LE DEVOIR MATERNEL S
d'énergiques citoyens, et à la famille des femmes capables d'accomplir les devoirs auxquels elles sont appelées, on les habitue trop volontiers à redouter la plus petite fatigue et la plus légère privation. Il faut bien le dire, combien d'enfants deviennent aujourd'hui les maîtres absolus de leurs parents, des domestiques et même des amis de la maison ! Ce sont de véritables petits despotes ; et il faut bien l'avouer, au lieu de songer à faire de nos enfants des hommes vigoureux et raisonnables et des femmes courageuses et dévouées, nous faisons trop souvent aujourd'hui des poupées de nos filles, et des petits maîtres de nos fils.
Jeunes femmes, entourez vos enfants de soins éclairés et de tendresse, mais n'en faites pas, par un excès de sensiblerie et de douille tterie s, des êtres déhcats et débiles, incapables d'accomplir leur mission ici-bas.
Nous commencerons par préparer ensemble la layette et le berceau de l'enfant que vous allez mettre au monde ; nous vous aiderons de nos conseils pendant la durée de votre grossesse, et nous vous indiquerons les précautions à prendre pour éviter tout accident ; nous vous dirons que l'accouchement n'a rien qui doive vous effrayer, et nous passerons ensuite aux soins à donner à votre nourrisson. Et alors les plus menus détails vous intéresseront ; vous voudrez apprendre à connaître tout entier votre enfant; vous voudrez savoir comment il respire, comment il se nourrit, comment il grandit, comment il agit , et assister jour par jour au déve-
loppenient de son petit corps et de sa jeune intelligence. Enfin, si pat moments, sa santé faiblit, si quelque indisposition se manifeste, vous serez heureuse, n'est-ce pas, d'apprendre à en reconnaître bien vite les symptômes.
Mais nous devons tout de suite faire à ce sujet une importante remarque sur laquelle nous appelons dès maintenant votre attention : en donnant au chapitre des maladies de l'enfant tout le développement qui nous a paru utile, notre but n'est pas d'apprendre à la mère à soigner elle-même le petit malade, excepté peut-être s'il s'agit des premiers soins nécessaires dans les cas d'urgence heureusement fort rares. Nous voulons seulement que la mère vigilante et prévenue soit capable de reconnaître, dès le début, que la santé de son enfant s'altère ; nous voulons qu'elle puisse être attentive au moindre symptôme de maladie, et qu'elle n'attende pas, pour appeler le médecin, que le mal ait fait déjà des progrès inquiétants.
Quand vous aurez étudié avec nous les conditions les plus capables d'assurer le bien-être physique de votre enfant, vous nous permettrez bien de vous dire en quelques mots ce que nous pensons de son éducation morale ; et enfin, après cet examen détaillé de tous les soins dont l'enfance a besoin d'être entourée, nous avons cru qu'il serait utile de vous faire connaître l'organisation des diverses sociétés qui ont pour but sa protection, et qui dès lors sont dignes de tout votre intérêt