‹ Le livre des blondesChapitre 4 sur 12 · LEUR GÉNÉALOGIE · texte numérisé non relu

LEUR GÉNÉALOGIE

Si loin que remonte la théogonie païenne , nous retrouvons le type d'Eve la blonde;, dans la Vénus Astarté des Phéniciens, que les Grecs nommaient Uranky Aphrodite; et les Arabes Alita^ dit Hérodote; — nom charmant qui nous est arrivé par la Grèce, avec un euphémisme ionien et dont nous avons fait alida ; c'est < la cause universelle, le principe vivifiant, peint sous les traits d'une déesse dont l'empire s'étend sur tous les êtres. » (Mirabeau, Noies sur Tibulle.)

C'est celle que Lucrèce salue si splendidement :

« Vénus , mère des dieux , des hommes et des choses. »

« Les hommes et les dieux, dit Hésiode, appelèrent cette divinité à la chevelure d*OR Aphrodite, parce qu'elle fut formée de l'écume de la mer.... Elle obtint du sort l'emploi de présider aux entretiens des jeunes vierges, aux tendres sourires, aux innocents sacrifices, aux caresses de l'amour et de la chaste volupté. »

Homère (hymne V) la fait recevoir, à son entrée dans le monde, par les Heures « qui l'ornent de vêtements divins , placent sur son front d'oR une couronne de violettes et la conduisent dans l'assemblée des immortels, d Et tous les immortels en deviennent amoureux, comme des collégiens ; tous veulent l'épouser, encore comme des collégiens. Nous ne faisons que traduire un peu librement le texte d'Homère . Nous retrouvons Vénus couronnée de violettes quand elle va s'asseoir près d'Anchise, dans la prairie où il faisait paître ses troupeaux, en jouant de la lyre (hymne III). Aux jours de fête, les jeunes Grecques, celles surtout qui

avaient le bonheur d'être blondes, ornaient leurs cheveux de cette fleur charmante, symbole de l'amour qui se cache dans le cœur et le parfume d'un parfum mystérieux.

Si l'admiration des dieux mâles pour Vénus fut unanime, par cette raison-là même , peutêtre, l'admiration des déesses ne fut que trèsmédiocrement exaltée.

Votre mais restrictif, mesdames, est, comme vous le voyez, d'origine céleste :

« Trois divinités, surtout, furent insensibles à sa séduction. Jamais elle ne put fléchir le cœur de Minerve aux yeux d'azur; ce qu'elle aime, ce sont les guerres, les batailles, les tissus charmants.. ,\ ni celui de Diane, qui n*aime que les chasses tumultueuses; moins encore celui de Vesta, vierge vénérable I »

Je cite Homère (hymne III).

Trois divinités insensibles aux séductions de Vénus, c'est beaucoup I Et il y en a deux pour lesquelles je ne voudrais pas parier. Quant à Vesta, la vierge vénérable, oh! pour celle-là, j*en mettrais la main dans son feu sacré.

Cette exception est encore toute symbolique : Minerve aux yeux d'azur^ comme l'appellent

Hésiode et Homère, c'est la brune aux yeux bleus; brune, en effet, car si elle eût été blonde, répilhëte caractéristique de sa beauté devenait oiseuse.

C'est la fille de Jupiter avec un reflet du ciel dans les yeux ; c'est la femme dans l'une des modifications de la forme la plus parfaite : la femme bleue^ grande et belle, fière et digne de cette dignité d'elle-même qui, si elle vient à la perdre dans sa conscience, comme Minerve dans les forges de Vulcain, persistera sur son visage impassible avec tout le calme de la candeur.

Elle sera, quand même, la déesse de la sagesse, car il lui faut justifier son casque et sa cuirasse qui témoignent qu'elle n'est vulnérable ni à la tête ni au cœur.

Que si elle se laisse aller à mettre bas son armure, ce ne sera que sous la vigilance de son hibou nocturne et sur la foi d'un mystère qu'aucun trouble intérieur, si poignant qu'il soit, ne trahira jamais; mais qui sur un mot de son cœur, — loyal, même après sa faute — s'épanchera dans un aveu si franc, qu'on l'en absoudrait à genoux.

Minerve, en sa qualité multiple de déesse

des arts, des sciences et de l'agriculture, était fort exposée à faire dans ses domaines de périlleuses rencontres. Aussi fut-elle aimée, nonseulement par un dieu digne d'elle, mais encore par quelques autres, dieux plus ou moins laids ou vulgaires, sans qu'aucun d'eux, pourtant, l'eût jamais complètement vaincue.

De là la tradition dorienne, rapportée par Millin, qui lui conservait son caractère d'immaculée virginité.

noble Minerve, restez au ciel où le dieu

, des dieux vous a fait votre place ; ne vous ha-

I sardez pas sur la terre où le cynisme et la Ijru-

I talilé insulteraient à votre beauté!

' Que Minerve ait aimé les tissus charmants,

nous le croyons sans peine : d'abord parce i qu'elle était déesse; ensuite et surtout parce

qu'elle était femme, belle de cette beauté merveilleuse à qui sied le mieux la toilette, et qui se pare avec le plus de grâce ou du rose et du bleu, justement chers aux blondes, ou des couleurs vives et triomphantes — moins l'affreux jaune — qui font l'orgueil des brunes.

Car les brunes aiment le jaune! — le jaune!

celte injure à la santé, à la gaieté, à la vie!

Quand on a la bile dans le sang, quand on a le mal de mer, quand on a peur, quand on est envieux, quatre ignobles maladies, on est jaune.

