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En 1692, d'après Abraham du Pradel, le sieur LANGLOIS, rue Saint-Sauveur, au Fer à cheval, faisait « des buses et bois d’éventails d'une grande propreté » . Dans l'édition de 1691, Langlois est cité pour ses «buses et bois d'éventails curieux », c'est-à-dire coquettement ornementés. (Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, par Abraham du Pradel, annoté par Ed. Fournier, Paris, 1878.)
La collection de Me Jubinal de Saint-Albin
Busc de musicienne en ivoire gravé, XVIe siècle. (Collection de Mme Jubinal de Saint-Albin.)
est riche en.ce genre de curiosités. Au milieu des mille raretés rassemblées par cette aimable curieuse, nous distinguons :
Une buse en fer, portant cette inscription un peu obscure : Chiava di legno, ponte di acqua; Belva che fugie e castiga. (Clé de bois, pont d’eau; bête qui fuit est châtiée.) Signé : G.B. Zi, 1556.
Un buse en fer gravé ; d’un côté, un buste d'homme et l'Amour, conduisant un char attelé de deux lions; de l’autre, une femme nue percée d’une flèche ; puis ce quatrain :
J'ay de ma Dame cette grâce.
D'estre sur son sein longuement D'où j'oüys sospirer un amant.
Qui vouldrait bien tenir la place.
Un busc triangulaire en ivoire, à dessins gravés, offrant trois médaillons accompagnés de légendes. Autour du premier médaillon, orné de deux cœurs enflammés, on lit : L'amovr les ioint (joint). Autour du deuxième, décoré de deux cœurs transpercés d'une flèche : Z{le novs vnit. Autour du troisième représentant une fleur semblable à un soleil : Vo. voir. ov. movrir (commencement du XVII siècle.)
Voici le buse noir d'Anne d'Autriche avec ses devises. D'un côté : Are devise, sous l'Amour : Plus redoutable que la foudre. — 2e devise : Justice, équité. — 3° devise, sous le portrait : Soyezmoi bons sujets, je vous serai bon prince. Plustôt montrer que perdre. — 4° devise : Vertu, bonté, sagesse, Suivent cette princesse. — Be devise : S% la foi manque, L'amour périra.
Vers écrits de l’autre côté du buse :
Je suis ce beau buse curieux.
Aussi chaque jeune amoureux Me baise avec force tendresse
Je sers de divertissement.
Et ma place ordinairement
Est sur le cœur de ma maîtresse.
Devise du buse en fer de la grande Mademoiselle :
Soit que je vive ou que je meure
Je veux que mon cœur vous demeure ;
Mes yeux à tous, mon cœur à vous,
La tendresse etla foi sur tout,
Combien je porte envie au bonheur qui le suit, Etendu mollement sur ce blanc sein d'ivoire.
Partageons entre nous, s’il te plaît, cette gloire; Tu y seras de jour et gi seré la nuict !
Ajoutons à cette liste : Un busc Louis XIIT, à poignard, en marqueterie de bois violette et ivoire. Un busc Louis XIII, en vermeil, ciselé, surmonté d’une couronne royale. Enfin un busc de musicienne, en ivoire, du XVII: siècle, offrant des ornements gravés, ayant trait à la musique, et un cœur percé d’une flèche, posé sur une bonne foi (deux mains qui se tiennent).
On ne se doute pas du luxe et de la fantaisie qui présidèrent, au XVIIT: siècle, à l'exécution des boutons d'habit. Ces boutons, mis au rebut; après que la Révolution eut détruit les habits brodés et rendu le costume uniforme, sont entrés depuis dans le domaine de la curiosité. Glapisson, l’auteur de la F'anchonnette, en avait réuni 7,750 spécimens. Un amateur de Gand en a exposé 32,000 dans cette ville en 1845. Ces chiffres paraissent considérables, et cependant ils ne représentent qu'une petite partie de ce qui a été fait en ce genre. D’après le grand Dictionnaire de Larousse, une seule maison de Paris, en l’espace d’un demi-siècle, aurait livré au commerce plus de 600,000 variétés de boutons.
Klingstet, peintre du Régent, Philippe d'Orléans, dessina des boutons à ressort découvrant des sujets licencieux. Fragonard décora de son gracieux pinceau « une garniture délicieuse de petits bergers Watteau ». Une jeune fille offrit à son fiancé une série de boutons sur lesquels se trouvaient représentés en émail, avec une finesse extrème, les principaux tableaux de Greuze. « L’accordée de village était, dans la suite, un tour de force d’adresse et de réussite.» (Feuillet de Conches, C'auseries d'un curieux.)
Le Comte d'Artois, le futur Charles X, « par la tête duquel passèrent toutes les folles idées, eut un jour celle de se faire faire une garniture de petites montres arrangées en boutons. (Quicherat, Æistoire du costume en France.) Le prince avait, en outre, certains habits à boutons d’or, enrichis de diamants, de miniatures et d’émaux.
Lorsque Joseph IT vint en France en 1777 sous le nom de C'® de Falkenstein, il y afficha une simplicité exagérée, qui lui valut toutefois de la part d’une femme du peuple un compliment flatteur. Étant allé visiter les halles, une marchande de poissons lui dit en lui remettant un bouquet : « Le peuple qui paie vos boutons, Monsieur le comte, est bien heureux.» (Baronne d’Oberkirch, Mémoires.)
Avant d’être le peintre des Rois, Isabey eut des commencements difficiles; il a dessiné des boutons à l’époque où pauvre, et obscur, il demandait au travail sa nourriture quotidienne. Le grand artiste a laissé sur sa vie des notes très intéressantes ; elles nous apprennent comment il sut se tirer d’affaire pendant les premières années de son séjour à Paris. « Je résolus, écrit-il, d'imiter l'exemple de quelques condisciples qui se créaient, par des
occupations accessoires, de modestes ressources. J'entrai tout de suite en relations avec un tabletier, qui me commanda des couvercles de tabatières. C'étaient, pour la plupart, des copies de Vanloo ou de Boucher. Chaque médaillon m'était payé de six à huit francs, sans l’ivoire. Comme il était encore de mode, à cette époque, de porter des boutons de la grandeur d'une pièce de cinq francs, sur lesquels on peignait en camaïeu des amours, des fleurs, des paysages, je melivrais à ce travail mercantile. Ghaque sujet m'était payé douze sols... » (Edm. Taigny, MÉLANGES, Études littéraires et artistiques, Paris, 1869.)
Consultons Le Cabinet des modes nouvelles (A). IL est riche en renseignements pour les objets de modes et de toilettes, tels que coiffures, vêtements d'hommes et de femmes, bijoux, colliers, bagues boucles d'oreilles, boucles de souliers, boutons d’habits, etc.
En 1785, on porte surtout : é
Les boutons de nacre de perle, cordonnés autour, gravés au milieu où se trouve parfois un petit rond en or.
Les boutons de eristaux de couleur, avec une perle ou un brillant au centre, ou bien à surface unie, entourée de diamants.
Les boutons à huit pans, dits au firmament, à fond bleu, parsemé de pierres blanches. Tous ces boutons sont en argent doré.
Les boutons d'acier poli, avec lettres en chiffre, gravées ou incrustées en or de relief, de diverses couleurs. Ces derniers offrent un « genre de bijoux très précieux et qui produit le plus grand effet; l'acier étant trempé, il est exempt de rouille. »
A la date du 18 novembre 1786, Bachaumont écrit dans ses Mémoires secrets : «I n’est point de modes qui, grâce à la légereté, à la futilité, à la fureur de nos petits-maitres et de nos élégants pour tout outrer, ne dégénère en extravagance. C'est ainsi que la manie des boutons est aujourd'hui poussée à un ridicule extrême; non seulement on les porte d'une grandeur énorme, comme des écus de six francs, mais on fait des miniatures, des tableaux, en sorte qu'il y a telle garniture d’un prix incroyable. Il est de ces garnitures qui représentent les médailles des douze Césars; d’autres des statues antiques, d’autres les métamorphoses d'Ovide. On à vu au palais royal un cynique offrir impudemment sur ses boutons les trente figures de l’Arétin; ce qui obligeait les femmes honnêtes à détourner les regards dès qu'elles approchaient de lui.
