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CHAPITRE VI

L'ALLAITEMENT

Importance de l'allaitement maternel.

L*accouchement est terminé. La mère, après avoir nourri son enfant de son sang, doit maintenant le nourrir de son lait. L'allaitement est le complément de la grossesse, et doit être considéré par la mère encore plus comme une prérogative précieuse que comme un devoir absolu.

Hâtons-nous de reconnaître que la loi naturelle, qui oblige la mère à allaiter elle-même son enfant, peut, dans la pratique, rencontrer des impossibilités formelles. Mais, en somme, ces exceptions à la règle générale ne sont pas aussi nombreuses qu'on veut bien le dire; elles relèvent de la compétence du médecin, seul capable de bien apprécier les conditions de santé des parents , et les diverses circonstances qui rendent Fallaitement impossible pour une femme, difficile ou dangereux pour un nouveau-né.

Quand une femme possède une constitution saine, une bonne conformation des seins, quand elle fournit un lait de qualité normale et de quantité suffisante pour subvenu* aux besoins de son nouveau-né, quand elle est douée en outre d'assez de volonté et de raisoc pour remplir avec ardeur sa mission honorée de

mère, il est non seulement de son devoir, mais encore de son intérêt personnel et de celui de son enfant, de s'y consacrer entièrement.

L'allaitement mixte.

Parfois, au milieu des conditions en apparence les meiUeures, après un allaitement très bien commencé, la mère voit son lait devenir moins abondant et même se tarir presque complètement, ou bien, sans diminuer de quantité, devenir très aqueux et par suite trop peu nourrissant. D'autres fois, la lactation étant parfaite sous tous les rapports, si le nourrisson est vorace, ou bien à plus forte raison s'il s'agit d'en élever deux à la fois, on peut avoir lieu de craindre pour la mère un allaitement trop longtemps continué. Dans ces cas, on pourra conseiller Vallaitemenl mixte^ c'est-à-dire l'allaitement maternel complété par l'emploi du lait de vache, de chèvre ou d'ânesse. On surveillera alors très attentivement la santé de l'enfant , et s'il ne supporte pas ce mode d'alimentation, on devra engager sa mère à le confier près d'elle à une nourrice étrangère.

L'allaitement mercenaire.

Si pour un motif ou pour un autre, il est défendu à la mère d'allaiter, elle ne devra pas pour cela se séparer de son enfant. Ne pouvant lui donner so lait, elle tiendra à lui prodiguer les soins journaliers qui lui sont si nécessaires, et pour lesquels personn

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ne la remplacera, qu'elle le sache bien ; elle le suivra des yeux et du cœur , tout en confiant Tall alternent à une autre mère qui, plus mal partagée qu'elle, aura dû, en faveur d'im enfant qu'elle ne connaît pas, sevrer le sien prématurément, au risque de le soumettre à un régime plein de d^!^g8rs. Ce mode d'alimentation par une nourrice n^^r^enaire, ainsi effectué et dirigé dans Fintérieur de la famille, par une nourrice sur lieu, comme on dit, est, à défaut de l'allaitement maternel complet et même incomplet, celui qui réunit les plus fortes chances do réussite.

Dans les grandes villes, et spécialement à Pari», une grande partie de la population ouvrière et commerçante peu fortunée, ne pouvant prendre de nourrices sur lieu, confie ses enfants à des nourrices (U campagne, qui les emportent chez elles, souvent loin de tout contrôle des parents. Beaucoup de ces femmes ignorantes font alors de l'alimentation des nourrissons un véritable métier dans lequel elles ëcon^imisent, volontairement ou non, sur la vie de leurs petites victimes. Nous devions signaler ici, sans j insister pour le moment, cette funeste pratique, contre laquelle il a fallu Tintervention d'une loi spéciale

1. Nous donnerons a la fin de notre livre les principaux i ticles de cette loi relative à la protection des enfants ea b s âge, votée le 23 décembre 1874, appliquée seulement depuis l'année 4878, et qui a produit de très heureux

résultats.

L'allaitement artificiel.

Lorsque la mère est dans l'impossibilité d'allaiter^ lorsque, faute d'un logement convenable et de ressources suffisantes, elle ne peut avofe* à demeure chez elle une nourrice étrangère, si elle n'a pas non plus les garanties nécessaires pour qu'elle puisse sans crainte se séparer de son enfant, elle devra préférer à la nourrice de campagne, V allaitement artificiel^ avec le lait de vache, de chèvre ou d'ânesse, au moyen du biberon ou du petit pot.

