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Dessus de boîte en poirier sculpté, par Bonzanigo. Collection A.-M.-$.
Joseru-MaRIE BONZANIGO, naquit à Asti vers 1740 et mourut à Turin le 48 décembre 1820, à l’âge de quatre-vingts ans, selon la déclaration de ses deux élèves, Jean Schouller et Antonio Artero. Joseph-Marie se forma sans maître, — ses biographes ne lui en connaissent pas, — et développa dans la petite sculpture un talent supérieur qu'on ne rencontre habituellement que dans les grandes compositions.
« Il puisa ses inspirations dans l'étude de l’art antique et l’observation des médailles et des camées sculptés par les Grecs et les Romains. Bonzanigo apprit de ces œuvres portant le cachet
des anciens maîtres le dessin et le fini de l'exécution, et réussit à les reproduire merveilleusement sur le bois et sur l’ivoirerie... » Bonzanigo avait l'habitude de sculpter la plus grande partie de ses figures et autres ornements sur un bois de poirier de nuance claire, qu'il rapportait sur un fond d'ébène ou d'autre bois de couleur sombre pour les faire mieux ressortir. Il exécuta ainsi beaucoup de menus objets qu'il mettait sous verre et qu'il adaptait à des tabatières, à des médaillons, ou dont il faisait des épingles, des pendants d'oreilles et des colliers.
« Les plus petits cependant, quand ils se composent de fleurs et de feuillage en bois ou en ivoire, sont plus admirables par la fatigue et la grande patience qu'ils ont coûtées que par le mérite artistique; mais de toutes manières ils sont dignes de considération, et ces petits vases, ces fleurs, ces treilles, ces oiseaux et ces trophées sont composés avec tant de grâce et travaillés avec tant de délicatesse, qu'ils charment quiconque n'est pas insensible aux belles choses.
« Bonzanigo fit beaucoup d'élèves ; parmi ceux qui réussirent le mieux et dont les travaux ne peuvent, sans une grande habitude, être distingués des siens, il faut citer : MARCHINO p1 CAMPER- TOGNO, MIGLIARA, COLOMBO, ARTERO, LECKMANN et SCHOULLER; ils formèrent eux-mêmes d’autres élèves comme TANADÉI, MARCHINO fils et GANAvÉRI. Mais, comme on ne retrouve plus maintenant aucune trace de l'école de Bonzanigo, il est à supposer que ses successeurs abandonnèrent sa manière, comme fit Schouller, de qui j'ai vu, grâce à l'amabilité de sa sœur, la signora Margary, le propre portrait en ivoire, très bien fait.
« On doit se souvenir d’ailleurs que les successeurs de Bonzanigo n'avaient pas autrement l’occasion de se faire connaître, peut-être à cause de l'ignorance de leur temps, dans lequel peu de gens appréciaient les travaux d'art et moins encore les pauvres artistes.
« On peut donc dire que, peu d'années après la mort de Bonzanigo, son école n'existait plus à Turin, quoique Tanadéi ait vécu jusqu’en 1898 et Marchino fils jusqu'en 1841. » (Di Giuseppe Maria Bonzanigo astigiano intagliatore de legno e d'avorio nel secolo XVIII. Bevi notizie di P. Guisti di Siena, professor nel R. museo industriale italiano in Torino. Torino, tipographia Eredi Botta, 1869.)
Bonzanigo, comme tant d’autres artistes, ne fut pas apprécié de son vivant. Bien qu’il comptât de grands personnages parmi ses clients, aucun d'eux ne le protégea particulièrement. Ses ouvrages, vendus à vil prix, passaient inaperçus. II mourut
pauvre, presque dans la misère. La main quienfanta tant de petits chefs-d'œuvre pouvait à peine faire vivre le grand artiste.
KukkLer (1842), pätre suisse, estarrivé sans maitre et sans avoir appris le dessin à sculpter le bois d’une façon remarquable. Il a exécuté avec beaucoup de goût des cuillers, fourchettes, vases à boire, gaines de couteaux de chasses, etc. Ses œuvres, d'abord délaissées, sont estimées aujourd'hui.
SreguLy et FIsCuER étaient renommés en Suisse vers 1843 pour la petite sculpture en bois d'érable. (Magasin pittoresque, 1843.)
César BaGarp, de Nancy, XVIIIe siècle. Depuis longtemps, les amateurs et les marchands attribuent à Bagard toutes sortes de petits bois tels que râpes, cadres, chandeliers, boîtes, coffrets, sculptés à mi-relief de rinceaux et d'entre-lacs déliés, gracieusement agencés. Les boites et les coffrets, surmontés de chiffres et d’écussons, ont été faits sur commande. En somme, les auteurs de ces petits travaux sont restés ignorés; c'étaient des moines oisifs et d’habiles coupeurs de bois comme il y en avait beaucoup en France chez les maîtres huchiers. Quant à Bagard, il est étranger à ces menus ouvrages, si loin de son robuste talent. César fut élève du fameux Jacquin de Neufchâteau, surnommé le Grand Jacquin, et parvint, après de solides études, à sculpter le bois, la pierre et le marbre, avec une grande habileté.
Bagard passa plusieurs années à Paris, où il reçut d'importantes commandes ; il fit entre autres le mausolée de Mgr de Pourcelet, évêque de Toul, et deux statues, /a Force et la Vérité ; elles figurèrent toutes les deux sur l'arc de triomphe dressé pour le mariage de Louis XIV, en 1659. En 1660, Bagard revint se fixer dans sa ville natale. Bien accueilli de l'aristocratie, il exécuta pour elle de nombreux sujets en bois.
Depuis l'Exposition de 1875, à Nancy, et grâce aux récents travaux de MM. Wiener et Augustin, les fausses attributions touchant Bagard se trouvent réduites à néant. Le célèbre sculpteurs « s'exerça surtout dans le genre religieux », et ses œuvres se reconnaissent d’abord à l'espèce de bois employé.
« L'histoire de ce bois est assez curieuse. Près de Sampigny, dans le département de la Meuse, se trouvait, à l'époque où vivait Bagard, un couvent de religieux qui possédaient un bois d’une grande étendue. Ce bois, connu sous le nom de bois de Sainte- Lucie, était presque entièrement composé de cerisiers, vulgairement appelés cerisiers Maleb. Le nom du bois passa à l'espèce du cerisier, qui fut appelé cerisier de Sainte-Lucie, ou bois de Sainte-Lucie. Les œuvres de Bagard sont leplus souvent exécutées en bois de Sainte-Lucie. Il suffit de jeter les yeux sur un des
sujets exécutés par cet artiste, pour reconnaître la préférence exclusive qu'il parait avoir donnée à l'emploi de ce bois élégant, dont la substance est très dure, la fibre très serrée et très fine, et susceptible de recevoir un beau poli indispensable à l’exécution des figures d’une certaine dimension. « Le bois de Sainte- Lucie, dit Dom Calmet, est de couleur tirant sur le roux, un peu odorant et ne se trouve que dans cet endroit et quelques hayes du pays ; les feuilles en sont comme celles de l’épine noire du nerprun.» En ce qui concerne la rareté du bois traité par nos sculpteurs lorrains, M. Wiener assure que l'affirmation &e Dom Calmet n’est pas rigoureusement exacte : « On trouve encore, dit-il, cette essence dans nos forêts ; ajoutons que très peu de cadres et coffrets sont en bois de Sainte-Lucie, car bon nombre sont en poirier. » (E. Augustin, £’xpositionrétrospective de Nancy. Impressions et souvenirs, Nancy, 1875.)
