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LISTE DES PRINCIPAUX IVOIRIERS DIEPPOIS

Cornu (Jean), mort en 1710, était « sculpteur ordinaire du Roy ». Il fit son apprentissage à Dieppe, chezun maitre ivoirier.

(Jal.) Les premiers travaux de Jean furent donc exécutés en ivoire et vraisemblablement d’une belle facture. L'artiste qui devait donner à Versailles la statue de l'Afrique et la copie en marbre de l'Hercule Farnèse, n'était pas un simple praticien et les œuvres de sa jeunesse durent se ressentir de ses heureuses dispositions. D’après l'auteur du Dictionnaire critique, Jean Cornu épousa Françoise Péronnet, fille du contrôleur général des rentes de l'hôtel de ville et greffier du grand conseil. Ils eurent un fils, Jean Cornu, qui mourut sous Louis XV.

Moraro (Michel), né à Dieppe, florissait vers la fin du XVIIe siècle. Dans un mémoire manuscrit sur la ville de Dieppe, conservé à la Bibliothèque nationale, nous trouvons ce document : «Michel Mollard (sic), sculpteur en ivoire, a travaillé ensuite pour le Roy au Louvre, où il a gravé l’histoire métallique de Louis XIV, par ordre de Monsieur de Louvois. » (No 14,564. Supplém. franc. 254 12.)

On lit dans un registre des bâtiments du Roi, sous la date du 6 juin 1688 : « A Michel Molard, graveur en acier, 200 livres à compte d’un poinçon et d’un carré qu'il a gravés représentant la Majorité du Roy. » Molard a signé plusieurs médailles ; M.M.: M.M.F., ou Morarp F. (Jal, Dictionnatre critique.)

Un graveur de médailles doit savoir très bien dessiner et l’on en peut conclure que Michel Molard, avant d’être graveur du Roy, taillait supérieurement l'ivoire. Selon les probabilités, sa grande habileté même dut être la cause qui lui fit abandonner sa ville natale, pour aller exercer ses talents sur un plus vaste théâtre.

MAUGER (Jean), né à Dieppe vers 1648, mort à Paris le 9 septembre 1722. Nommé graveur en médailles du Roy, ilfut logé au Louvre, en 1698, à la mort de Jean Chéron.

« Jean Mauger, dit Jal, commença-t-il, comme son compatriote et ami Molard, par tailler l'ivoire? C'est possible. Il vint à Paris, où il épousa Élisabeth Claye, fille de Jean Claye, orfèvre. Il signait ses médailles [.M.; 1. MAvGEr, ou seulement MaAuGER. »

En 1687 et en 1688, 1l reçut : 900 livres « pour un poinçon et un carré représentant la Jonction des deux mers, pour la suite des médailles du Roy ». — 900 livres pour un modèle en cire, un poinçon et deux carrés représentant l’Entrée de la Reine à Paris, pour la même suite — « 680 livres pour un poinçon et un carré représentant la prise des quatre villes sur le Rhin. » (Diclionnaire critique.)

Le MarcuanDp (David), né à Dieppe, mort en 1726, vint en Angleterre sous le règne d'Édouard I et s'y fit remarquer par des statuettes et des portraits-médaillons en ivoire, d’une belle exécution. Walpole, dans ses Anecdotes, en parle avec éloges; il cite entre autres les portraits de West, de lord Sommers, de Charles Marbury et de Newton. David Le Marchand a parfois signé : D. L. M.

Les BELLETESTE. La famille des Belleteste, à Dieppe, est restée longtemps en réputation. Pendant plusieurs générations, elle a donné des artistes qui ont tenu le premier rang parmi les meilleurs sculpteurs en ivoire de son pays.

L'Annuaire de l'arrondissement de Dieppe (1866) ne cite que deux artistes du nom de Belleteste, par cette simple mention : «1787, 22 mai. Naissance, à Dieppe, de Louis-Charles-Antoine Belleteste, sculpteur, mort à Paris le 18 avril 1832, petit-fils de Jean Antoine Belleteste, célèbre par ses compositions et travaux d'ivoirerie. »

Désireux d'étendre ces renseignements, nous nous sommes d'abord adressé à M. Paul Ansoult, chef de bureau de l’état civil, qui nous a aidé à compulser les registres de décès et de naissance. Nous avons trouvé cinq artistes ivoiriers du nom de Belleteste. Il peut y en avoir d’autres; obligé de limiter nos recherches nous avons dù nous arrêter à ceux-là, nous les passerons successivement en revue.

BELLETESTE (Antoine) florissait en 1731.

BELLETESTE (Jean-Antoine), fils d'Antoine, né en 1731, marié le 22 avril 1754 à l’église Saint-Remy, mort sur la même paroisse le 127 mars 1811. C'est Le plus célèbre de la famille ; doué d’une remarquable habileté de main et bon dessinateur, il réussit à s’assimiler tous les genres. Sa supériorité incontestable et incontestée le fit rechercher pour l'exécution des pièces officielles, où l'honneur de l'industrie locale était en jeu.

. Le 18 août 1773, le ministre Trudaine se rendit à Dieppe pour étudier les moyens de porter remède à l’envahissement de l’entrée du port par les galets. « La municipalité le reçut avec une très grande pompe et lui fil présent d'un groupe reproduit en ivoire par le sculpteur Belleteste et qui représentait le buste du ministre perté sur une colonne brisée et à côté une statue de Minerve déposant sur sa tête une couronne d’olivier. La maquette de ce groupe, dont le piédestal est orné d'inscriptions, est actuellement conservée par M. Lémery, propriétaire à Arques. » (Mémoires pour servir à l'histoire de la ville de Dieppe, publiés pour la première fois avec une introduction, des suppléments jusqu’en 1790 et des notes historiques, par Michel Hardy, Paris, Maisonneuve, 4878. Supplément, t. Il, p. 264.)

C'est de Jean Antoine Belleteste dont il est question dans cette phrase de l’Almanach général des marchands négociants, armateurs : « Dieppe. On admire particulièrement les chefs-d’œuvre du sieur Belleteste. » (Paris, édition de 1774, 1777, 1785, etc.) C'est encore à Jean Antoine que s'adressent ces éloges de l’A/manach Dauphin : « Belleteste, à Dieppe, est un des plus habiles artistes et des plus renommés pour les ouvrages d'ivoire en figures, de rondes bosses et autres bijoux précieux et délicats. » (Supplément, Paris, 1777 au mot : Tabletiers.)