Le biberon, malgré ses inconvénients, ne mérite pas tous les reproches qu'on lui adresse. Certes, quelles que soient les précautions apportées dans son usage, jamais il n'égalera le sein d'une mère ou d'une bonne nourrice. Mais si l'on examine bien les avantages et les inconvénients d'une nourrice éloignée des parents du nouveau-né, près de laquelle celui-ci risque de ne trouver ni soins entendus, ni sollicitude affectueuse, ni même peut-être la quantité et la qualité de lait qui lui conviennent, et si on les compare avec les avantages et les inconvénients de Tallaitement artificiel bien compris, dirigé par le dévouement sûr et infatigable de la mère, on ne devra pas hésiter un seul instant, à notre avis, et, tout compte fait, on choisira de préférence V allaitement artificiel dirigé par îa mère. Même à Paris, et à plus forte raison à la campagne, l'ahmentation au biberon, lorsqu'elle est conduite d'une manière rationnelle et d'après les principes que nous indi

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querons, loin d'être désastreuse comme on Ta prétendu, pourra donner d'excellents résultats.

Le lait doit être la seule nourriture du nouveau-né.

Comme on le voit, le riouveau-né peut être nourri de quatre façons différentes :

P Par sa mère [allaitement maternel) ;

2° Par une nourrice sur lieu ou à la campagne [allaitement mercenaire)^

3*" Au moyen du biberon ou du petit pot [allaitement artificiel) ;

4° A la fois par une nourrice et avec l'aide du biberon ou du petit pot [allaitement mixte).

Nt)us parlerons de chacun de ces modes d'alimentation et nous examinerons comment ils doivent être dirigés. Mais auparavant nous tenons à appeler tout de suite l'attention de la mère sur la nécessité absolue de ne donner^ au moins 'pendant les cinq ou six premiers moiSj que du lait à l'enfant. Nous savons bien qu'en émettant ce principe nous risquons fort d'entrer directement en lutte avec les préjugés les plus tenaces et les routines les plus entêtées; mais nous supplions nos jeunes mamans de résister à tous les conseils contraires qu'elles ne manqueront pas de recevoir de tous côtés, — il y va de la santé, de la bonne constitution, peut-être même de la vie de leur enfant !

Nous n*en finirions pas si nous voulions raconter ici tous les accidents que nous avons vus se produire parce qu*on avait donné trop tôt à de pauvres petits

êtres des soupes indigestes; chaque fois que l'enfant criait, on en concluait tout de suite qu'il avait faim! Et s'il avait faim, c'est que la mère n'avait pas assez de lait, ou que son lait ne valait rien ! Et aloi s, malgré le« défenses les plus expresses du médecin, on bourrait le pauvre petit de soupes ou de bouillies faites avec toutes les farines que l'industrie ne manque pas d'exploiter.

Personne, autrefois, ne songeait à remplacer le lait par d'autres aliments pour élever un nourrisson. Ce n'est qu'à partir du dix-septième siècle que l'usage de donner aux enfants des bouillies, des soupes et autres préparations artificielles prétendues fortifiantes, a commencé à se répandre, et c'est précisément de cette époque, à la suite de ce changement malheureux des habitudes anciennes, que date l'invasion du rachitisme en Europe. Ce fait à lui seul suffirait à démontrer que le lait est dans le premier âge le plus digestible, le plus assimilable, en conséquence le plus fortifiant de tous les aliments, et qu'aucun autre ne peut utilement le suppléer.

Tant que la bouche de l'enfant reste disposée exclusivement pour la succion, c'est-à-dire jusqu'à l'apparition des premières dents, l'allaitement est le seul mode d'alimentation qui convienne au nourrisson. Les changements que l'on apportera plus tard dans l'allaitement et qui permettront de le remplacer, peu à peu, par le régime ordinaire de la famille, constituent le sevrage^ qui doit être subordonné à la dentition.

Nous traiterons plus loin, dans un même chapitre, ces deux sujets.

ï. — Allaitement maternel Commeuoemeut de l'allaitement.

Nous avons déjà donné dans un chapitre précédent, à cause de Timportance du sujet, tous les détails qui nous ont paru nécessaires sur la première tétée. Nous reviendrons sommairement ici sur quelques points spéciaux déjà traités, afin de donner dans leur ensemble toutes les indications utiles sur le commencement de Tallaitement.