Nous le répétons, ces menus objets en saillie légère n'ont rien de commun avec le genre de Bagard; son genre à lui, c’est le haut relief et la bosse. Un beau christ de Bagard, appartenant à M. d'Hannoncelles et bordé d'un splendide cadre en bois sculpté, a été très admiré à l'Exposition lorraine (1875). M. E. Augustin fait ressortir toute la distance qui sépare les magnifiques déploiements de feuilles d’acanthe si largement conçus de cette œuvre magistrale, des grèêles sculptures de convention des coffrets lorrains. «N’est-on point surpris, dit-il, de ne trouver dans toute celte ornementation à la fois opulente et variée, rien qui rappelle les délicatesses tout à fait subtiles du genre secondaire dont une vieille habitude tient à faire, bon gré mal gré, les honneurs à Bagard? Où donc sont ces feuillages à peine accusés, ces rinceaux plusieurs fois enroulés, ces spirales déliées, cette végétation aplatie à l'excès, ces tiges à peine rehaussées par quelques fleurons et qui font le mérite de ce qu'on est convenu d'appeler le genre Bagard? Rien de tout cela n'apparaît dans cette œuvre. Bagard aimait sans doute et possédait la science et l'artdes fleurs. Mais il les aimait d’un amour de maître. Ne suffit-il pas de remarquer l'usage qu'il en faisait dans sa décoration pour demeurer convaincu que ce grand artiste leur assignait un rôle tout à fait différent de celui que leur ont réservé, dans leurs productions si multipliées, ses élèves ou ses imitateurs? Est-ce là cette timide efflorescence de vie à peine indiquée par un simple contour qui se manifeste à la surface des encadrements de tous les autres christs ou sur les panneaux de riches coffrets que nous admirons et dont la magie de l'art nous donne le mirage plutôt que le spectacle? Non, Bagard écrivait avec plus de force ; il
imprimait sa pensée en traits plus profonds, afin que l'œil püt en percevoir les formes à la faveur d’une ombre bien tranchée et que rien ne füt perdu de leur hardiesse et de leur mâle beauté. »
Au-dessous de Bagard et dans le même temps, plusieurs artistes ont su se faire remarquer. Ge sont :
CHARLES CHASSEL père, « qui mourut en 1685, après avoir principalement exercé son talent sur les petites figures. »
CHARLES CHAssEL fils, né à Metz, très habile artiste. « Sculpteur en bois de Ste-Lucie. »
CLAUDE DES INDES, né à Paris, où il s'établit en 1685. « Sculpteur en bois de S't-Lucie. »
LAMARRE, « sculpteur de crucifix. »
JEAN-BAPTISTE VALLIER, ami et collaborateur de Bagard, avec lequel il travaillait à l'exécution d'un crucifix offert à la nouvelle duchesse de Lorraine lors de son entrée à Nancy.
CHarces-FRançois Harpy, « sculpteur en bois de Ste-Lucie. »
Luror, né à Mirecourt en 1684, mort en 1749, artiste très estimé: il a fait beaucoup de petites figures grotesques pour orner les violinetti et les violes d'amour. «Les luthiers de Mirecourt, dit dom Calmet, le regrettèrent infiniment. Il a excellé non seulement en crucifix de différentes matières ; il s'est distingué dans son art, par de nombreuses œuvres qui sont répandues en province. »
L. Morissan, 1708. Nom et date relevés sur un ouvrage en bois sculpté représentant un coq qui terrasse un aigle à deux tètes. Au-dessus, le buste de prolil découpé de Louis XIV, sur un fond de velours noir. La composition est renfermée dans un cadre en bois sculpté. (N° 54 du Catalogue Drebruge-Duménil.)
Guité, 1718. Signature relevée sur une râpe à tabac, en bois sculpté.
Rosser. Deux sculpteurs du nom de Rosset, originaires de St-Claude, le père et le fils, se sont distingués par une foule d’ouvrages en bois et en ivoire, recherchés des amateurs. St-Claude est une petite ville de la Franche-Comté, où le buis croît en abondance, etrenommée depuis le XVIT° siècle par ses petits travaux en corne, en écaille, en ivoire, en os, en bois et surtout en buis. Ces diverses productions comprennentles christs, figures de saints, chapelets, manches de couteaux, boîtes, bonbonnières, tabatières, etc.
Il y avait deux Rosset, mais on n’en connaît guère qu'un, dit M. de Chennevières. De fins médaillons en terre cuite sont signés F. Rosser. « Rosset maniait avec dextérité le bois, le marbre, l’albâtre, même l'ivoire si cassant et si dur; il pétrissait celui-ci
comme dela cire, et Pigalle, en parlant des ouvrages de cet artiste, avouait qu'il n'avait jamais rien vu des anciens qui eût plus de perfection. » (Ph. de Chennevières, Vote d’un compilateur sur les sculpteurs et les sculptures en ivoire. Extrait de la Picardie, revue littéraire etscientifique.)
Nous pouvons ajouter quelques renseignements sur les deux sculpteurs renommés de St-Claude. En 1779, Rosset père était établi à Paris à l'hôtel S-Martin, rue Fromenteau. Cette même année, il exposa au Salon de la Correspondance un bas-relief en bois, rappelant un trait de bienfaisance du patriarche de Ferney. « M. de Voltaire est représenté assis au pied d’un arbre, un livre à la main et dans une pleine campagne ; une famille est devant lui, et l'on voit par l'intérêt et la compassion qui sont exprimés dans la figure du célèbre vieillard et par la douleur et l’air suppliant du père et de la mère de quelques enfants qui sont présents, que sa bienfaisance ordinaire va être exercée et qu’on lui raconte des malheurs. Le fait est que, se promenant un jour, il rencontra une famille entière qui semblait ne savoir où porter ses pas. Il prévient ces malheureux par ses questions, apprend qu'ils viennent d'être chassés d’une ferme pour 4,000 fr. qu'ils devaient par suite de procès. Il ne les a pas plutôt entendus qu'il les fait retourner. Et en effet, les 4,000 fr. furent payés, et il fut leur bienfaiteur, non à la manière des protecteurs, mais comme un père fait du bien à ses enfants. Les talents de l'artiste, observe La Blancherie, ont mérité toutes sortes d'éloges, indépendamment de l'heureux choix de son sujet. »
Sous la Restauration, Rosset fils travaillait encore, avec quelque renom, dans sa ville natale. Nous lisons dans l'A/manach du commerce de Paris, 1821 : « St-Claude (Jura). Manufactures renommées de toutes sortes d'ouvrages en corne, bois, buis et ivoire. Négociants commissionnaires : Damoulin frères, Fillod, Lamy fils ainé. Statuaire : Rosset, Voltaire a vanté les christs du père. »
Parenr, « sculpteur, pensionnaire du Roi, » sculptait de pré-
férence des nids avec des oiseaux et des œufs. Get emblème dela maternité et de la famille devint surtout très en vogue après le succès de l'Émile, de Jean-Jacques Rousseau.
Mentionnons quelques œuvres hors ligne de Parent, dont le talent avait attiré l'attention du Roi Louis XVI.
Salon de la Correspondance, ÂT19.— « Une sculpture en bois, représentant un nid de tarin, attaché à une branche de lierre, dans lequel se trouvent plusieurs œufs ; à côté du nid, la mère, étendue morte auprèsd'un de ses œufs, hors du nid et cassé, dans
lequel on distingue l’organisation du petit qui commence à se développer. Le tout est sculpté d'un seul morceau de bois et exécuté d'après nature. L'artiste ayant pris, sur une branche de chène, le nid et la mère couvant ses œufs, les avait renfermés daus une cage ; au bout de quelques heures, il trouva le nid un peu renversé et la mère expirante auprès de l'œuf cassé. Il a saisi ce moment intéressant pour rendre toute l'expression de la nature.
« L'artiste a donné pour base à ce petit sujet tragique un petit tombeau aussi de bois imitant le porphyre, absolument pareil à celui qui est érigé à la mémoire de M. le comte de Caylus, dans une des chapelles de Saint-Germain l'Auxerrois. Le même artiste a eu l'honneur de présenter au Roi un grand tableau seulpté dans le même genre, que S. M. a daigné recevoir et faire placer dans son cabinet à Versailles. » Ce beau morceau est décrit dans le Catalogue du Musée des Souverains, n° 138.