Dans le Catalogue descriplif, critique et anecdotique des objets (à Trianon) sous les auspices de S. M. l'Impératrice (Eugénie), en 1867, on trouve divers ouvrages de notre artiste, ayant appartenu à Marie-Antoinette :

N° 31. Quatre statuettes, représentant les quatre Saisons; elles étaient dans un des cabinets de la Reine et proviennent du sieur Bousquet, intendant de M. Campan, qui les tenait de lui, — N°70. Un éventail, sculpté à jour. — N°72. Des navettes à faire de la frivolité, en ivoire sculpté à jour, d’un beau travail.

M. Ansoult nous a fait admirer quatre petits bas-reliefs de son parent Jean-Antoine, héritage de famille, qu'il conserve précieusement. Leur authenticité n’est pas douteuse et nous n’hésitons pas à en donner la description.

1° Délicieux petit médaillon figurant une Vénus sur deux chevaux marins à corps de dauphin. Fond de verre bleu. (D. 0,049.)

2° Médaillon offrant une jolie femme assise près d’un arbre et tenant une guirlande de fleurs. Deux amours sont près d’elle ; celui de droite, en haut, tire des fleurs d'une corbeille (D. 0,070).

3° Beau médaillon, dont le sujet représente un paysage maritime. À gauche, deux arbres au tronc épais ; à droite, trois maisons dans un site boisé. Sur le premier plan, quatre person-

nages : Un pêcheur, un petit garçon et une femme portant un enfant ; près de celle-ci, un chien; au fond, avec deux bateaux, une montagne et un phare. Fond de verre bleu. (D. 0,077.)

4 Petit panier de fleurs, à anse; en bas, à gauche, deux colombes se becquetant ; à droite, la houlette, le chapeau et la musette. Bordure de perles et fond de verre bleu. (D. 0,049.)

BELLETESTE (Louis-Charles-Antoine), né à Dieppe le 22 mai 1787, mort du choléra, à Paris, en 1832. Fils de Louis-Charles- Vincent. Il se maria à Dieppe, âgé de plus de trenteans et devint, comme son grand-père, un sculpteur distingué. La duchesse de Berry le fit beaucoup travailler. Il exécutait le portrait en haut relief directement devant le modèle, avec une facilité remarquable. Pendant la vogue des boutons de chemises, il en faisait jusqu’à cent par jour, au prix d’un franc la pièce.

Louis-Charles-Antoine, amoureux de son art, ne pouvait souffrir l'offre d’un rabais sur ses ouvrages ; il menaçait de les briser plutôt que de les vendre à un prix inférieur au sien. Sa femme, sous ce rapport, était plus entendue; douée d’un tact exquis, elle charmait le client et débitait au mieux tous ces gracieux objets que l’habile ivoirier savait si bien sculpter.

Nous citerons de ce maître les portraits de M. et Mme Frédéric Ansoult, de Dieppe, médaillons en haut relief sur fond de verre bleu, époque de Charles X. (Coll. de M. Paul Ansoult.)

BELLETESTE (Louis-Augustin-Grégoire), né le 1er février 1798, mort le 29 juillet 1821. Fils de Louis-Charles-Vincent. [1 mourut célibataire à vingt-trois ans et demi, sans avoir eu le temps de se faire connaitre.

BoureiLer (Samson-Philippe), né à Dieppe le 26 juillet 1767, mort à Rouen le 46 mars 1812. Un des bons artistes dont la patrie de Duquesne ait le droit d'être fière. Il a cultivé tous les genres tels que figures, portraits, animaux, paysages. Le décor mosaïque lui a fourni l’occasion d'exécuter de gracieux sujets sur fond de dentelle. Bouteiller a fait aussi de petits navires mâtés, gréés, pavoisés et voguant à pleines voiles, le tout d’une ténuité extrême. À côté de ces fragiles ouvrages, fruits de la patience et de certains tours de main, mais étrangers à l’art, Samson Philippe s’est révélé dans ses bustes originaux et dans limitation des statues antiques. Ses portraits d'après nature, bustes ou médaillons, sont d’une admirable exécution et d’une ressemblance irréprochable.

Parmi ses figures antiques, la Vénus de Médicis parait avoir été l’objet de ses préférences. Il en fit de belles réductions qui lui valurent les félicitations de plusieurs grands statuaires de Paris;

« il fut comblé d'éloges par l’Athénée des arts, qui en rendit un compte fort honorable dans une de ses séances publiques. »

Bouteiller eut l'honneur d’être présenté au ministre de l’intérieur, dont il devait faire le portrait, lorsque sa santé délabrée vint y mettre obstacle en précipitant son retour à Dieppe. Cet artiste a montré ce que peuvent le travail intelligent et la persévérance aidés d'un goût pur. Avec des notions de dessin presque élémentaires, il parvint à produire des œuvres remarquables que de bons maîtres n’eussent pas désavouées.

L'indifférence pour les ouvrages d'ivoire laissa notre sculpteur dans une situation précaire; vers les premières années du XIX: siècle, s'étant décidé à quitter sa ville natale pour venir habiter Rouen, il trouva du moins dans cette résidence, quelques satisfactions d'amour-propre, des éloges publics vinrent le récompenser de ses labeurs. En 1808, la Société d’émulation lui décernait une médaille d'argent pour rendre hommage à son mérite et reconnaitre sa supériorité. Le mémoire ajoutait au nom de la Société : « En lui rendant cette justice, elle forme un vœu, bien intéressant pour ce département, c’est de lui voir se préparer des successeurs en formant quelques élèves dans lesquels il reconnaitrait des dispositions favorables : elle se flatte qu'il répondra à ce que l’on a droit d'attendre d'un artiste aussi distingué. » (Mémoires de la Société d'émulation de Rouen, 1808, p. 56. Article signé : Lecarpentier.)

FLouesT (Marie-Joseph), sculpteur et peintre, né à Dieppe le 47 décembre 1747, mort en cette ville le 25 mai 1833. Il débuta par la sculpture en ivoire et donnait déjà des preuves de talent quand le goût de la peinture l’entraina à Paris. Pendant plusieurs années, la nécessité l’obligea de consacrer une partie de son temps à sculpter de jolis petits médaillons pour les tabletiers, puis vint un jour où il put enfin se livrer entièrement à son travail préféré. On cite parmi ses meilleurs tableaux un Retour de nourrice et une scène du roman d'Estelle et Némorin. Il a fait aussi des miniatures et les dessins d’une édition des fables de Florian, avec lequel il était lié.