Les Orientaux, ces grands coloristes d'instinct divin, disent à leurs ennemis : « Dieu jaunisse vos figures?... »

Les veuves inconsolables du Malabar, avant de se jeter dans le bûcher sacré pour y mêler leurs cendres aux cendres de leurs époux, et d'un fagot de bois de santal, se drapent d'une robe jaune.

Au Brésil les cercueils sont peints, sur fond noir, de bandes jaunes.

Il n'y a guère, Dieu merci, de fleurs jaunes que le long des chemins, et les ânes les broutent.

Je ne connais pas un homme d'esprit qui aime le jaune : quand un artiste, quand un poëte, moins Sainte-Beuve qui a fait de si délicieux vers sur les rayons jaunes, quel dommage! — quand un artiste, quand un poëte voit une brune avec du jaune, il ne voit plus la brune , il ne voit que le jaune : peut-être aurait-il été pris par le cœur, il n'est pris que par l'estomac. — Le jaune est écœurant. C'est un préservatif de la vertu des femmes.

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dieu du rose et du bleu , pardonne-leur ; elles ne savent pas ee qu'elles font; et s'il m'est donné d'en guérir une seule dé cet afifreux mal du jaune, je t'offre, au clair de la lune, une hécatombe de serins.

Ce sera ça de moins.

Deux sœurs dont les beautés opposées, mais assimilables par une formule mathématique, équivalaient à une Minerve comme Mina et Brenda .: Mélanie plus Rosette égalent Fantazina, deux sœurs lurent un jour ce distique sur leur album :

L'une est brune et dorée et l'autre rose et blonde ; L'une houri du ciel et l'autre ange du monde.

Il y a en effet deux natures dans une Minerve quand elle est complète comme celle des cieux antiques et comme l'une de celles des temps les plus modernes qui reçut ce bouquet de vers dans un bouquet de myosotis :

Avec vos yeux si bleus que le ciel y reluit , Avec vos cheveux noirs dont le flot vous inonde ,

Vous êtes à la fois , ô diva , brune et blonde Belle comme le jour, belle comme la nuit.

Sous Louis XIV une bouquetière, brune aux yeux bleus , mit un moment les bluets à la mode, comme Jean-Jacques Rousseau y mit depuis les pervenches et Alphonse Karr les myosotis, mais avec cette différence qu'elle en fit fortune.

Karr , qui malheureusement sait le grec et l'allemand, a débaptisé le myosotis de son joli nom qui, tout joli qu'il est, n'éveille, en grec, aucune idée gracieuse, pour lui rendre celui de vergiess mein nicht qui, tout vilain qu'il est, veut dire : ne m'oubliez pas.

Un des plus fervents néophytes de l'école littéraire et botanique d'Alphonse Karr, fit ciseler, en un jour de rêverie , des pendants d'oreilles, épanouis en myosotis, que la postérité, si elle veut s'en donner la peine, retrouvera dans l'écrin d'une brune aux yeux bleus avec cette étiquette :

Pour vous et pour moi sans pareilles , Que ces fleurs toujours et tout bas

Murmurent à vos deux oreilles Leur doux nom : Ne m'oubliez pas !

Bluets, myosolis et pervenches, fleurs sans parfum, mais bleues, vous êtes mes bien-aiméesl la rose, sent toujours la rose, l'œillel et la violette, rœiilet et la violette; tandis que le bluet, la pervenche et le myosotis nous reviennent parfumés sans mélange du parfum de celle à qui nous les avons donnés.

Les femmes bleiLes sont un peu les enfants gâtés des poètes.

Dans un de ces bazars improvisés par la charité, 011 les plus grandes et les plus belles, approvisionnées de riens charmants et de sourires, ouvrent, chaque année, boutique au profit des pauvres, je vis, un jour, déposer par un laquais entre les mains aristocratiques d'une bouquetière, une corbeille de violettes et de pervenches avec cette lettre d'envoi :

Vendez au poids de l'or ces petits bouquets bleus ; Et tous ceux qui viendront vous faire leur offrande , Bourse vide et cœur plein, béniront la marchande, Trop heureux d'emporter un reflet de ses yeux.

La rose, le lis et l'œillet ne nous rappellent tout au plus que des joues et des lèvres , des bras et des épaules. Le bluet, le myosotis et la pervenche ont des yeux. ... des yeux bleus ! donc une âme ; et comme ils vous regardent à travers les blés , sous les bois , le long des ruisseaux I

Oh ! jardiniers botanistes ! vous aurez beau faire! les petits anges du bon Dieu qui font au printemps les petites fleurs des champs, de la forêt et des bords de l'eau, feront toujours mieux que vous, car il y aura toujours dans leurs bouquets, improvisés d'inspiration, quelque chose, nom» grâce, couleur ou parfum de leurs sœurs de la terre : *

Mais s'il est vrai que Dieu, dans sa grâce incessante,

N'ait doré le soleil , n'ait azuré les cieux ,

N'ait empourpré des fleurs la bouche ravissante,

N'ait modelé des fruits les globes gracieux.

Que pour nous rappeler notre amoureuse absente ,

Qui peut nous rappeler, nous absents, à ses yeux?

Nous sommes tous fort laids, même en habits de fôte : Boutonnés, ficelés et traînant notre ennui Les pieds dans deux tuyaux , un tuyau sur la tête , Les deux bras engalnés , le corps dans un étui ,

Armure que Louviers vend au mètre et qu'apprête Pomadère ou Renard pour les preux d'aujourd'hui.

