‹ Le livre des jeunes fillesChapitre 20 sur 56 · MADAME DU RIXCEAU A GEORGINE · texte numérisé non relu

MADAME DU RIXCEAU A GEORGINE

Nohan.

Ma chère enfant,

Ton père vient de me faire part de ses projets, et je suis toute disposée à tenter de les lui faire modifier selon vos vœux; mais, auparavant, je désire que tu répondes à cette lettre avec toute la sincérité d'un cœur honnête.

C(îmme tu es une fille bien née et fort en état de comprendre que l'obéissance est le premier devoir des enfants, je m'étonne qu'elle te soit aussi difficile, et il me semble que ta répulsion pour M. Veinet ne suffit pas à motiver ta révolte intérieure. Sonde bien ton cœur, Georgine; ne crains pas de porter la lumière dans ses moindres replis, et dismoi, en toute sincérité, si lu n'y découvres pas quelque affection secrète, cause de ce désespoir que je trouverais exagéré si tu étais vraiment libre detoutengagemeut envers toi-même. Je compte sur

ton entière bonne foi, ma chère petite, et j'agirai en conséquence de ce que tu vas me dire .

Allons, enfant, essuie tes larmes et espère; si , quelqu'un peut faire revenir ton père sur sa détermination, c'est bien certainement son aînée qu'il a toujours traitée avec déférence, en souvenir des bons soins qu'elle a donnés à son enfance.

Ta tante toute dévouée,

A. DU RiXCEAU. •

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