I. — Le Berceau
Depuis le panier d'osier des paysans, jusqu'aux couchettes les plus somptueuses, il y a une variété très grande de berceaux. C'est le plus souvent affaire d'élégance, et non d'hygiène.
Il faut proscrire les berceaux pleins, encore si communs dans les campagnes, véritables caisses dans lesquelles les enfants sont comme en^)risonnés, et où ils sont empoisonnés par les miasmes des déjections. Nous désapprouvons aussi les berceaux rembourrés difficiles à tenir propres, et qui font du lit de l'enfant, lorsque les rideaux sont fermés, une sorte de boîte trop bien close, où l'air circule à peine.
Nous leur préférons et nous recommandons surtout les treillis d'osier, ou le berceau en fer.
Le berceau en osier.
Le berceau d'osier (fig. 1) est propre, commode et peu coûteux. Il est très léger et cette qualité est souvent fort appréciable dans les petits ménages, car elle permet à la mère de transporter sans fa-
s LE LIVRE DES JEUNES MÈRES
tigue dans la pièce où l'appellent ses occupations, le berceau de son enfant, qu'elle peut ainsi toujours surveiller.
On place ce berceau sur un pied composé de quatre montants solides et reFiés entre eux par des
Fig. 1. — Berceau en osier.
traverses. Ces montants sont plus écartés en bas qu'en haut, afin de donner plus de stabilité au berceau.
On recouvre le berceau d'une housse blanche (fig. 2), qui, à l'intérieur, est retenue à moitié de la hauteur des côtés, et retombe flottante en dehors, afin de permettre à l'air de circuler, tout en empêchant son action trop directe sur l'enfant.
Pour que cette housse puisse s'enlever et se re-
mettre facilement, on l'attache^ à l'aide de petits cordons, au cercle de bois ou de fer qui entoure le berceau. Il faut qu'elle soit fendue dans la partie où sont placés les cercles, qui forment la tête du berceau d'osier. On rapproche les deux côtés de la
Fig. 2. — Berceau en osier avec sa garniture.
fente au moyen de boutonnières et de boutons. On obtient ainsi une partie tombante à Tintérieur, l'autre à l'extérieur. Cette dernière forme une sorte de baldaquin qu'on festonne au bord, ou qu'on garnit d'une broderie.
Nous conseillons pour l'été un rideau de mous-
seline unie ou brodée, assez long et assez ample pour envelopper tout le berceau, et croiser par devant. Les rideaux, dans cette saison, garantissent les ■ jnfants des mouches, qui les tourmentent cruellement pendant leur sommeil.
L'hiver, on emploie le même rideau de mousse- Hne qu'on doublera d'une étoffe unie bleue ou rose, en satinette ou en percaline légère.
Ce rideau peut être fait avec autant d'élégance ou autant de simplicité qu'on voudra. On doit en avoir plusieurs afin de tenir le berceau dans un état de propreté parfaite.
Berceau en fer.
Nous ne décrirons pas ici les petites gondoles ou be^ celonnettes en fer qui sont aujourd'hui si répandues, et que tout le monde connaît; on les vend avec ou sans parachute. Nous donnons (fîg. 3) le modèle d'un berceau en fer avec parachute ; ce parachute (fîg. 5) qui peut se fermer ou se rabattre à volonté, est assez commode pour empêcher les enfants de tomber de leur berceau ; c'est une bonne précaution à prendre, au moment où les enfants commencent à se mouvoir dans leur lit. Les diamètres du cercle supérieur du berceau sont ordinairement de 1 mètre delongueur sur 0'".52 de large. On garnit le berceau intérieurement d'un tour, ou enveloppe en piqué, ayant 0'".80 de hauteur et 2'".52 de développement (quand il s'agit de berceaux de 1 mètre sur 0'°.52). Au bas du tour, une large coulisse permet d'y passer un cordon et d'en resserrer le fond.
LE BERCEAU ET LA LAYETTE il
Le haut repose sur le cercle supérieur et forme une garniture extérieure festonnée ayant O'^.IS. Les dents de ce feston peuvent avoir 0°^.18de largeur sur O^'.ll de hauteur, soit quatorze festons
Fig. 3. — Berceau en fer avec parachute.
pour le pourtour du berceau. Un cordon double, placé en dessous, et de distance en distance, retient Tenve" loppe sur le fer. On pratique aussi, aux^deux extrémités opposées, deux larges boutonnières, horizon taies pour laisser passer les crochets de support. Lorsqu'il
y a, en tête du berceau, une vis destinée à empêcher le balancement, il faut de ce côté une deuxième boutonnière ronde, à trois centimètres et demi plus bas que la première. Si Ton veut un berceau plus
Fig. 4. — Berceau avec parachute rabattu.
élégant, on peut garnir le bord extérieur du tour avec une dentelle.