Aussi prêtons-nous mal à la mélancolie ; Et notre belle, au. fait, dans la création,

Où peut-elle trouver, à moins que de folie ,

L'enablème du monsieur qui fait sa passion?

Peut-être est-ce pourquoi si vite on nous oublie! L'excuse est toute neuve et sans objection.

— Il me semble, dit ici Maurice, que votre cher oncle s'est un peu bien complaisamment étendu sur le chapitre de la femme bleue, comme il rappelle.

— Peut-être avait-il ses raisons pour cela, répondit Albert ; mais ce sont là des secrets ensevelis dans sa tombe, ne les violons pas; et comme circonstance atténuante de ce que vous en pourriez penser, rappelez-vous que Minerve, en raison sans doute de sa double beauté et de ce qu'elle était en même temps la déesse privilégiée de l'intelligence, tient la plus haute place dansl'Olympe et laplus large dans lamythologie.

Diane, c'est la blonde pâle, à l'œil vert ou doré; la prude qui bannit Calislo de sa présence ou met Lisette à la porte, parce que Jupiter ou

Frontin ont fait quelque chose comme les yeux doux à la nymphe ou à la femme de chambre ; mais qui, sous prétexte de chasse bu de sermon,

c Va rêver à Técart avec Endymion. »

On lui donnerait le bon Dieu sans confession ; et elle ferait bien de le prendre, car on pourrait bien le lui refuser après.

Que si elle est tout à fait prude ; mais, là, de bonne foi, la main sur la conscience, comme Anne de Bretagne , elle est à la fois d*humeur impérieuse, acariâtre, bizarre et c'est à dégoûter de la vertu, à moins qu'on ne s'en console avec ce mot chrétien et résigné du bon roi Louis XII : « On ne saurait payer trop cher la chasteté des femmes. »

Vesla, c'est la chair sans âme, elle mange !

Elle mettrait à la crapaudine les colombes de Vénus.

Le feu que ses prêtresses tenaient sans cesse allumé dans ses temples, n'est que le symbole d'une cuisine confortable. Quand une malheureuse vestale le laissait éteindre, on la faisait mourir de faim! Est-ce clair?

« Le culte de Vénus-Uranie élait pur dans

l'origine, mais il dégénéra bientôt, et Vénus Pandemos (populaire) , la déesse des miroirs, de la toilette et des parfums, eut aussi ses autels. B (Mirabeau, Notes sur TibiUle,)

Cette Vénus nouvelle était honorée, surtout à Corinthe, la ville des courtisanes, sous le nom de yénuS'Mélanie (la brune) ; ce fut elle qui apparut en songe à la Sicilienne Laïs et décida sa vocation.

Le grand Solon lui avait fait b&tir un temple avec Je produit des impôts prélevés sur les hétaïres du Céramique et les pallaques du Pirée, ces filles de marbre du quartier Breda et ces filles de boue de la Cité d'Athènes.

Selon Pausanias, la statue de Vénus^Uranie était d'or et d'ivoire, et, pour attribut, elle avait à ses pieds une tortue, symbole de la vie renfermée ; celle de Vénus-Mélanie était de bronze, assise sur un bouc aux cornes dorées , capricolant à l'aventure.

Une Vénus-if é/(mie trouva, un matin, ce madrigal sur sa toilette :

Hier, j'ai perdu ma maîtresse .

Voici son spécimen : grands yeux noirs, brune tresse,

Le reste à l'avenant — qui voudra le verra.

Honnête récompense à qui la trouvera.

Sitôt qu'il me l'aura rendue :

Vingt francs — le plus que vaille une femme perdue.

Nos soldats ont dû trouver dans l'hôpital de Mexico une vierge noire, à laquelle les courtisanes du plus bas étage vont, le soir, faire des prières; et le matin, des actions de grâce et des cadeaux, si elles ont été largement exaucées pendant la nuit.

Rapprochement étrange avec la Vénus-Mélanie, mais dont l'explication , que ne donne point le voyageur à qui nous empruntons ce fait, pourrait trouver sa raison d'être dans l'origine des Espagnoles d'une certaine classe qui, toutes ayant du sang arabe dans les veines, ont, dans la tête et dans lé cœur, quelque chose du fanatisme et dés pratiques superstitieuses de leurs ancêtres sémitiques. « Car si chez tous les peuples pelages, celtes, germains, slaves, la divinité femelle, la Vénus est une vierge, et si la virginité constitue le plus beau privilège du sacerdoce féminin; chez les peuples sémitiques, au contraire, lés déesses > comme les

prêtresses, ne connaissaient aucun frein à l'ardeur de leurs passions et la volupté sensuelle était érigée en vertu. » (Millin, Nouvelle galerie mythologique).

La pauvre vierge de Mexico est à la fois victime de sa couleur et de l'instinct de race de ses dévotes.

Chacune des deux Vénus iêtait mère d'un amour différent: Éros, chaste intermédiaire d'Uranie et de la Terre; Antéros, intelligent porteur des billets doux de Mélanie.

« L'un céleste, nous attire comme avec deschaînes d'or; ses transports ne font que nous élever l'esprit et nous rapprocher des dieux; l'autre est orageux comme la mer, les passions qu'il produit sont des tempêtes. » (Mirabeau, loc. cit.)

