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chasse j)onr sa compagne et pour lui , il apporte le fruit de ses larcins, et dans leur habilalion souterraine il leMloure de soins et d'égards. Pendant la nourriture des petits, il s'en occupe autant que la mère, et lors= que, plus forts, ils sont en état de se suflirc, lidèle à la loi animale, le couple se sépare et chacun va de son côté.
Ces animaux voleurs et voraces attaquent quelquefois les hommes endormis , sentent les cadavres sur les champs de bataille et viennent les dévorer. Fins, rusés, lutteurs dans nos climats, ils sont imprudents et sans défense dans I île de Behring; on les a'^somme à coup de bâton sans éprouver d'eux la moindre résistance. En Asie, le Renard Ysatis est fort commun} le Ccdme dont il jouit en multiplie beaucoup l'espèce.
Le second groupe des Digitigrades offre à notre intérêt un genre im= portant; les principaux animaux de ce genre fournissent au commerce un produit fort utile provenant de la matière odorante qu'ils poitent dans une poche pi es du ventre; cette matière en est extraite avec facilité; elle a un grand rapport avec le musc. Ces animaux sont nocturnes, et vivent à la manière du Renard ; ils font leur nourriture des j)etils oiseaux et des petits quadrupèdes qu'ils vont surprendre dans leurs nids et à la chasse; leurs dents ressemblent à celles des Chiens. Leur pelage est très-fourni de poils soyeux et de poils laineux. La Civette, proprement dite, a été Éaussement appelée Chat musqué; cet animal est de couleur cendrée.
Quoique originaire des pays chauds de la Guinée et des parties centrales de l'Afrique, la Civette peut vivre sous les climats tempérés et froids, pourvu qu'on la protège contre les i;ijures de l'air.
L'Asie est le pays des Civettes et ces Zibets : ces deux animaux diffèrent peu de forme et de mœurs. Li s Zdjets portent aussi une liqueur odorante avec eux ; l'Asie fait un comn erce très-grand du produit de ces animaux. Les animaux du genre Civetle sont farouches et même un peu féroces; ils peuvent cependant être apprivoisés assez facilement; ils y voient la nuit comme les Chats; leurs yeux brillent dans l'obscurité
Comme des flambeaux. On reconnaît encore, dans le genre Civclte, la Mangousle , célèbre chez les Égyptiens, qui lui rendaient uu culte idolâtre.
Cet animal est de la taille d'un écureuil; il est vif, alerte, fin, et, malgré son naturel un peu féroce, s'apprivoise aisément.
Le troisième groupe des Carnivores digitigrades réunit les animaux de cette tribu les plus cruels, les plus carnassiers et les plus redoutables par leur force; ces animaux, partagés en deux genres, comprennent les H}è« nés et les Chats.
La il>L-iie.
Les yeux de la Hyène brillent la nuit d'un éclat sinistre; scai corps mal fait, son allure ignoble et sa toison dégoûtante achèvent le la rei-dre hideuse. L'odeur qu'elle exhale est infecte : son aspect i.is ;re l'eflioi. Sauvage et vorace, elle vit de chairs qu'elle laisse pourrir avant d'y tou= cher, et lorsque les basses-cours, où elle s'introduit la nuit pour tout détruire, ne lui ont pas procuré une récolte assez abondante, et quand sa chasse dans les bois, où elle att;ique les panthères et le lion, a été infructueuse, on la voit s'introduire fuitivement dans les cimetières, y creuser la teiTe avec acharnement jusqu'au fond des tombeaux et en arracher les cadavres.
