TOUS NE TUEREZ PAS
La charité n'est pas la seule vertu que l'on doive pratiquer envers le prochain. La justice est d'une obligation rigoureuse à l'égard d'autrui. Cette obligation est même plus stricte que celle de la charité, et si elle est violée, elle entraîne la charge de restituer ce que l'on a ravi au prochain. Or, le bien de l'homme le plus précieux, c'est la vie. Le cinquième commandement de Dieu défend de la léser par homicide et par tout ce qui y conduit.
L'homicide est un crime que toutes les lois divines et humaines ont proscrit. Il revêt un caractère particulier de malice, si on le commet à l'égard d'un parent, d'un prêtre ou d'un prince. Caïn sera en exécration jusqu'à la fin des siècles pour avoir trempé ses mains dans le sang de son frère Abel. Théodoric, roi des Goths, fit mourir injustement le sénateur Symmaque. Le remords de son crime le poursuivait partout; et un jour qu'on apporta sur sa table la tête d'un grand poisson, son im.agination frappée lui fit voir, dans le plat, la tête de Symmaque, fraîchement coupée, qui se mordait les lèvres et le regardait d'un œil furieux. Il en fut si épouvanté que, saisi d'un frisson, il se mit au lit, en pleurant son crime,- et il mourut trois heures après, dans d'atroces et humiUantes douleurs.
Un malfaiteur ne peut être mis à mort que par l'autorité publique; les gendarmes eux-mêmes n'ont pas le droit de le tuer, à moins que sa tête n'ait été mise à prix. On a le droit de se défendre contre un injuste agresseur, mais on ne peut le