Le char de Vénus-Uranie se berçait mollement sur l'azur du ciel, entraîné par le vol égal de deux colombes; Vénus-Mélanie descendait sur la terre traînée par le vol saccadé de deux moineaux, et ce fut une brune> Sapho, « dont l'œil noir lançait des éclairs » (voyez sa vie par M. Dacier), qui, la première, fit précéder sa déesse par ce symbole d'un amour peu divin :

«0 Vénus 1 viens à moi, comme autrefois à

ma prière instante, laissant le palais de ton père, tu vins sur ton char doré attelé de beaux moineaux agiles qui de TOlympe à travers les airs, vers la terre brune l'entraînaient dans le tourbillon de leurs ailes rapides. »

Saplio, comme Gléopâtre, était petite et brune. Son amour était moins de l'amour qu'une fièvre ; le mot en est acquis à la médecine, telle maladie a le caractère sapbique. Sa poésie s'en ressentait ; elle a été traduite par Boileau et Delille; mais ils étaient, l'un par nature^ l'autre par accident, gelés à glace, et ils se sont fondus en eau claire au souffle embrasé de l'androgyne de Milylène.

Pour une pauvre fois, du reste, qu'elle s'éprit d'amour comme il faut^ elle fut dédaignée pour la belle Gléonice, « dont les yeux bleus étaient voluptueux et modestes, et qui se voilait tout entière sous ses blonds cheveux. » {Le Awenture di Saffbj poetessa di Mitilene.)

Dieu nous garde donc de donner la Yénus- Mélanie comme le symbole de la beauté brune moderne. Ce qui était vrai pour l'antiquité païenne et matérialiste ne l'est plus pour notre époque de spiritualisme.

L'esprit a purifié la chair.

Km un mot, on peut être brune à présent, et avoir dans rame toute la délicatesse de sentiment d'une blonde; ce beau type n'a point échappé à Jean-Jacques Rousseau : .

« Mlle de Breil , écrit-il dans ses Confessions^ était une jeune personne à peu près de mon âge : bien faîte , très-belle , très-blanche , avec des cheveux très-noirs, et, quoique brune y portant sur son visage cet air de douceur des blondes auquel mon cœur n'a jamais résisté. »

Non-seulement le tendre Jean-Jacques n'a jamais résisté, ni même tenté de résister à cet air de douceur des blondes; mais la beauté blonde fut encore le type de sou idéal, immortalisé dans sa Nouvelle Hélme :

« Julie, dit Saint-Preux , me voici dans ton cabinet; me voici dans le sanctuaire de tout ce que mon cœur adore.... toutes les parties de ton habillement éparses présentent à mon ardente imagination celles de toi-même qu'elles récèlent : cette coifïure légère que parent de grands cheveux blonds qu'elle feint de couvrir; cet heureux fichu .... »

Balzac n'y a pas plus échappé que Jean-

Jacques : « Vous souvenez-vous, écrit-il, de ravoir vue entr'ouvrir votre porte sans bruil, montrer sa jeune tête blonde encadrée de rou^ leaux d'oTy apparaître comme une étoile dans une nuit orageuse ; sourire, accourir, se précipiter vers vous?... »

Mme de Warens, cette première initiatrice de Jean-Jacques, était blonde; par contre, la

belle Vénitienne qui, faute de mieux, le « renvoyait aux mathématiques^ » était brune.

La multiplication des Vénus ne s'arrêta pas où ' nous nous arrêtons ; car, sous rinfluence de cette lutte mieux établie entre le rayonnant et l'obs- |

cur, toutes les vertus, tous les vices, toutes les beautés, toutes les laideurs, toutes les passions, tous les sentiments de l'bumanité prirent un corps blond, brun ou noir, et peuplèrent le . ciel ou Tenfer. |

L'Aurore lut une déesse blonde et vermeille^ et le symbole de ces charmantes enfants qui ne vivent que ce que vivent les roses :

La blonde Aurore en pleurs, pâle sous ses longs voiles,- S'avance dans le ciel en cueillant les étoiles. i

(Eugène Pellétan.)

C'est toi que je préfère, ô toi, vierge nouvelle Que l'heure du matin à nos désirs révèle; Quand la lune au front pur, reine des nuits d'été, Verse' au gazon bleuâtre un regard argenté.

Elle est moins belle encor que ta paupière blonde Qu'un rayon chaste et doux sous son long voile inonde.

(Alfred de Vigny. — La Dryade»)

La Nuit fut une déesse brune et couronnée de diamants; mais si brune, que pas une femme, bien certainement, ne voudrait passer pour en être la personnification, même au prix de sa couronne.

Les Grâces sont toutes trois blondes; car, dans un hymne d'Homère, Anchise prend Vénus pour Tune d'elles. Et depuis, qui de nous n*a pris Tune d'elles pour Vénus? Naïve et rieuse enfant que Ton a chantée dans ses plus mauvais vers, car c'étaient les premiers écios, mais vers délicieux, tout pleins de celle qui les avait inspirés, et qu'on voudrait refaire encore au prix des meilleurs qu'on ait faits depuis.

Les trois Grâces, que l'on appelait Charités, d'où nous avons fait charité, sont au ciel paleil ce que sont les trois vertus théologales à la

morale cvangélique; comme les trois vertus, elles symbolisaient, mais à un degré moins immatériel, Thalie la confiance, ce diminutif de la foi; Âglaia Télégance, cet afflrmatif de l'espérance ; Euphrosine la prudence, cette réserve intelligente de la charité.

Mais les caractères moraux de nos vertus étant plus prononcés, plus accentués que ceux des Grâces, quand nous avons à les incarner dans Tart, par la plastique, à les peindre, à les décrire ou à les sculpter, nous les élevons jusqu'à la forme supérieure et divine des trois types de la beauté.