(1) Eu 1786, l'année d’après sa fondation, le Cabinet des modes prend le titre de Magasin des modes nouvelles françaises et anglaises. L'ouvrage complet forme cinq volumes et s'arrète à 1790.
« Les jeunes gens romanesques, à l’imitation des anciens chevaliers, portent sur leurs boutons le chiffre de leur maîtresse ; il est des faveurs qui, avec les lettres de l'alphabet, forment de plats rébus, tels qu'on en voyait autrefois sur les écrans ; en un mot, la fabrique des boutons est aujourd'hui un travail d'imagination qui exerce merveilleusement l'esprit du compositeur et de l’acheteur et qui devient ensuite dans la société un texte de conversation inépuisable.
En 1787, on a porté des boutons ornés de coiffures et de modes. « Ils ont remplacé les paysages, les fleurs, les camées, les insectes, les volatiles, les sujets emblématiques, les hiéroglyphes, les paysages et les monuments. »
Les élégants se fournissent chez Darnaudery, boutonnier du Roi, À la Toilette d’or, au Palais. « Il vend aussi des boutons à diamants cailloux, boutons à bijoux or et argent, boutons en tout genre de peinture, boutons de tous les sujets, historiques d'Henri IV, supérieurement peints, boutons d’acier anglais et français, boutons en émail peints en étrusques et camées, genre des antiques d'Italie, boutons d'agate d'Italie et de tous les genres de nouveautés. » (Magasin des modes nouvelles.)
1788. « Les boutons ont éprouvé depuis deux ans des vicissitudes bien rapides et bien marquées; il est inutile de les rappeler toutes aujourd'hui, mais, ne parlant que de ceux à tableaux, il faut dire que tous les genres de peinture y ont passé successivement ; d’abord les sujets d'histoire, ensuite les bas-reliefs, bientôt après le paysage, et aujourd’hui l'architecture. » C'est l’année des boutons à l’image des plus beaux monuments de la France, surtout ceux de Paris, tels que le Louvre, l'hôtel des Invalides, le Garde- Meuble, l’église Sainte-Geneviève, le château de Madrid, la porte Saint-Denis, la halle au blé, l'École de chirurgie, ete. Le prix de la garniture est de 36 livres.
En Angleterre, un arrêt du parlement en faveur des boutonniers enjoignait de ne porter que des boutons de métal ou travaillés. Toute contravention était punie d’une amende de cinq shelling par bouton. Un garçon tailleur de Londres, pour augmenter ses gages, exerçait le honteux métier de dénonciateur et surveillait de préférence les étrangers ; une partie de l'amende lui revenait de droit.
Pendant la Révolution, on a fait des boutons patriotiques, très curieux et très rares aujourd’hui. Ils représentent la Prise de la Bastille ; des sujets antiques ; l'emblème des trois ordres, l'épée, la crosse et la bêche; la fleur de lis, avec cette devise annonçant les derniers moments de la royauté : Vivre libre ou mourir; les
faisceaux; le bonnet phrygien; des portraits historiques, Louis XVI, Necker, Lepelletier de Saint-Fargeau, Marat, Chalier, Bonaparte, etc.
Quant aux boutons à la guillotine, il n’en a pas été fait sous la Terreur, pas plus que des bijoux à la guillotine, quoi qu’en ait dit l’auteur des Girondins (1). Un curieux lettré, qui fait autorité en pareille matière, notre ami M. de Liesville, n’en a jamais trouvé et en nie l'existence. Dans l'immense collection d'objets de la Révolution, dont les numéros se comptent par milliers, et qu’il a si généreusement offerte au musée Carnavalet, on n’en voit aucun spécimen. Le hasard peut faire rencontrer quelques bijoux à la guillotine, mais ils sont faux et ont été fabriqués vers 1830. Il n’en est pas de même des tabatières. La riche collection précitée renferme une boîte populaire en carton verni surmontée d’une estampe coloriée représentant une guillotine avec cette légende : £'{ la garde qui veille aux barrières du Louvre n'en défend pas nos rois. Elle a été faite, à n’en pas douter, au commencement de 1793, immédiatement après la mort de Louis XVI.
Tous les boutons dont nous venons de parler ne sont que des objets de fantaisie, si on lescompare à ceux que portait Louis XIV sur ses habits d’apparat. Personne n'a étalé un luxe aussi inouï. Les chiffres suivants en donneront une idée ; nous les avons relevés au Ministère des Affaires étrangères dans les #egistres des pierreries et présents du Roy.
20 mat 1684. Remis à S. M. par Alvarez un diamant pesant 52 carats, de 52,829 liv. Sur l’ordre du Roi, ce diamant a été scié etil en a été fait par Montarsy deux boutons, numérotés 105 et 106.
3 février 1685. Montarsy remet au Roi vingt-quatre boutons d'un diamant chacun. 138,030 liv.
7 mar1685. Fait et livré par le S' Bose six boutons d’un diamant. 30,000 liv.
26 juillet 1685. Livré par Montarsy au Mis de Seignelay pour le Roi soixante-quinze boutons d’un diamant. 586,703 liv.
4er août 1685. Deux boutons d’un diamant. 67,866 liv.
46 août 1685. Trois boutons d’un diamant. 69,660 liv.
(1) « La guillotine, instrument du supplice, devint, pendant quelques semaines, une décoration civique et un ornement des festins. Le luxe, qui renaissait autour des représentants, fit de cette machine en miniature un bijoux hideux de l’ameublement et de la parure des jacobins. Leurs épouses, leurs filles et leurs maïtresses portèrent de petites guillotines d’or en agrafes, sur leur sein et en boucles d'oreilles. » (Lamartine, les Girondins, t. VII, p. 194.)
20 décembre 1685. Quatre boutons d’un diamant. 88,375 liv.
Du 19 mars 1687 au 30 décembre 1688, Ving et un boutons d'habit d'un diamant. 377,510 liv.
Ces richesses ne forment qu'une partie de la toilette du Roi soleil ; voici d’autres comptes non moins intéressants.
96 juillet 1685. Il a été fourni par Montarsy, d'une part, pour la veste du Roi, quarante-huit boutons d’or enrichis d'un diamant chacun et quatre-vingt-seize boutonnières, dont quarante-huit composées chacune, de cinq diamants et quarante-huit d’un seul. 185,123 Liv.
D'autre part, trois cent vingt-quatre boutonnières pour le justaucorps du Roi, dont cent soixante-deux formées de cinq diamants et cent soixante-deux d’un seul. 4,006,345 liv.
En plus, sept fleurons de boutonnières de trois diamants chacun. 201,270 liv.
En diverses livraisons, trente-trois fleurons de boutonnières. 974,366 Liv.
24 avril 1686. « Il a été fait par le S° Montarsy, pour un justaucorps, trois cent trente-six boutonnières, dont cent soixante-huit de trois pierres chacune, et les autres cent soixante-huit, chacune d’une pierre de couleur et de trois diamants.
Quarante-huit boutons de veste composés chacun d’une pierre de couleur et de six diamants et quatre-vingt-seize boutonnières de veste composées chacune d'une pierre de couleur et de deux diamants. Le tout faisant ensemble huit cent seize pierres de couleur et 1,824 diamants. » Les pierres de couleur sont le rubis, le saphir et l’émeraude. 359,912 liv. Le même jour, Montarsy livre encore pour le service du Roi, dix-neuf fleurons de pierres de couleur et de diamants composés chacun de six pièces. 193,711 liv.
A ces comptes il faut ajouter cent quatre boutons d'un diamant, qui existaient avant le 20 mai 1684. Ces boutons figurent bien sur les registres, mais nous n’en trouvons pas la valeur ; en prenant pour base les chiffres précédents, on doit les évaluer ensemble à 1,071,096 liv. (ZXe Zegistre des pierreries el présents du Roy.) Ge dénombrement ne comprend qu'une partie des « parures » du Roi, sans compter les boucles de souliers, de jarretières et de manchon, les agrafes de chapeau, les ceintures, les baudriers, les épées, les décorations, etc., enrichies de diamants à profusion.
