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DU CULTE DES SAINTS

Le culte, c'est le respect que Ton porte à quelqu'un à cause de son excellence. Il y a un respect naturel, comme celui que l'on a pour son père ou pour le chef d'un Etat. Il y a un culte religieux que l'on rend à quelqu'un, à cause de son excellence surnaturelle. Il n'est question ici que du culte religieux. A proprement parler. Dieu étant le seul être absolument élevé au-dessus de toute nature créée, mérite seul le culte d'adoration, par lequel la créature intelligente reconnaît son souverain domaine et lui proteste de son absolue dépendance.

Il n'est pas de créature intelligente, sans en excepter la Sainte Vierge, qui ne doive ce culte à Dieu; et rendre le culte d'adoration à une créature quelconque, ce serait une monstrueuse idolâtrie dont l'Eglise catholique a horreur, bien que ses ennemis l'accusent calomnieusement d'adorer la Vierge ou les saints. Nous adorons, il est vrai, l'humanité sainte de Notre-Seigneur, car le respect, comme dit saint Thomas, affecte non une partie d'une personne, mais la personne tout entière. On n'honore pas la main d'un homme, mais l'homme lui-même. En adorant l'humanité de Notre-Seigneur, on adore la Personne divine, à laquelle elle est unie.

Il est aussi des créatures qui ont participé à la vie divine, par la grâce qui leur a été abondamment communiquée, et qui, à cause de leur excellence, méritent un culte, non d'adoration, mais de respect surnaturel. Ces créatures privilégiées sont les anges, les saints et surtout l'auguste Mère de

Dieu, que sa dignité et ses mérites élèvent audessus de tous les autres bienheureux. Nous honorons les saints comme étant les amis de Dieu, les îemples du Saint-Esprit, élevés dans la gloire, audessus de tout ce qui est grand ici-bas, et nous ne ies honorons pas, comme s'ils tenaient leurs mérites d'eux-mêmes, mais en tant qu'ils les ont acquis par les mérites de Jésus-Christ. C'est un grand honneur pour Notre-Seigneur de ne s'être pas contenté de mériter lui-même, mais d'avoir procuré aux saints, par ses mérites, la grâce de mériter. En sorte que l'honneur rendu aux saints rehausse l'honneur dû à Notre-Seigneur, loin de l'amoindrir. Il faut qu'il soit bien grand le Roi du ciel, lui qui a des serviteurs qui sont dignes euxmêmes de notre vénération. Aussi, de tout temps, les fidèles ont-ils vénéré les saints.

Le culte des saints consiste à les honorer, à les invoquer et à les imiter.

On honore les saints en célébrant leurs fêtes, surtout celle des patrons qui nous ont été donnés au baptême, ou qui protègent le pays que nous habitons. Le meilleur moyen de célébrer ces fêtes, c'est de s'approcher, en ces jours, des sacrements, et c'est un étrange abus, au sein du christianisme, que de changer les fêtes patronales en fêtes de monde. Les âmes chrétiennes, loin de prendre part à ces réjouissances diaboliques, doivent en gémir et en écarter les gens de leur maison. Gomme la multitude des saints est innombrable et que les jours de l'année ne suffisent pas à fêter chacun d'eux, l'Eglise, ne voulant pas qu'aucun d'entre eux restât sans recevoir de ses frères de la terre l'honneur qu'il mérite, a institué la fête de la Toussaint, pour les célébrer tous à la fois. Cette fête doit donc être chère à la piété des fidèles.

On honore les saints en vépérant leurs images

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