La Foi est brune à la façon de Junon; et, comme Jeanne d'Arc, l'épée au poing ou la croix aux lèvres, elle marche d'un pas égal au triomphe ou au martyre.

L'Espérance, sereine au vent de la tempête qui tourmente ses cheveux bruns, majestueusement accoudée sur son ancre de salut, reflète, comme Minerve, et sonde avec ses yeux bleus, les profondeurs azurées du ciel.

La Charité , son cœur sur la main , est blonde.

Quant aux péchés capitaux, il y en a de

toutes les couleurs et pour tous les goûts; et. comme ils sont sept contre trois, il y a plus de deux à parier contre un que nous serons pécheurs plutôt que vertueux.

Les nymphes étaient ûlles de Nérée et dis Doris, aux blonds cheveux.

Elles ont quitté Tempe pour les Tuileries et le bois de Boulogne ; elles se marient par devant maire, prêtre et notaire; mais & part ces exigences de la civilisation, vous les trouvez par milliers ce qu'elles étaient jadis : sveltes comme des roseaux, légères à courir sur les épis; rêveuses, boudeuses, coquettes; fuyant vers les saules, mais en se laissant voir avant de se cacher....

De plus qu'autrefois, elles ont d'être Parisiennes, pendant six mois d'hiver, femmes jusques au bout de leurs ongles roses dans les salons, les thë&tres et les concerts ; pendant six mois d'été naïades, hamadryades et dryades, dans leurs châteaux, dans leurs chalets, dans leurs villas.

Aux premières gelées d'automne, rappelées à Paris par ce chœur amoureux de leurs danseurs impatients :

Les feuilles ont déjà neigé dans les vallées, Et Paris vous attend et vous pleure à genoux. Anges de notre ciel vite revenez-nous !

Colombes par les champs et les prés envolées, Beaux oiseaux voyageurs si longuement bannis, L'hiver souffle la mort sur les fleurs de vos landes, Nous avons, nous, des fleurs, des parfums, des guirlandes , De Pamour et des chants — revenez à vos nids ;

Aux premiers parfums de mai, rappelées aux champs par ce chœur éploré des Sylvains de province:

Dans la ravine où tout à l'heure J'écoutais rêverie ruisseau, Sur la montagne où le vent pleure , Sous la feuille où chante l'oiseau On paflait de vous tout à l'heure :

J'y rêve, disait le ruisseau.

Moi, disait le vent, je la pleure, Je la chante, disait l'oiseau.

Les parques « filles de la nuit obscure », dit Hésiode, sont noires ;

Les euménides, « redoutées de tous, déesses amies de la nuit », dit Orphée, sont noires;

Glotbo noire, Lachésis noire, Âtropos noire,

Alcclo, Mégère, Tisipbone, Méduse, Euryale, Sthénio noires, noires, noires....

Et sans personnification en ce monde, bien ' entendu.

Où donc est le mythe de la brune? Est-ce Junon, Tauguste Junon qui s*abaissa jusqu'à emprunter la ceinture de la blonde Vénus pour voler un peu d'amour à son mari : Junon, la déesse la plus orgueilleuse, la plus maussade, la plus jalouse, la plus trompée, et qu'Homère appelle : « aux yeux de bœuf? » — Fi donc!

Est-ce l'ambitieuse Proserpine, qui se fit enlever comme une Anglaise et qui ne règne que sur des morts; Tenvieuse Proserpine qui, selon Oppien, dans son poëme de la Pêche^ changea la nymphe Menthe en herbe, parce que la pauvre enfant avait de plus beaux yeux noirs que la déesse ? — La pauvre Proserpine à qui l'on sacrifiait des victimes noires et stériles, et des chiens !

Non, mesdames, aucune de vous n'est aussi orgueilleuse, aussi maussade, aussi jalouse, ni surtout aussi trompée que Junon ; aucune de vous n'a besoin d'emprunter les charmes d'une

autre pour se faire adorer de qui, par qui, et où elle voudra; car aucune de vous n'a des yeux de bœuf!

Pas une de vous non plus n'échangerait le plaisir de régner sur les vivants, contre l'honneur de régner à jamais sur des ombres. — Pas une de vous à qui on n'ait mille fois sacrifié de bien autres victimes que celles sacrifiées à Proserpine.

Décidément, il faut nous en tenir à ce que nous avons dit : la brune est une Eve nouvelle; son origine est de ce monde; comme aussi l'origine de cette beauté particulière dont le type ancien est Circé et l'expression moderne la plus parfaite, la maîtresse du Titien.

« Circé, fille du Soleil, dit Orphée dans VArgonautique, avait la tête ornée de cheveux semblables à des rayons ardents. »

Nodier, avec sa magie de style ordinaire, a peint ces cheveux-là mieux peut-être qu'aucun des maîtres de l'école vénitienne qui, tous, les ont donnés à leurs créations.

« Ils liront à peu près sur le rouge cuivre.... Mais celte comparaison n'exprime pas leur nuance, qui varie aux jeux de la lumière de

tous les reflets de dix métaux confondus dans la fournaise, depuis le moment où ils débordent en flamboyant jusqu'au moment où ils noircissent refroidis. On pourrait cependant se faire une idée du caprice des couleurs de leurs touiles épaisses et flottantes, quand on a vu l'éruption d'un volcan du commencement à la fin. »

Quels soins prend Nodier pour que rien n'échappe de cette beauté qui, dit-il un peu ironiquement, n'est pas de mise à Paris ! A l'époque où il écrivait cependant, tout Paris admirait une femme aux cheveux rouges cuivre, flamboyants, torrentueux, et qu'admirera la postérité dans les Nymphes et les Vénus de Pradier, le plus gracieux des sculpteurs modernes, celui qui a le mieux compris la beauté, sons le charme de son modèle.