Les femmes portaient aussi des boutons de brillants. En 1680, au mariage du grand Dauphin avec la princesse Marie-Anne- Christine de Bavière, les demoiselles d'honneur reçurent en
LES BOUTONS D'HABIT. 745 présent des boutons et des attaches de manches en diamants. 4 avril 698. Dans la parure offerte par Louis XIV à Mile d'Aubigné, lors de son mariage avec le duc d'Ayen, fils du Mis de Noailles, nous trouvons deux attaches de manches. 11,200 M. ; seize boutons de manches. 42,117 liv., et trente boutonnières, 7,405 liv. On en verra d'autres exemples à notre Notice sur l’Orfevrerie.
Louis XV se para quelquefois de boutons de diamants, mais sans jamais rivaliser avec son bisaïeul. Le 20 juin 1716, Rondé, joaillier, remet à Mme de Ventadour pour le jeune Roi Louis XV, âgé de six ans, trente-six boutons de justaucorps en pierres de rubis. L'année suivante, Rondé fournit quatre boutons de diamants pour être mis à des manches(3,040 liv.), puis quatre autres boutons de 1,340 liv. Une paire de boutons de manches de quatre diamants, livrée en 1721, s'élève à 31,060 Liv. (XVe et XVI Registres des pierrertesel présents du lioy.)
Les statuts de la communauté des boutonniers remontent à Henri Il et furent renouvelés en 1653. Les maîtres étaient qualifiés de boutonniers, passementiers, blondiniers, crépiniers, etc. Ils s'engageaient à ne jamais méler de faux dans leurs ouvrages d'or et d'argent. Les veuves jouissaient des droits de leurs maris; un apprenti, en épousant une fille de maitre, s'exemptait du compagnonnage et du chef-d'œuvre. L'apprentissage et le compagnonnage étaient de quatre années chacun. Le brevet coûtait 36 livres et la maitrise 300. Patron: saint Louis.
D'après l’Almanach Dauphin, voici les noms des boutonniers les plus en vogue en 1771 :
BerGeror, rue Bétisy, à l'hôtel de Montbazon, « un des plus habiles et des plus renommés pour les ouvrages riches et précieux ; la pièce mécanique qu'il a inventée pour diversifier, accélérer et perfectionner ses ouvrages peut être regardée comme un chef-d'œuvre de l'art. »
HENRI, rue Dauphine, Durré, Ducuese, rue des Fossés-Saint- Germain, pour les ouvrages de goût.
LEBERTON, rue Saint-Denis, « un des plus renommés pour le goût et la main-d'œuvre, dans les ouvrages riches et précieux. »
En 1789, les Tablettes royales de correspondance. nous indiquent de nouvelles renommées :
DARNAUDERIE, boutonnier du Roi, vend toute espèce de beaux boutons, des principales fabriques de France et d'Angleterre.
Prevosr, l'ainé, rue de la Monnaie. Dépôt de la manufacture de la Charité-sur-Loire.
Durour, au Palais-Royal, Rassarr, rue de la Ferronnerie, et Mie Doucer, au Gland d'or, tiennent un grand assortiment de boutons d'acier et autres, des meilleures fabriques françaises et anglaises.
MM.: E. BÉAUTÉ.-— EDM. BONNAFFÉ (Paris), bouton de chape du XVIes. — DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES (Belg.), boutons en argent, représentant des jeux d'enfants. — Gt DE DOUGLAS (chât. de Montréal), série intéressante et variée — A. EVENEPŒL (Bruxelles), boutons d'homme en faïence de Liège, — FAGEL-DES- CHAMPS (Belg.), boutons ornés de peintures attribuées à Vander Meulen. — ALCIDE GEORGEL (Elbeuf). — Mme AURÉLIE GERGÈRES (Bordeaux), série de boutons Louis XVI. — Mne Ve JACQUET (Paris). — Me JUBINAL DE St-ALBIN (Paris), suite variée; boutons en ivoire découpé, à personnages peints, en écaille, en nacre, en acier, en wedgwood, en cuivre, en strass, etc. — Bo PÉRIGNON (Paris), boutons du XVIIIes.; collection considérable et des plus variées. Boutons en cuivre, en acier poli; en argent, en or, en strass, en pierres de couleur, en émail de Saxe, en porcelaine, en verre peint, en biscuit de Wedgwood, en nacre, en burgau, en pierres dures diverses. Certaines garnitures présentent des coquillages et des herbes marines, des papillons et des insectes ; les Fables de La Fontaine, modelées en cire ; des sujets sculptés en ivoire. Une garniture d'ivoire sculpté, représentant les Grâces, des académies et des sujets d’après l'antique, est traitée avec une grande maestria. Quelques gouaches et miniatures sont finement peintes. Boutons à rébus, à monuments, à personnages, à devises amoureuses et républicaines, etc.
Le Louvre renferme des anneaux qui datent des premières dynasties égyptiennes. L'usage de l'anneau comme cachet remonte à la plus haute antiquité dans les civilisations asiatiques. (Fr. Lenormant.) Il fut longtemps un signe de puissance. Le Roi d'Égypte, transférant son autorité à Joseph, lui passa au doigt un anneau. Alexandre remit le sien à Perdiccas, lui donnant ainsi à entendre qu'il lui confiait le gouvernement.
La façon de porter les bagues n’a pas été la même partout. Les Égyptiens, les Phéniciens et les Babyloniens les portaient tantôt passées au quatrième doigt de la main droite, tantôt suspendues à un cordon qui entourait le col et descendait jusqu'à la poitrine. Les Grecs et les Romains en ornaient leur main gauche; chez eux, l'usage général était que chacun portât un anneau qui servait de cachet; il offrait sur le chaton une pierre gravée représentant l'image d’un dieu ou d’un grand homme, un événement dont on tirait vanité où un symbole faisant le plus souvent allusion au nom de son propriétaire. L’anneau de Sylla figurait Bocchus lui livrant Jugurtha ; Pompée avait un lion ; César, une tête de Vénus ; Auguste, un sphinx ou une tête d'Alexandre. Les Romains donnèrent aux anneaux ainsi gravés le nom de symbole (signe) ou d'annulus sigillurius (anneau sigillaire).
Pendant longtemps les chevaliers romains portèrent l'anneau d’or. Aprèsla bataille de Cannes, Annibal fit parvenir à Carthage, trois boisseaux rempli de ces anneaux distinctifs. À Rome, sous l’Empire, le luxe et la profusion des bagues n'eurent pas de limites. Les hommes, satisfaits d'abord d’une seule bague, imitèrent les femmes et en mirentaux divers doigts des deux mains, excepté au doigt du milieu ; on finit par en garnir presque toutes les phalanges. Il y eut des bagues pour chaque saison, de légères pour l'été, de plus lourdes pour l'hiver. Héliogabale se disüngua parmi les plus fous en ne portant jamais deux fois les mêmes bagues. Quant à celles qu’on passait aux doigts des pieds, elles furent l'apanage exclusif des courtisanes.
Les anneaux, dit M. François Lenormant, avaient le chaton orné de pierres fines, presque toujours d’intailles. « Pour cet usage, onchoisissaitsurtout, parmi les gemmes proprement dites, l’améthyste, la hyacinthe etl’'émeraude opaque; parmi lesautres
pierres dures, la cornaline et la calcédoine, plus rarement les jaspes, le lapis-lazuli, l'agate rubannée et l’onyx nicolo, aux deux couches superposées bleuâtre et noire. La sardonyx, qu'on tirait de l'Inde et des déserts de la Nubie, s’employait surtout à la confection des camées en reliefs, où ses couches successives de diverses couleurs produisaient les effets Les plus beaux.