Vers 1808, Flouest revint à Dieppe pour diriger l'école de dessin, nouvellement fondée dans le but de former des artistes, pour relever le commerce de l'ivoirerie. (L'abbé Cochet.les Églises de l'arrondissement de Dieppe ; Dieppe, Lefebvre, 1846, p. 111.) D'après M. Michel Hardy, savant dieppois, à l'obligeance duquel nous devons quelques bons renseignements, les petits bas-reliefs de Flouest sont en grande partie passés en Angleterre, Comme miniaturiste, il ne s’est pas élevé au delà d’une honnête médio-

crité; son nom n'est cité nulle part parmi les peintres de ce genre, et pour cette fois nous n'approuvons pas les éloges décernés de confiance à notre artiste par l'abbé Cochet. Deux petits portraits appartenant à M. Michel Hardy sont de nature à confirmer notre opinion.

Damery, FÉVRIER l'aîné, FÉVRIER Joseph, HouaRn, PECQUETS, PLaNqQuE et SAvOYE, fabriquants, maitres ivoiriers à Dieppe, exercaient en 1772. (Almanach général des marchands.…, Paris, 1772.)

LEFEBVRE, sur la fin du règne de Louis XVI, seulptait des paysages, des marines et des scènes pastorales et galantes, d’un fini précieux.

Les CrucvoLze père et fils florissaient dans la seconde moitié du XVIIL siècle. Ils se sont fait une certaine réputation pour leurs crucifix.

CroquEeLor travaillait sous Louis XVI. Il faisait des descentes de croix, des bas-reliefs et des sujets délicats sur fond de mosaïque, c’est-à-dire piqués à jour comme de la dentelle. Il est mort, sous la Révolution, concierge de la mairie de Dieppe.

ConrRe, au XVIIIe siècle, sculptait des gueux et des mendiants.

BiexayMé sculptait des christs avec talent. Son neveu, à Hautot, en conserve un spécimen remarquable. Cet artiste était encore réputé pour ses montures d'éventails.

BcaRp l’ancien, contemporain de CGroqueloi, exécutait comme lui des descentes de croix et de fins bas-reliefs.

Dauzzy, élève de Croqueloi, naquit à Dieppe au milieu du règne de Louis XV. Il travailla quelques années dans sa ville natale et s'établit à Paris, où les événements politiques favorisèrent son commerce. Après le 44 juillet 1789, il fit de petits médaillons représentant la prise de la Bastille. La plupart servaient à décorer les tabatières; des réductions de ceux-ci ornèrent des broches, des boucles d'oreilles, des chatons de bagues et autres bijoux de même genre. « J'ai vu de ces médaillons, dit M. Nicolle aîné, c'est de la sculpture pour être vue à la loupe. »

Dailly eut une vogue inespérée: on s’arrachait ses ouvrages: il sut en profiter et sculpta toutessortes de pelits sujets allégoriques et autres, relatifs à la Révolution. Comme presque tous les ivoiriers de son temps, il exécuta le genre mosaïque, offrant un gracieux motif au milieu d'une fine dentelle; parmi ses bas-reliefs, nous citerons un Persée délivrant Andromède et un charmant médaillon ayant pour légende :

Je le tiens ce nid de fauvettes; Ils sont éclos quatre petits.

Nous ignorons la date du décès de Daïlly, son nom figure pour la dernière fois dans l'Annuaire de Paris en 1821. Il y est consigné avec cette note : « Sculpteur en ivoire, tient assortiment de sujetsen terre cuite, rue du Caire, 22, » Sous la Restauration, notre Dieppois ne s’en tenait donc plus au travail de l’ivoire; il était aussi modeleur en terre.

Meu@xior (Auguste-Philibert), né le 10 août 1802, mort à Rouen le 22 décembre 1842. Artiste réputé, qui fit honneur à la ville de Dieppe. Son succès date de la Restauration; il eut alors quelques années de grande vogue. Le goût des portraits lui fut très lucratif; il en fit un grand nombre surtout en haut relief; chacun d'eux, pour lesquels il ne consacrait guère qu’une journée, lui était payé 100, 150 et jusqu’à 200 francs. Ses élèves, il en avait au moins douze, faisaient les vêtements et lui se réservait la figure.

Meugniot abusait de sa facilité pour tomber dans la négligence. Il sculpta un jour le portrait de la duchesse de Berry d’une façon regrettable tant au point de vue de l'exécution que sous celui de la ressemblance. La duchesse, malgré sa bienveillance si connue des artistes, renvoya le portrait à Meugniot en lui faisant dire que ce pouvait être celui d’une autre, mais qu'assurément ce n’était pas le sien. La MVotice des ivoires du Louvre rédigée par A. Sauzay mentionne un « vieillard assis dans un fauteuil », buste signé : Meugniot, Dieppe, 1829. Ce type de la décrépitude est supérieurement rendu.

Nicozce (Antoine), né à Dieppe, le10 mars 1807. Habile ouvrier, connu sous le nom de Nicolle ainé. Il travailla chez Blard en qualité de chef d'atelier et fut souvent chargé de l'exécution des pièces de choix. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Les deux éventails offerts par le conseil municipal de Paris à la princesse Hélène, lors de son mariage avec le duc d'Orléans ; un autre éventail, non moins beau que les précédents, commandé pour un prince indien, quelques années plus tard, vers 1836 ou 1837; des statuettes, des sujets d'après l'antique; un grand nombre de bas-reliefs et plus de trois cents portraits, notamment ceux de sa mère et du violoniste Artot, tous faits directement, en présence du modèle, sans modelage préparatoire.

En 1855, il fit partie de la délégation ouvrière désignée par la municipalité pour aller visiter l'Exposition universelle. A son retour, il publia un rapport donnant à Dieppe la suprématie sur les autres nations pour l’industrie artistique de l'ivoire.( Vigie de Dieppe.) Il est aussi l’auteur de plusieurs articles publiés dans le même journal et dont nous avons parlé plus haut. Antoine Nicolle

aurait pu se fixer à Paris, maisil refusa; des offres avantageuses lui furent adressées par un nommé Périn, rue du Ponceau, élève de Dailly, et dont la spécialité peu honnête consistait à imiter les vieux ivoires. Il occupait quatre ou cinqouvriers à ce triste métier. Les copies, bruniesau tabac, étaient placées chez des marchands de curiosités et vendues comme anciennes. « Voici le procédé, je l’aivuemployer, dit M. Nicolle ainé: on copie une figure d’après quelque vieillerie, puis on la soumet à l’action d’une décoction de tabac ou de tan; cette opération terminée, on lui casse une jambe, un bras ou la tête, si c'est possible ; on rajuste ensuite la partie détachée au moyen d’une cheville, puis un marchand de bric-à-brac la vend à un connaisseur pour un morceau de cette ‘brillante et grasse sculpture du XVe ou du XVI siècle, c’est souvent à son choix. (La Vigie de Dieppe, 18 avril 4851.)

