‹ Le livre des ballades allemandesChapitre 7 sur 71 · AVANT-PROPOS XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIII

Longtemps les écrivains allemands , subissant en cela V influence de nos classiques français qu'ils prenaient volontiers pour modèles tout en les dénigrant parfois, laissèrent aux poètes de carrefour et aux ménétriers de village le soin de composer des ballades. Mais, au milieu du siècle dernier, une réaction se fit sentir contre cette influence qui eût maintenu les lettres allemandes dans une enfance perpétuelle. On tenta de remonter aux sources nationales et, en s'y retrempant , de retrouver cette originalité propre, sans laquelle il ne peut y avoir ni vie, ni caractère, ni puissance.

J'ai dit que quelques poètes du siècle dernier cultivaient la ballade, sous le nom de romance. Gleim avait donné le ton en traduisant des romances burlesques de Gongora et de Moncrif et Mendelssohn avait cru exprimer le sens intime de ces parodies par ces mots : « Un merveilleux romanesque mêlé de tragi-comique. » Herder, poète, historien, philosophe, critique, théologien, esprit encyclopédique et cosmopolite, pro-

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