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CHAPITRE XII

LE SAINT-ESPRIT, l'ÉGLISE

Le Saint-Esprit, c'est la troisième Personne de

adorable Trinité, véritablement Dieu, comme le

Père et le Fils, desquels il procède comme d'un

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unique principe, n'étant qu'un seul vrai Dieu, avec le Père et le Fils. Quoique toutes les œuvres de Dieu soient communes aux trois Personnes, on attribue au Père celles de la puissance, comme la création du monde ; au Fils, celles de la sagesse, comme la rédemption des hommes; Dieu a su concilier, dans l'œuvre de la rédemption, les droits de sa justice avec ceux de sa miséricorde ; on attribue au Saint-Esprit celles de l'amour, comme la sanctification des âmes.

Cet Esprit divin, qui descend dans chaque âme, par le sacrement de Confirmation, dont nous parlerons plus loin, est descendu sur les apôtres et sur l'Eglise naissante, au jour de la Pentecôte. Selon Tordre de Notre-Seigneur, les apôtres étaient, depuis l'Ascension, réunis au Cénacle, persévérant dans la prière avec Marie, Mère de Jésus. Et voici que le matin du dixième jour de leur retraite, on entendit partir du ciel comme le bruit d'un vent violent, qui remplit toute la maison où ils étaient assemblés. Et des langues de feu leur apparurent, et se répandant, s'arrêtèrent sur la tête de chacun d'eux; et ils furent remplis du Saint-Esprit, de cet Esprit de vérité promis par le Sauveur; et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que cet Esprit divin leur en accordait le don.

Or, il y avait à Jérusalem des juifs réunis de toutes les nations de la terre; et chacun d'eux entendait les apôtres parler en sa langue. Tous étaient stupéfaits; et dans leur admiration, ils disaient : « Ceux qui nous parlent, ne sunt-ils pas tous Galiléens? Gomment donc les entendonsnous parler notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée, de la Gappadoce, du Pont, de l'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte et

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de la Lybie, tous, nous les avons entendus, parlant notre langue propre. » Pierre, prenant la parole devant eux, leur prêche Jésus-Christ ressuscité; et trois mille demandent le baptême après le premier sermon du chef des apôtres.

A son second sermon, cinq mille personnes se convertissent. Et, dès lors, on voit ces premiers fidèles, dans leur ferveur, vendre leurs biens, mettre tout en commun, persévérer dans la prière, louer Dieu et se concilier, par leur vie sainte, l'estime de tous. Et le Seigneur augmente chaque jour leur nombre. Tels sont les commencements de cette Eglise fondée par Notre-Seigneur et sanctifiée par le Saint-Esprit. Cette Eglise, c'est le peuple fidèle répandu dans tout l'univers. C'est une société parfaite dont le chef invisible est Jésus-Christ; et le chef visible, le Pontife romain, successeur de saint Pierre. Elle a tous les pouvoirs qu'ont les sociétés humaines, et de plus grands encore; car c'est la seule société établie dune manière surnaturelle par Dieu lui-même. Toute puissance ma été donnée, a dit Jésus-Christ en la fondant, comme mon Père m'a envoyé je vous envoie. La puissance de l'Eglise est donc la puissance même de Dieu, mise au service de 1 Eglise pour qu'elle puisse diriger les hommes vers la béatitude éternelle, qui est la fin de son institution, fin voulue par Dieu.

Pour tout ce qui tend à cette fin, et pour tout ce qui en détourne, l'Eglise a donc des droits supérieurs à ceux des sociétés humaines, dont le but est le bien temporel de l'homme. Elle l'emporte sur elles, comme l'âme l'emporte sur le corps, le ciel sur la terre. Dans un cas de conflit avec les puissances civiles, c'est à elle, comme étant supérieure, à juger et à décider. Les princes chrétiens lui sont soumis comme les peuples fidèles .

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C'est son divin Fondateur qui lui a donné le droit d'enseigner toutes les nations. Personne ne peut le lui ravir sans injustice ; et elle peut enseigner non seulement la science divine, mais encore les sciences humaines, qui sont en harmonie avec la science divine, car le Seigneur est le Dieu de toutes les sciences. Et si d'autres que l'autorité de TEglise établissent des écoles, l'Eglise a le droit de surveiller leur enseignement, afin qu'il soit conforme à la vérité qu'elle est chargée de garder intacte, et afin que les fidèles soient préservés de Terreur, dont l'Eglise est divinement préservée par une assistance infaillible de l'Esprit- Saint, dans tout ce qui regarde la foi et la morale.

