‹ Le livre des collectionneursChapitre 50 sur 94 · CAT SE SOIN ET CE CENT SP TS ET EN · texte numérisé non relu

CAT SE SOIN ET CE CENT SP TS ET EN

Roi et de la marquise, le nom du célèbre coutelier est plusieurs fois répété :

« 4 février 4753. Me pe Pouranour, deux paires de ciseaux de Berge, dans leurs gaines de roussette verte, garnies d'argent, 31 1.

@ 1% juillet 1753. Mme pe Pompapour. Une paire de ciseaux de Berge, damasquinés en or.

«28 mai 1757, Mme DE P. Grands ciseaux de Berge, dans leur gaine, 12 liv.

« 14 janvier 1758. Mme pe P. Dix-huit couteaux, dont les manches sont de porcelaine blanc etor. 216 liv.; les lames d'acier faites par Lerge. 264 liv.; laboîteen maroquin rouge pour 24couteaux. 24 liv.

€ 1% septembre 1758. Mme pe P. Une paire de grands ciseaux de Berge, dans leur gaine de roussette garnie d'argent. 20 liv. »

L'Encylopédie méthodique (Panchoucke, 1789) passe en revue les diverses espèces de couteaux et de ciseaux. Nous nous contenterons des variétés suivantes :

Le couteau a mouche où à loquet. C'est celui qu'on ne peut fermer qu'en retirant le ressort avec le pouce.

Le couteau à piquants ou d'attrape. renferme dans le manche, des points invisibles, qui piquent légèrement la main, dès la moindre pression.

Le couteau à deux lames à la Berge. Ses lames s'ouvrent sans ressort et les talons tournent à tête de compas.

Le couteau à ressort et à secret. Au X VIII: siècle, on a fait beaucoup de couteaux à ressort et à secret. Pour les ouvrir, il fallait sortir la pointe de sa place ou simplement appuyer sur une partie plus ou moins visible.

Le couteau à pompe. Son ressort est fendu pour loger‘ une bascule.

Les ciseaux à la Berge. Un bon ouvrier nommé Æglise était l'inventeur d’une espèce de ciseaux à couper les ongles: il avait imaginé de mettre un bouton au bout d'une lame seulement, pour empêcher de se blesser. Dans ses grands ciseaux, ne BERGE changea le bouton, aplanit les branches en amandes et joignit les lames par une vis. « Ces ciseaux sont commodes pour couper les cheveux. »

On a fait au XVIe siècle de jolis couteaux et fourchettes à manche de métal ou d'ivoire sculpté, représentant des sujets mythologiques. Sur les beaux types du Louvre et de Cluny, nous remarquons : Une chasse au lion. — Un satyre sonnant de la trompe. — Une faunesse portant à sa bouche une grappe de raisin. — Josué arrêtant le soleil. — Jupiter. — Mars. — Mars et Vénus, etc.

La fabrication des manches artistiques, s’est continuée au XVIIe siècle, mais avec moins de perfection, et le bois sculpté vint faire concurrence à l'ivoire. Les personnages en costume du temps et les sujets religieux, furent plus souvent représentés que les dieux de la Fable, si chers aux artistes de la Renaissance. Il faut se défier des copies modernes. Depuis longtemps, l’imitation de la petite sculpture ancienne a pris en Allemagne un développement regrettable, et nos marchands de Paris accueillent trop facilement ces innombrables contrefaçons.

Au XVII siècle, la mode des manches de faïence et de porcelaine se répandit en France. Saint-Cloud, Mennecy-Villeroy, Moustiers et bien d’autres fabriques en livrèrent à la consommation. Le décor est polychrome ou en camaïeu bleu. Mennecy s'est distingué en ce genre; toutefois la palme appartient à Sèvres, non pas comme quantité, mais au point de vue de la qualité de la pâte et de la finesse des peintures. Dans les Ventes au comptant faites à Versailles en 1772, nous trouvons ce renseiguement : « Dix manches de couteaux à 30 liv... 300 livres. » (Baron Ch. Davilliers, les Porcelaines de Sévres de Mme du Barry.)

En 1747, lors du second mariage du Dauphin, fils de Louis XV, nous voyons figurer dans la corbeille de Marie-Josèphe de Saxe, « un couteau d'or émaillé garni de brillants. » IL est coté à 600 Liv. sur la facture du bijoutier Grrosr.

LanGLois, « coutelier du Roy, » présente en 1757 un mémoire ainsi détaillé dans les comptes des Menus-Plaisirs : « Un étui de roussette verte garni d’une charnière d’or à double filet et entourage d'or gravés et ciselés en relief, avec les armes de Monseigneur et une serrure à boudin avec la clé ciselée et deux dauphins sur l'anneau. 241 liv. Six rasoirs à châsse d’écaille noire, les châsses garnies d'or. 216 liv. Une paire de ciseaux cannelée partout, avec les armes de Monseigneur, en or, sur letalon.72liv. Une paire de pinces cannelée, avec des dauphins en or, 18 liv. » (Archiv. Nat. 03001.)

Quand l’archiduchesse Marie-Antoinette traversa triomphalement la France pour venir rejoindre son époux, en 1770, elle reçut en passant à Moulins, de Boiron, coutelier de cette ville, une fourniture de « couteaux, ciseaux, tire-bouchons, etc..., » s'élevant à 1,200 livres. (Archiv. Nat. 013029.)

Le patron des couteliers est saint Jean-Baptiste, représenté au moment de la décollation.

Listes, D'APRÈS L'Amanach Dauphin où Tablettes royales du vrai

mérile..., DES COUTELIERS DE PARIS LES PLUS CONNUS, EN 17717.

LawGLois, rue Dauphine, au Canif.

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