‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 30 sur 71 · LE ROI AVEUGLE · texte numérisé non relu

LE ROI AVEUGLE

Pourquoi cette troupe de guerriers du Nord rassemblés — là-haut sur le bord de la mer? — Que veut, avec ses cheveux gris, — le roi aveugle en ce lieu? — Il crie, plein d'une amère douleur,

— appuyé sur son bâton ; — et, par delà le bras de mer, — retentit l'écho de l'île.

« Sors de ton antre, brigand, — et rends-moi ma fille ! — Le jeu de sa harpe et ses chants si doux — faisaient le bonheur de ma vieillesse. — Aux danses sur la verte rive — tu l'as enlevée : — honte éternelle pour toi, — et malheur à ma tête grise! »

Alors sort de sa caverne — le ravisseur, géant sauvage ; — il brandit sa longue épée — et en frappe son bouclier : — « Tu as tant de gardes, — pourquoi l'ont-ils souffert? — Tu as à tes ordres tant de guerriers, — et aucun ne combat pour elle! »

Les guerriers restent tous muets, — aucun ne sort des rangs; — le roi aveugle se retourne : — « Suis-je donc ici tout seul? » — Son jeune fils avec vivacité — saisit alors la main de son père : — « Permettez que je combatte, — j'en sens la force dans mon bras. »

« O mon fils, l'ennemi a la vigueur d'un géant ;

— nul encore n'a pu lui tenir tête. — Et cependant en toi coule un noble sang; — j'en crois l'étreinte de ta main. — Prends donc ma vieille épée! — Elit

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