CLÉMENCE (1798 1831), surnommé Ponne- Vierge, à cause de sa facilité à reproduire les madones, qui se vendaient à la grosse pour l'exportation. Après avoir été l'élève des Belleteste, il se perfectionna dans l'atelier de Blard, dont il devint un des meilleurs ouvriers. Clémence a laissé des statuettes et des bas-reliefs qui ne sont pas sans mérite. On cite de lui les Quatre Saisons.

BLarD (Jacques-Nicolas), né le 9 thermidor an LIT (27 juiilet 1795), un des ivoiriers le plus en vogue du règne de Louis- Philippe. Au mariage de la DS de Lucques, fille de la Dsse de Berry, la ville de l'ivoirerie, reconnaissante, lui offrit un très beau coffret en ivoire exécuté chez Jacques Blard. Les sculptures représentaient des vues de Dieppeet des environs, entre autres les ruines du château d'Arques. Ce coffret futremisremplide dentelles.

La Notice des ivoires du Louvre décrit deux statuettes signées : BLaARD, 1vorRIER A Dieppe ;un Bacchus etun Mercure, copiés d’après l'antique. (Nos 29 et 30 du Catalogue rédigé par A. Sauzay.)

PorT-pEe-vin faisait de jolis petits navires tout mâtés et tout gréés. Il devint aveugle et fut réduit à mendier son pain dans les rues de Dieppe.

DRrOUET, ancien soldat de la République et du premier Empire, exécutait à la grosse des crucifix en os pour les missions.

FLAMAND, né au XVIIE siècle et mort tragiquement au Havre vers 1852, sculptait de préférence de petits navires parés de leurs gréements.

BIGNARD (François), ornemaniste et figuriste de talent. Il prit des leçons de Flamand, et, à l'exemple deson maître, il forma de bons élèves. Bignard était mort en 1824. A cette date, suivant l’Indicateur de Dieppe, la veuve Bignard était établie Grande-Rue du Pollet, 90.

Buisson résidait rue aux Juifs en 1824. Il mourut à l'hôpital de Dieppe et eut l'honneur de former vingt-deux élèves.

GuicHE exerçait rue aux Juifs en 1824.

RoBiN, mort en 1842, florissait sous la Restauration. Ses ateliers étaient alors Grande-Rue, 24.

ALLARD, établi Grande-Rue. 52, en 1824.

Ouix, né en 1813, taillait facilement l'ivoire. Il a montré de l'habileté dans différents genres et vil aujourd'hui retiré au Pollet. Lorsqu'il y a deux ans, nous sommes allés le trouver pour faire appel à ses souvenirs et lui demander des renseignements, il nous a fait voir bon nombre de ses ouvrages qu'il se plait à conserver. La pièce qui nous a le plus frappé est un christ d’assez grande dimension et dont l'exécution mérite des éloges.

BEAUCHÈNE, François, étudia d’abord avec Flamand, servit comme marin de l'État etrevint plus tard à la sculpture en ivoire. Il mourut à Paris, en 1848, à la suite d'un acte de dévouement, après avoir retiré de l’eau un de ses amis qui allait se noyer.

Morier, mort à Paris en 1K49.

CoLETTE envoyait à l'Exposition universellé de 1855 un groupe de mendiants en ivoire, noyer et santal, d'après Beauchène ainé.

LARCHELIER avait à l'Exposition universelle de 1855 un bouquet de roses moussues.

SayorT exposait à Paris, en 1355, un miroir à main d’un beau travail.

GRAILLON, Pierre (1807 + 1872),est uneillustration dieppoise, Ses petits travaux en ivoire, en bois et en terre cuite sont dignes de figurer dans les plus belles collections. Nous donnons la biographie de ce maitre à notre article sur « les terres cuites ».

MM. Cite ALEX. D'ALCANTARA (Belg.), crucifix microscopique, travaillé au tour et sculpté. Pyramide représentant saint François d'Assise. — AMBROES (Belg.), christ. — Css D'ANTHÉNAISE (Paris), coffret byzantin rectangulaire, avec couvercle plat à coulisses. — ARONDEL (Paris), crosseron du XIIe s.; d’un côté, la Vierge entre deux anges; de l’autre, la Cruciäxion. Bas-reliefs du XVe s,

J.-ANT. BAMPS (Belg.), la Vierge et l'Enfant, figurines du XVITeSs. L'ange gardien, médaillon du XVIIe 8 — BASILEWSKI (Paris), feuillet de diptyque du VIles., à trois registres. Le Péché’ originel, l'Arche et le Sacrifice d'Abraham, Coffrets byzantins. Plaque à trois registres, la Descente de croix, les Saintes Femmes au tombeau, le Christ descendant aux limbes. Ce morceau est signé: RaimvNpvs : ME : FEGIT. Diptyque des douze fêtes, XIIe s. Vierge du XIIIe s. Olifant. Crosses italiennes du XVes. Coffrets du moyen âge : la Marchande Scène d'amour, etc. Très nombreuse série. — Cte DE BASTARD (Paris), Vierge assise, tenant l'enfant Jésus, XIIe s. — Mne BAUDET (Orléans), superbe christ. — Cte DE BER-

LAYMONT DE BORMENVILLE (Bels.), canette ovale, montée en vermeil : scènes de la vie de Bacchus. — ESS. BLIGNY (Paris), raretés. Cavalier de jeu d'échecs, du XIIe s. Boites de miroirs : l’Attaque du château d'amour. Page et châtelaine, XIVes. Vierge assise, tenant l'enfant Jésus de son bras gauche, commencement du XIVes.; chef-d'œuvre d’une valeur considérable. — BOIN (Bourges). — ED M. BONNAFFÉ (Paris), plaque du XIe s.: l'Annonciation. Portrait présumé de Jeanne de Laval, femue du roi René, XVe s. Diptyque représentant, à droite, sainte Catherine, et, à gauche, un saint qu'on étrangle. Coffrets. Femme terrassant un dragon, statuette. XVICs. — BORTHON (Dijon).

DUC DE CAMBACÉREÈS (Paris), vierge debout tenant son fils, dans un tabernacle dont les vantanx présentent douze bas-reliefs; adjugée 7.500 fr., en 1861, à la vente Soltykoff. — CARRIÈRE (Nimes), Adam et Eve, hautrelief du XVIe, — CERNUSCHI (Paris), ivoires japonais. — CÉLERIER (Le Mans). — CAV. CIBRARIO (ltalie). Madone dn XVIe 8. — E. CLICQUOT (Reims). —Cte CORNET DE GREZ (Belg.), christ du XVIes. — A. COSTER (id.), Coupe pédiculée représentant une ronde d'enfants, XVIIe s. Le Christ et la Vierge, bustes du XVIIe s. Eve tenant la pomme, haut relief.