Le moment n'était pas venu où Mme P*** pût faire école, non plus que la création fantastique d'Eugène Sue : n'est pas Circé qui veut; et si pendant longtemps tes ardentes madones de toutes les grandes écoles de l'Italie^ particulièrement de l'école vénitienne, firent des envieuses désespérées, elles n'eurent que Mme P* **

pour heureuse rivale ; mais durant que le désespoir des brunes et peut-être aussi de quelques blondes qui n'osaient pas se décider à porler perruque rousse, s'abritait derrière le préjugé commun, il y avait émeute à la porte des chimistes.

Et nous Usons dans La Mode illustrée du pré* sent mois de mai 1864, sous la signature Emmeline Raymond : « Il existait jadis des chevelures décriées, peut-être injustement calomniées; mais dont la possession était considérée comme une infirmité. Eugène Sue avait inutilement tenté de les réhabiliter dans le portrait de Mlle de Gardoviile. En dépit d'Eugène Sue et des grands peintres vénitiens, les femmes rousses persistaient à se considérer , comme déshéritées par la nature. Elles sont bien vengées aujourd'hui! Le roux est à la mode, et le^ chevelures de jais, les nattes et les boucles blondes n*osent plus se montrer. La mode des perruques n'ayant pas encore paru, les femmes se voient forcées d'implorer le secours de la chimie, qui leur compose des liquides propres à opérer une métamorphose radicale de leurs cheveux noirs, bruns ou

blonds trop clairs, en un roux vénitien, du plus beau cuivre. »

Voici donc la chimie complice de la mode!

Hélas! gare à la mode : elle est en mauvaise compagnie; et peut-être me saura-t-elle quelque gré de lui révéler la recette, inoffensive sûrement, dont usaient les Vénitiennes du seizième siècle pour donner à leurs noires chevelures toutes les nuances de la flamme, depuis le blond pâle ou doré jusques au rouge acajou .

Je la copie dans uA livre de 1580, avec figures et gravures de Vercelli, frère du Titien.

« Les maisons de Venise sont surmontées de constructions en bois , en forme de loges découvertes; on les appelle altana. Et pour en revenir à notre sujet, comme toutes les femmes sont désireuses de corriger leur beauté naturelle par le secours de l'artifice, plus encore les Vénitiennes, elles ont celui de se faire blondes. Pour cet effet, elles fréquentent Yaltana, où elles sont plus souvent que dans leur chambre, s'y tenant la tête exposée au soleil quand il est le plus cuisant. Et là, assises, elles se mouillent les cheveux avec une petite éponge

attachée au bout à*un roseau et imbibée d*une eau préparée, attendant que le soleil les essuie, et, comme cela, elles rendent leurs cheveux blonds, ainsi qu'on voit qu*elles les ont. Dans cette action, elles se servent pour vêtement d*une robe de laine très-Ane qu'elles appellent schiavonetto ; et sur la tête elles ont un vaste chapeau de paille sans fond qui s'appelle solana; et celui-ci avec l'ampleur de son aile, soutient les cheveux défaits et pendants, et défend le visage du soleil pendant qu'elles attendent à BLONDIR. » (Traduction de l'époque.)

Sera donc à présent Circé qui voudra, et vous aurez raison, mesdames, car Circé fut

une grande enchanteresse.

Et vous, pauvres prédestinés qui frissonnez peut-être encore au souvenir de tous les monstres rampants et bondissants, hurlants, sifflants et rugissants dont Victor Hugo a peuplé les profondeurs de sa forêt fantastique,

£h bien ! seuls et nus sur la mousse, Dans ce bois-là vous seriez mieux Que devant Nourmahal la rousse Qui parte avec une voix douce Et regarde avec de doux yeux.

Tous ces mylhes, tous ces symboles, toutes ces créations poétiques remontent à Tépoque où, selon Hésiode : « Jupiter irrité de voir parmi les hommes la lueur prolongée de la flamme que lui avait dérobée Prométbée, suscita contre eux une grande infortune. »

(Théogonie.)

Cette grande infortune fut la naissance d'une femme; mais cette femme fut l'œuvre de Vulcain, « qui la forma avec de la terre, à l'image d'une chaste vierge. » Les dieux la dotèrent chacun d'une beauté et restèrent en contemplation devant leur œuvre, sans pouvoir se rendre compte cependant de l'étrangeté singulière de sa physionomie. C'est que la vierge, à qui Vénus avait donné ses cheveux d*or, avait eu les yeux animés par son père, le dieu du feu.

Pandore était blonde aux yeux noirs.

Ne confiez jamais à Pandore la clef du trésor sacré que vous cachez au fond de votre cœur; car s'il s'ouvre jamais ou pour elle ou par elle, il n'y restera pas même l'espérance.

Ce pauvre Pétrarque y a été pris comme Épimélhée. Toute la vie de Pétrarque se résume

en un mot : Laure! Laure, cette femme à jamais couronnée de Tauréole poétique, cette femme à jamais divinisée, cette madone du ciel d'amour, tortura pendant vingt et un ans celui qui Ta faite immortelle et fut, bourgeoisement et loyalement, mère de douze enfants.