Même année. — Deux bas-reliefs en bois formant chacun un tableau ovale, tirés du cabinet de M. Pelletier, comte d’Aunay. C’est en vain qu'on voudrait rendre la satisfaction que le public a eue en voyant ces chefs-d'œuvre. [ls ne laissent rien à désirer, ni pour le dessin, ni pour la délicatesse, ni pour la vérité. » (De La Blancherie, Vouv. de la Républ. des Lettres et des Arts.)
D'autres expositions attirent à Parent de nouveaux éloges.
1780. — Deux morceaux de sculpture en bois, ayant environ 6 pouces deH. sur 5 de L.; l'un appartenant à la marquise d’'Ecquevilly, l’autre tiré du cabinet du marquis de Turpin. « Le premier représente des oiseaux dans un nid, auxquels la mère donne la becquée; cette petite scène groupée sur une branche de rosier entourée de lierre, symbole de l'Amour et de l’Amitié, a paru étonnante par la délicatesse du travail et la vérité des attitudes. A la branche sont accolés les écussons de M. et de Mme d'Ecquevilly, à qui ce petit monument a été présenté par ses enfants. Sur un socle imitant le porphyre sont inscrits les vers suivants :
Cet oiseau sur son nid vient d’une aile légère Porter à ses petits la récolte des champs :
Ainsi dès le berceau les soins les plus touchants Nous furent prodigués par la plus tendre mère.
«Le secondreprésente un petit monument consacré à l’Amitié. Sur une branche de lierre qui entoure et couronne un autel simple et de forme antique, on voit une colombe qui dépose un cœur enchaîné. Autour sont posées les armes de la maison de Turpin et différents trophées relatifs à la possession des armes
et au goût des arts qui y sont héréditaires. Au bas se lisent les vers suivants :
De la sœur de l'Amour
Je suis le messager fidèle, Et je vienst'offrir en ce jour Un cœur formé par elle.
1781. — Un morceau de sculpture en bois {de 6 pouces de H. sur à de L.). « Deux oiseaux qui se becquètent apportent les médaillons du Roi et de la Reine suspendus à leurs pieds en haut d’un autel sur lequel sont deux cœurs enflammés. IL faut voir l'exécution même pour comprendre jusqu’à quel poini de vérité et de délicatesse elle est poussée. Les oiseaux sont animés comme dans la nature. »
En 1783, nous retrouvons Parent au Salon de la Correspondance. I 'expose un bas-relief en bois représentant le portrait de Catherine IT, porté par l'aigle impérial, soutenant de ses griffes le sceptre et le globe. « Dans la partie inférieure, où se croisent des branches de fleurs, est posé un nid d’oiseauxa vec des petits; leur mère les couvre de ses ailes et leur donne la becquée, symbole des bienfaits et de la tendresse maternelle de l'Impératrice pour ses sujets... Le nid, les oiseaux et les fleurs sont faits d'après nature. Cet ouvrage a fait le plus grand plaisir par le précieux de toutes ses parties et l'exécution de l'ensemble. On ne s'attend guère à voir tant de délicatesse réunie à l'élégance dans un si pelit espace. »
Sous Louis XVI, DEMONTREUIL sculptait le bois avec une remarquable habileté ; ses bas-reliefs de moyenne dimension, profondément fouillés, sont dignes de figurer dans les plus belles collections.
Salon de 1791. — N° 21. « Un oiseau mort sculpté en bois. » — N° 22. Idem. — N° 232. Un nid de fauvettes. — N° 951. Un nid de bouvreuils. —— N° 474. Un cadre contenant un ouvrage en bois sculpté; nid d'oiseau. — N° 602. Cadre contenant un oiseau mort.
Salon de 1793. — Un cadre renfermant un nid de fauvettes sculpté en bois blanc sur fond bleu, et son pendant, un nid de chardonnerets. — Deux autres cadres contenant « l'un, un nid de fauvettes et le loir; l’autre, un nid de chardonnerets et un lézard ». — Autre cadre « renfermant un oiseau mort et son pendant ».
Vente Le Carpentier, 1866. — Oiseau mort, supendu par une patte ; sculpture en haut relief, par Demontreuil. 250 fr.
GuicHARD florissait à Paris sous Louis XVI. Il était qualifié « sculpteur en bois, sur pierre de Tonnerre et sur ivoire ». Diverses expositions au Salon de la Correspondance, en 1779, et en 1782 nous font connaître très avantageusement cet artiste.
1779. — « Un tableau représentant différents ornements en arabesque ainsi que des trophées dansle genre pastoral, sculptés en bois de noyer par M. Guichard, sculpteur, rue Bergère ; ovale de vingt-cinq pouces de haut sur dix-neuf de large. Un autre tableau représentant un bouquet de différentes fleurs sculptées en pierre de Tonnerre d'un seul morceau, par le même. Un pied de haut sur neuf pouces de large. Ces ouvrages sont fort connus par la délicatesse étonnante qui les caractérise; il faut les voir pour en avoir l'idée, leur beauté n'étant susceptible d'aucune description particulière ». (La Blancherie.)
1782. — Un Vase et un groupe de différentes fleurs, sculptés en bois, d'un seul morceau. « On ne peut imaginer, dit La Blancherie, rien de plus délicat et de plus léger. »
J.-G. BouniEu exposait au Salon de la Correspondance, en février 1779 : Deux tableaux représentant, l’un les Bergers d’Arcadie, l’autre Rachel consolant Jacob du refus de Laban et l’engageant à persévérer au service de son père pour obtenir sa main. (Hauteur, 9 pouces; largeur, 6.)
BABONOT ou BABOUOT a beaucoup travaillé depuis les dernières années du règne de Louis XVI jusqu’à la fin de l'Empire. Il a exécuté toutes sortes de petits objets et surtout des portraits en ivoire, en cire, en pierre tendre, en schiste tabulaire, en stéatite et en en métal fusible. { Voir à l’/voirerie.)
PuTMAN présenta au Salon de 1793 un « Cadre contenant un un Vase de fleurs, bas-relief en bois. »
CHARLES BOTTEN, « élève de Bonzanigo, » dit le Livret de l’an X, exposa cette même année «un cadre renfermant plusieurs sujets et portraits sculptés en ivoire et en bois ».
CÉROPLASTIQUE
La céroplastique était connue des Grecs et des Romains. Selon A. Million, cet art a vraisemblablement commencé en Perse et en Égypte, parce que les habitants de ces deux pays employaient la cire pour embaumer leurs cadavres. (Dictionnaire des beaux-arts, Paris, 1806.) Les Grecs décoraient leurs chambres à coucher des images en cire de leurs enfants. Du temps d'Alexandre, l'art du cirier était très répandu ; il existait une classe d'artistes qui rivalisaient avec les statuaires et les fondeurs en bronze, en modelant en cire des figures, des animaux de toutes espèces et des objets naturels avec une vérité surprenante.
« Mon père, dit Lucien, jugeait de mes dispositions pour la sculpture par les petits ouvrages que je m'amusais à faire en cire. Lorsque je sortais de l'école, je grattais la cire et j'en formais des bœufs, des chevaux ou des hommes. Par Jupiter! ils sont très ressemblants assurait mon père ; mais les maîtres me battaient. » j
Sphærus, du Bosphore, philosophe stoïcien et diéciple de Cléanthe, avait été appelé par Ptolémée Philopator à Alexandrie. Un jour, Sphœærus soutenait la vérité des images reçues par les impressions des sens; le Roi, pour le réfuter, fit servir un plat de grenades en cire ; le philosophe étendit la main pour en manger, sur quoi Philopator s'écria que, trompé par ses sens, il avait fait un faux mouvement. Sphœærus répondit sur-le-champ : « Je n'ai pas jugé que ce fussent des grenades, mais j'ai jugé qu'il était possible que ce fussent des grenades, et il y a de la différence entre une idée positive et une probabilité. » Voilà un rai sonnement bien subtil.