La sécrétion du lait ne devient abondante qu'après l'accouchement, le plus souvent sans souffrance et sans fièvre chez la jeune mère. Quand la montée du lait, qui a lieu le second ou le troisième jour après la délivrance, s'accompagne de fièvre, s'il n'y a pas de complication d'une maladie qui commence, il faut en chercher la cause moins dans la lactation elle-même que dans la distension douloureuse des seins, soit que la femme n'allaite pas, soit qu'après avoir allaité elle cesse brusquement de le faire. Au moment de la montée du lait, au moment où les seins se gonflent et se durcissent, il y a seulement chez l'accouchée un peu de lassitude et de courbature, d'agitation et de mal de tête ; cette indisposition, qui n'est pas de la fièvre, est passagère^ elle ne dure guère qu'un jour quand la femme nourrit, et se termine sans laisser de traces.

Nous avons déjà dit que nous ne partagions nullement rcpinicn deci iix qui recommandent de ne mettre le nouvôau-né au sein qu'après le lui avoir

laissé réclamer pendant les 24, 36 et même 48 premières heures ; nous n'aimons pas que pour apaiser un peu ses cris on se borne à lui donner quelques gouttes d'eau sucrée. On doit présenter Fenfant au sein, comme nous l'avons dit plus haut, cinq ou six heures après la délivrance terminée.

Tout d'abord, il convient de laisser la mère se reposer de ses fatigues et de ses souffrances. Malgré le bruit des premiers vagissements de son enfant, elle ne tardera pas à céder à l'épuisement de ses forces, et à s'abandonner à un sommeil réparateur. D'un autre côté , l'enfant naissant , péniblement impressionné par les agents extérieurs au milieu desquels il se trouve tout à coup placé, ne réclame, dès qu'il a été lavé et habillé, dès que sa respiration s'est établie avec régularité, qu'une douce température, un air pur, et du calme autour de son berceau où il s'endort bientôt. Le moment n'est pas encore venu de songer à son alimentation.

La durée de ce repos, pour lui et pour la mère, sera plus ou moins longue, suivant que l'accouchement aura été plus ou moins laborieux; elle variera entre 4, 6 et 8 heures au maximum. Attendre plus longtemps, c'est attendre que les seins se gonflent, se durcissent et que la succion du mamelon devienne difficile; c'est risquer que la mère, à cause de ces premières difficultés, perde courage, et que les efforts de l'enfant, sans parvenir à dégorger les seins, déterminent des douleurs , des crevasses et plus tard des abcès .

Si on le juge bon, on fera prendre à l'enfant quelques cuillerées à café d'eau sucrée tiède, sans mé-

lange d'eau de fleur d'oranger ; si, par une circonstance quelconque, l'allaitement maternel était rendu impossible pendant un ou plusieurs jours, on ajouterait à Teau- sucrée un quart environ de lait de vache.

Les nouvelles fonctions du nouveau-né s'établissent en partie aux dépens de son propre organisme : aussi a-t-on constaté, à l'aide de la balance — cet instrument si précieux dans la question qui nous occupe, et dont l'usage devrait se répandre dans les familles, — que 3 ou 4 heures après sa naissance, en dehors de toute expulsion d'urine et de méconium, l'enfant présentait déjà une diminution de poids manifeste. Ce serait l'exposer à un véritable danger d'inanition s'il était né chétif, ou du moins d'affaiblissement considérable, que d'attendre au delà de quelques heures pour le mettre au sein de sa mère. L'enfant montre alors, par ses mouvements de succion répétés, par son agitation et ses cris, qui viennent succéder au sommeil, le besoin de téter qu'il éprouve ; si on le laisse alors puiser au sein de sa mère le liquide approprié à l'état de ses organes digestifs, il témoignera aussitôt par la satisfaction évidente de tout son être que le vœu de la nature a été compris et justement écouté.

Normalement, les seins de la nouvelle accouchée sont, dès le premier jour, le siège d'une sécrétion assez abondante pour fournir aux besoins nutritifs du nouveau-né. Les mouvements de succion de celuici, outre qu'ils assurent son entretien corporel, ont pour effet à ce moment de rendre les mamelons plus souples et plus saillants, leurs orifices plus libres, de

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favoriser et régulariser la lactation ; autrement, quand la sécrétion du lait devient abondante, c'està-dire vers le troisième ou le quatrième jour, on pourrait avoir à craindre de la fièvre — véritable fièvre de lait dans ce cas — qui viendrait mettre obstacle à la tétée.