EM. DAVOUST (Orléans), croix d’abbesse. Statuettes : Vénus, Voltaire, Rousseau. Joueuses de tambour de basque et de tambourin. — ALEX. DELAHERCHE (Bauvais), bas-reliefs, médaillons. Têtes d'épingles, ravissante petite tête de femme du XVIes. etc. —AUG. DEMEU- NYNCK (Lille) — FAGEL DESCHAMPS (Bele.), christ attribué à Du Quesxoy. — A. DESMOTTES (Paris), statuettes, plaques, diptyques des XIVe, XVe et XVIe s. — L'ABBÉ DESNOYERS (Orléans). —E. DE DEYN (Belg.), petit diptyque. — Mme DUBEZAIN (Orléans), Voltaire, Rousseau, statuettes. — CH. DUBOIS (Versailles). — AUG. DUFOUR (Belg.), statuette du Sauveur, XVIe s. — CHARLEM. DUPUY (Saumur). — J. DURAND (Paris), spécimens du moyen âge, — EUG. DUTUIT (Rouen), raretés diverses du moyen âge et de la Renaissance. Coffret byzantin à décors de guerriers, griffons et combats d'animaux, Vierge processionnelle de l’abbaye d'Ourscamp, près Nyon, XIIIe s — Gsse DZIA- LYNSKA (Paris), la Vierge assise, les mains jointes, contemplant l'enfant Jésus, statuettes sous un portique d'ébène orné de figureset de cartouches onivoire, XVIIe s. Les quatre Saisons, statuettes du temps de Louis XIV, etc. — FAGEL DESCHAMES (Belg.), Christ attribué à Du Quesnoy.

FAU (Paris), coffre de mariage du XIVe 8. Buste de personnages, à grande perruque, d'une bonne facture et signé : C. Lacroix recir. Fin du XVII s. — Bo DE FAVEREAU DE JENNERET (Belg.), Christ. — Cie FLORENT D'OULTREMONT (Belg.), christ, les bras posés presque verticalement. H. 0, 87. Provient de l'oratoire du Cte d'Oultremont, prince évêque de Liège. — FOULC (Paris), triptyque du XVIes. : Vie de la Vierge. Christ du XVITs.

GAILLARD (Belg.), canette montée en vermeil. Histoire de Bacchus. — Be FÉLICIA GAMBA (Italie), la Crucifixion, bas-relief du XVIIe s. dans un riche cadre doré. — PAUL GASNAULT (Paris), série de Netzkés, d'une exécution fine et soignée; ce sont de petites figurines japonaises isolées ou en groupe, représentant des animaux, des gueux, des personnages, parfois hideux ou grotesques. —VICTOR GAY (Paris), ivoires siciliens, de l'époque des Califes. — JOS. GIELEY (Belg.), Descente decroix, bas-relief du XV° s. — A.-G. GILLARD (Nogent-le-Roi). — GOETHALS-DANNEEL (Belg.), la Vierge portant l'Enfant Jésus:

superbe statuette du XVes., attribuée par tradition à MicHEL-ANGE. — Mie GRANJEAN (Paris), diptyque à quatre registres du XIVe s. : scènes de la Passion. — L’ABBÉ GRIMOT (Isle-Adam).

L.-TH. HARBERT (lroyes), plaques, polyptyques, statuettes, basreliefs du moyen âge et delaRenaissance. — Gte EU G. D'HENRICOURT DE GRUNNE (Belg.), Christ signé : Du Quesxoy. — D'HOUDAN (Angers). — À. HOUYET (Belg.), Feuillet : Entrée triomphante de J.-C. à Jérusalem XVIe s. Bas-relief à figure de femme.

Brre DE JOIGNY DE PAMÉLE (Belg.), un Amour monté sur un chène et deux autres petits Amours à ses pieds. Amour endormi sur son carquois. — Vite DE JONGHE (Belg.), feuillets : Le couronnement de la Vierge; la crucifixion. — Mme JUBINAL DE SAINT-AL-BIN (Paris), très bellesséries d'objets de vitrine. Peignes, manches de couteaux, pièces d'échecs et jonchets du moyen âge et de la Renaissance; râpes à tabac, navettes, médaillons, boîtes, etc.

JOSEPH KOYEN (Belg.), l'Immäculée Conception, statuette sculptée en 1671 par Micuec-MorrarT. H. 0,535.

GAST. LE BRETON (Rouen), tête d'Ecce Homo exprimant la douleur, ouvrage espagnol d’un grand sentiment artistique. — Mme LEROY (Belg.), saint Michel terrassant Satan, statuettes du XVII s. — ISID. LESCART (Bels.), saint Christophe, statuettes du XVe s. — EM. LE- VAVASSEUR (Carcassonne). — LEVEAU (Orléans), silène soutenu par deux satyres.

Mis ET Ms DE MAILLEN (Belg.), christ attribué à Darpenxe le jeune, sculpteur liégeois, du chapitre de Saint-Lambert. — MAILLET DU BOULLAY (Paris), deux bras de croix processionnelle du XIIeSs. Diptyque du XVe s. : scènes de la vie de Jésus et la légende de saint Martin; on y voit un chevalier dont le casque est soutenu par un ange. — MAUDUIT (La Châtre), — JOSEPH MAYER (Liverpool), tablette offrant l’image de l'Empereur Marc-Aurèle (+ 180). Tablette de reliquaire du Iles. Une prêtresse accomplit un sacrifice auprès d’un autel abrité par un chêne. Polyptyques, etc. Très riche collection. — A.-M.-S., Cléopâtre, haut relief du XVIIe s. attribué à Van Bossuir. Râpes à tabac du XVIIe s. Portraits médaillons : Marie Leczinska, médaillon signé : BLonpez, 1750 : Louis XVI et sa famille. Beaumarchais. Mirabeau. Le duc de Berry. Charles X, etc. Le Pèlerinage d'amour. Scènes galantes, par ANTOINE BELLE- TESTE. Sujets à mosaïques; d’autres, avec des temples, des arbres et de petits personnages d’une extrême ténuité. Jeune femme assise, entourée de ses trois enfants et donnant le sein à l’un d'eux ; petit médaillon en haut relief signé : Fair par TANEDEY À Turin. Tous ces médaillons sont montés . sur boîtes et tabatières. — RAOUL MELLIER (Abbeville). — MER- TENS (Belg.), feuillets: le Christ entre deux anges; la crucifixion, la sainte Trinité. — EMM. MICHEL (Belg.), Ëve tenant la pomme, statuette. — MOLIN (Chambéry), Bo THOM. DE MORGAN (Amiens).