Lysistrate de Sycione se rendit célèbre par ses beaux portraits en cire ; il les modelait sur nature et coloriait ensuite les figures.
A Rome, les patriciens conservaient dans les vestibules de leurs palais les bustes en cire de leurs aïeux ; lors des funérailles, ces portraits étaient portés en avant du défunt. Ils figuraient aussi
couronnés de lauriers dans les grandes cérémonies tels que les noces, les triomphes, éte. Pour honorer leur patron, les clients plaçaient chez eux son buste en cire, accompagné d’une inseription à sa louange. Les imagiers romains modelaient à l'avance, avec un soin particulier les masques ou portraits des hommes illustres, de manière à pouvoir en livrer des reproductions exactes immédiatement après leur mort, Suivant Lampridus, l'Empereur Héliogabale se plaisait à donner des repas, où il faisait servir, imités en cire, tous les mets qu'il mangeait luimème. « Après chaque service, les convives étaient obligés, selon l'usage, de se laver les mains, comme s'ils les eussent salies; on leur présentait ensuite un verre d’eau pour aider la digestion. »
A partir du XVe siècle, la céroplastique reçut de fréquentes applications parini les orfèvres et les sculpteursitaliens.
LUCA DELLA RoBBiA (41430), le célèbre céramiste ; GHIBERTI (1485), l'auteur des portes du Baptistère de Florence, BaccIo BANDINELLO (14871459), MARTINO DEL SFRIZI0, MARTINELLO dit SAREGO, BARTOLOMMEO GENGA (41558) et une infinité d'autres modelèrent en cire.
JACOPO SANSOvINO, de Venise, modela en cire «divers sujets, et entre autres une magnifique descente de croix ». IL fut chargé, ainsi que l’espagnol ALONZO BERUGUETTA, ZACcnEeRtA ZAcnt et le Veccuio, de Bologne, de modeler en cire le groupe de Laocoon, pour être coulé en bronze. Raphaël, prié par le Bramante de désigner l'œuvre la plus parfaite des quatre, n'hésita pas à préférer celle de Sansovino.
NicoLo, dit le TriBoLo (15001565), sculpteur et architecte florentin, modela en terre et en cire des bas-reliefs et des statuettes, notamment de ravissantes figures d'enfants.
LEONE LEoni est l’auteur d’un buste de profil, de Michel-Ange, et d'une Diane admirable.
FRANCESCO FRaNcIA, de Bologne, né en 1459, orfèvreet peintre, « excella à graver des médailles qui peuvent être comparées à celles de Caradosso. On lui doit celles du Pape Jules IT, de Giovanni Bentivoglio et d’une multitude de princes qui s’arrêtèrent à Bologne. Il modelait d'abord en cire les portraits de ses personnages, et lorsqu'il avait achevé les matrices de ses médailles, il les leur envoyait. » { Vasari, IV, 13.)
On attribue à MicueL-ANGE une descente de croix que possède le Musée de Munich.
Un des chefs-d’œuvre de la statuaire en cire se voit au Musée de Lille, collection Wicar. C'est une tête de jeune fille, un peu plus petite que nature. « Rien, dit M. Feuillet de Conches, ne
surpasse en dignité simple et chaste, en élévation idéale, en finesse de modelé, ce buste de sentiment tout raphaélesque. » (Causeries d'un curieux.) M. Jules Renouvier à cru reconnaitre dans cette merveille l'œuvre du célèbre florentin ORSINo ; c’est une des nombreuses figures votives que l'usage faisait affluer dansles églises de l'Italie.
A côté des mouleurs vulgaires, une famille d'artistes en renom se consacra à ces sortes d'ouvrages: c’élaient JACOBO BENINTENDI, ZANoLës, son fils, et son neveu ORSINO, désignés sous le nom de SALLIMAGINI OU DEL CERAÏULO.
PikriNo pe Vinci, neveu de Léonard, modela en terre eten cire. Il fit le modèle en cire d'un tombeau qu'on devait élever dans la chapelle de Santa Croce, à Florence ; plustard,ilexécuta en cire une réduction du Moïse de Michel-Ange. Pierino mourut à l’âge de vingt-trois ans au moment d'arriver à la célébrité.
ANDpRÉA VERocCHIO (1432-1188) embrassa tous les arts. Pour les orfèvres, il cisela des bas-reliefs, des coupes et des boutons de chapes. Il s'occupa un peu de peinture et travailla le bois, la terre, la cire et le marbre avec une grande supériorité. Andréa fit pour Laurent de Médicis un enfant en bronze étranglant un poisson, destiné à orner une fontaine. L'Enfant, dit Vasari, est vraiment admirable. (III, 266.)
ORSINO, aidé des conseils d’Andréa del Verrocchio, se distingua dans le genre des portraits de grandeur naturelle. Vasari vante de ce maitre trois figures en pied de Laurent de Médicis. Un de ces portraits représentait le grand-duc dans le costume qu'il portait le jour de l'attentat porté contre sa personne, et lorsque, blessé à la gorge, il se montra au peuple. La figure, avec les cheveux, les sourcils et la barbe, semblait vivante.
Au XVIe siècle, on a fait en Italie un nombre infini de petits portraits médaillons en cire polychromée ornés de dorures, de perles et de paillettes pour relever l'éclat des parures et la richesse des costumes. La vogue de ces petits portraits fut immense, à ce point que beaucoup d'amateurs se livrèrent avec passion, à ce travail délicat.
Dans sa jeunesse ALFoNso LomBARbi, sculpteur . de Ferrare (4148741536), modelait en cire avec un rare talent. «IT fit aussi un grand nombre de médaillons renfermant les portraits des plus célèbres personnages de son temps, tels que le prince Doria, le duc de Ferrare, Clément VIT, l'Empereur Charles-Quint, le cardinal Hippolyte de Médicis, le Bambo et l'Arioste.
Alfonso, se trouvant à Cologne lors du couronnement de l’Empereur Charles-Quint, fut chargé d'exécuter les ornements de la
porte San-Petronio. Les médaillons le mirent tellement en vogue, que tous les seigneurs de la cour s'empressèrent de lui commander quelque travail. Sa gloire et ses intérêts s'en trouvèrent bien. »
Un autre artiste italien, PASTORINO DE SIENNE, peintre verrier, stucateuret graveur, balançalaréputation d'Alphonse Lombardi. Laissons parler Vasari :
« Pastorino de Sienne a acquis de la célébrité par ses portraits. On peut dire qu'il a fait les portraits de tout le monde, aussi bien ceux des seigneurs que ceux des petites gens. IT inventa un stuc qui rendait dans les couleurs naturelles la barbe, les cheveux et la peau de façon que ses figures semblaient vivantes. Mais il se recommande surtout par son habileté à graver les médailles. Je serais trop long, si je me mettais à énumérer tous ceux qui modèlent des médaillons en cire, car aujourd'hui il n’y a pas un seul orfèvre qui ne s’en mêle. Bien des gentilshommes même s’y sont appliqués comme Gio BATTISTA SAzzi, à Sienne, et le Rosso pe GuiGni, à Florence, et une infinité d’autres, dont jene veux pas m'occuper.» (IIL, 169.)
BENVENUTO CELLINI a laissé quelques beaux ouvrages en cire, M. Eug. Plon cite de ce maître un portrait en cire d'Alexandre de Médicis, suspendu, comme figure votive, au plafond de l’église de la Nunziata. On vient de découvrir chez un amateur de Florence un portrait en cire polychromée de François de Médicis. Ce médaillon fut adressé par le grand-duc, avec le billet suivant, à la célèbre Bianca Capello, sa maitresse : « Ma bien-aimée Bianca, de Pise je vous envoie mon portrait que m'a fait, notre maitre Gellini; en lui prenez mon cœur. Don FRANCESCO. » (Eug. Plon, Un portrait en cire de Fr. de Médicis, Gaz. des Beaux-Arts, oct. 1883.)