« Sa tête était de Tor fin, et son visage d'une neige éblouissante; ses sourcils étaient d'ÉBÈNE, et ses yeux deux étoiles où l'amour ne tendait pas son arc inutilement. > (Sonnet 124.)

« D'habits verts , pourprés, sombres ou pers, dame jamais ne se vêtit, ni de cheveux d'oR, ne tordit les blondes tresses, aussi belle que celle qui me dépouille de ma volonté.

« Mais rheure même et le jour où je jetai mes regards sur le noir et le blanc de ses beaux yeux furent Yorigine de cette vie dont je me plains..,. » (Canzone, III, traduction du comte de Gramont.)

L'harmonieuse plainte ne s'éteignit qu'avec le dernier chant du poète ; et le dernier chant du poëte ne s'éteignit qu'avec son dernier soupir.

Dans l'Histoire amoureuse des Gaules, cet ouvrage qui, d'après le savant éditer des lettres

de Mme de Sévigné, en 12 volumes, contient plus de scandales que de faussetés, nous retrouvons cet effrayant portrait d'ilne autre blonde aux yeux noirs :

« La comtesse de Fiesque avait les yeux noirs et brillants et les cheveux cendrés. A force de penser à ce que l'on doit faire , chacun pense d'ordinaire mieux à la fin qu'au commencement. Il en arrivait tout le contraire de la comtesse de Fiesque. Ses réflexions gâtaient ses mouvements. Je ne sais pas si la confiance qu'elle avait en son mérite lui ôtait le soin de chercher des amants; mais elle ne se donnait aucun soin pour en avoir. Véritablement quand il lui en arrivait quelqu'un de lui-même, elle n'avait ni rigueur pour s'en défaire, ni douceur pour le retenir. »

Ne confiez jamais à Pandore la clef du trésor que vous cachez au fond de votre cœur; car s'il s*ouvre jamais ou pour elle ou par elle, il n'y restera pas même l'espérance!

« Décidément, interrompit Maurice, votre oncle devait finir par le trait de folie qui compromet votre avenir. Je n'ai jamais vu un sophisliqueur de sa force.

— Vous n'avez donc rien lu depuis dix ans?

demanda naïvement Albert.

— Au fait, reprit Maurice, peut-être n'a-l-il voulu faire que la charge de l'école symboliste ; ce serait drôle !

— Point si drôle ! répliqua Albert, car je trouve qu'il aurait poussé la plaisanterie un peu loin.

. Je crois tout simplement qu'il s'était entêté d'une idée, qu'il la suivait de bonne foi; et, comme tous les gens à système , il ne prenait dans ses lectures que les prétendues preuves à l'appui du sien. C'est ainsi qu'un rêveur, en regardant brûler trois bûches dans sa cheminée, croit voir, et voit en effet, mille formes fantastiques aller, venir, gambader, dévorer des charbons ardents, se dévorer entre elles et renaître un instant après pour se dévorer encore ou se faire l'amour, tandis que le voisin du bonhomme n'y voit que du feu.

Ne croyez pas non plus qu'il fût savant; il niait même les savants. Il prétendait qu'avec cinq ou six volumes au choix, il referait toutes les bibliothèques du monde , du monde savant, s'entend. Il comparait ces absorbeurs de mots, comme il les appelait, à une éponge

qui s'iriit)i'6gnè d'un liquide quelconque et le rend sdos la pî fessiôn tel qu'elle l'a reçu, mais dans un autre vase ; il n'y a que h. foriiïé d(i changée. M^is les poêlée et les gens d'imaginlâtiôn étaient sefe hommes ; cîir les premiers ont éh èuk-mêmës tine source fécondé, inépuisable, tttttreiit, fleuve 'Où ruisseau, qu'importe! Lés seconds font au iesoin et renouvellent tous lés jdtîrs lé mlrade de Cana.

' ^— Tietisi j'aimé àÉsht votre oncle, dît Maurice; encore un fou plein de sens. J'ai tin faible potir ce^ gehs-là. Sur ce, je vous serre la main et vais me couôhet*. A demaitl^ mais à demaiti soiir seuleitient ;' éar il faut abâolutnent que j'aille dans la jout'née à la campagne; mon oiicle m'attend pour chasser les dâîlles. Je lui parlerai 'de vous et lui demanderai là permission de vous emmener avec moi dans quelques jours; nous pécherons, nous chasserons, et vous verrez ma belle cousine, un ange, mon ami, un ahgelMrùn! '

— Que Vbulez-vous que j'en fasse? dît Albert en souriant ; je suis condamné à la blonde. Mais vous ihe "i^àrtez de votre cousine avèd bien de rettlhbùsiasme; si je ne savais qu'elle est brune,

99 I*.,W.VR6 ]>m WiQïf.PBS,

et si vftug j)q.TO'^viç;5.pas fait.la.poiifl4«|i«e,ôe

vptrç pencliî^nt tQutparticuiiçr pçiur ]lesJ*lQq4ç$,

jecrqirais,,.. ,

— Il p'ï.a rie^ à croire, rien du,touj, Mfm a^i . V y<?»3 . yoyflz , de l'aïqppr fi»rjl/)i;it , ^^ . .ypus pri^pe^.jowjt à Isi -lettre ;.9in%.jiaps ^e qHçie youS;dj,sflj?,y j aunftl^jBHW, xçiu8,ayeïi cmmv.

