LES EX-LIBRIS
LES LIVRES. — Les amateurs de livres ne sont pas moins passionnés que les autres collectionneurs. Le bibliophile recherche les belles éditions, le bibliomane préfère les éditions rares. Tout bibliophile ardent devient forcément un peu bibliomane. Après les Donats et les incunables, où premiers livres de limprimerie, aujourd'hui introuvables, ce que convoite l'amateur, ce sont les éditions princeps. (première édition d’un auteur ancien).
A la tête des plus celèbres éditeurs, nous nommerons les Alde, à Venise, XVe et XVIe siècles ; les Étienne, à Paris, XVI et X VIE siècles ; les Elzévir, à Leyde et à Amsterdam,de 1592 à 1680 ; Froben,à Bâle, XVIe siècle ; Morel et Turnibe, à Paris,X VIT siècle ; les Didot, dont le premier édita, en 1747, les Voyages de l'abbé Prévost.
Citons parmi les éditions remarquables, la Collection ad usum Delphini, entreprise sous Louis XIV, pour l'instruction du grand : Dauphin (classiques latins, 64 vol. in-18). Le Recueil de romans français, entrepris par l’ordre du Gt d'Artois, et connu sous le nom de Collection d'Artois (64 vol. in-18). Les livres à vignettes du XVIII siècle, dont les chefs-d’œuvre sont les Baisers de Dorat (exemplaire sur grand papier avec les titres en rouge) et les Contes de La Fontaine, édition dite des Fermiers généraux.
Dans une belle édition, on doit trouver un texte aussi correct que possible, des caractères unissant la légèreté à la netteté, un papier beau et solide et des marges bien proportionnées à la page imprimée.
L'amateur doit savoir reconnaitre le format à la simple inspection du livre.
L'in-folio a la feuille pliée en 2 et contient 4 pages;
L'in-40 — — 4 — 8 pages ; L'in-8° — 22. S AUX 16 pages ; L'in-12 ane — 12 — 24 pages ;
et ainsi de suite pour l'in-46, l'in-18, l’in-24, l'in-32, l'in-36, l'in- 48, l'in-64, l'in-72, l’in-96, et l’in-1 28.
La dimension des papiers employés par les imprimeurs n'est pas toujours la même et l’on peut prendre un in-folio pour un in-quarto, un in-octavo pour un in-douze,ete., et réciproquement. Il faut alors recourir aux signatures.
Les signatures sont les marques qu’on emploie pour distin-
guer les feuilles dontse compose un ouvrage. Ainsi, par exemple, dans un in-4°, on trouvera le chiffre 2 à la page 9, parce que la feuille étant pliée en quatre forme 8 pages et la seconde feuille commence au n° 9; 3 occupera le n° 17; 4 le n° 25; etc. Par le même principe, on reconnaitra qu'un volume est un in-8, en voyant un 2 àla page 17 ; un 3 à la page 33; un 4 à la page 49, etc.
Autrefois, les chiffres étaient remplacés par des lettres alphabétiques. Pour 1, 2, 3, 4... on mettait A, B, C, D... Si un in 8° est imprimé par demi-feuille, 2 ou B, est au bas de la page 9; 3 ou G, au bas de la page 17, etc.
Pour dater un livre et en marquer les pages, on emploie les caractères arabes, romains et français. I] y a dix caractères arabes, savoir : 4, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,0. Ils servent à la pagination. Le caractère romain est formé de lettres majuscules de l'alphabet. Ges lettres numérales, qui composent le caractère romain, sont au nombre de sept, savoir I, V, X, L, CG, D, M.
Le caractère I, signifie un; V, cinq ; X, dix ; L, cinquante; C, cent; D, cinq cents; M, mille.
Le I répété deux fois fait deux; trcis fois, fait trois. I mis de- - ant un V ou un X, retranche une unité du nombre exprimé par chacune de ces lettres : ainsi IV fait quatre, IX fait neuf.
Pour rendre six, on ajoute un I à V, VI; pour sept on en ajoute deux, VIT; pour huit, trois, VIII.
X devant L ou G, retranche dix unités; par conséquent XL signifie quarante et XC quatre-vingt-dix. Un L suivi d’un X (LX) veut dire soixante.
Outre la lettre D, qui indique cinq cents, on peut exprimer ce nombre par un I devant un C renversé, comme suit : 19.
Pareillement au lieu de M, qui signifie mille, on se sert quelquefois de T'entre deux CG, l’un droit et l’autre renversé (GI).
On peut encore exprimer six cents par IDC etsept cents par ICG, etc. L'addition de G et 9 devant et après augmente en raison décuple; ainsi GCI99 signifie dix mille ; CGC1999, cent mille, etc.
Le caractère français, surnommé aussi chiffres de comptes ou de finance, n'est proprement qu'un chiffre romain en lettres non majuscules ; au lieu de rendre cinquante-six par LVI en chiffres romains, on l'exprime en plus petits caractères par lvi ou lvj, etc.
On fait usage du caractère français dans les comptes, dans une préface où dans un morceau préliminaire, que l'on veut distinguer du corps de l'ouvrage. (£'ncyclopédie.)
La présence des i ou j peut offrir certaines difficultés. Ainsi ii devant un D (ii D) indiquent 500 moins 2, et ii devant X (ii X)
font 2 fois 40, tandis que IX ne font que huit. Ces diverses combinaisons exigent un peu d'étude. Voici d’ailleurs quelques exemples empruntés aux Connaissances nécessaires à un bibliophile. Paris, Rouveyre, 1878. Plusieurs d’entre eux sont assez singuliers ; tous sont tirés d'ouvrages des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
M CCCC iïij XX VIF. . — 1488 M CD XGTX: 57 4 Ge 499 Mic iii XX Viij. . . — 1488 Mi NME re = 1508 MN er LS M 'OXX- chum rte 1600) MCOCDXCV:. = 1495 MD D TERRES = 1548 MOD'AGME, SX — 1496 co CTI 201121: = 1554 Miij D ou MIND .. — 1497 CODEC Er Le = 1596 M CCCC XC Viij. . . . — 1498 MODO ee = 1602 M CCCCIIC....,.. — 1498 CD 19 CREVER = 1626
Dans les catalogues de livres, on se sert d’abréviations pour indiquer l'état des volumes. Nous donnons les principales. Les amateurs en trouveront un plus grand nombre en recourant aux Connaissances nécessaires à un bibliophile.