Le Milanais ALESSANDRO ABBONDIO, Célèbre médailliste, était renommé pour la beauté de ses petits portraits.
Vers la fin du XVI siècle, ANTONIO CAsSoME se distinguait à Rome par des bas-reliefs en cire polychromée. On lui attribue l'admirable Léda de la collection du baron Ch. Davillier.
L'abbé don GAËTANO Giurio ZumBo, né à Syracuse en 1637, modelait supérieurement des figures en cire colorée. « Il les dessinait de bon goût, et il en formait des compositions entières, si heureuses et si bien entendues, qu'il était facile de voir qu'outre la connaissance de la sculpture, ilavait encore d'excellents principes de peinture: en effet, quoyqu'il soit peu convenable de colorer les ouvrages de sculpture, il a sçeu cependant disposer ses couleurs locales avec tant d'intelligence, que sa sculpture ainsi
coloriée fait le mesme effect qu'un tableau bien entendu de clair obscur et de couleur. Il ne sçavait pas moins bien imiter la nature dans les plantes et dans une infinité d’autres objets, dont il enrichissait ses compositions. »
Don Zumbo resta longtemps au service du grand-duc pour lequel il fit deux tableaux inspirant l'horreur, fruit de son caractère mélancolique; l'un représentait une peste, l’autre un charnier rempli de corps morts, de squelettes, de cadavres à demi décomposés. Ces compositions, traitées de main de maitre, étaient d'un réalisme effrayant. Mariette dit les avoir vues à Florence et en fait le plus grand éloge. Nous pouvons nous en rapporter à Mariette ; c'était un juge éclairé, intègre, mais sévère, et ses louanges n'avaient rien de banal.
Sur la fin de sa vie, l'abbé Zumbo vint en France, apportant avec lui deux morceaux considérables en cires polychromes : «la Nativité de Jésus-Christ et sa sépulture; » ce dernier ouvrage a été gravé par Mlle Chéron. Don Zumbo mourut prématurément à Paris, peu de temps après son arrivée, le 22 décembre 1701, à l'âge de quarante-quatre ans. (Abecedario. Voir le vichionnaire abrégé de peinture et d'architecture, par Lacombe, p. 679.)
Les Allemands eurent aussi ieurs habiles céroplasticiens. En ce qui concerne les médaillons LAURENT STRAUCH et WENCESLAS Mazcer, de Nuremberg, WeiLuemmaYer, au XVI siècle, RAYMOND Fazrz et BRAUNIN, au XVIIe, se montrèrent les dignes rivaux des meilleurs artistes italiens.
DANIEL NEUBERGER fit pour l'Empereur Ferdinand IT (16264 1657) toutes sortes de petits bas-reliefs admirables en cire coloriée. «Il avait un frère qui a suivi la même voie. On dit que ces artistes avaient le secret d'un mélange de cire qui acquérait avec le temps la dureté du marbre. » (A. Darcel, la Sculpture au Trocadéro.)
Josepu-CHRÉTIEN KRuGER (4-1814) étudia le dessin et la sculpture à l'Académie de Dresde, sa ville natale. Après huit années d'études, il voyagea en Livonie et en Russie. « Il faisait principalement des portraits en cire, des bustes et quelques terres cuites plus importantes. » A St-Pétersbourg, il s’occupa de gravure, puis il séjourna en Prusse et revint à Dresde, où il remplit les fonctions de second graveur des monnaies. (Ch. Lenormant, Trésor de numismatique et de glyptique.)
La France ne resta pas en arrière du mouvement; comme chez ses voisins, le modelage en cire y fut alimenté par les exvoto, les effigies, les maquettes, les modèles et les médaillons.
On fit encore en guise de maléfice de petites statuettes figu-
rant les personnes dont on désirait la mort. On piquait la statuette avec des épingles, ou bien on la brülait lentement au feu, croyant hâter ainsi la fin de son ennemi. Gette sorte de maléfice, très répandue au moyen âge et jusque dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nommait envoultement, des deux mots latins en, contre, et vullus, visage.
« L'art de la céroplastique polychrome, dit M. S. Blondel, comprend trois écoles principales, l'école italienne, l’école francaise, l'école allemande. L'école italienne, la première dans les arts qui touchent à la peinture, a encore ici la suprématie. Sa recherche constante du beau, la grâce naïve des personnages qu'elle met en scène, le charme et la plénitude de ses conceptions, où l’exquise pureté de la forme rivalise avec la touche moelleuse d'un modelé digne de l'antique, sont les qualités hors ligne qui la distinguent. L'école française a moins de perfection, mais plus de souplesse ; son style élégant et gracieux est clair et vif comme son langage, et l’ébauchoir acquiert entre les mains de ses artistes une légèreté qu'eux seuls possèdent.
Quant à l’école d’outre-Rhin, plus prime-sautière, plus savante et non moins habile, elle se complaît dans la difficulté vaincue, dans une trop grande recherche des détails, mais cette particularité ne nuit point chez elle à la sérénité de l’expression quand son style hardi, qui ne manque ni d'originalité ni de grandeur, se ressent de l'influence des grands maîtres, notamment d’Holbein et d'Albrecht Dürer. » (Collections Spitzer. Les cires, par Spire Blondel. Gaz. des Beaux-Arts, octobre 1881.)
A la mort de François I et de Henri Il, le corps des augustes défunts, imité au naturel, figura dans la pompe funèbre. L’habile peintre de la cour, FRANÇOIS CLOUET, fut chargé de ce travail. Pour obtenir plus de vérité, il les moula sur nature, se servant tour à tour de plâtre, de pâte de papier et de cire; il piqua ensuite une barbe et des cheveux postiches, puis il peignit à l'huile, les carnations. Le grand artiste obtint de la sorte des images d’un effet saisissant.
Purpre I DANFRIE, graveur sur métaux et graveur en médailles, avait sa boutique dans le faubourg S'-Antoine. Né vers 15344, il obtint des Rois Henri IE et Henri IV la charge « de tailleur général des monnaies de France ».
Pendant la Ligue, Philippe [ vint résider à Tours, où il vécut avec sa famille en modelant, ainsi que son fils, des portraits en cires colorées. Il rentra dans Paris en même temps qu'Henri IV. Dans les lettres patentes qui lui furent accordées le 5 mars 1606, ilest fait mention de ses « fidelles et agréables services tant en
l'exercice de son art qu'en plusieurs belles inventions de cirgrafie (sic)... »
La cérographie, ou peinture à la cire, n'était pas pratiquée à celte époque. « De quoi s'agit-il donc? dit Jal. Ne serait-ce pas de ces médaillons en cires colorées qu'avaient mis à la mode, en Italie, quelques hommes exercés dans ce genre attrayant de plastique et qui trouva en France quelques imitateurs. On ne sait les noms, je crois, d'aucun des modeleurs en cire italiens; on ne connait pas davantage ceux des modeleurs francais, Si ma supposition n'est pas dénuée de vraisemblance, Philippe Danfrie serait un de ceux-ci. Il pourrait être l'auteur d'un médaillon d'Anne de Montmorency que possède le musée Charles Sauvageot.v (Dictionnaire critique.) Jal, le chercheur infatigable, n'avait qu'à ouvrir Vasari, pour y trouver les noms des célèbres modeleurs Alfonso Lombardi et Pastorino de Sienne.
Puicirpe IT DANFRIE, né vers 1572, mourut au Louvre en 4604. Héritier du talent de son père, dont il fut l'élève, il occupa, dès 1595, la place de contrôleur général des poinçons et effigies du Roi pour la monnaie sous le nom de «Philippe Danfrie le jeune ».
