LE CHAPEAU
Le chapeau , par sa forme et la façon dont il est porté , facilite beaucoup l'étude du cœur et de l'esprit.
Celui qui le porte sur une oreille est un poltron qui fait le bravache.
Celui qui le porte en arrière est un nigaud.
Celui qui le porte baissé sur ses yeux et levé par derrière est un moqueur.
Celui qui l'enfonce perpendiculairement sur ses yeux est un bourru, un grognon.
Celui qui le tient à la main en marchant est un vaniteux.
L'homme qui a toujours un chapeau frais et brillant a de l'ordre: c'est un esprit méthodique.
Celui qui a un chapeau pointu, à larges bords, à large ruban, en un mot qui porte un chapeau comme on n'en porte pas , est un esprit faux, maniéré, prétentieux.
L'étudiant bambocheur porte un chapeau râpé très-penché sur l'oreille. — L'étudiant laborieux en porte un très-râpé enfoncé sur les yeux. — L'étudiant béjaune, qui débarque de Carpentras ou deBrives-la-Gaillarde, promène dans les rues un chapeau blanc, gris ou bleu de ciel, pointu rond , à grands bords, à large cordon, orné de glands de baldaquin.
Le bottier, le boucher, l'épicier en grande tenue, adorent le chapeau de soie à longs poils. — Le chapeau de même étoffe, à poil ras, à forme haute et à bords étroits, est la parure du menuisier et du maçon endimanchés.
Le vieil employé, le vieux rentier, portent naïvement le vieux chapeau
aux bords relevés par-devant et par derrière; s'il vient à pleuvoir, ils le couvrent du mouchoir de poche à carreaux , dont ils retiennent les coins dans les dents.
Avez-vous des prétentions à la philosophie , vous vous affublez d'un chapeau très-bas, à très-grands bords. Si vous visez à l'originalité, vous adoptez la forme de pain de sucre ou de plat à barbe renversé.