ROLANDSECK
Une jeune comtesse et un noble héros — se sont juré amour et fidélité; — qu'il revînt du combat, qu'il partît pour la bataille, — leur amour était toujours nouveau.
En Espagne est allée guerroyer l'armée franque :
— ô Roncevaux, vallée de sang ! — Là est tombée la fleur de la chevalerie, — là aussi est tombé Roland, le héros.
« Maintenant, adieu, ô monde! Tes douces ivresses
— sont trompeuses en vérité. — Marie, reine du ciel, — je te consacre ma chevelure d'or. »
Le monastère se mire dans le Rhin. — Ses cloches résonnent encore dans la vallée. — Voici que retentit un galop; qui cela peut-il être? — Le mort de Roncevaux ?
Non, c'est Roland lui-môme, en corps et en âme, il vit ! — Ah ! que n'es-tu plutôt mort ! — Car sache qu'elle s'est enterrée dans ce monastère — celle qui avait juré de vivre pour toi.
« Si la belle Hildegonde s'est enterrée dans ce monastère, — je m'établis sur ce rocher, — et, blessé à mort, je regarderai toute ma vie — ce monastère au milieu du Rhin. »
La belle Hildegonde priait dans le couvent; — sur son rocher était assis Roland, le héros, — [qui,
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blessé à mort, regarda toute sa vie — ce couvent au milieu du Rhin.
Simrock.
Rolandseck, littéralement : le coin de Roland, est le nom conservé par la tradition au lieu où Roland se serait retiré dans les circonstances rapportées par la ballade. Les ruines du château de Rolandseck existent encore sur la rive gauche du Rhin, en face des ruines du Drachenfels, entre Andernach et Bonn. Au milieu du fleuve, sur une île verdoyante, s'élevait autrefois le couvent de Nonnenwerth.
Le sujet de la ballade de Schiller intitulée : Le chevalier Toggenburg, est le même, quoique les noms et l'époque soient changés.