«I travailla fort bien d’après le vif en cire, » disent ses contemporains, et fit des « portraits bien excellents et beaucoup estimés par ceux qui se cognoissent à la peinture ».
On peut done attribuer à Philippe [ Danfrie et à son fils les petits portraits « bien excellents » qui se rapportent à des types français de la seconde moitié du XVI: siècle.
Le musée de Cluny possède une série de médaillons en cire colorée, avec leurs boîtes en cuir décorées d’ornements au petit fer. Nous citons : Louis XJ1, Roi de France. — Anne de Bretagne, Reine de France. — François 1, Roide France. — Charles- Quint, Empereur. — La Royne mère. Catherine de Médicis. — Charles IX, Roi de France. — Henri III, Roi de France et de Pologne. — Loyse, Royne de France. — Le duc de Guise. — Feu M. le prince de Condé. — La Royne de Navarre. — Clément Marot.
Micuez BourniN, sculpteur, né, dit-on, à Orléans, auteur du tombeau et de la statue de Louis XI, florissait à Paris en 1609. Le 8 novembre de cette même année, il eut un fils qui fut Michel IT Bourdin, sculpteur de talent. L'acte de baptême qualifie Michel I Bourdin : sculpteur en cire, «peut-être, dit Jal, parce qu’à ce moment-là il réussissait à faire en cires colorées des portraits à la façon de ceux de Danfrie. »
Ces médaillons appartiennent au dernier tiers du XVIe siècle. Quelques-uns ont été faits après décès. Le choix des personnages.
l'exécution, la légende et jusqu’au décor des boites, indiquent bien des ouvrages francais.
JEAN PAOLO ou PauLo florissait en 1604. IT fit à cette époque les portraits du petit Dauphin et de sa nourrice. (Journal de J. Heroard, médecin de Louis XIII, publié chez Didot, 2 vol, in-8, par Eud. Soulié.)
C'est aussi au XVI: siècle, dit M. Albert Jacquemart, qu'appartient ABRAHAM DRENTUET, auteur d'un groupe de Lédaetle cygne. (Histoire du mobilier.)
Tête en cire peinte, du Roi Henri IV, par Guillaume Dupré. Collections du duc d'Aumale et de M. À. Desmottes.
GUILLAUME Düpré (|?} 15744 1662[?), qui succéda à Philippe Il Danfrie dans sa charge de contrôleur général des poinçons et effigies des monnaies, est l’auteur d’une tête en cire peinte du Roi Henri IV. La figure, de grandeur naturelle, repose sur un buste en terre cuite, vètu de l’armure, rehaussé de couleur et de dorure. Dupré a fait de cette pièce une répétition pour être
offerte par Henri IV à la ville de Genève. L'un de ces portraits appartient au duc &’Aumale, l’autre est dans le cabinet de M. A. Desmottes.
ANTOINE BENOIST, peintre du Roi et son unique sculpteur en cire colorée, naquit à Joigny vers 1631. IL obtint bientôt la faveur de Louis XIV ; à peine âgé de vingt-six ans, c'est-à-dire en 1657, le jeune artiste était déjà compris parmi les peintres de la maison du Roy, aux appointements de 30 livres. Antoine fit souvent le portrait de Louis le Grand, qui posait avec la patience d’un saint. Un de ces portraits, encirescolorées, exécuté « d'après le vif »,se voit au musée de Versailles. C'est un chef-d'œuvre. « Rien, dit M. Eudore Soulié, ne peut donner une idée de l'effet saisissant, de l'illusion extraordinaire que produit cette image presque vivante du grand Roi... On y distingue les traces très visibles de la petite vérole, détail qui n'existe sur aucune des effigies peintes, sculptées ou gravées. De tous les portraits de Louis XIV qui nous restent, celui de Benoît devra être consulté avant tout autre, » {Notice sur Antoine Benoît, 1856.)
Toute la cour passa par les mains de cet habile homme. Il en représenta le cercle, tel qu'il se tenait au Louvre; c'étaient les bustesen cire «detousles princes, princesses, ducs, duchesses, etc., qui composaient le cercle de la feue Reine » (Anne d'Autriche). En 1668, il obtint un privilège pour montrer celte collection, à Paris et en province. Ce privilège fut renouvelé vingt ans plus tard. Le succès de cette exposition établit la réputation de l’auteur; un poète lui adresse les vers suivants :
Quel spectacle s'offre à nos yeux?
Le cercle est-il vivant? On dirait qu'il respire. Benoist, ton art ingénieux,
Par un secret nouveau, semble animer la cire. J'admire ton rare talent; Tes portraits, d’un goût excellent, Causentune surprise extrême ; On croit voir la personne même
Et jamais on n'a fait rien de plus ressemblant,
Au milieu d’universels éloges, unenote discordante se fit entendre. La Bruyère osacomparer Benoïst à un charlatan, montreur de marionnettes. » Cela prouve que l’auteur des Caractères était un pauvre juge en matière d'art. Abraham Bosse, un connaisseur, pensait autrement quand il écrivait en 1666 : « Pour les beaux et surprenants portraits en cire de M. Benoist, je dis que si ceux qui ont prétendu le mépriser en avaient vu comme moi à qui il a donné un air de vie, ils n'auraient pas été si prompts à déclamer
contre une si belle invention. » {Le peintre converti aux précises el universelles règles de son art.)
Sur le bruit de sa renommée, Benoist fut appelé en Angleterre et y modela, dit-on, toute la cour de Jacques IT. Dans le Livre des peintres et graveurs, l'abbé de Marolles, qui faisait si facilement de mauvais vers, a consacré ce quatrain à la louange de Benoist :
C'est Antoine Benoist, de Joigny, en Bourgogne, Qui fait toute la cour si bien au naturel,
Avecque de la cire, où se joint le pastel Que de la vérité l'âme seule s’élogne.
Benoist était de race noble, mais son père avait dérogé en exerçant la profession de menuisier sculpteur en bois. Antoine obtint du Roi des « lettres de relief de dérogeance à noblesse ». Nous en extrayonsles passages les plus intéressants : «Louis, ete. salut. Notre amé Antoine Benoist qui, par son génie et ses talents, s’est rendu recommandable dans le bel art de la peinture, qui a fait onze fois d’après nous en cire, en peinture, et en différents âges, notre portrait, cinq fois celui de notre très cher fils, plusieurs fois ceux de nos petits-fils le duc de Bourgogne, le Roy d'Espagne, quand il était duc d'Anjou, et le duc de Berry ; ceux des Reines nos très honorées mères et épouse, encore ceux des personnes de notre maison royale et d'autres princes et princesses de notre cour; nous a fait remontrer qu'il est issu de noble et ancienne race, qu'il descend en ligne directe de Guillaume Benoist, son quatrième ayeul, écuyer, valet de chambre du feu Roy Charles VIT, qui épousa Catherine de Vints Châtel de noble famille, dont il eut Simon Benoist, écuyer, trisayeul de l’exposant qui fut père de Jean Benoist, écuyer, bisayeul, dont les enfants firent deux branches...
«C'est pourquoil il nous a fait supplier, en considération de la noblesse de son sang et des services agréables qu’ilnous a rendus depuis longtemps par l'excellence de son art, qu'il nous plûüt de relever de la seule dérogeance dudit Jean Benoist, son père, qui ne pouvait lui être objectée, et pour jouir par lui et ses dits enfants de l’ancienne noblesse de ses ancêtres... Donné à Marly, le 25° jour de juillet, l'an de grâce 1706, {Nouvelles archives de l’art francais, Paris, 1872.)
Les armoiries de Benoist étaient d'or, à trois abeilles de sable, deux en chef et une en pointe el sur le tout, un voile d'azur semé d'abeilles d’or. Toutes ces abeilles, fait observer Jal, convenaient fort bien à l'artiste que d'Hozier connaissait pour le premier sculpteur en cire de Sa Majesté.
