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CHAPITRE V

C'est durant les six semaines qui suivent l'accouchement que les maux de sein sont fréquents. Chez certaines femmes, le plus léger refroidissement, le plus petit coup d'air peut les causer. 11 faut donc être sous ce rapport d'une prudence très grande, car on ne saurait prendre trop de précautions pour se garantir de ces maux si douloureux.

Avec le temps, les seins perdent leur susceptibilité, ils s'habituent graduellement à l'action de l'air et au maniement que nécessite l'allaitement. Mais comme, malgré toutes les précautions, on ne peut pas toujours se garantir de ces cruels accidents, nous exposerons ce que nous croyons le plus convenable de faire pour les modérer, les guérir, sans dépasser les limites où le secours de la médecine devient indispensable.

D'abord nous vous recommanderons de rejeter absoluv lent les mille remèdes de bonnes femmes que chacun s'empressera de vous indiquer, au plus léger indice de maladie, et de ne vous en rapporter qu'aux conseils de personnes dont l'expérience éclairee pourra vous inspirer toute confiance.

Inflammations localisées.

Il -arrive souvent, dans les premiers jours de Tallaitement, qu'une femme sent des picotements, ou des douleurs errantes dans les seins, ordinairement causées par le premier fonctionnement de ces organes. Lorsque ces douleurs et ces picotements occupent un point fîxe^ sur lequel le toucher constate à la fois du gonflement, de la dureté et une vive sensibilité, signes d'une inflammation localisée, on doit sans retard appliquer sur ce point douloureux des cataplasmes beaucoup plus grands que le point douloureux lui-même.

Disons tout de suite comment il faut faire et appliquer les cataplasmes pour qu'ils produisent tout l'effet qu'on attend d'eux.

La qualité de la farine de lin qui les composera n'est pas indifférente ; on est exposé à en trouver de fort mauvaise, qui, au lieu de soulager, aggrave le mal. La bonne farine a une odeur spéciale, agréable; elle est très douce au toucher et fort huileuse. La mauvaise est celle dont on a extrait l'huile; elle est sèche, et a souvent une odeur de rance. Elle est loin de contenir les principes émollients de la première.

Pour conserver la farine de lin, il faut la mettre dans un vase de terre ou de verre qu'on enveloppe, car la lumière la détériore ; celle qui est conservée dans le papier rancit, et une grande partie de l'huile est absorbée, ce qui nuit à sa qualité.

Nous insistons sur ces deux points, parce qu'ils ont une importance très grande : acheter de la trèo bonne farine de lin et, si on la conserve^ s'assurer avant de s'en servir qu'elle n'a pas perdu ses qualités.

Pour faire un cataplasme, on met la quantité de farine, suffisante pour la grandeur qu'on veut lui donner, dans un vase quelconque qui puisse supporter l'action de l'eau bouillante ; on verse tout de suite dans la farine la quantité d'eau froide

Fig. 34. — Lampe, trépied, et casserole.

nécessaire pour donner au cataplasme la consistance d'une bouillie claire, en remuant vivement avec une cuillère; on' met sur le feu pour faire chauffer le cataplasme, on continue à remuer et, sans autre préparation, en quelques minutes le cataplasme est prêt.

L'été, et surtout la nuit, lorsqu'on n'a pas de feu, on peut faire les cataplasmes avec la lampe à esprit-de-vin.

On se procurera un petit trépied en fer, de hauteur convenable pour que son cercle domine la

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