« L'usage des camées ne se développa guère, chez les Grecs, qu’à la cour des Séleucides et des Ptolémées. C’est surtout chez les Romains et dans le siècle d’Auguste, qu'il atteignit son plus grand éclat. On ne montait en bague que de très petits camées et encore uniquement pour des bagues de simple parure. La plupart des pierres sculptées en relief, comme les intailles de très grande dimension, se portaient dans des diadèmes, des colliers, des bracelets, des ceinturons, des fourreaux et des poignées d'épée, ou même des chaussures de luxe. On en garnissait aussi des vases et des instruments en métaux précieux. Cette dernière habitude s’est longtemps conservée dans le moyen âge. La plupart des intailles et des camées antiques parvenus jusqu'à nous ont été conservés dans l'emploi d’ornements sur des reliquaires, des vases sacrés, des vêtements d'église ou des couvertures de missels.
« Comme on peut facilement le penser, les intailles et les camées, surtout quand on les voulait d'un vraiment beau travail, étaient choses d’un prix extrèmement élevé. Les fortunes modestes ne pouvaient pas y prétendre. Aussi les imitait-on dans des matières moins précieuses. De là les pâtes de verre, qu'on découvre en si grande abondance, qui imitaient toutes les pierres précieuses et souvent ont conservé dans leurs gravures les copies d’originaux aujourd'hui perdus. Quelques-unes de ces pâtes de verre sont du plus admirable style, et les gens de goût devaient les préférer à des intailles grossièrement exécutées sur de véritables gemmes.
« Certaines bagues, au lieu d’une pierre précieuse, offraient sous le chaton une lame d'or aussi finement gravée en creux que les matières dures et donnaient de même l’empreinte du cachet. La collection Campana renferme en ce genre une merveilleuse série. Les bagues d’or gravées étaient en usage chez les Grecs, mais c’est surtout chez les Étrusques que s'en développa l'habitude. En effet, ce peuple, qui ne travaillait pas les pierres fines de la même manière que les Grecs, et qui les façonnait à la mode des Phéniciens, en forme de petits scarabées portant sous le plat une gravure en intaille, montait beaucoup plus souvent ces scarabées dans des colliers que dans des bagues. » Musée
Napoléon IL. Collection Campana. Les Bijoux, par Fr. Lenormant. GAZETTE DES BEAUX-ARTS, XIV, 321.)
On connaît l’histoire de l’anneau de Gygès, ce berger devenu Roi après le meurtre de son bienfaiteur. Gygès ayant vu, un jour, la terre s’entr'ouvrir devant lui, trouva dans les flancs d’un cheval de bronze un anneau d’or au doigt d'un cadavre de dimension surhumaine. Cet anneau, dès qu'on en avait tourné le chaton en dedans de la main, rendait invisible celui qui le portait. Gygès enleva ce précieux talisman et l’offrit au Roi Candaule, dont il devint le favori, le ministre et le successeur.
L'anneau de Polycrate n’est pas une fiction ; ilétait orné d’une magnifique émeraude gravée par Théodore de Samos. Polycrate, effrayé de tous les bonheurs que la fortune se plaisait à lui prodiguer, voulut s'imposer un sacrifice et jeta son anneau à la mer. À peu de temps de là, le bijou fut retrouvé dans le corps d’un poisson qu'on servait sur sa table. Le tyran de Samos pâlit à cette vue. Ce devait être le terme de ses prospérités. Attaqué par les flottes de Darius, il fut vaincu, fait prisonnier et périt sur la croix.
Au moyen âge, les Rois portaient au doigt un anneau gravé qui leur servait de sceau.
On sait que les doges de Venise se considéraient comme les maitres et les époux de l’Adriatique; le jour des fiançailles, ils jetaient dans la mer un gros anneau d'or en signe d'alliance. Ges anneaux, retrouvés par les pècheurs, sont devenus des objets de haute curiosité historique.
Vers la fin du XVe siècle, à l'époque où les empoisonnements étaient fréquents, on fit usage en Italie et particulièrement à Venise, d’une sorte de bague appelée l’Anneau de la mort ; cet anneau renfermait un poison subtil communiquant à deux petites pointes d'acier et il suffisait de la plus légère piqûre, pour entrainer la mort en échangeant une poignée de main.
Il y avait aussi à Venise les ricordini, bijoux qu'échangeaient les amoureux, dans le courant du XVI° siècle; c'étaient des anneaux de forme variée, qu'on attachait à la bouche de petits masques d’où s'échappaient des rubans garnis de perles fines. Certains autres ricordini, signe de triomphe pour les amants se passaient au petit doigt du pied gauche, où l’on avait eu soin d'échancrer la chaussure. Que de doux souvenirs rappellent ces charmants anneaux. (Feuillet de Conches, Causeries d’un Curieut .)
La bague de Bayard offrait sa devise : Sans peur et sans reproche.
En 1542, Guidobaldo IT, duc d'Urbin, reçut en présent une bague dont le chaton renfermait une montre à sonnerie.
Charles I d'Angleterre portait une bague ornée de son portrait en émail, surmonté d’une tête de mort avec une couronne et les lettres G. R. La veille de son exécution, le Roi donna cette bague au colonel Yate; elle vient d'être vendue à Londres 63 livres sterling. (Chronique des arts et de la curiosité, 9 juin 1877.)
La bague du comte d'Essex a aussi sa légende, légende d’amour et de sang. Albert Devereux, comte d’Essex, jeune, bien fait, élégant, fit surle cœur d'Élisabeth une impression profonde et devint son plus intime favori. Un jour, elle lui donna une bague en l’assurant que quelle que soit la faute qu'il commit jamais, elle l’absoudrait à la vue de ce tendre gage d'affection. Lorsque le comte fut condamné à mort pour s'être révolté contre le gouvernement de la Reine, il chargea la G$se de Nottingham de remettre à sa souveraine le précieux anneau. Sur l’ordre de son mari, ennemi de d'Essex, la comtesse n’en fit rien. Élisabeth attendait impatiemment la suprême démarche de son ancien favori; aigrie de son silence, elle le laissa exécuter, après avoir longtemps hésité à signer le fatal arrêt.
Robert Devereux monta sur l’échafaud le95 février 1601, à l’âge de trente-quatre ans. Les regrets de la Reine furent cuisants; elle éclata en sanglots, se plaignit qu'on s'était trop hâté et conserva longtemps un violent chagrin. Sur le point de mourir, la Csse de Nottingham, saisie de remords, fit dire à Élisabelh qu'elle avait à lui communiquer un important secret. Dès l’arrivée de la Reine, la comtesse lui avoua sa faute, lui dit qu’elle avait dû céder devant la volonté de son mari et finit en demandant pardon. « Jamais ! » s’écria Elisabeth en fureur, et, en se retirant, elle accabla la comtesse mourante des plus amers reproches.
Le chevalier de La Roque possédait de jolies bagues enrichies de saphirs, d'émeraudes, de topazes, rubis, diamants, turquoises améthystes, aigues-marines, intailles, camées, etc. Gitons parmi les intailles deux pièces hors ligne : une tête de Léandre, audessus des eaux, sur cornaline et une tête de jeune Faune sur sardoine, gravées par le « célèbre M. Barrier, des galeries du Louvre. » (Gersaint, Catalogue raisonné des différents effets curieux et rares contenus dans le Cabinet de feu M. le chevalier de La Roque, Paris, 1745.)
Le baguier de la duchesse de Berry était estimé plus de deux cent mille écus. (St-Simon, XVII, 226.)
Le prince de Conti avait quatre mille bagues; mais le plus curieux, c'est qu’il prétendait que chacune d'elles lui rappelait
un succès sur le beau sexe. I affichait la même prétention pour ses tabatières (1).
L'extrait suivant, tiré des Mémoires secrets de Bachaumont, donnera une idée du luxe et de la scandaleuse profusion étalés chez certaines femmes de cette époque.