En dehors de ses travaux céroplasliques, Antoine Benoist a modelé en terre et peint de belles miniatures. Le cabinet des médailles, à la Bibliothèque nationale, possède une série de vingt miniatures sur vélin, peintes en grisaille par ce maitre et groupées dans deux cadres.
Elles offrent d'après les médailles, onze portraits de Louis XIV, à différents âges, depuis 1643 jusqu'à l'année 1704 ; les autres portraits réprésentent Louis XIIL et Anne d'Autriche, Marie-Thérèse, le grand Dauphin et sa femme, le duc d'Anjou, le duc de Berry, le duc et la duchesse de Bourgogne. Toutes ces miniatures sont signées : A. BENOIST PINX.
M. de La Live de Jully possédait dans son riche cabinet une tête de femme en cire bronzée par GIRARDON. « On croit que c'est une tête d'après Mne de Louvois. »
Pierre MÉRARD, élève de Bouchardon, est l’auteur d’un buste de Louis XV en cire polychromée. Mérard modelait aussi en terre des bustes estimés et les exposait à l'Académie de St-Luec, dont il était membre.
Un buste en haut relief de Voltaire, en cire coloriée, grandeur nature, est signé : MÉNARS, 1778. L'auteur de la Henriade est représenté la tête nue, légèrement {tournée vers l'épaule gauche, en jabot de dentelles et en habit rouge. Gette œuvre, intéressante au point de vue historique, laisse beaucoup à désirer dans son exécution.
CLopiow, l’auteur des plus jolies figurines de Bacchantes et de jeunes filles qui aient été faites au XVIII° siècle, modelait en cire à l’occasion. A la vente San-Donato, en 14880, deux bas-reliefs en cire représentant des jeux de nymphes et de satyres ont atteint le chiffre élevé de 6,500 fr. Les bordures en bois doré sont ornées aux angles de médaillons en grisaille sur fond noir, peints par Degault. Ces deux belles pièces proviennent de la collection du prince Cambacérès.
Vers la fin du XVIII: siècle, divers artistes modelaient des sujets historiques, mythologiques, des animaux et surtout de petits médaillons, portraits ou sujets, sur fond d’ardoise ou de verre blanc laiteux. Quelques-uns de ces médaillons sont polychromes; d’autres imitent la terre cuite oule genre adopté par Wedgwood. Ils servaient à orner les tabatières.
CouriGner florissait sous Louis XVI. Il exécutait de petits portraits en cire polychromée dans le genre de ceux que faisaient les Italiens au XVIe siècle. M. Jules Renouvier remarque parmi les portraits accrédités en 1789 celui de «Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, gravé par G. Fiesenger, d'après le modèle en cire
fait par M. Courigner ». (Histoire de l’art pendant la Révolution. Paris, Renouard, 1863.)
SURUGUE était réputé sous Louis XVI Quelques-uns de ses ouvrages, exposés au Salon de la Correspondance, lui ont mérité les éloges de La Blancherie. Les voici : 1779. Portrait du Roi en relief et en cire. (5 pouces de H. sur 7 de L.) [l a été trouvé «très ressemblant ».
Deux bas-reliefs représentant, l'un la Mort d’Adonis, l'autre Hercule aux pieds d'Omphale {5 pouces 1/2 de H. sur 61/2 de L.). Ces petits bas-reliefs ont paru être traités avec beaucoup d'art et de délicatesse. » 1785. Médaillon en cire représentant un docteur en Sorbonne. « L'artiste fait valoir avec beaucoup de succès ce genre, qui est d’ailleurs agréable. » (Vouvelles de la République des lettres et des arts.)
En 1781, LEuRNER exposait au même Salon le portrait modelé en eire de M. Kymli, bas-relief « très piquant pour la ressemblance et la perfection de l’art en ce genre». Deux ans plus tard, « Lerner, » qualifié « sculpteur de la cour palatine », présente deux petits portraits, l’un d'homme, l’autre de femme. « Une exécution précieuse rend ces médaillons très recommandables. »
REGNAULT, « sculpteur, rue Taitbout, » s'est fait remarquer au Salon de la Correspondance par divers travaux : 1782. Un dessus et un dessous de boite, figurant, l'un l'Enlèvement de Proserpine par Pluton, l’autre Saturne transformé en cheval. — Une tête d'étude, d’après nature, bas-relief en composition de cire. Ges ouvrages ont paru exécutés avec toute la délicatesse et le mérite de ce genre. » 1782. Différents petits sujets et portraits. « Ces ouvrages, dans la manière de l'antique, en ont tout le mérite. »
L'année suivante, REGNAULT expose encore des médaillons, portraits ou sujets « en composition de cire ».
En 1782, Barpou présente différents animaux exécutés en basrelief. « Ges ouvrages, dit La Blancherie, font le commencement de l’histoire des animaux, que l'artiste se propose d'exécuter en ce genre. Cette collection méritera le suffrage des amateurs par la vérité et la précision du travail. »
CaDeT DE BEAUPRÉ, élève de Clodion, se distinguait, par ses travaux céroplastiques : Un Faune jouant de la flûte, une Bacchante et un petit Satyre en bas-relief. (Même Salon.)
MoranD faisait, en 1782, des portraits «en cire, en biscuit de Sèvres et en ivoire ». (Journal de Paris, p.434.)
Pixson, chirurgien des Cent-Suisses, était cité en 1782 pour le portrait en bas-relief du duc de Cossé, gouverneur de Paris. «Ge portrait, très ressemblant, dit La Blancherie, est remarquable
par une exécution facile et a retracé avec applaudissement les talents de M. Pinson, connu par ses belles anatomies en cire. »
Onst, sculpteur piémontais s'établit à Paris, sous Louis XVI et se fil une certaine réputation à modeler des figures en cire. En 1786, il exposa au Salon de la Correspondance deux ouvrages qui furent très remarqués : « 1° Une Vénus sortant du bain, en cire coloriée comme la nature, d’après la même figurede Paulet, sculpteur. H. 22 pouces ; 2° le feu père Ignace de Vanchia, religieux capucin, confesseur du Roi et de la Reine de Sardaigne, figure en pied de 18 pouces et dans le costume de l'Ordre de St-François ; en cire coloriée comme la nature. »
L'année suivante, il présenta au même Salon une Vénus faisant sa toilette au bord d'un ruisseau, servie par une nymphe négresse et ayant devant elle l'Amour désarmé. Groupe en cire coloriée, d'un pied de haut. « Nous avons déjà eu l’occasion, dit La Blancherie, de louer cet artiste, dont il ne faut pas confondre les ouvrages avec les représentations de cire dont on amuse le peuple et les enfants. M. Orsy offre le mérite de l'exécution et celui de l'invention d'un genre fait pour plaire. La figure de Vénus, dans ce groupe, est charmante ; l'expression de l'Amour est également remarquable et on a applaudi au rapprochement ingénieux par lequel l'artiste a fait valoir la couleur de Vénus et celle de la négresse. »
Sous la Révolution, Orsi, installé au Palais-Égalité, attirait la foule par des représentations figurées de l'assassinat de Lepelleletier de St-Fargeau, représentations qui se renouvelèrent plus émouvantesencore six mois plus tard, après l'assassinat de Marat.
ÉTiEenve Gois (+ 1823 ) fut reçu à l’Académie en 4770. Il exposa au Salon de la Correspondance, en 1783, « plusieurs modèles en cire, » puis, au Salon de 1793, « la translation du corps de Brutus, petit bas-relief en forme de camée. »
FLORION, auteur d’un buste en marbre de Lepelletier de St-Fargeau, a présenté au Salon de 1793 « plusieurs portraits en cire ».
Gounox florissait à Paris sous le Consulat. Il exécutait en cire de jolis petits portraits, dont la plupart étaient montés sur tabatières.
