‹ Le livre des jeunes fillesChapitre 17 sur 56 · LE L1\RE · texte numérisé non relu

LE L1\RE

MADAME DE MlZtRAï A MADAME DL RINCEAL .

Nancy.

Merci, ma bonne tante, pour votre sermon plein d luie haute sagesse; vous m'avez ouvert les veux à temps. Depuis ma dernière, j'ai beaucoup observé mon mari, et plus d'une fois j'ai surpris en lui du doute et de l incertitude. Il se rappelle aussi notre bonheurpassé, je le vois bien, mais sans avoir conscience des grands changements qui se sont opérés en lui. Si je suis triste, il me regarde avec étonnement, ne comprenant rien à cette disposition de mon âme. Enfin, la lutte s'est établie entre la rai-^ son et les rêves si chèrement caressés, et la raison l'emporte ! Que cette courte et belle phase vers laquelle je jette un dernier regard en soupirant^ soit donc close à jamais! Je suis fermement résolue d'ab.order sans arrière-pensée les réalités de la vie «[iiotidienne. même les plus vulgaires, quoi qu'il m'en puisse couler. Mais, hélas! marraine, si vous ni'ave-^ sauver, qu avez-Nuiis lait de mou beau poëme?

Je ne vous en suis pas moins obligée, ma tante, et je vous prie de me soutenir dans ma nouvelle résolution. Ne m'épargnez pa^ vos avis, ees preuves de votre affection. Surtout, que ma pauvre mère ni personne ne saclie un mot de tout cela, je vous en conjure.

Laissez -moi vous embrasser tendrement et me dire

Votre filleule reconnaissante, Eve de jVLzeiiay.

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