22 novembre 1784. «Il est mort, il y a peu de temps, une courtisane du vieux sérail nommée Mile de Beauvoisin. Sa vente est aujourd’hui l’objet de la curiosité non seulement des filles élégantes, mais encore des femmes de qualité. On y compte deux cents bagues plus superbes l’une que l'autre; on y voit des diamantssur papier comme chez leslapidaires, c'est-à-dire non montés, ses belles robes se monient à quatre-vingts. On parle de draps de trente-deux aunes, tels que la Reine n’en a point. Enfin, depuis la vente de la fameuse Deschamps, on n’en connaît pas en ce genre qui ait fait autant de bruit. »
Mercier tonnait contre l'abus des bagues ; il écrivait en 1782 : « On porte actuellement des bagues énormes, et la main d’un Turcaret n’est plus chose rare ; les hommes font la belle main. La main d'une femme est un baguier, et si ces pierres étaient antiques, elles offriraient un échantillon de pierres gravées ; aussi l'anneau nuptial est-il inaperçu chez nos femmes; des bagues larges et profanes étouffent ce gage de leur fidélité. Quand on prend la main d’une jolie femme, on ne sent que des anneaux et des pierres triangulaires; il faut déshabiller la main d’une jolie femme pour en apercevoir les contours et la finesse.
« Sénèque parle de la vanité des femmes qui portaientun ou deux patrimoines à leurs doigts. Ce luxe insolent est revenu parmi nous; il faut avoir un gros diamant, un très gros diamant au milieu d’une pierre de conposition ovale, quarrée, en losange, quarrée unie, grenée à huit pointes. » {Tableau de Paris, I, 93).
(4) «Son Altesse (le prince de Conti) montre avec complaisance aux personnes admises dans son intimité, huit cents tabatières et quatre mille bagues répondant, dit-elle, au nombre de conquêtes qu'elle a faites sur le beau sexe, [l est constant, en effet, que ce prince a coutume d’exiger de la femme qu'il a subjuguée, ou sa tabatière ou son anneau, non pas, assure-t-il, comme gage de sa défaite, mais comme témoignage d'amour. Tous ces présents de la faiblesse sont étiquetés au nom de l’ancienne propriétaire, ce qui, vu la publication des circonstances de la cession ne laisse pas de constituer un répertoire édifiant. Il faut ajouter toutefois, que M. de Conti avoue qu'il a payé une bonne partie de ces bijoux; cet aveu vient un peu au secours des réputations titrées. Il eût été par trop cruel qu'un seul gentilhomine montrât les trophées de 4,800 victoires remportées sur des vertus
nobles à huit, à douze ou seize quartiers. » (Chroniques de lOŒEil-de-bœuf, VI, 35.)
792 LES BAGUES ET LES ANNEAUX, Diderot a composé les vers suivants sur le mot anneau :
Corrompre d’un ami la maîtresse ou la femme, Fi! Messieurs, c'est un trait infâme; Mais pour nos dames de Paris Si douces, si spirituelles, Qui ne sont guère plus fidèles A leurs amants qu'à leurs maris.
Bien fou qui s’en ferait scrupule, Les avoir est ce qu'on leur doigt ; Ce n’estqu’un anneau qui circule Et que chacun met à son doigt.
Les deux BLARENBERGHE, Henri-Désiré et Louis-Nicolas, son fils, ont peint sur des chatons de bagues, des scènes champêtres qui sont des merveilles de finesse et de goût. A la vente du Vte de C., en 1872, une miniature sur vélin offrant une danse villageoise avec dix-huit personnages,montée en bague, s’est élevée à 1,410fr. En 1878, une bague à huit personnages, également de l’un des deux Blarenberghe, a été vendue 660 fr.
Le Catalogue de vente du marquis de Ménars (1782) décrit une bague en or, avec la vue du château de Ménars dessinée à la plume.
NoëL, miniaturiste, sous Louis XVI, a peint sur le chaton d'une bague ouvrante, en or, quatre miniatures à sujets de marines, figurant les quatre heures du jour. {Vente Vte de C'h..., 1866. — 150 fr.)
Marie-Joseph BonzaxiGo et ses élèves ont sculpté en bois de poirier et en ivoire non seulement des dessus de boîtes délicats, mais encore des colliers, des broches, des bracelets, des boutons d'épingles et des bagues d’une ténuité et d'une perfection étonnantes.
Du temps de Louis XV, les bagues étaient gracieuses et de moyenne grandeur; pendant le règne suivant, on en fit aussi de charmantes, mais elles acquirent peu à peu des proportions démesurées.
En 1785, le Cabinet des modes nouvelles nous met au courant de la mode du jour. Les bagues se portent très larges et diffèrent beaucoup des précédentes, composées pour la plupart d'une grosse pierre enchâssée. Un gros diamant ou une grosse pierre brillante se met au milieu d’une pierre de composition ovale, carrée, en losange, ou à huit pans.
Si la pierre du milieu n’est pas assez grosse, on en met deux plus petites aux deux bouts du chaton; parfois on l'entoure d’autres diamants, le plus souvent on parsème le chaton de diamants
montés en petites étoiles. Ges sortes de bagues sont désignées sous le nom de bagues au firmament.
Les pierres de composition sont d’un beau vert, bleu de ciel, puce, jaune ou gris. Quand la pierre de composition reçoit au lieu de diamants, des pierres de couleurs, la bague n’est plus au firmament, elle devient à enfantement.
L'année suivante, en 1786, le même journal annonce :
« Les bagues carrées à l'anglaise, formant la boucle, avec chaton en enfantement rapporté sur une plaque d’or émaillé ;
« Les bagues longues à huit pans, en enfantement simple, à firmament ;
« Les bagues entourées de brillants, le milieu pavé de pierres de diverses couleurs. »
Pendant quelque temps, la mode fut aux bagues à rébus. On a fabriqué aussi des bagues à secret cachant, sous un chaton mobile à ressort, quelque sujet ou portrait devant être dérobé aux regards. Les hommes comme les femmes faisaient usage de ces grands bijoux. à
Sous Louis XVI, plusieurs orfèvres étaient réputés à Paris, pour la beauté et la variété de leurs bagues. C'étaient : ne La SALLE, place Dauphine, au Médaillon d'or, « connu particulièrement pour tous les ouvrages de fantaisie et bagues à secret, »
Décion, rue Saint-Louis, au Moulin d'or, « pour les bagues à chiffres et à secret, agathe et chiffres en cheveux, etc. »
Maiccarp, rue Saint-Honoré, à l'hôtel d'Aligre, « renommé pour le dessin, la main-d'œuvre et la belle exécution des bijoux les plus délicats, comme bagues à chiffres, aiguilles de montres, ete. » (Almanach Dauphin, 1777.)
MauricauD, place Dauphine et GRANCuEZ, au Petit Dunkerque, étaient cités avec éloges, en 1785, par le Cabinet des Modes.
Après la prise de la Bastille, les Parisiens portèrent des bijoux à la Constitution, notamment des bagues faites avec des pierres de la Bastille enchâssées et des alliances émaillées aux trois couleurs. « Beaucoup de Français patriotes, dit le Journal de Paris (année 1791, n° 20),ont fait fabriquer une alliance civique en or, s’ouvrant en deux, en forme de sphère, du poids de quatre deniers environ, dont la partie inférieure est gravée en relief, émaillée bleu, rouge, blanc et or chargée de cette devise : La Nation, la Loi, le Roi (ou telles devises et couleurs qu'on voudra choisir). Ce n’est point l’idée du luxe qui leur a fait naître celle-ci, c’est le vif désir qu’ils ont de voir un jour tous les bons Français réunis parun même signe, comme sousun même drapeau. Cette alliance fermée figure un simple anneau d’or, etleprix est de trente-six livres.»
En opposition à l'alliance civique, la jeunesse royaliste portait desbagues d’écailleavec cette légende : Domine, saloum fac regem. Pendant les plus mauvais jours de la Révolution, on fit de larges anneaux en argent offrant sur un chaton en or, ou simplement doré, les portraits de Marat, de Chalier et de Lepelletier de Saint-Fargeau.
Nous trouvons dans les comptes des Menus-Plaisirs, aux Archives nationales, quelques renseignements intéressants sur diverses bagues du XVIII s. En 1749, la DSse de Brissac recoit de S. M. les portraits de Mme Infante et de Mme Isabelle, peints par Drouais et montés en bague tournante par Le Guay. En 1757, Rondé, joaillier du Roi, livre une bague ornée du portrait de Mue Louise, entouré de vingt-huit diamants. CAZAUBON exécute, en 1762, Les portraits de Mme Adélaïde, de Mme Sophie etde Mme Louise pour être enchâssés dans la même bague. Il réclame 1,500 livres «en raison de la difficulté ». (012986, 013001, 013007.)