C'est au Pape, chef de l'Eglise, qu'a été promise cette assistance divine, quand Notre-Seigneur dit à Pierre : J'ai prié pour toiy afin que ta foi ne défaille pas; affermis tes frères dans la foi, s'ils chancelaient. Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les puissances de Cenfer ne l'emporteront pas sur elle. Ce sont là des vérités catholiques. (Voir ce qui a été ditp. 25.)

L'Eglise a dans son sein tous les fidèles qui, obéissant au Pape, successeur direct de saint Pierre, que Notre-Seigneur a fait chef de son <]glise, et aux évêques unis au Pape et successeurs des apôtres, croient tout ce que Dieu a révélé et participent aux mêmes sacrements institués par Jésus-Christ, sans lesquels l'homme ne peut arriver à la vie surnaturelle. Ceux qui refusent de se soumettre aux pasteurs de l'Eglise sont des schismatiques; ceux qui refusent de croire •es vérités révélées de Dieu et proposées par •'Eglise sont des hérétiques. Ceux qui ne participent pas aux sacrements de l'Eglise sont catho- Bques plus de nom que d'effet.

Tous sont hors de la voie du salut; car c'est

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par les sacrements que Notre-Seigneur a voulu élever les hommes à la vie surnaturelle et les appeler à voir un jour face à face la gloire de son Père. Sans eux, il n'y a point de salut, à moins qu'on ne soit absolument empêché de les recevoir, tout en le désirant. Celui qui, étant hérétique de bonne foi, ou même infidèle, et qui, éclairé d'une lumière particulière de la grâce, concevrait en son cœur la connaissance de Dieu l'appelant à le voir au ciel face à face, produirait un acte de foi, s'exciterait à un amour pur des perfections de Dieu, que la grâce lui ferait connaître, au repentir sincère d'avoir offensé un si bon Maître et au désir de faire tout ce que Dieu exige, cet hérétique, cet infidèle, dis-je, appartiendrait à l'âme de l'Eglise^ quand même il ne la connaîtrait pas, et il serait justifié.

Mais il n'est point de salut pour celui qui refuse d'entrer dans l'Eglise, qu'il connaît être la véritable, ni pour celui qui, ne la connaissant pas, n'est pas élevé par la grâce à la foi et à l'amour parfait de Dieu joint à la contrition parfaite des péchés commis. (On sait que Dieu, voulant le salut de tous, ne refuse jamais sa grâce à quiconque n'y met point d'obstacle.) C'est en ce sens qu'il est absolument vrai de dire : Hors de l'Eglise point de salut. Ce n'est que par l'Eglise et les sacrements reçus ou désirés, que Dieu remet les péchés.

Et l'Eglise a reçu de Dieu le pouvoir de remettre tous les péchés sans exception. Tout ce que vous délierez sw la terre sera délié dans te ciel, a dit Notre-Seigneur, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. Le péché originel est effacé par le baptême, et les autres péchés par le sacrement de pénitence dont nous parlerons plus loin.

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Heureux donc ceux qui vivent dans le sein de cette seule vraie Eglise ; heureux le troupeau qui n'a qu'un pasteur, le Pape, successeur de Pierre, le Vicaire de Jésus-Christ. Les pasteurs des autres sectes chrétiennes n'ont pas été envoyés par Dieu. Jésus-Christ a donné mission à ses apôtres et, par eux, à leurs successeurs et à leurs envoyés, mais pas à d'autres. Ceux qui ne sont pas envoyés par l'Eglise catholique, ne sont donc pas entrés par la porte, mais par ailleurs; et ils sont de< larrons, selon le langage du divin Sauveur, car il-b n'ont pas reçu de mission légitime. L'Eglise, en effet, loin de les envoyer, pour annoncer l'Evangile en son nom, les a^ exclus de son sein. Comment donc osentils prêcher sans mission?

Que s'ils allèguent une mission divine, prise en dehors de l'Eglise, qu'ils la prouvent. Pour la prouver, il faut qu'ils opèrent des miracles, attestant qu'ils sont envoyés de Dieu. Or, entre tous, ils n'ont pas pu guérir un cheval boiteux, selon le mot plaisant d'Erasme, tandis que l'Eglise, fondée par Notre-Seigneur et par les apôtres, a multiplié les miracles à travers les âges.