Cte G. DE NÉDONCHEL (Belg.), crosse épiscopale en ivoire polychromé, travail italien du XVes. Triptyque; dans le panneau central, le Christ; sur les volets, saint Michel et un saint évêque; ouvrage italien du XVes. — CH. NIGAISE (Châlons-sur-Marne).

ODIOT (Paris), la Vierge en buste avec l'Enfant, plaque du XIII s. Mars et Vénus, groupe en ronde-bosse, ouvrage flamand du XVIe s. — Csse J. D'OULTREMONT (Belg.), Christ. — OZENFANT (Lille). — PRINCE PALAVICCINI (ltalie). — PARIS DE LA BERGÈRE (Orléans), Christ du XVIII s. (0,85). — PIET-LATAUDRIE (Paris). —

Be DE PITTEURS HIEGAERTS D'ORDANGE (Belg.), Saint Mathieu tenant une banderolle, statuette du XVe s. (H. 0, 26), — JOHN PINSON (Belg.), buste de l'archidue Léopold Guillaume d'Autriche, gouverneur général des Pays-Bas. — Mgr PONCEAU (Bels.), coffret à reliques du XIe s. Dans les arcatures, le Christ, les apôtres, Moïse, Aaron et quelques prophètes. — L. QUARRE (Lille).

Mue RAMBOURG (Châteauvert), groupes et figurines d’une bonne facture. — PAUL RATTIER, garde-notes gravé, aux armes de Saxe, 14564 — A. REYNEN (Belc.), christ, attribué à Du Quesnoy. — Css MAURICE DE ROBIANO (Bele.), Vénus et l'Amour, figurine d'un seul morceau signé A. Q. F.(H. 036), XVIP s. — Mis À. DE RODES (Belg.), christ sur un socle en vermeil garni de pierres fines. — L'ABBÉ ROCHER (Orléans), Sainte Vierge. Empereur allemand.J.-C. surles genoux dela Vierge. Martyr de saint Jean l'Évangéliste. Saint Euverte, évèque d'Orléans. Pêcheur et pècheuse dansant, etc. — B°1s DE ROTHSCHILD (Paris) ivoires de divers maîtres et entre autres de Fr. Du QUuEsnoy.

Mis DE SAINT-GERMAIN (ltalie), bas-relief du XVII s. — Vor SAMAIN (Bele.), christ attribué à Duquesnoy.— TH.DE SAVOYE (Belg.), christ du XVIe s. — Bors P. et KR. SELLIÈRES (Paris), crosse dite de l’abbaye d'Estival, XIV° s., adjugée, à la vente Soltykoff, 1,700 fr. — THÉOPH. SMEKENS (Belg.). Le Christ descendu de la croix, basrelief du XVII s. — SCHMIDT (Paris), reliquaire du XVII s. — SOUBIATES (Saint-Brieuc), beau christ. — SPITZER (Paris), feuilles de diptyque impérial représentant l'impératrice Placidie, femme de Constance III. Polyptyques, plaques figurines, madones, objets de vitrine. — CH. STEIN (Paris), ivoires de moyen âge et de la Renaissance. Diptyques et triptyques, coffrets, vierge, médaillons, plaques diverses. — ALF.STE- VENS (Bels.), superbe christ de JaiLor. — À. E. STUCKENS (Belg.), christ attribué à Du QuEsnoy.

Cte THIERRY DE LIMBURG-STIRU M (Belse.), saintJean, statuette du XVII s. — THOMASSIN (Douai — Mis DE THUISY (Paris), médaillons du XVIII s. Louis XIV, Mme de Montespan, etc. Dessus de tabatières du XVIIE 5. — THUYSBAEKT-ROOMS (Belg.) christ.

VAISSE (Paris), plaques, coffrets, polyptypes du moyen âge. -- VAN CASTER (Bels.), les Saisons, statuette du XVIIe s. (0,135). — GOTT- FRIED VAN DEN BERCK (Chenevelles),— CHEV. VAN EERSEL (Belg.), saint Sébastien, statuette du XVI: s. — VAN LANGENHOVE (Belg.), christ dans un cadre en bois sculpté. -- L. VANDE VYVER (Belg.), canette. Vase sur pied. — CH. VERCAUTEREN DE COOK (Belg.), la Vierge et l'Enfant, statuette du XVIe s. (0,20). — GUST. VER- MEERSCH (Belg.), coffret oriental du IX°s. Polyptyques, volets, feuillets, plaques des XIIIe, XIV° et XVe s. Triptyque en ivoire polychromé et doré, Saint Georges, bas-relief circulaire du XVI: s., collection remarquable. — ARN. VERREYT (Bels.), amour étreignant un serpent, XVIIe s. Bacchus, bas-relief du XVII s. — FERD. VIENNE (Belg.), christ en ivoire attribué à Du Quesxoy (0,70). — G. DE VINCK (Belg.), Jeu d'échecs en ivoire, du XVIIe s. — Bor A. DE VINCK VINNEZEEBLE (Belg.), diptyque : l'Adoration des mages et la Crucifixion. — Ver DE VOLDER (Belg.) diptyque du XV° s. — Bo A. DE VRIÈRE (Belg.), christ.

LÉOP. DE WAEL (Bels.).

Gsse D'YVON (Paris), figurines d'enfants, par Fr. Du Quesnoy.

Bo DE ZÉRÉZO DE TÉJADA (Belg.), grand christ, sculpté par BOUCHARDON.

SUR BOIS, SUR PIERRE TENDRE, SUR NACRE, SUR NOYAUX, ETC. — OUVRAGES LORRAINS, FAUSSEMENT ATTRIBUÉS A BAGARD, DE NANCY. — DESSUS DE TABATIÈRES, PAR BONZANIGO ET SON ÉCOLE.

Au XVIe siècle, la petite sculpture a trouvé en France, en Italie, dans les Flandres, dans le nord de l’Europe et surtout en Allemagne, des interprètes d’un rare mérite; ils ont employé le bois, l’ivoire, la nacre, la pierre tendre, pour exécuter dans de petites proportions, avec un art infini, une foule de menus objets de la vie usuelle et de portraits historiques. Ces petits portraits, d'un diamètre de cinq à six centimètres en moyenne, joignent à un faire irréprochable le rare mérite d’une ressemblance parfaite. On y admire encore une observation naïve de la nature qui leur donne un charme particulier.