Elle soulève avec sa m.àcboire énorme un animal deux fois plus grand qu'elle, et, si elle peut s'empnrer d'un homme, elle l'eniporle comme un léger f.irdeau. Munie de sa proie, elle rentre dans sa denieure sauvage. Les cavernes creusées élans îles moiil.ignos ou des feules de rocher fout sa retraite; elle y dépose ses horribles piovisious; alius, entduréede lambeaux de chairs de toute espèce, infectée par l'odeur (pi'ils exhalent, elle se repaît et attend avec patience qu'arrivés au point de pulréfaclioo
qu'elle aime, elîe puisse avec délices apaiser son borribic faim. Dans sa joie, comme dans ses niomenls de frayeur iois(ju'olle est poursuivie, qu'elle soit affann'e ou repue, sou cri est siuislre; i! s'entend au loin et jette la terreur ilaus les liabilations. « Ces C! is horribles, dit Biiffoii, ressemblent aux sanglots d'un homme qui vomiiait avec cfiort. » Cet animal est tellement sauv;ige et inabordable, qu'on n'a pas pu saisir les moyens qu'd emploie pour élever ses petits. La nature, pour compléter sa laideur, l'a faite boiteuse et voûtée. Lorsqu'elle veut fuir, au premier pas qu'elle fait, elle trébnche : mais, une fois lancée, sa force kii donne de l'agililc et elle devient très diflicile à allcinihe.
Il nous reste à décrire le second genre du troisième groupe des Carnivores digitigrades. Le genre Chat est tiCS- nombreux en espèces qui varient beaucoup poiu" la grandeur et la couleur, mais qui to:iles se ressemblent par une foice musculaire étoiuianlo, par du courage et de la cruauté Sous la dénomination de Chats, on entend les Tigres, les Lions, es Panthères.
Le Lion.
Le Lion est le plus fort des animaux carnassiers ; il pousse très-loin sa carrière; on connaît des Lions qui ont vécu près de soixante-dix ans. Buffon fait de ce bel animal une adnrirable description.
Mais, malgré ses éloquentes paroles, on ne peut nier que le naturel noble et fier dn Lion n'ait pour compen?ation l'instinct féroce et les appétits brutaux des hôtes des forêts qui ont eu une place moins élevée que la sienne dans l'cspril du giand naturaliste.
Il agit tout à fait h leur manière: comme eux, il se cache pour gucller sa proie, se j^Mle sur elle avec fureur et la déchire à belles dents lorsqu'il s'en est rendu maître. Il est vrai que presque toujours vainqueur, même avant de combattre, parce que peu d'animaux sont capables d'opposer au Lion la moindre résistance , il ne s'amuse pas h les faire souffrir:
d'un ronp de dent il les tnc cl les emporte on dressant sa \C'\c puissante, qu'uiTihingouiicadminiMe panne api cire crirJèrc. Mais, si au lien de livrer le combat aux animaux , c'est riiomme qui devient sou agresseur, lorsque son superbe ennemi emploie, pour se rendre m;iilre du roi des foiêls, les mniies pi.'gfs que celui-ci a tant de f.iis préparés pour les Lou|.s, les Buines ou les Cerfs, et (pi'il réussit à l'y faire tomber, le Lion vient honteusement se soumettre et recevoir des chaînes sans cpie rien révèle sa grandeur. Il hmle quand il a faim, et dévore les animaux qu'on lui jette, sans paraître rcgreller son royaume sauvage. Lu belle réputation du Lion vient de son extérieur imposant bien plus que des observalions faites sur ses mœurs. Ses habitudes diffèrent très peu des mœurs des animaux de proie; il n'est pas moins iïroce qu'eux : lorsque la faim le chasse de sa tanière, il déchire tout, s'attaque à tout , ne respecte ni la vieillesse ni l'enfance, combat tout et donq.le tout, non par noblesse mais par force. Si démarche lente et mesurée lui donne nn aspect grave et sévère. Tout fuit à son approche, parce que tout a peur; ses qualités morales sont la raison du pi us fort; quant à sa beauté, elle est incontestable.
Il est certain pourtant que le Lion est doué de facultés qu'on pourrait développer. Ou raconte plusieurs traits qui prouvent que l'éducation du Lion a été tentée quelquefois, et qu'elle a eu des résultats intéressants.