Après l’inoculation du Dauphin, en 1785, le docteur de La Saône, premier médecin du Roi, reçut une bague de 5,000 livres de chez le joaillier Le Mire. Le chaton présentait « un diamant brillant, jaune, monté en enfantement ». (Arch. Nat. 013073.)
En 1766, Jacqmin, joaillier du Roi et de la couronne, fournit une bague offrantsur le chaton le portrait de «feu Mgrle Dauphin», entouré de roses de Hollande, montées à l’antique. (0'3014.)
L'année du sacre de Louis XVI (1775), Gaillard réclame 1,650 1. pour une bague entourée de brillants destinée à Mile Hénel.
Les bagues, commeles boîtes à portrait, les tabatières, la vaisselle d’argent, les médailles, etc., ont fait longtemps partie des présents diplomatiques. Nous citerons les bagues de quelque importance, offertes au nom du Roi à divers personnages mentionnés dans les Xegistres des présents du Roi, au Ministère des Affaires étrangères. Nous sommes le premier qui ayons eu la bonne fortune de feuilleter tous ces nombreux in-folios manuscrits.
1672. Donné par le Roi, pendant la campagne de Hollande, à l’envoyé du duc de Neufbourg, une bague d’un diamant. 3,420 liv.
48 février. À. M. Turetta, résident du Roi d'Espagne, une bague d'un diamant seul. 2,322 liv.
22 avril. Offert par le Roi, pendant la campagne de Hollande, à l'envoyé de M. l'Électeur de Mayence, une bague d’un diamant. 9,920 liv.
43 août 1672. Au duc de Monmouth, fils naturel de Charles If, Roi d'Angleterre, une bague d’un diamant. 17,500 liv.
47 août 1672. A lord Arlington, une riche boîte à portrait et une magnifique bague d'un diamant, valant seule 36,000 Liv.
24 février 1673. À M. Sprag, Anglais, une bague, d'un grand diamant. 17,500 liv.
30 décembre. Au M5 de la Rovère, envoyé de Gënes, une bague d’un diamant. 3,000 liv.
47 avril 1674. Pour le baptème du duc de Valois, nommé parle Roi et la Reine, donné à la Mile de Clérambault, gouvernante, de la part du Roi, une bague d’un diamant, 5,500 liv.,et, de la par de la Reine, un bracelet de perles et diamants. 5,130 liv. A la sous-gouvernante, une bague d’un diamant. 1,550 liv.
6 avril 1679. Au Mis d’Estrades, une bague d’un diamant. 5,000 liv. A M. Gédouin, gouverneur du Ctt de Vermandois, une bague, donnée par Mlle de Blois. 3,000 liv.
3 janvier 1680. Donné par le Roi au Cte de Marsan, une bague d'un diamant. 6,220 liv. Au duc de Gramont, une bague d’un diamant. 5,000 liv.
12 février 1680. Offert par S. M. au Cte de Marsan, pour prix d'une course de bague et de tête, au carrousel du Roi, une bague d'un diamant. 4,000 liv.
4 juin. Au duc de Giovinazzo, ambassadeur extraordinaire d'Espagne, une bague d’un brillant. 8,000 liv. A M. Besti, son secrétaire, une chaîne d’or. 4,500 liv.
17 janvier 1685. Aux deux envoyés de Siam, deux bagues de sept diamants chacune. 660 liv.
26 juillet 1685. À Me de Langeron, gouvernante de la princesse d'Enghien, une bague d'un diamant seul, fournie par Montarsy. 4,000 liv. Ce présent est fait en l'honneur du baptême de la jeune princesse tenue sur les fonts par Mer et Mme Ja Dauphine.
2 février 1686. Le Roi donne une bague pour une loterie chez la Dauphine. 5,270 liv.
44 janvier 1687. A lord Haran, envoyé du Roi d'Angleterre une bague d’un diamant. 5,800 liv,
23 avril. À M. d'Effiat, qui a apporté la nouvelle de la bataille gagnée par Monsieur, près Saint-Omer, une bague d'un diamant 11,500 liv.
4,690. « Au Mis Carretty, à cause de la maladie de Mme Ja Dauphine, une bague de 4,084 liv. »
4692. À l'abbé Dolline, à Rome, une bague de 2,600 liv. fournie par Montarsy.
20 juin 1694. Jean Catillon, joaillier, livre unebague d’or, à diamant ovale, de 7,000 liv.
20 novembre 1696. Le duc de Bourgogne va épouser Adélaïde de Savoie. M. de Mondragon et le Fourrier général du due de Savoie, qui ont accompagné la princesse, reçoivent chacun une
bague d'un diamant. Celle du premier vaut 3,620 liv.; celle du second, 4,300 liv.
8 novembre 1697. Le Roi achète à son joaillier Montarsy une bague d'un diamant de 4,200 liv. pour le S' Bombard, grand trésorier de l'Électeur de Bavière.
43 octobre 1698. Envoyé à Rome au cardinal Nerli une bague d’un brillant. 147,000 liv.
41 septembre 1700. À Mie Huot, pour avoir chanté à Meudon devant S. M., deux bagues d’un brillantchacune. 5,500 liv.
24 avril 1702. Au sieur Stafort, grand maréchal de Wurtemberg, une bague d’un diamant. 4,500 liv.
415 juillet 4704. Envoyé au Dey d’Algér, une bague d’un diamant. 2,849 liv.
1704. Au marquis de Beauveau de Craon, envoyé extraordinaire de Lorraine, une bague d’un diamant 3,700 liv.
48 septembre 1708. À la comtesse Gentile, femme de l'envoyé de Gênes, à l’occasion du baptème de son fils, une bague d’un diamant. 2,900 liv.
4 avril\711. Au Dey d'Alger, une bague d’un diamant brillant. 2,310 liv.
16 août. Au marquis de Craon, envoyé extraordinaire de Lorraine, venu faire des compliments de condoléances sur la mort de feu Monseigneur, une bague d'un brillant. 2,500 Liv.
24 août 1712. À lord Bolingbroke, envoyé de la Reine Anne d'Angleterre, une bague d’un diamant. 30,040 liv.
42 septembre 1714. Au cardinal de Guidice, une bague d'un grand diamant rose, ovale, très parfait de forme. 18,500 liv.
3 octobre 1716. Le Régent fait remettre au maréchal d'Huxelles 3 bagues de 10 diamants valant ensemble 29,000 Liv. « pour affaires secrètes, comme il est dit au journal, f° 63».
10 octobre 1716. Le maréchal reçoit encore une bague d’un diamant brillant en forme de losange de 16.025 liv., puis une autre bague de 14,025 Liv. « pour affaires secrètes, comme il est dit au Journal, f° 64 ».
28 février 1717. Une bague d’un diamant brillant, « donnée par ordre de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, à la dame Darsy, épouse de M. Darsy, gentilhomme de la Manche du Roï, en considération de ce que S. M. a tenu son fils sur les fonts baptismaux avec Mme la duchesse du Maine, ladite dame Darsy, fille de la dame de la Lande, sous-gouvernante de S. M. 6,350 liv. »
23 juillet 1717. Une bague d’un diamant rose, fournie par Rondé, « est remise ez mains de M. le comte de Toulouse, pour donner au Dey d'Alger. »
18 novembre. A l'abbé Dijon, précepteur du comte de Clermont, frère du duc de Bourbon, en considération de ce que le Roi et la duchesse de Berry ont tenu sur les fonts de baptême le jeune comte de Clermont, une bague d'un diamant rose. 3,202 liv. A l'abbé de Farge, sous-précepteur, une bague d'un brillant. 1,515 liv.
1718. Une bague de 12,000 livres est envoyée par le duc d'Orléans « au sieur abbé Dubois, en Angleterre, pour affaires secrètes ».
4 juin 1719. Le Régent remet à Mme d’Autremont de Bellegarde, femme de l'ambassadeur du Roi de Sicile, une bague de 5,200 liv. (XVe Registre des présents du Roi.)