Nuremberg et Augsbourg ont été longtemps, les deux centres artistiques de l'Allemagne. Dès la fin du XVe siècle, la petite sculpture y était en faveur et se conserva pendant plusieurs générations. À Nuremberg, les portrailistes se servaient habituellement d’une sorte de pierre tendre (Kalstein) employée de nos jours pour la lithographie. Le Kalstein comprend deux sortes de pierre : Le Speckstein, d’un grain très fin et d'un gris verdâtre; le Kelheimersteia, un peu moins fin de grain et d’un ton jaunâtre. Au XVIIe siècle, la vogue des portraits en Kalstein durait encore; toutefois le genre s'était un peu modifié: ainsi, au lieu de petits bas-reliefs, on faisait de préférence des bustes en ronde-bosse.

Les médaillons faits à Augsbourg, la digne rivale de Nuremberg, diffèrent des précédents en ce qu'ils sont le plus souvent en bois; l'exécution en est superbe et appartient à des artistes consommés, dont le plus réputé était Hans Schwartz. Le Louvre renferme de très beaux spécimens de ces portraits en bois et en pierre tendre, mais c’est dans les musées d'outre-Rhin qu'on les trouve en plus grande quantité. Quelques artistes, comme Properzia de Rossi et Leo Pronner, se firent un nom dans la sculpture microscopique.

Depuis la fin du moyen âge, beaucoup d'artistes, à la fois peintres, sculpteurs et graveurs, se sont distingués dans la petite sculpture. Nous citerons les plus connus:

ALBERT DURER, peintre et graveur, né à Nuremberg en 1471, mort en 1528, a sculpté en bois et sur pierre lithographique de

petits bas-reliefs et des figures ravissantes. On peut en voir plusieurs spécimens aux musées de Berlin et de Gotha; comme tous les ouvrages de ce grand maître, ils sont d'un prix inestimable. Les Vereinigten Sammlungen de Munich renferment de lui quatre médaillons d'une expression saisissante et d’un fini précieux. Ce sont les portraits de Sébastien et d'Ursule Liegsalz, faits en 1517, et ceux de Laurent et d'Élisabeth Kreller, datés de 1520.

Un « buste de jeune homme », du musée du Louvre, porte son monogramme. (N° 217 de la Vofice rédigée par M. À. Sauzay, Paris, 1864.)

AUGUSTIN HIRSCHVOGEL exécutait, en 1520 le beau portrait-médaillon d'Ursule Dürer, qu'on admire au musée de Berlin.

PETER FLOTNER, de Nuremberg (+ 1546), était lrès réputé pour ses petites figures en bois, en pierre tendre et dure, en ivoire, en corail, en nacre, etc. Plusieurs de ses portraits-médaillons en Kalstein, sont au musée de Berlin. On cite de lui, dit M. Demmin, un cor avec cent treize têtes et visages humains, en baut-relief.

JOHANN TENCuLER, mort à Nuremberg en 1546, sculptait avec talent le bois et la pierre tendre. :

FANS SCHAUFFLEIN, mort en 1550, élève et imitateur d'Albert Dürer. est l’auteur d' un médaillon figurant la Vierge avec l’enfant Jésus et sainte Élisabeth. (Musée de Berlin.)

Lucas DE CRANACH (1472415533) a sculpté sur bois et sur pierre lithographique des portraits en bas-relief. Ge célèbre artiste fut comblé d'honneurs et anobli par l'électeur de Saxe, Frédéric le Sage.

A. D. Marque d'un habile sculpteur de portée lol en bois, qui exerçait dans le premier tiers du XVI° siècle. Ge maitre anonyme a mis son chiffre, avec la date de 1525, sur un médaillon du musée du Louvre, représentant le portrait de George Graf. (N° 201 de la Voice des bois sculptés, terres cuites, par M. A. Sauzay.)

La même marque, datée de 1524, se trouve sur le portait de Léopold Praun et sur celui de Volang Pœæmer « dans des médaillons de 8 p. 8 lig., qui se trouvaient dans la collection de feu M. Heinlein, à Nuremberg. » (Brulliot, Dict. des monogrammes.)

ToBie WosT, graveur saxon en médailles, florissait au XVlesiècle. On lui attribue un petit portrait-médaillon en pierre lithographique portant le monogramme T. W. 69. (Musée du Louvre. N° 42 de la Votice de M. A. Sauzay.)

Veir SToss résidait à Nuremberg, où il mourut en 1552. En

dehors de ses grands ouvrages de sculpture, il exécuta divers petits sujets avec la plus grande perfection.

LupwiG KruG (+ 1535) s’est acquis une réputation méritée dans la petite sculpture sur bois et sur pierre tendre.

Hans CurmBacu florissait à Ausgbourg en 1528. Il a signé et daté de cette même année un charmant portrait-médaillon en bois sculpté, du Musée de Berlin.

Hans ScuwarrTz est cité comme le plus habile sculpteur de petits portraits en bois, parmiles artistes d'Ausghourg. Au nombre de ses petitschefs-d'œuvre, nous mentionnerons les portraits de Jacob Fugger, de Magdalena Honoldt, de Bart. Welser et de Barbara Reihlig. (Musée de Berlin.)

Lucas DE Leype (14641533), peintre et graveur hollandais, était aussi un maitre hors de pair. On lui attribue un médaillon en bois de la Bibliothèque nationale et plusieurs figurines du Musée du Louvre, notamment celles de Pallas et de Mercure cataloguées sous Les N° 164 et165 de la Voice de M. A. Sauzay.

JÉRÔME Roscu a inscrit son nom avec la date de 1545 sur plusieurs bas-reliefs en bois, du Musée de Berlin.

HaNs DOLLINGER, sculpteur et graveur en pierres fines, a exécuté un admirable bas-relief en Speckstein à l’occasion de la visite de Charles-Quint à Henri VII, en 1522. Ce morceau, acquis par le duc de Blacas en 1849, a été payé 24,100 francs.

HEINRICH ALDEGREVER, né à Soest (Westphalie) en 1502, mort en 1562, peintreet graveur, était un des meilleurs élèves d'Albert Dürer. Il est considéré comme l’auteur d’un joli bas-relief en Speckstein, désigné ainsi dans la Vofice de M. A. Sauzay : « La Jolie fille d'Augsbourg et le prince de Bavière, » groupe de deux personnages en pied. Ge groupe fait partie d’une suite de douze sujets gravés en 1538, par Aldegrever et connus sous le nom de: « Les danseurs de noces. »

PROPERZIA DE Rossi, née à Bologne, taillait sur des noyaux de pêche des sujets d’une délicatesse et d'une élégance extrêmes. Elle cisela sur un seul noyau « la Passion de Jésus-Christ, avec les apôtres, les bourreaux et une infinité de personnages ». Mais ces choses, ajoute Vasari, n'étaient que le prélude d'importantes entreprises. Properzia mourut de chagrins d'amour ; elle ne put résister à la douleur que lui causait l'indifférence d’un beau jeune homme qu’elle aimait éperdument.( Vies des peintreset architectes, VII, 419 et 120.) Le Grüne-Gewolbe, de Dresde, renferme un noyau de pêche sculpté par cette femme célèbre.

