DIALOGUE DE DEUX AMANTS
LE PREMIER
Mon cœur est tout endormi, > Réveille-moi, belle :
• Mon cœur est tout endormi ,
Réveille-mi. .
LE SECOND
Eh! compagnon!
LE PREMIER
Eh! mon ami!
LE SECOND
Gomment te va le cœur, beau sire !
LE PREMIER
Pas n'est besoin de te le dire.
Ne sais-tu pas bien qu'il y a Plus d'un an qu'amour me lia Dedans les prisons de ma mie?
LE SECOND
Est-ce encor de Barthelemie , La bUmdelette?
LE PREMIER
Eh ! de qui donc !
C'est encore Marot.
Et Laborderie, dans YAmie de cour, satire à l'eau de rose , qui fit la réputation du poëte ; l'Amie de cour est une coquette, une femme à la mode. Écoute.z-la :
Je mettais peine à porter proprement Mes blonds cheveux et mon accoutrement, A posément conduire mes yeux verts Pleins de douceur, ni peu ni trop ouverts.
Et Mellin de Saint-Gelais :
Ah! cheveux, n'ayez nul regret De vous voir en lieu si secret, Loin de vos compagnons dorés Qui du monde sont adorés.
Si vous saviez , ô blonds cheveux , Quel est le bien que je vous veux.
Un seul d'entre vous m'est plus cher Qu'autre amie entière à toucher, Ni que les trésors assemblés Du fin or à quoi ressemblez.
Et Joachim Dubellay, dans sa pièce contre
les froids imitateurs de Pétrarque, qu'il appelle les pétrarquistes. Si je voulais pétrarquiser, dit-il:
Et savez- vous ce qu'alors je dirais?
De vos beaux yeux, deux astres je ferais,
Vos blonds cheveux en or je changerais
Et vos mains en ivoire.
Quand est du teint, je le peindrais trop mieux Que le matin ne colore les cieux :
Bref, vous seriez belle comme les dieux ,
Si vous vouliez me croire.
Et run des mille amoureux de Louise Labbé, la belle cordière, aussi célèbre par ses amours que par ses poésies :
Celui qui voit son teint vermeil , Voit les roses qu'à son réveil Phœbus épanit et colore :
Voit dans Pactole le trésor Dont ses riches sablons il dore.
Et Rémi Belleau :