L'organisation de ces animaux les porte à sentir tout avec force et violence; ainsi, plus piissionnés encore que le Loup, ils se battent pour leur compagne, et, de même que les Lorps, le vainqueur fuit avec elle. L'amour des Lionnes pour leurs petits est poussé à l'extièmc: elles combattent jusqu'à la moi t jiour les défendre. EeaufOiq» n.ciiis foi te que le Lion dans l'état oi dinaire . me Lionre , qvand elle est n;c: c , terrasse un Lion avec une incroyable facilité. L'ii qniétui'.e la lient c\ cillée nuit et jour 5 clic veut être seule près de ses enfants, et tout le jour elle les ca-
resse, les Poigne, s'en occupe sais cesse, jiisq '*ai! moment, où ils sont assez foris pour recevoir leur genre d'éihicalion. Tous les animaux, quels qu'ils soieni, président à l'éducalion de leurs enfants; la grande loi de la nature, qui veut la conservation des espèces, a dû vouloir l'intelligenre des animaux ; car, sans celle inlelligcncc, si 1 elle, qu'elle semble au premier aljord tenir du prodige, il n'y aurait pas de propagation possible; puisque le Créateur a voulu que le monde se soutînt par la reproduction des clies. il a dû donner à tous les êlres le moyen de reproduire. Les soins de la mère aux petits sont un moyen indispensable de conservation.
f " Le Tigre.
De même que nous avons combattu l'opinion élevée de Buflon sur le naturel noble et généreux du Lion, de môme nous tâcherons de réhabiliter le Tigre , que ce grand écrivain nous a montré comme l'animal le plus sanguinaire et le plus cruel.
Le Tigre, ainsi que le Lion, est doué d'une force extraordinaire; ses superbes proportions, ses griffes aiguës qui font à elles seules des blessures mortelles, ses dénis incisives et pénclranlcs qui cassent et rompent les os des animaux avec aillant de facilité qu'elles dévorent leur chair; sa ruse, qui sait prendre et choisir les moyens d'atlaque avec la finesse, l'adresse de notre Chat domestique, dont le Tigre est le type originaire, tout en fait un animal redoutable. On conçoit qu'avec tous ces avantages, le Tigre parvienne à tout ce qu'd désire; son appétit est plus insatiable encore que celui du Lion, et, de plus, il a dans les gencives une irritation continuelle que la présence du sang soulage. Avec cette nature sauvage» voiacq et prodigieusement forte, le Tigre est aussi cruel
que les autres animnnx férooos qui gnrnissent les forôl s, irais pns davantage que le Lion et piiit-êlie moin^ que la Myône :il ne supporte pas avec pins de pnlfencc le supplice di; la fami, n'est pas moins cruel pour son ennemi; mais aussi il n'est ni plus lâche ni plus sanguinaire que le Lion. Les privalions le rendent inexorable; mais, lorsqu'il ne manque de rien il oublie sa force, et ne songe pas à être cruel.
Nous p;issons à la dosciii)tion dos Panthères, des Léopards, de l'Onoe et du Jaguar.
La PanlhOrc.
Ces quatre espèces d'animaux carnassiers ont tant de rapports entre eux , qu'on serait tenté de les confondre sous une dénomination commune, et que l'on est embarrassé pour assigner à chaque espèce quelques caractères distinctifs. Ces animaux habitent les pays chauds; lous sont revêtus d'une robe écl;itante et mouchetée; les ongles tranchants et rétractiles comme ceux des Chats, l'iiis fendu et susceptible d'une grande dilatation , les oreilles courtes , le corps allongé et la tête ronde; l'habitude de grimper sur les arbres, de guetter leur pi oie , de l'atteindre d'un seul bond en s' élançant de leur cachette : ces caractères, communs aux quatre espèces, les rapprochent tellement, que les naturalistes ont commencé par les réunir sous le nom de Panthères, ne les distinguant que par la couleur ou le lieu d'habilation : ainsi le Léopard serait la Panthère du Sénégal, l'Once la petite Panthère, et le Jaguar la Panthère d'Amérique.
