LIA A SA MERE
Mère chérie,
Je suis si heureuse auprès de ma sœur que j'en ai vraiment des remords ; car je vous ai laissés tout seuls; vos journées s'écoulent tristement, pauvre mère, à attendre l'heure où rentre papa. Et malgré ce chagrin, j'éprouve un bien-être indicible et me crois revenue au bon temps où je possédais toutes les pensées, toutes les affections de ma chère Eve.
Ma tante Amélie a été pour moi d'une bonté sans égale ; et elle a si bien interverti les rôles qu'au lieu de se laisser choyer par moi, comme cela devait être, elle s'est toujours arrangée de façon à me donner la meilleure place en wagon, au bufiFet le meilleur morceau.
Bonne mère, je sais à peine ce que je vous écris, car j'ai Rachel sur les genoux et Rémi me presse d'aller voir son grand cheval à bascule. Et comment ne pas faire ce que veulent ces deux enfants qui sont réellement adorables?
DES JEUNES FILLES. i51
Ne m eu veuillez pas, mère chérie, de me trouver si bien ici. Vous savez que je vous aime, vous et papa, de toutes les forces de mon âme !
Votre respectueuse fille, Lia Thurin.
loi ■ LE LIVRE