16 décembre 1721. Au marquis de Sainte-Croix, chargé de conduire en France l'Infante Marie-Anne-Victoire et « de faire l'échange », une bague ornée d’un seul brillant. 30,050 liv. Une bague, semblable à la précédente et du même prix, est remise à Me de Nieves {(?), gouvernante de l'Infante.
1725. Les gentilshommes polonais et toutes les personnes de l’entourage du Roi Stanislas reçurent de très beaux présents lors du mariage de Louis XV avec Marie Leczinska. Nous parlerons seulement des bijoux qui nous occupent.
A M. Bichini, grand chambellan, une bague de 9,000 liv. A M. Sbanchi, gentilhomme de la Reine de Pologne, et à M. Bider, secrétaire du Roi Stanislas, chacun une bague d’un diamant de 4,000 liv. Une autre de 3.500 liv. à M. Tellembi.
A Miles Studouska, Dark et Baur, filles d'honneur de la Reine de Pologne, trois bagues, l’une de 4,000 liv., les deux autres de chacune 3,200 liv.
À M. Scarchetti, gentilhomme de la Reineet à l'abbé Labieski, aumônier du Roi, deux bagues valant ensemble 6,000 liv. ; une autre de 2,000 liv. à M. Boncourt, écuyer de Stanislas.
Une bague, ornée d'un seul et magnifique brillant, payée 40,040 liv., fut offerte à l'Électeur de Cologne, venu exprès pour assister aux noces de Louis XV. (X2Xe Registre des présents du Roi. N° 418.)
22 mars 1742. Remis au cardinal Fleury par Rondé, joaillier du Roi, « pour un présent inconnu, » une bague d'un seul diamant. 27,500 liv.
1745. Le Dauphin, fils de Louis XV, épouse Marie-Thérèse- Antoinette, fille de Philippe V. Les personnes nommées par la cour d'Espagne pour accompagner l'Infante en France, reçoivent de magnifiques présents ; nous y remarquonsentre autres, quatre bagues de prix.
Au Ct de Montijo, grand majordome major, une bague d’un diamant de 20,000 liv. — A. J.-Bte Le Gendre, secrétaire de la chambre, une autre de 9,200 liv. — Au Cte d'Anglesola, majordome et grand écuyer, une autre de 6,800 liv. et une bague de 6,000 liv. à l’alcade de cour. (Présents du Roi. 1699 à 1752. No 461.)
48 février 17417. À M. Paul, chef des bureaux de Cte de Brühl, une bague d'un gros diamant. 8,000 liv. Ce présent coïncide avec le second mariage du Dauphin et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe.
1751. Rondé remet à $S. M. une bague dont le diamant seul coûte 22,500 liv. « pour un présent particulier du Roi ». Gette bague est offerte le 2 février 1752 au B°2 d'Assebourg , ministre de l'Électeur de Cologne.
11 février 1758. À M. de Bectejelf, chargé des Affaires de l’impératrice de Russie, un diamant blanc brillant, monté en bague. 9,600 liv.
22 octobre 1760. Donné par le Roi à M. Colloredo une bague d'un seul brillant, 45,450 liv. \
44 juillel 1765. Au mariage de l'Infante Louise-Marie-Thérèse de Parme, avec le prince des Asturies, le présent du Dauphin consistait en une bague dont le brillant, en forme de losange, pesait trente-sept grains. 28,965 liv.
1770. La bague la plus riche que nous puissions citer, après celle de l’Électeur de Cologne (1723) fut offerte au prince de Stahremberg, chargé de conduire jusqu'à Strasbourg l’archiduchesse Marie-Antoinette et de la remettre «entre les mains de M. le Cte de Noailles ». Ce joyau, formé d’un très gros brillant ovale pesant environ cinquante, trois grains, valait 40,000 liv. (Présents du Roi. N° 441 et 462.)
MM. E. ALBITES (Paris), bague romaine d'or, avec cornaline portant un buste de femme. — Gss ARBORIO DI GATTINARA lltalie), anneau d’or romain, antique. — Mme BALBATRE (Nancy), têtes antiques, bacchante; portrait du Roi Stanislas, sur camées. — REV. J. BECK (Anglet.), bague du XIIe s.; large anneau représentant des sujets sacrés et une légende à l'intérieur. — Gte DE LA BÉRAUDIÈRE (Paris), bague d’or, au chiffre de Marie Leczinska, un M couronné, sur une double branche de laurier en émeraudes et petites roses de Hollande. — LÉON BERLEMONT (Belg.), bague en argent ciselé à tête de faune. Autres, ornées de diamants sur fond d'émail bleu. — BRETAGNE
(Nancy), bagues en or du Ie et du Vie s. — L. GARRAND (Paris) série de bagues du moyen âge et de la Renaissance, figurant des animaux, des combats, des sujets religieux. Sur l'une d'elles, on lit : Espoir en Dieu. — Css DE CASTELBAJAC (Paris), Bague d'or, à chaton émaillé, offrant le portrait de Marie-Antoinette. — LE GRAND RABBIN CHARLE- VILLE (Paris), bagues juives de fiancailles. — Css DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES (Bels.), bagues du XVIIe &, carnies d'émaux, de miniatures et de pierres fines — AUG. COSTER (Bels.) bagues ornées de camées et de mosaïques. — Gss CZARTORISKA (Paris), anneau d'or couvert de petites figures représentant la création. Bagues historiques polonaises et autres. — ALFR. DANICOURT (Paris), bagues antiques. — Me DELANGE (Paris), bagues Renaissance à tête de mort. Autre, en forme de serpent, à tête couverte de brillants, XVIe s. — AUG. DUFOUR iBels.), bagues enrichies de diamants. — F. DYER ED- WARDES ESQ. (Anglet), bague d'or ciselée, de la fin du XVes.; devises sacrées etinscriptions relatives aux cinq blessures du Sauveur. — Csse DZYALINSKA (Paris), bagues historiques polonaises et autres.
Mie G. FILLON (Paris), anneaux du moyen âge, bague du XHIes, présentant, sur le chaton, l’Agneau pascal, gravé en creux, avec cette singulière légende : Sigillom Mercvrü. — LORD FITZHARDINGE Anglet.) bagnes du moyen âge. — FOURDRIGNIER (Paris), bagues antiques. — GAUCHEZ (Paris), bague Louis XVI en or ciselé, enrichie d'ornements exécutés en roses et renfermant une montre. Adjugée 1,900 fr. à la vente Landon de Longueville, en 1879. — B° DE GIRARDOT (Paris), bague en argent de la Révolution offrant les bustes en relief et dorés de Marat et de Le Pelletier de Saint-Fargeau, accompagnés de légendes.— M1le GRAN D- JEAN (id.) bagues du XVII 5. — JULIEN GRÉAU (Troyes, ann. de bronze gallo-romains. — PH. H. HOWARD, ESQ. (Anglet.), bague d'or portant le cachet de sir Edward, porte-étendard du roi Henri VIH. — E. HUCHER (Le Mans. — Me JUBINAL DE SAINT-ALBIN (Paris), bagues rares et curieuses, dont quelques-unes provenant de la belle collection de M. Ph. de Saint-Albin.