Il» 'i

ce,qyç VOUS appelé;? up^ P^c^ant^ tp^t.B^|rUç^Llier pour les blondes : je yo,v^.jt$sur:ç gvie (juaniJ.TOçJbrpw, eM J>^Ue,.j§ te Irpuy^^elle

^^ç.si,fortajignea'êtrçaim^. , ,

.. -:.ft^ci(]léwent je ne yo.u3.cQjpaprend§^,faw§^

Maurjoe,.? xépUqttftÂlfeçrt. étp^mév . ,,

jç.U y.a queilquç, qliose làrdessop^, .§ç dit-il

çn^uiie J^.lui-roêiïiç.; qîi aim^raU-TU dwî^? ^.. . ^ Le Je^ae^lain.s<?^r, à, Mt/hQur^^,;»taurift<? entrait cl^ez Alberf» wftis, Albert éî^t §a)sçpt. ; Ja

sqiréeét^iit dé^wsp.,^^^ :.... v.

VjI çst I^ la Bromçaadç,..sç,,^iî.>teW«ce,,/çt ij a raiso.ii; Jaursis..,niifiwc.,feit .cl^UfiïxWimême sous les tilleuls; je l'y aurais çif^^ pçu^tôtrel... c'est al?s"sr<J^ Otre çxaçt ^.m fpçdezyo.us; car enfin, à mpi^^, jlu.^pliis granil, des hç^arçls, pu, ce.qui.c3t ,plu3 e^ftraqiidinÉ^ire çncpre, k iHpins d'ui^e douJ)le,e]^c^itflde JWBpsr

sib|ft,;U fmi louJQiOT qwe,Vim ?ttiten(îe Faulrç, et ce n'est pas gai d'^JUri? ^u^^ ûu'e;iï d«htu, Djii?, » ajQuta:m.ep çldcesçaat l^parole à, çoii cbieq, . Le. i>«^uyre Djia,ifttigî*é,.pftr..te,cbftsçe. cle \» jouriife^.dorimU couché . ^n roM &ur te t^i$ > à.la;v»te. canouQ> de fipo m^ttrpt U .PUY^U m œil intelligent, remua }a queuQv çpnime pçw témoîgœcAMfiurifiei le regret oji.il ét^it de, ne rien comiMrendjre à* 9a question, Mmm f^^n itaduisit pas. njoin^.Ja réponse tout jk laÂt à rayanfage du bon sens deDjii}.

€ Je comprends^ mon tieux» tu n'^.pau^ plu&; el^ bkn l nous attandrona, ». .

.liialiuma un cigare» ât.quelques tours dau3 Ja.cbfi^mtee, puis s!arr6tft tout l^cpup. ;, , ,,

n.Bli! maisr s!écriart-il,, si Albert ^IJLait .I4 rencontr^rv !*>.• .en . fSn^^mv , an^purçu^ ! J'éppHr «erl. car. elle semble avoirilé faite c^pr^s pour

4Uli%** • :5ft . ' » i j> . . , . V . , , /

Au môme instajat, la ppjrt^ s'puyrit,. et. Albert entra4..Yi$iblQment préoccupé, . . ,, ,

A.JD'ûù. yenezrryous et.,qq!^ye?;-ypus, won ami 2 , lui. . di^manda MwrîQÇ, 1^ , prppienade itaitreUe belle? ayçz-ypu^, trouyé voire in<rpu-

ë4 Lïi LîVré dès iiONbÉ&l

'ÂïbéHl lin jiè'a étonhê d'abord, ëmban'iisyé |[)eùl-élrb, ne tîépôiidità Mâurifce (5|dë "piiv ttrVè de 'èbë lihrase^'îdn^dès e\ vidé» qti*titi bdit^ttiè ïll*c^|[)rit à làiTjbutâ'à^ti ^érVicié'dâùë'lèâ dëèaisidte diffièilèéi Et; pour 'i^ë' mettre tdutàfâit à léduVért d'iihe iiôùVëllè! àttâ'(i[1ie, ir^e rétrafnÊha flèWièrè dtlé qtite^liori: '''!"^' -■ *" « Et ' VÔùd-^rHôme, deriiandâ^^t^il' à' M^rfcè; tÔriiittèfiil'nVez-vous t^tesé là jdtirfléfe? "* • " •^ MPa'uricé" était trôti'éfdufdi pôurtief pâis^ laisser prendre ; ' ^^hîlleors, son aftooiip-propré flié iôhâëèeùi^ y trouvait SOW cotbpte: ■ -

c Le plus heuréu^btliétit en làondè, répôrr^ •tll(4l; j'ai fuéqoinzè' cailla; grasses bonlhie des ortolâhé , je ri'ëri ai inancpië ^u^trne ; Inals fe^eét ûrt jeii d*efifanl de tWër des<;Aîltesi Je rfen m iiue pôtir'iiià'Êôu^hè'qùi les adote;'H. Djîn tjùè j'ai rhônncur dfe 'ioufe présenter, a fait dw merveilles^ des arrêts superbes! Au reste, mdii thèr; vous en \\xgetet voùs-ïnéitië, car on tifeus attend demain chë2"ihon oni^le. J'ai beaucoup ^Mé dfe'vôusï ma bdle cousiiie est fort împadl^te dé ' vods voir, beaucoup trop impatietttu?, diraiS'je, si je tië voué savais pas condamné k la blonde, suivant votre expression pittoresque.

— C'est sa cousine qu'il aime, se dit Albert.

« Je vais reprendre notre lecture, ajoulat-il, Doiis causerons ensuite, j*ai quelque chose à vous dire. »

Maurice pâlit.

Albert déroula le manuscrit et continua.

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