son amour toutes les âmes pures.

« Nul homme, quelque grand qu'il soit, n'a jamais été aimé plus longtemps que sa vie, disait

Napoléon P"" sur son rocher de Sainte-Hélène

Aujourd'hui, qui aime César, Alexandre? Non; les grands hommes ne sont pas aimés I Jésus- Christ, c'estleseul. Mais jemeconnaisen hommes. Jésus-Christ n'est pas un homme. Voilà pourquoi, après dix-huit siècles, on aime Jésus-Christ. » Il est vrai qu'on aime aussi les saints; mais c'est à

cause de Notre-Seigneur, qui leur a communiqué ses vertus. Jésus-Christ seul est aimé pour luimême, parce qu'il est le Dieu infiniment parfait, bon, aimable et toujours vivant.

Après sa mort, pendant que son corps était déposé dans le tombeau, son âme sainte descendit dans les limbes, où l'attendaient les justes de l'ancienne loi : elle leur annonça que le ciel, jusque-là fermé, leur allait être ouvert. Puis, le troisième jour, Jésus-Christ ressuscita parla vertu de sa toute-puissance.

C'est ce mystère que nous rappelle la solennité pascale. Il se fit voir vivant aux saintes femmes, à plus de cinq cents témoins; puis il remonta au ciel en présence de ses apôtres. La plupart de ces témoins ont donné leur sang et leur vie pour attester la résurrection et l'ascension glorieuse de Jésus-Christ.

La fête de l'Ascension nous fait célébrer l'entrée triomphante de Notre-Seigneur dans le ciel.

Assis à la droite de son Père, c'est-à-dire égal à son Père en majesté, en gloire, en puissance, le Fils de Dieu règne sur l'univers ; mais sa bonté lui fait un devoir d'intercéder sans cesse pour nous; au dernier jour, il descendra pour juger les vivants et les morts (1).

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