LE SERGEANT DE MONNECOVE (Paris), — DE LAUTREC (Paris), bague d'or à chaton carré, du monétaire Abbon. Adjugée 820 fr. à la vente B. Fillon, en 1882. — DE LIESVILLE (Paris), bagues de la Révolution, ornées de portraits de Marat, de Chalier et de Lepelletier de St-Fargeau Offertes au Musée Carnavalet, à Paris. — A. M.-S. Bagues d'or, surmontée d’une tète de César en camée, XVIe s, Bague Louis XVI à pans coupés, avec rébus en lettres d’or découpées, posées sur des cheveux : Du bien M. E. (cheveux du bien-aimé.) Bague d'or, à pans coupés, offrant neuf roses disposées en ovale sur fond bleu et bordée de roses plus petites; bagues à portrait. Très curieuse bague de deuil en cheveux figurant une arme funéraire ombragée par un saule pleureur; au fond, une femmé debout, les mains jointes. Bague en argent à sujet sculpté en bois par un élève de Bonzanigo. Deux oiseaux, dont l’un, sur un tertre et l’autre près de s’abattre. Bagues à chaton sculpté en ivoire. Deux anneaux d'or avec tresses de cheveux blonds sur le chaton, on lit circulairement sur l'une : Princess C. A. 6 nov. 1817. Sur l’autre : Princess Charlotte of Wales, avec ces mots gravés en dedans : Died nov. 6th 1817. — MEURICE (Valenciennes), bague en or émaillé; sur le chaton, Jésus et les douze apôtres en ivoire sculpté. Autre, avec camte, figurant trois empereurs romains, — Bon MINOT (Paris), anneaux du moyen âge. — Dr PATAY (Orléans), bagues en argent, en cuivre, en fer, XVIII: s. — J, PHILIPPE
(Annecy). — Bon J. PICHON (Paris), série de bagues personnelles à devises, chiffres, portraits, écussons. La perle de cette collection est une bague du temps de Périclès, et dont l'intaille, montée en or, d’un beau
travail, représente un silène d'une grande pureté de lignes. — Vie DE PONTON D'AMECOURT (Paris), anneaux d'or et d'argent, galloromains à chatons gravés ou ornés de pierres dures à sujets. — EUG.
POSWICK (Belg.), bague en argent doré du XV° s., ornée d’un animal chimérique et portant en lettres émaillées la devise : Maintenir povr loyavté. — Psse RADZIVIL (Paris), très belles bagues — ALFR. RAMÉ (Rennes), bagues du moyen âge.
S. R. SODEN SMITH, ESQ. (Anglet), bagues d'or épiscopales, avec saphir, du XII‘s.; d’autres, avec un grenat brûlé, du XV*°s. Alliance, portant une inscription. Bagues des XVII et XVIII s. —SPITZER (Paris), magnifiques spécimens du moyen âge et de la Renaissance. — STRAUSS (Paris), bagues d'or juives, de fiançailles, surmontées d'un toit ouvrant à charnière ; sous ce toit, se trouve une petite plaque portant en langue hébraïque le mot: Bonheur. Quelques types sont émaillés et enrichis de perles fines. — Ge THIERRI DE LIM- BURG-STURM (Bels.), bagues de mariage et autres, en argent. — Cte AIMARD D'URSEL (Belz.), bague en or, à tète de Jupiter. — SiR HARRY VERNEY, BART. (Anglet), bague d'or avec le portrait de Charles I, sous cristal; elle fut offerte par le Roi à sir Edmond Verney, son port:-drapeau, vers 1640.
L'art du brodeur et de l’orfèvre, dit M. de Laborde, s'empara aussi des gants. L’inventaire de la chapelle de Gharles VI (1424) mentionne : « Uns autres petits gans à prélat, de broderie sur
Gant brodé d'or et de soie, ayant appartenu au cardinal de Richelieu. Collection de Mme Jubinal de Saint-Albin.
champ d'or et sont tous plains à esmaux et y faut plusieurs perles, prisez Ix solz par. (parisis). »
Au XVIe siècle, les gants parfumés d'Italie étaient en grande réputation. Les ducs d'Este et de Ferrare, dans leurs fêtes somp-. tueuses, offraient à la fin des repas de riches cadeaux qu'on présentait aux convives, sur des plats d'argent. Parmi toutes sortes de gentillezze, se trouvaient des chaines d’or, des pendants d'reilles et des gants parfumés, relevés de broderies. Catherine de Médicis répandit à la cour de France le goût des produits italiens. Paris faisait venir de Rome les gants de Frangipane, parfumés d’après les indications du marquis de Frangipani, seigneur romain qui eut le premier l’idée d'embaumer les gants; puisles gants de Veroli, par corruption pour Nerola, dont la princesse de ce nom avait trouvé le parfum.
À Venise, les gants présentaient tout ce que peuvent imaginer le luxe et la fantaisie. Il y avait des gants de soie, chargés de merveilleuses broderies en or, en perles fines ou en pierreries ; les gants de fines dentelles, jaune paille, couleur à la mode, et les gants de peau ornés de peintures galantes, comme les éventails. L'Espagne était aussi le pays des gants. Au XVIe et au XVIIe siècle, les gants enrichis de diamants s’offraient en cadeaux diplomatiques. En Espagne et à Venise, les dons de ce genre s'élevèrent à des sommes considérables; ils furent remplacés par des tabatières de prix. (Feuillet de Conches, Causeries d’un curieux.)
Anne d'Autriche faisait venir des gants d'Espagne. Elle écrivit un jour au duc d'Arcos : « Monsieur le duc et compère, je vous envoie ci-joint un gant qui servira de modèle pour la douzaine que je vous prie de vouloir bien me faire parvenir. » Nos gants blancs français jouissaient d'une bonne renommée, particulièrement ceux de Blois et de Vendôme; ces derniers étaient si fins qu on les livrait souvent à la consommation, renfermés dans des coques de noix.
Édouard Fournier, dans ses Variétés historiques, a reproduit une longue pièce de vers, peu connue, le Gan de Jean Godard, Paris, 1588. Nous en extrayons le passage suivant :
Il est temps de parler des gants blancs de Vendosme, Qui sont si délicats que bien souventes fois
L'ouvrier les enferme en des coques de noix,
On en parle aussi tant que leur ville gantière,
Reçoit presque de là sa renommée entière. .
Si prisè-je bien plus pourtant les gans romains
Qui servent plus uux nerfs que ne font pas aux mains
Ny le musque indien, ny l’encens de Sabée Ny le basme larmens qui pleure en la Judée.
Ny tout ce que l’Arabe à de senteur, en somme
Ne sentit pas meilleur que sont ces gants de Rome D'autres il y en à, bien richement brodés
De soye on de fil d’or, à l’éguille et au dés
En petit entre las et mignarde peinture
D'autres sont enperlez...
Les gants ont eu leurssombres légendes; ils ont servi plusieurs fois à commettre des crimes. Suivant une trailition assez accréditée, la vertueuse Jeanne d’Albret, mère de Henri IV, mourut empoisonnée par des gants que lui fournit un Italien de la cour de Catherine de Médicis. Ils auraient été parfumés avec un mélange de poison subtil.
Un tel fait n'aurait rien d'extraordinaire de la part de cette Reine de sinistre mémoire, qui disait à son fils Henri IT, après l'assassinat du duc de Guise : «C’est bien coupé, mon fils, maintenant il faut coudre. »
Abraham du Pradel (le Livre commode) écrivait en 1692 : « Mesdames de France, rue de la Limace, et Charpy, quay des orfèvres, Liennent magasins de gants de Rome, de Grenoble et de Blois. » La vogue des gants parfumés dura jusque vers la fin du règne de Louis XIV. Un demi-siècle plus tard, Savary, dans son Dictionnaire du commerce, Paris, 1750, vante les gants de Blois, de Vendôme et de Paris, centres d'une importante fabrication.
En 1747, au premier mariage du Dauphin avec l'Infante Marie-Thérèse-Antoinette, DELAPORTE, gantier-parfumeur, reçoit 1,599 livres pour ses fournitures.
Longtemps après, en 1770, quand le petit-fils de Louis XV épouse Marie-Antoinette, nous retrouvons Delaporte avec un mémoire de 5,778 livres pour diverses livraisons à la cour et surtout aux acteurs, lors des représentations de gala données à Versailles. L'ensemble comprend des gants blancs, des gants chamois, des gants jaunes pour soldats, des gants dits chair brûlée, chair tendre, feuille morte, abricot, gorge de pigeon, des gants dits à grand garçon, à grande fille, à femme, à cadet, et cent pots de rouge fin. (Arch. at. 013028.)
Cinq ans plus tard, au sacre de Louis XVI, notre maitre gantier figure encore parmi les fournisseurs royaux.
Vente Strawberry Hill, 1842. Une paire de gants richement brodés, portés par Jacques I, provenant de la collection Walpole. 2 liv. 12 sh. 6 d. — Une paire de gants longs, brodés