DISSERTATION SUR LES TINS
qu’il est réellement doué d’un fort tempérament ; ces signes sont trompeurs. L’estomac en effet peut être mauvais, le sang pauvre, les muscles faibles.
Au contraire, un homme de pelile taille peut avoir toutes les qualités physiques qui manquent au premier, et c’est réellement lui qui sera le plus fort et le plus robuste.
Aux personnes de celle dernière catégorie, je conseille les vins légers mêlés d’eau, le sang chez eux n’ayant pas besoin d’excilation.
Agir autrement serait s’exposer à des congestions cérébrales et à des apoplexies.
Celte vérité est malheureusement trop souvent démontrée par les accidents qui tourmentent les dernières années des viveurs.
A cette occasion je m’appuierai de l’opinion d’un savanl, M. le docteur P. Gauberl, Sur la stimulation clés vins. Il
dit:
« Le centre circulatoire, comme l’estomac, les intestins el le poumon, donne lieu à la faiblesse ou à la délicatesse de la constitution. Cela se voit toutes les fois que, soit par une disposition héréditaire, soit par une disposition acquise, le cœur est doué d’une irrilabilité exagérée sans changement notable dans son volume; lorsqu’il est hypertrophié dans son ensemble ou dans quelqu’une de ses parties; lorsque par suite d’un rhumatisme aigu il conserve à sa surface interne les traces d’une inflammation chronique ou subaiguë. Les constitutions faibles ou délicates par ces causes ont besoin de veiller sur les effets nuisibles cle la stimulation diffusible dont les vins chauds sont le type. Cette attention est d’autant plus nécessaire que, surtout pour les hommes parvenus vers le milieu de la vie, le niai est souvent sans remède lorsqu’ils s’aperçoi-
vent, par quelque sensation douloureuse y répondant, que le cœur peut être malade. Cet organe n’est pas, comme notre peau ou l’extrémité de nos doigts, dans un rapport incessant avec le centre de nos perceptions, et il arrive souvent qu’un état grave l’occupe depuis un grand nombre d’années, ou même depuis le moment de la naissance, sans que nous en ayons connaissance.
« L’irritabilité du centre cérébral, la facilité à se congestionner, à devenir douloureux dans sa substance, ou à propager au dehors les névroses si pénibles que l’on nomme migraines, offrent encore , en ce qui touche Yusage du vin, les éléments de la constitution faible ou délicate par manque d’équilibre. Les personnes robustes en apparence par l’ensemble de leur machine nous offrent des exemples à peu près aussi nombreux que les personnes délicates. Que ces dispositions du cerveau soient congénitales ou acquises, elles veulent être éclairées de bonne heure sur C usage et le choix des vins.
« En dehors des grands organes, foyers régénérateurs de la vie matérielle, des systèmes moins importants donnent à la constitution une délicatesse, une faiblesse partielle, si je puis ainsi dire, mais très-réelle en ce qui touche V usage du vin.
«Telle personne ne peut recevoir une stimulation vive du système d’organes qui concourent à la vision, soit directement par l’effet de l’air et de la lumière , soit sympathiquement par l’alimentation alimentaire ou alcoolique, sans éprouver des phénomènes d’irritation, de congestion, d’inflammation vers les yeux. »