Le rideau de mousseline destiné à garantir l'enfant,
Fig. 5. — Parachute du berceau.
pendant l'été, de la trop grande lumière et des mouches, aura S'". 25 de longueur sur l^'.SO environ de largeur. On le plie en deux et on le pose à cheval sur la flèche. En hiver, on double la mousseline avec une satinette bleue oy rose.
H sera utile aussi de coudre les deux bords de ce rideau derrière la flèche sur une certaine longueur ; de la sorte, lorsqu'on le ramène devant le berceau, la partie de tête ne se sépare pas et ne laisse pas arriver, par derrière, l'air froid sur l'enfant.
Paillassons, piqués, oreiller et couvertures.
Le coucher se composera de deux paillassons et d'un oreiller, en toile ou en calicot. Le premier paillasson sera de la grandeur du berceau, on en rentrera les coins en dedans, comme on le fait aux matelas. On lui donnera une épaisseur de 20 à 25 centimètres environ. Ce paillasson sera la base du lit. On le remplira de balle d'avoine, de varech, de bruyère, ou de feuilles de fougère, dont on retirera les grosses tiges et que l'on aura fait sécher à l'air au soleil ou devant le feu.
Le second paillasson sera un peu plus petit que le premier ; on le fera carré, de la largeur du berceau, et on le garnira, comme le premier, de balle d'avoine, de varech ou de fougère sans trop le remplir.
Pour faire le lit de l'enfant, on placera d'abord le grand paillasson qu'on arrangera de manière à former un creux vers le milieu du lit. Ce creux sera rempli par le petit paillasson qui rendra le lit parfaitement plat.
Le petit paillasson est destiné à préserver le grand. Généralement lui seul est sali. Il faut en avoir plusieurs, afin que l'enfant repose toujours sur
un paillasson bien sec. On devra changer souvent la balle d'avoine ou le varech, et laver la toile, pour que les paillassons n'aient jamais de mauvaise odeur.
On ne doit pas employer la plume pour les paillassons d'enfant ; d'abord elle est trop douillette et trop chaude, puis son prix de revient étant assez élevé, on ne la renouvellerait probablement pas aussi souvent que la balle d'avoine, et le berceau aurait bientôt une mauvaise odeur très nuisible à la santé de l'enfant.
Comme il n'est pas toujours facile de faire sécher les paillassons, et que d'ailleurs ils prennent très vite une mauvaise odeur, lorsqu'ils sont souvent mouillés, on fera bien de les préserver au moyen de piqués faits avec de la finette pliée en double et formant un carré long de 60 centimètres sur 40.
Entre les deux doubles d'étoffe on place une couche de ouate qu'on retient au moyen d'une piqûre à grands carreaux.
Le piqué se place sur le petit paillasson. Quelques personnes mettent, sous le piqué, un morceau de taffetas ciré ou de toile imperméable qui garantit absolument le paillasson ; cette pratique a un inconvénient : l'urine ne pouvant être complètement absorbée, l'enfant reste dans une sorte de cuvette humide et malsaine. Le taffetas ciré est mieux à sa place entre les deux paillassons, lorsque l'enfant mouille beaucoup son berceau, et si l'on craint que le grand paillasson ne soit sali.
On peut remplacer les piqués par des feutres qui absorbent complètement l'humidité et se lavent faci-
lement. On trouve maintenant ces feutres à un prix modéré dans presque toutes les maisons qui vendent des objets de layette. Il faut les laver très souvent, car ils prennent très facilement une mauvaise odeur.
L'oreiller aura 40 centimètres de large. On le fera en coutil blanc, et on l'arrondira à l'une de ses extrémités. On le garnira de crin sans trop le rem-
Fig. 6. — Taie d'oreiller.
plir, de façon que l'enfant soit presque couché à plat.
Les taies d'oreiller seront en toile, afin de ne pas échauffer la tête de l'enfant. On les fermera au moyen de boutons et de boutonnières, en ayant soin de faire les boutonnières en travers de l'ourlet, comme on le voit (fig. 6) ; autrement elles se déboutonneraient sans cesse. On garnit les taies d'oreiller à volonté.
On couvre le berceau avec un drap et deux couvertuie;. Le drap de dessous est inutile, l'enfant
étant toujours placé habillé dans son lit. Une couverture de laine et une couverture de coton seront suffisantes à moins d'un froid exceptionnel. La couverture de laine, tricotée à la main, ou faite au crochet tunisien, est moelleuse et fort douillette. Nous la préférons à une couverture tissée.
Voilà tout ce qui doit composer le lit d'un enfant. On pourra y apporter plus ou moms d'élégance, mais nous engagerons toujours à conserver la plus grande simplicité ; l'essentiel ici est une propreté parfaite et continuelle.