‹ Le livre de tousChapitre 8 sur 196 · NÉCESSITÉ DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA RELIGION

soldats par les impiétés qu'il débitait sur le pontdu na vire. Yoici que les vents changent, les flots se soulèvent et un naufrage devient imminent. Que fait Volney? il se rend au fond du navire; tremblant, il prie un bon religieux, qu'il rencontre, de lui prêter son chapelet, et se met à le réciter de tout son cœur. L'orage s'étant dissipé, les soldats cherchent notre incrédule et se rient de sa peur et de son impiété. « On n'est athée qu'au coin du feu, répond Volney ; l'athéismeiie vaut rien quand la foudre gronde. »

A l'exemple de Volney, les esprits forts de nos jours, quand ils sentent approcher la mort, prouvent que leur indifférence ou leur impiété n'était pas chez eux à l'état de conviction, et qu'elle ne les rassurait guère, à moins que Dieu, pour les punir, ne les laisse entourés d'amis cruels qui écartent le prêtre, juste châtiment d'une vie passée dans la compagnie des méchants et dans l'esclavage du respect humain.

D'Alembert qui, avec Diderot, avait écarté le prêtre de la couche où Voltaire mourant se tordait de désespoir, demanda, avant de mourir, à voir le curé de Saint-Germain. Un de ses amis sortit, soi-disant pour l'appeler, mais n'en fit rien . D'Alembert insiste ; on sort de nouveau et on rentre en disant que le prêtre était empêché, mais ne tarderait pas d'arriver. Le malade, effrayé d'attendre toujours, fait porter un billet au curé par un de ses domestiques; mais quand le prêtre arriva, d'Alembert n'était plus qu'un cadavre. Malheur à ceux qui, de leur vivant, s'entourent d'amis impies!

Souvent, même en pleine santé, les incrédules sentent si bien que c'est une honte d'être irréligieux, qu'ils protestent avoir leur religion dans leur cœur. Et, mêDF^e chez les b^'^bares, ce ne fut

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jamais un honneur d'être irréligieux. Partout et totijours, on a reo^ardé comme une honte d'être, pour un bon père, un fils rebelle et ingrat. Que doit-on donc penser de celui qui, rebelle et ingrat envers Dieu, lui refuse le culte qui lui est dû? C'est un être dénaturé.

Il est des hommes qui naissent avec un corps tronqué, ce sont des monstres ; d'autres sont à jamais privés de l'usage de la raison, ce sont des insensés. Or, il manque à l'impie ce qu'ont tous les hommes complets, le sentiment religieux ; et l'homme sans croyance est un insensé, car il est en contradiction avec la raison universelle.

C'est un être malheureux, livré en proie à ses viles passions, dont la religion est le seul frein ; il est condamné à souffrir, sans espérance d'un avenir meilleur. Toutes les douleurs de la terre. Il faut donc avoir une religion, si l'on veut être un homme et ne pas faire^ avec sa propre ruine, celle de la famille et de la société dont on est membre. « Celui qui ne croit pas à la religion est bien malheureux, disait un roi d'Angleterre à Lally Tollendal ; mais celui qui veut empêcher les autres d'y croire est bien criminel. »

IL n'y a qu'une religion véritable

Mais qilelle religion choisir entre les différentes croyances qui se partagent l'humanité? A cette question, la plus grave de toutes, nous entendons parfois faire cette absurde réponse : Toutes les religions sont bonnes. Quel langage insensé! C'est dire qu'il vaut autant adorer les oignons avec les Egyptiens, ou les serpents avec les habitants du Dahomey, que le vrai Dieu, Créateur du

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ciel et de la terre. C'est dire que les juifs, qui ont crucifié le Fils de Dieu, sont aussi agréables à la divinité que les chrétiens qui adorent Jésus- Christ mort pour leur salut. C'est dire que le oui et le non sont vrais en même temps sur la même question. Car les diverses croyances qui se partagent l'humanité disent, les unes oui, les autres non, sur le même sujet. Si l'une a raison, l'autre a nécessairement tort.

Puisqu'il n'y a qu'un Dieu, il n'y a qu'une foi c'est-à-dire qu'une manière de l'honorer; et tous les hommes ont les mêmes devoirs à lui rendre, puisqu'ils sont tous ses enfants; il doit exiger de tous le même culte.

Qui donc est assez insensé pour tenir un pareil langage : « toutes les religions sont bonnes ! » Ce sont les indifférents, qui ne veulent pas se donner la peine de pratiquer une religion quelconque. Dans un sans-souci qui effraye, ils disent : « Toutes les religions sont bonnes, » tout en pensant qu'il est inutile d'en embrasser généreusement aucune. Et, s'il y a une vraie religion, comme c'est certain, et qu'ils ne la pratiquent pas, à quoi s'exposent-ils? Ils risquent non pas seulement leurs affaires, leur commerce, l'avenir de leurs enfants, leur vie même, toutes choses qui sont entre les mains de Dieu et par lesquelles il peut les punir; mais de plus ils jouent leur âme, leur éternité. Ils font, par leur négligence, le scandale de leur famille et la ruine de la société dont la religion est le plus ferme appui.

Etre irréligieux ou indifférent, c'est tout un. Les conséquences désastreuses de l'impiété sont aussi celles de l'indifférence. De quoi nous occupons-nous en ce monde, et qu'y faisons-nous, si nous ne mettons pas en sûreté notre âme pour l'éternité? et c'est la religion vraie qui nous pré-

servera du malheur de la perdre. Il est donc capital pour l'homme de chercher à connaître cette religion seule vraie et, après l'avoir connue, de s'y attacher de tout cœur.

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