Le Jaguar, moins grand que le Tigre, est aussi cruel ; on l'effraye facilement avec un tison ardent; les voyageurs, pour opposer une résistance naturelle à leurs attaques, allument un grand feu près de lpur tente ou
— Gide leur liabilation. Los mœnrs des Panlhcrcs, des Léopards, de l'Once et du Jaguar diffèrent peu des mœurs du Tigre ; également intraitables, également ennemis des hommes, également voraces et cruels, ce n'est jamais sans danger qu'on essaye de les soumcllre. L'Once est le plus doux de ces esjicces, même on est parvenu (pielquefois à le dresser pour lâchasse; lorsqu'on a réussi dans celte éducation dilficile, c'est un des animaux les plus soumis: il va seul à la chasse par l'onlrc de son maître, revient docilement lui apporter le fruit de sa fatigue, et, lorsque ses recherclies ont été infructueuses, il est honteux et semble demander pardon. La Panthère est velue de la robe la plus éclatante. Quant au Jaguar, quoique le ])lus petit de tous, il est le plus cruel. Du reste, arrêtons-nous à une pensée: c'est que tous les carnassiers indomptables par leur nature ardente, la force de leurs muscles, les climats qu'ils habitent, l'existence sauvage (pi'ils mènent loin des hommes, diffèrent bien peu de m.œurs et sont tous dangereux pour les hommes.
Le I.JDX.
Nous avons dit qne le Lion se faisait accompagner dans ses excursions nocturnes par un petit animal qui voyait [l'jur lui , le Lynx.
Cet animal, (pie les [loëtcs cl les peintres ont attelé au char de Bacchus à côté des Tigres et des Panthères, que les anciens rangeaient dans les êtres f.ibulenx, qui voyait, disait-on, cà travers les muiailles et poitait avec lui une mine de pierres précieuses , qui était tenue cachée à tous les yeux, et dont les augiux-s mômes interrogeaient les mouvements; le Lynx, depuis que la véiilé a fait place au mensonge, n'est autre qu'un petit quadrupède à l'air agréable et fin, dont la vue est perçante et longue. Le l.ynx distingue sa proie à une dislance beaucoup plus grande que tout autre carmvoi o. Il se fait remarquer [lar le pinceau de poils qui surmonte ses oreilles j il grunpu sur les arbres les plus éle\és des ^vùis; il sy tient
caché entre les branches, pour rpicr la belette, l'hermine, réciirciiil; il pro(hii( (le grniids drgiils parmi les Ironpennx, cl dôlrnii un grand nombre de lièvres et de btMes f<aivc'S. Son cri ressemble à celui du Loup; il a la gentillesse du Chat, sa vivncilc, son adresse; mais, plus fort et plus vorace que ce dernier, il combat dans les bois les animaux an dessus de lui. Il poursuit ius(pran.\ ceils et aux loups; son courage est tel, qu'il no calcule pas toujours ses forces pour allaqnor ; enlin , il est, comme nous l'avons dit, ravant-coureur ou réclaircur du Lion. Sii fourrnrc change de couleur selon les climats et la saison, elle est plus belle Tliivcr que rélé. Le Lynx est indigène de l'Europe tempérée, des montagnes du loyaumo de Naples et d'Afrique.
Le dernier animal dont nous ayons à parler, dans ce troisième groupe de Cuiiiivorcs digitigrades, est le Chat ccmaïun.
Le Chat commun est originaire de nos forêls d'Europe; dans son état sauvage, il est gris-brun ; en clat de domesticité il varie en coidcur , ses soies sont pins ou moins fi ;es , plus ou moins allong'cs. Le Chat commun est le seul animal du ^enre Chat que riiomme ail pu rendre utile à ses besoins. Ces animaux n'ont pas d'aflection pour ceux (|ui les entourent ; ils aiment plutôt la maison ipie le projiriétaire : jam.iis ils ne s'attachent à la main qui les nourrit ; cependant leur foiine, leur adresse, leurs mouvements légers, la beauté de leur robe, en font des animaux charmanls. Mais de gracieux qu'ils sont dans leur jeunesse, ils deviennent tristes et sauvages dans leur vieillesse.
Cependant il y a des' Chats partout où il y a des hommes; ils sont d'une
grande utilité dans les maisons pour déiruire et chasser les Rats , les Souris et les petits Rongeurs qui s'y introduisent.
Les Égyptiens les adoraient et les embaumaient après leur mort.
Quant à l'origine de cet animal, elle est com|)létement inconnue, et rien n'indique l'époque à laquelle l'homme soinnit a-ix habitudes de sa vie domestique un être qui, sans être malicieux, faux et pervers , n'«n reste pas moins un animal de proie dont l'état de domesticité a bien pu modifier les liabitudes, mais ne saurait changer la nature.
Madame Achïlî.v: COMTE.
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