Miracle, que la générosité de plus de quinze millions de martyrs, parmi lesquels d'humbles femmes, de faibles enfants, qui ont confessé leur foi, au milieu de tourments capables d'ébranler des héros. Miracle, que cette EgHse toujours persécutée, et seule persécutée et toujours triomphante. Miracle, que les prodiges opérés par les saints. Point de saint n'est canonisé sans qu'il ait opéré au moins deux miracles avérés; et l'examen de ces miracles est tellement consciencieux, que des protestants se sont convertis en voyant la sage et consciencieuse rigueur que l'Eglise met à cet examen. Or, il y a des saints

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canonisés dans tous les siècles. Les miracles, voilà le cachet divin dont l'Eglise est marquée. Elle a, de plus, la sainteté qu'ont pratiquée un grand nombre de ses membres. Dans l'Eglise seule, la vie religieuse a conservé dans toute sa pureté les vertus des premiers fidèles, qui mettaient tout en commun. L'Eglise seule a fait fleurir la virginité, qui est son plus bel ornement et que tous les hérétiques ont plus ou moins foulée aux pieds. Les protestants n'ont pas même réussi à faire une religieuse de Saint- Vincent de Paul ; et leurs chefs n'ont renoncé à la foi de l'Eglise que pour avoir une femme, malgré leurs serments.

La divinité de l'Eglise éclate aussi dans les haines qu'elle suscite. Tous les méchants s'unissent contre elle, tandis qu'ils laissent la paix à d'autres croyances absurdes. Toutes les passions conspirent à sa ruine. Elle est donc la vérité et le bien, puisqu'elle a pour ennemis le mensonge et le mal. Des impies demandaient à La Harpe quelle était sa religion : « Je suis chrétien, dit-il, parce que vous ne l'êtes pas. Une religion qui a pour ennemis mortels les plus mortels ennemis de toute morale, de toute vertu, de toute humanité, est nécessairement l'amie de la morale, de la vertu, de l'humanité, donc elle est bonne. »

Malgré toutes les haines, l'Eglise traverse les siècles, comme son divin fondateur, en faisant le bien. Semblable à un fleuve qui répand sur ses rives la fécondité, elle fait jaillir partout sur son passage la civilisation dont nous sommes fiers et des œuvres admirables, par lesquelles elle console et soulage toutes les infortunes. Sophocle, ce poète immortel, fut accusé de démence par ses enfants, qui voulaient entrer en possession de ses biens. Pour toute défense, le poète lut ^ ses juges son dernier poème : od

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couronna le glorieux vieillard, et ses indignes enfants furent flétris par l'opinion publique. Pour se défendre contre les accusations d'enfants rebelles, l'Eglise n'a qii'à montrer son Evangile et à présenter ses œuvres.

Les esclaves lui doivent la liberté dont ils jouissent. C'est elle qui a rendu à la femme sa dignité. C'est elle qui fait voir au riche un frère dans le pauvre. Ceux qui la haïssent sont sûrs de trouver en elle, le jour où ils ouvriront les yeux, une mère miséricordieuse, qui leur ouvrira ses bras pour leur pardonner et les réconcilier avec le ciel.

Renoncer à l'Eglise catholique, c'est donc renoncer à la religion divine, à la seule planche du salut. C'est renoncer au ciel. Qu'on îe comprenne bien et qu'on ne l'oublie jamais.

Henri IV, roi de France, étant pressé par ses amis d'abjurer le protestantisme, dans lequel il avait été élevé, demanda aux évoques si on pouvait se sauver dans l'Eglise romaine ; ils répondirent que non seulement on pouvait s'y sauver, mais que hors de son sein il n'y a point de salut. Il s'adressa ensuite aux pasteurs protestants qui lui répondirent qu'on pouvait, en efl'et, se sauver dans l'Eglise catholique. « S'il en est ainsi, répondit-il, je me fais catholique ; car dans une chose si grave, il faut prendre le parti le plus sûr. » Et il se fit catholique. Le parti qu'il prit n'était pas seulement le plus sûr, il était le seul sûr, car il n'y a pas deux véritables Eglises de Jésus-Christ.

« Je n'aime pas ceux qui changent de religion., disait un prince protestant à M. le C' de Stolbert, — Ni moi non plus, dit le comte, car si mes ancêtres n'avaient pas changé de religion, je n'aurais pas été obligé de revenir au catholi-

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