Léo PRONNER, de Nuremberg (+ 1630), est un des plus fameux sculpteurs d'objets microscopiques. Non seulement il a gravé sur

des noyaux de cerise et autres loutes sortes de physionomies expressives, parfois prises dans le clergé, mais on cite de lui des animaux et des figurines assez minuscules pour passer à traversle trou d'une aiguille, Dans ces sortes d'ouvrages, l’art n'y est pour rien; ce sont des tours de force obtenus par certains coups de main résultant d’une aptitude particulière; ils feront naître l’étonnement, sans attirer l'admiration.

« Léo Pronner, écrit M. Demmin, est l’auteur des fameux noyaux de cerise dont l’un est orné de huit boîtes, d'inscriptions et de la date 1609, et un autre des douze apôtres en pied, daté de 1610, ainsi que du célèbre canif fait en 1606 pour l’archiduc d'Autriche. Le manche en était à 143 tiroirs, contenant des psaumes sur parchemin en vingt et une langue, 1,500 outils divers, 100 pièces d'or, une chaîne de plus de 45 centimètres de longueur et de 400 anneaux, un noyau de cerise couvert d’armoiries, vingt-quatre assiettes en étain, douze couteaux en acier et à manche de bois, autant de cuillères en buis et un cheveu d’enfant divisé dans son épaisseur en dix parties. « La longueur de ce canif féerique ne dépassait pas dix centimètres, » {£ncyclopédie des beaux-arts plastiques.)

ALBERTUS ViNNENBRIKK sculptait des chaires en Hollande au XVII siècle. D’après M. Demmin, il était réputé aussi pour ses pommes en bois et ses noyaux de cerise remplis d’un nombre infini de petites figures très bien sculptées. « Une de ces petites pommes en bois contient quarante figures qui représentent des personnages faisant des œuvres de charité. »

ANNA Feuciras NEUBERGER florissait à Vienne au commencement du XVIII siècle ; elle a exécuté aussi, sur de tout petits noyaux, des sujets microscopiques.

Millin, dans son /ntroduction des pierres gravées, cite, parmi les graveurs italiens, un simple berger, PuitiPPe SANTA CROCE, dit Prrpo, qui gravait sur des noyaux de cerise et de prune des reliefs très délicats. « Philippe Doria le rencontra dans le duché d'Urbin, le fitinstruire et l’établit à Gènes. »

D'autres artistes ont aussi sculpté sur des noyaux des sujets microscopiques. À la vente Lecarpentier, en 1866, un noyau sur lequel était représenté un choc de cavalerie et portant le monogramme F. R. a été adjugé 920 francs.

BALTHASAR ABLEITNER travaillait au XVII° siècle. Le musée de Munich possède de ce maitre le beau portrait-médaillon en bois du comte palatin Henri de Neubourg, réuni à celui de sa femme.

Penn »'OsTERHOFEN (XVIIe siècle) est l’auteur d’un petit basrelief en bois des trois rois mages, conservé au musée de Munich.

Lucas KELrAN sculptait en Speckstein au XVII siècle. Portrait d'un comte de Hohenlohe au musée de Munich.

GEORGE SCHWELGGER, de Nuremberg (XVIIe siècle), est connu par un beau bas-relief en Speckstein : Lucrèce se donnant la mort en présence de Collatin, son époux. Au dos est gravée cette inscription : Georg Schwelger bildhauser zu Nüremberg. A640. (N°114 du Catalogue Debruge-Dumesnil.)

Dicr Tueopore Van Ryswyck, graveur en médailles et artiste en nacre, florissait au milieu du XVITe siècle. Il a laissé des «ouvrages marquetés de nacre, de perles et d'ivoire, dont il sut composer dés fleurs, des insectes, etc., d’une beauté admirable ». (Brulliot, Dictionnaire des monogrammes.)

Ryswick signait d'un monogramme formé des lettres D VR, parfois accompagné d'un F.

ADRIEN DE VRIES, peintre et sculpteur à La Haye, au commencement du XVIIe siècle, s'est distingué par de petites compositions en pierre, en cire et en biscuit.

Sa marque, donnée par Brulliot, consiste en un monogramme composé des lettres A D V.-

J. B. BARCKHUYSEN, sculpteur flamand, devait travailler au commencement du XVII siècle. Il ciselait en nacre des tabatières, des boîtes à mouche, des brosses et autres menus objets; c'était plutôt un praticien qu'un artiste. Il signait en toutes lettres et d'une façontrès apparente; cette précaution l’a sauvé de l'oubli, tandis que des maîtres de grand talent sont restés ignorés pour avoir négligé de marquer leurs œuvres. Le délicieux musée de Mme Achille Jubinal de S'-Albin possède trois pièces signées : J. B. BARGKuUSYEN FEciT; ce sont deux petits bas-reliefs à sujets mythologiques, assez finement sculptés, et un dos de brosse représentant Diane et Actéon. Ce dernier morceau, taillé en gravure profonde, mais d'un dessin négligé, est bien inférieur aux deux pièces précédentes.

SIMON TROGER, de Haidhausen, Bavière (41769), a exécuté dans un genre particulier des figurines d'assez grande dimension. Les vêtements de ses personnages sont en bois brun et les carnations en ivoire. Ses figures, bien modelées, ne manquent pas de correction. Il faisait surtout des groupes et eut le bonheur d'être encouragé par l'Électeur Maximilien, qui le fit longtemps travailler.

Les ouvrages de Troger ne sont pas rares, en Allemagne. Le musée de Munich en renferme un assez grand nombre, entre autres deux sujets dignes de remarque : Caïn tuant son frère et Samson étranglant un lion. Au Grüne-Gewolbe, à Dresde, se

trouve un groupe de plus de 060 de haut représentant le sacrifice d'Abraham, un des plus beaux morceaux de l’auteur.

KRABENSBERGER, né en Bavière, travaillait dans le même temps que Simon Troger, dont il adopta le genre, mais dans des proportions plus restreintes. Il faisait surtout des bohémiens et des lazzaroni. Ses œuvres, rendues avec habileté, méritent d'être recherchées. Le musée de Dresde en renferme de curieux spécimens.

L'espagnol JEAN DE HINESTROSA, mort à Séville en 1765, excellait à reproduire des animaux en bois et en terre cuite. Il les coloriait au naturel avec beaucoup de vérité.

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