RENAUD, Jean-Martin, né à Sarreguemines, se distinguait déjà du temps de Louis XVI par ses petits travaux en cire et en terre cuite. Ses ouvrages en cire, d'un faire correct et gracieux, se ‘ composent de portraits et de sujets historiques et mythologiques de la dimension d'un dessus de boîte. Il a pris part à presque toutes les expositions depuis l'an VIIT jusqu'en 1817.
Au Salon de l'An X, il a présenté « un cadre contenant huit
bas-reliefs en cire : 1° La Paix fait dételer les chevaux de Mars du char de la Victoire et conduit Bonaparte à l'fmmortalité ; 2° Hercule pacifie l'armée des Amazones, Antiope fait la paix avec Thésée ; 3° Mariage de Thésée avec Antiope, Reine des Amazones; 4 Vénus balancée par l'Amour ; 5° Un amour éternel; 6° Un cheval sur le pré; 7° Plusieurs portraits sous le même N°; — 8° Léda avec sa famille ».
BaBonor ou BABouoT, qualifié « sculpteur en ivoire » dans le Livret de l'An IX, a fait un grand nombre de petits portraits de personnages célèbres et autres, en cire, en ivoire et en diverses matières tendres. (Voir à l’'Ivoirerie.)
L'’Allemand CREUTZ, surnommé CURTIUS, nous parait mériter à peine le nom d'artiste. Toutefois, au Salon de 1791, il fitadmettre un buste colorié en cire du prince royal. Arrivé à Paris, en 1770, sa vogue commence avec la Révolution. Il avait établi au boulevard du Temple, un musée où il faisait voir pour deux sous, l’image en cire des célébrités contemporaines. A certains jours, dit Mercier, il gagnait plus de cent écus « avec la montre de ses mannequins enluminés ».
Curtius disparut vers 1800 et eut pour successeur un certain Tuffault, qui montrait la chemise d'Henri IV et une vraie momie d'Égypte, ainsi que « tous les princes de l’Europe, y compris l'Empereur de la Chine ». (Édouard Fournier. L'{llustration, 27 mai 1852.)
A. Ravraï florissait à la fin du XVII siècle, Comme Regnault, Courigner, Morand, Babonot et autres, il exécutait des portraits et de petits sujets pour être encadrés ou montés sur tabatières.
PIERRE Periror, né à Langres, florissait à la fin du X VITE siècle.
Salon de l'an VIIT. Un médaillon en cire, — $, an IX, L’Innocence surprise par l'Amour. Anacréon chantant une ode à Vénus.
BRUNET demeurait 86, faubourg du Temple, en 1800. — Salon de l'an IX. Modèle de pendule représentant le Retour de Mars chez Vénus. Buste du premier Consul.
Mne Dior modelait des fleurs en cire sur la fin du règne de Napoléon I.
Aux a présenté au Salon de 181% : « Un enfant modelé d'après nature et exécuté en cire coloriée. »
Vente Roux, de Tours, 1863. Deux bustes en haut relief décorés au naturel. Hommes et femmes vus à mi-corps en riches costumes du temps de Henri If. Ouvrage allemand du XVI s. Les deux portraits sont montés dans des cadres profonds en bois noir ; l’un
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d'eux porte un écusson armorié (H. 0,15 et 0,16 sur L. 0,11 et 0,12), 630 fr.
Vente Raifé, 1867. Médaillon en cire coloriée. Portrait d’une dame italienne, en costume du XVIe s. 300 fr.
Vente Hamilton, 1882. Portrait médaillon du Titien, tenant un portrait de son fils. Cadre d'or, avec perles. Inscription « Titiani Pict. et filii effigies. » 310 guinées (8,137 fr. 50).
Vente Beurdeley, 1883. Tête en cire peinte du Roi Henri IV, grandeur nature, sur buste en terre cuite, vêtu de l’armure, rehaussée de peinture et de dorure. Ouvrage de Guillaume Dupré. 1,250 fr.
CURIEUX DE CÉROPLASTIQUE.
MM. DUC D'AUMALE (Chantilly), buste d’Henry IV, par Gui. Du- PRÉ. — J.-ANT. BAMPS (Belg.), Romain combattant, médaillon du XVIIe s. Agnus Dei, ovale du pontificat d'Alexandre VIII (1689 à 1691). — Me LÉON BLAZY (Paris), deux médailles de Louis XVII, en cire polychromée; bustes de profil, à droite. — ALCIDE BOCA (Valenciennes), scènes religieuses. Bataille de Constantin; bas-reliefs en cire blanche, sur fond d’ardoise. — EDM. BONNAFFÉ (Paris), Eve, travail italien en cire polychromée, du XVIes. Statuette d'enfant avec un dauphin, projet de fontaine en cire dorée, XVIes. — PH. BURTY (Paris), le mont Vénus, par CLopiow. Portrait de Franklin, par FLAxMAN.
COLLET (Valenciennes\, portraits de femme. L'Amour triomphant, médaillon en cire blanche sur fond d’ardoise. — MAURICE COTTIER (Paris), cheval écorché, par GÉRICAULT,.
ALEX. DELAHERCHE (Beauvais), portrait de l'amateur Disnematin, signé : A. Ravari F. — TH. DEROMBY (Valenciennes), lutteurs, bas-relief sur fond d’ardoise. — A. DESMOTTES (Paris), tête en cire peinte du roi Henri IV sur un buste en terre cuite, vêtu de l'armure, par Guux. Durré.
ALF. FIRMIN-DIDOT (Paris), buste de Voltaire, en cire polychromée, par MÉNars. 1178. — JULES FRÉSART (Belg.), tête de femme en cire polychromée. — H. GOSSELIN (Bels.), quatre portraits en couleurs, XVIIe s. — EDM. LECLER (Paris), Cain et Abel, bas-relief. — L'ABBÉ A. LE REBOURS (Paris), buste en haut relief polychromé du cardinal Fleury (1653+-1743). Calotte et robe rouges, avec manteau d’hermine ; les yeux sont en verre. —DE LIESVILLE (Paris), série de vingthuit portraits des plus célèbres peintres italiens et espagnols. Portraits de Louis XVI, du Dauphin et de la duchesse d’Angoulème, Dauphine. — CH. LIZÉ (Rouen), portrait d'homme, grand médaillon du temps de Louis XIV, en cire polychromée, dans le genre des ouvrages d'Antoine Benoist. Sujets de genre du XVII s. Marchand d'ail. Pauvresse portant deux enfants. — A. M. S., dessus de tabatières; portraits et petits sujets des XVIIIe et XIXe s. — DUC DE MORTEMART (Paris), portrait du cardinal Mazarin ; cire d’après nature provenant du duc de Nivernais.
Bon J, PICHON (Paris). Le grand Dauphin, fils de Louis XIV, beau médaillon de 0,11 de diam., signé: Dueur.Ce Dubut paraît être un médailleur
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de la fin du règne de Louis le Grand. Le baron J. Pichon possède encore de ce maitre un médaillon en bronze d'une bonne facture représentant un récollet avec son froc et son capuchon. Légende : r, (rater) Josepnus SUSANE RECOLLECTUS M. D. CCIx. Signature, sous l'épaule : GC. Dusur F.
AD. DE ROTHSCHILD (Paris), modèle de bijoux, par J. CoLLAERT.
Mme SAMPAYO (Paris), Jésus-Christ sur la croix, pleuré par la Vierge et Madeleine. — SPITZER (Paris), collection hors de pair. Portraits de Philippe IT; don Carlos. Scène d'enlèvement. Famille vénitienne à trois personnages. Henri de Guise, Catherine de Clèves, sa femme. « Calvinus. » « Erasme de Rotterdam », XVIes. ete. — Mis DE THUISY (Paris), légende de la papesse Jeanne, bas-relief d'une exquise finesse. — SIR RI- CHARD WALLACGE (Anglet), raretés du XVI Ss.; portraits médaillons. — WASSET (Paris), suite de portraits-médaillons.