ÉD RCE EE LS
DEMre>
NME
Peigne en buis incrusté d'ivoire, au chiffre de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. XVe siècle, Collection de Mme Jubinal de Saint-Albin.
Les maitres peigniers de Rouen ont élé longtemps en réputation. Voici deux enseignes ou adresses qui les concernent ; elles appartiennent à Mme Jubinal de Saint-Albin et nous paraissent remonter à la fin du XVIe siècle. Première adresse, offrant, au milieu, l'image d'un peigne accompagné de deux buses sur les côtés : « Peignes fins de bvis et de corne fais par Lovs Movlin M° Pignerre à Roven av bas de larve escvières. »
Seconde adresse : « Ge fait et vend par Jean Moulin toutes sortes de peignes de buis et de corne demeurant au bas de la rue ecuierre, au Peigne Royal couronné, à Rouen. » On y voit, en effet, un peigne surmonté de la couronne fleurdelisée.
Au XVII et au XVIII siècle, on fabriquait des brosses à tête et surtout à habits, en ivoire, en nacre, en bois sculptés, en argent
ciselé, en marqueterie de Boulle, en vernis Martin, en faïence de Delft, etc.
Vente Fau, 1884. Peigne en ivoire, à jour, du XV[°5., avec cariatides, rinceaux, bustes et mascarons. 255 fr. — Peigne en buis sculpté, avec devise : À ma mie, je le donne, XVII s. 200 fr.
MM. ARONDEL (?), peigne double en ivoire; d’un côté, un tournoi; de l’autre, une femme prenant un bain, XV* s. Autre, en ivoire, du XV{es. à médaillons et consoles. — BARRY (Toulouse), peigne double de corne. L'intervalle, découpé à jour et gravé, représente une chasse ; des fleurs de lis sont découpées à l'extrémité de chaque rang. — BASILE WSKI (Paris), raretés du moyen âge et de la Renaissance. — Bon DE COELS f{Belg.), brosse rectangulaire à incrustations de cuivre et de nacre teintée, offrant un écusson armorié, entouré de fleurs. — JULES FRÉSART (Belg.), peigne en buis, du XVes.—MucJUBINAL DESAINT-ALBIN (Paris), série de peignes de toutes beautés. Peigne du XIe s. Peigne en buis incrusté d'ivoire, au chiffre de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Peigne en buis, aux armes de France, du temps de Charles VII. Peignes de mariage à sujets galants, des XVe, XVIe et XVIIe s. Peigne Louis XIIT en écaille gravée, etc. Collection de brosses à habits en ivoire, en nacre sculptés, en marqueterie de Boulle, en faïence de Delft, ete. —
À. M.S., brosse à habits, en vernis Martin rouge, à filets d'or, et portant cette inscription : « Les filles traitables sont les plus aimables. » XVIIe s. — L.-A. RAVENET (Bordeaux), série de peignes en ivoire et en bois sculptés. — Mne DE SEGONGE (Gien), peigne en buis sculpté du XVes. — CHEV. EM. SOENENS [(Belg.), brosse à habits elliptique avec incrustations d’argent et de nacre. Cartouche de fleurons et d’enroulements, — SPITZER (Paris), nombreux et magnifiques spécimens du moyen âge et de la Renaissance. — VANDER KELLEN (Pays-Bas), peigne en buis du XIVes., d’un côté, la Résurrection du Christ; de l'autre, un cerf au repos, entouré d’ornements découpés. On y voit encore des restes de peinture.
Les buses qui servaient à maintenir les hauts corsages des femmes et à donner à la taille tous ses avantages n'étaient pas seulement en acier uni ou en baleine ; on enfit de charmants en fer, en vermeil, en ivoire, en bois verni, couverts de devises, d'ornements et de dessins allégoriques, gravés en noir.
Mme de Villedieu a composé, sur le buse, sous le titre de GALANTERIE, une poésie assez leste, imprimée à la suite de son poème le plus rare, le Carrousel de Monseigneur le Dauphin, 1679, in-16 :
Qu'il est heureux de tout costez,
Le bois léger que vous portez;
Et que son office admirable
Devrait paroître désirable
Aux galans les plus fortunez, Qu'Amour ait jamais couronnez...
D'aitleurs, de ce bois sans mérite, La fortune est-elle petite,
Quant à lu main vous le tenez,
Et qu'avec lui vous badinez.….
Car la beauté la plus divine,
Avec son buse souvent badine,
Et le badinage a des goûts
Tout à fait ravissants et doux...
L'autre bout qui regarde en bas, Couvre certains lieux pleins d’appas, Que l’on peut mieux penser que dire, Et qu'il faut joliment décrire...