FELIX MARITUS
Cela veut-il dire, à son épouse Flavîe, Félix son mari; oii bien à son épouse Flavie, son heureux mari?
Lé mot Pélik èst-il ici nom propre ou qualificiaiif, qu'en pensez- voiis?
— ie pensé, répliqua Afaurice, qu'on pourrait s^y tromper. Mais, ajo'uta-t-il, vous avez donc été enî Algérie?
— Eh saris doute, mon ami, répondit Albert; j'y ai séjourné seize jours, en touriste, en économiste, en géographe, en ethnologue, ëii philologue, en administrateur^ comme tout ic monde; et je suis bien décidé à publier, égaiement comme tout le monde, et sous ce titre
modeste, mais révélateur :
DÉ LA QUESTION ALGÉRIENNE ' EïmSÀGÉE A tÏN W)ilïT DK VUE NOUVEAU,
les impressions que j'en ai rapportées.
â4 LE.XIVB£ QB& BU)NBB&4
« Je dois C6la àla Erance«
— La France vous en saura gré, » dit Maurice en ouvrant de g^^^Q^^yjQq]^ .ébahis, où se lisait engrosses lettre^ cettç exclamation, que la pudeur de l'amitié retenait sur ses lèvres : « en seize jours! — Parle-t-il sérieusement! »
Albert avait trop de pénétration pour ne pas comprendre la portée de cette interrogation muette; mais il se drapa fièrement dans sa dignité d'historien futur et d'économiste, sans laisser deviner autrement que par un sourire
j, ,.■,■•' l>i.>'' ',lt»l... ' 'J .là"'. !».••
ironique, imperceptible, s'il était de bonne foi OU s'il préparait une mystification qui ne saurait manquer d'aller à quelque adresse, tant il s'en trouvé chez les libraires et dans les journaux.
« Tenez, ajouta- t-il, rien ne nous presse, voulez-vous que j'ouvre ici une parenthèse au manuscrit de mon oncle et que je vous développe le plan de mon ouvrage. — Vous êtes jenne, il faut vous instruire, mon cher.
— Très-volontiers I dit Maurice : car je vous avoue^qu^, con[)ïnç..tomJie «onde, jaiu^i. moi, je suis fort ignorant de cette affaire. Instruisezmoi donCfL.9 ..... . ,,. .,, ..
Le punch et le cigare avàiçnt.évjd^awuenl brppiUé l^.cejr.vellje (le$ deux JmwloGirt^ui;^, .
p^s^ Ja .main, d^ïjs ces cb^veux, réfté^WlA^ n^om^t cpain(iqpQur,m^Ure sq$ idées en ordre, e|t, d;un tPW suj[iipftn[>fl?jept.fti»ptol;iqt?Ç| ^y^ç. uft sang-frQjd supçjfbe, improvisa; à, peu priés ce qui
: .,.i,v. Oi\.I-A QUESTION .ALGÉBIEBINB. , ., ,>..
Un docteur célèbre a écrit : Il .p!e§tvjfipiî^
d^Eurppéea qjiw, ,^prè$, un ^^iP.nr dQ.di^. années en) Algérie, ne soit plus ou moins, fou^
, EUira.pr9Uvé, ..>, , . ..
. ,Mai8 .lapropûsittoû çst inconEipJlète, .car elle ne car^actérlsçi qu'un phénomène ,dç IrAnsitioo^ qu'un premierdegré d!altérationinenlale) apnè& lequel, et sous l'action persistante des iniluerice& qui ont exalté d'abord Timagination.. du vieil Algérien, il redescend ensuite progressivement jusqu'à cet état d'atoniç morale qui^ sans tant de façon, peut le..carax2tériser:,d'un. mot : vieil Algérien, vieiljie bétel
Ai • -• .
'r' A f t ■ 'a ' ^ t ' K . 'tl
9é LE LIVRÉ DES BLONDES.
Et je le prouve.
L'Afrique tout entière est eiicorè «ous lé Cîôup de la malédiction biblique qui l'a frappée il 7 a quatre thillè cms; et, pour qu'elle ne s'en rele-^ vât jamais, Dieu Tavàit extemée du i*este du mtïttde en l'eritôùrant d'une mer cruelle, et en en déchirant les côtes «ans y Msier tin port, mare sevum et importuosum; en ne lui dohnarit qu'un sol infécond, arbori infecundus; sans eaux du ciel ni de la terre, cœlo , ierrlixqm penuria aquarum; en ne livrant t)our nourrissons à sa mamelle aride que des bètes fauves, arida nvrtrix konuTH,
Quant à la population autochthone, condamnée à se débattre dans cet affreux milieu, et à disputer sa vie aux sables, au soleil, aux vipères, aû^ scorpions, aux grands carnassiers, aux moustiques, à ses ^semblables , sinon même à ses amis, les pires de tous, aujourd'hui comme autrefois,
Elle commence par le sauvage,
Se continue par le nègre, ' Et finit par le si<nge ;
SfTrayante dégradation que subissent peu à peu les envahisseurs téméraires qui, bravitnt la
loi de Dieu, désertent leurs pays bénis, pour ce pays des monstres.
C'est affaire de temps, et il y a déjà progrès sensible. Belle perspective !
Hérodote nous a laissé des autochthones, libyens et gétules, un croquis etlmographique à nous faire douter s'ils appartenaient au genre homme et femme de la (xenèse, ou au genre ' afrite et goule de la légende infernale.
Ici, ce sont les Malkes dont les femelles portent à la jambe autant de lanières qu'elles ont eu d'amants; et celle qui peut faire orgueil du plus grand nombre est la plus considérée ;
Lk, ce sont les Machites dont les femelles, je tiens au mot pour l'honneur des femmes, sont en commun ; dont les enfants n'ont pas de père connu et qui s'en choisissent un au colinmaillard dans la foule ;
Les Zigantes, véritables suiphages qui mangent des singes;
Les Troglodytes qui mangent des serpents et d'autres reptiles, et dont le langage inarticulé ressemble au cri de la chauve-souvis ;
Les Attarantes qui maudissent le soleil, et qui
ont donné à la littérature française, est-ce un cadeau? Lefranc de Pompignan et son unique strophe :
Le Nil a vu sur ses rivages Les noirs habitants des déserts Insulter par leurs cris sauvages L'astre éclatant de l'univers.
Ceux-là, du moins, avaient encore un certain respect d'eux^-mémes, puisqu'ils ne se soumet* taient point sans protester contre l'obligation forcée d'être cuits, qui nous est à tous imposée en Algérie.
Au soleil, rôtis,
A l'ombre, au bain-marie^
Sur les routes, au gratin.
Question culinaire que la question algérienne*
Aussi, quand les Grecs, ces gens d'esprit, chez eux, nos grands-pères, abordèrent sur la cAte libyque, y eut-iL dans la flotte un mouvement soudain de recul qui la rejeta sur la rive natale; mais là se dressait debout l'oracle pythien qui criait :
< Malheur, malheur à ceux qui arriveront en Libye après le partage des terres I »