‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 51 sur 71 · LE CHANT DU COQ · texte numérisé non relu

LE CHANT DU COQ

Un maréchal ferrant avait une fillette : — de plus belle ou de plus gentille on n'en pourrait trouver. — Voilà qu'un beau jour arrive Jean, — un garçon comme il y en a beaucoup. — Il fait la cour à la fille, et il ne lui déplaît point.

Mais le père n'est pas du même avis — et dit : « Tu n'as ni biens ni argent, — et tu prétends faire l'amoureux ! »

Le garçon répond : « Argent et biens ne sont que fumée, — un bon métier vaut bien mieux. »

« Quel métier as-tu? je voudrais le savoir. »

Le garçon répond : « J'imite à merveille le chant du coq. »

La mère et la fille partent d'un éclat de rire, — le vieux forgeron se joint à elles — et dit : « Montrenous donc ton talent. »

Le garçon se met à crier : — Ouiquirîqui ! quiquirîqui ! — absolument comme un coq et sans la moindre peine.

Le vieux dit : « Çà, c'est un jeu; — mais dis-moi un peu, à quoi peut-il servir? »

« A tout, reprend le jeune homme. — Mais dis-moi à ton tour, suis-je ton gendre, — si ici même, sur ce sable, — je me construis un château et un parc — et dispose le reste autour — en beaux champs de blé ? »

« Oui, dit le forgeron, si tu fais du sable, — dont je ne puis rien tirer, un parc, — et si tu y construis un

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