Il est rare, si l'enfant est bien conformé, que son premier essai pour téter reste infructueux. Mais il est toujours d'une haute importance de s'assurer que la déglutition se fait réellement ; car il peut arriver que, tout en opérant des mouvements de succion, le nouveau-né n'avale pas. On s'en aperçoit de suite A l'immobilité du larynx en avant du cou, et à l'absence du bruissement que produit le passage intermittent du lait de la bouche dans la gorge, ainsi qu'à l'absence de la sensation particulière éprouvée par la mère au moment de la sortie du lait à travers les orifices du mamelon.

Bientôt, loin de chercher à activer la succion et la déglutition, il deviendra peut-être nécessaire de les modérer. En effet, l'enfant prend quelquefois le mamelon avec tant de force et avale avec tant de précipitation qu'il cause de la douleur à sa nourrice ; de plus, il arrive quelquefois qu'un peu de lait pénètre dans le larynx, ce qui détermine de la toux et une gêne momentanée de la respiration. Dans ce cas, il faudra suspendre la tétée un instant, en retirant le mamelon de la bouche du nourrisson.

Aussitôt que le nourrison a fini, il faut le prendre à deux mains, en le tenant couché et en lui soutenant les reins, < : le poser dans son berceau.

Pendant les deux ou trois premiers jours de l'allaitement, le nouveau-né se fatigue très vite par suite des mouvements de succion qu'il exécute instinctivement. Après quelques efforts successifs, il se repose un peu pour recommencer ensuite, s'arrêter de nouveau, etc. Les temps de repos ne tardent pas à devenir plus longs que les temps de succion ; l'enfant semble sommeiller, il peut rester une demi-heure au sein et cependant la quantité de liquide prise à chaque tétée rester en somme fort minime, de sorte que l'intervalle entre les repas doit être court. A ce moment les repas doivent être fréquents, et, pour ne pas fatiguer la mère, ne pas être inutilement prolongés. Il est difficile de fixer les intervalles qu'il convient de mettre entre les repas, et par conséquent leur nombre dans les première? journées ; cependant, comme terme approximatif, il est sage de ne pas rester plus de deux heures pendant le jour, et plus de trois ou quatre heures la nuit, sans mettre le nouveauné au sein. Si l'enfant est faible et tette mal, il faudra le faire téter encore plus souvent, toutes les heures et demie, toutes les heures même.

Autant que possible, dès les premiers jours, il ne faut pas attendre qu'il crie pour lui donner à téter ; qu'il apprenne déjà, autant que possible, que les cris ne sont pas nécessaires pour témoigner ses besoins. Lorsqu'il s'éveille, il reste ordinairement un moment silencieux ; il attend. C'est ce moment qu'il faut saisir pour lui donner la seule chose qu'il désire, le sein de sa mère.

Manière de donner le sein.

Il pourrait, au premier abord, sembler superflu de donner des explications sur une chose aussi naturelle et aussi simple que celle de donner le sein à un enfant : il y a cependant certaines précautions à indiquer, et nous avons vu souvent nos jeunes mamans s'y prendre si mal, que nous ne croyons pas inutile d'entrer dans quelques détails à ce sujet.

Avant de donner le sein, la mère devra lotionner le mamelon avec de Teau tiède. Elle le placera ensuite elle-même dans la bouche et sur la langue de son enfant, en lui imprimant de petits mouvements et en faisant jaillir quelques gouttes de lait par une douce pression exercée à sa base, pour exciter le nourrisson à téter. Elle fera en même temps grande attention à ce que celui-ci puisse pendant tout le temps du repas respirer librement par le nez ; il faut pour cela que la main de la mère appuie sur le sein pour l'éloigner des narines du nourrisson, pour modérer en même temps l'arrivée du lait dans la bouche, et épargner ainsi ces ingurgitations trop rapides qui causent de la toux et parfois des vomissements.

Pour donner, au lit, le sein aisément, la mère doit être un peu couchée sur le côté correspondant au sein qu'elle veut donner, et avoir le haut du corps soulevé autant que possible, ses reins soutenus avec des oreillers, en attendant qu'il lui soit permis de s'asseoir dans son lit. Ensuite, quand elle se lèvera, elle choisira pour s'asseeir une chaise basse et solide.

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Elle tiendra l'enfant non pas horizontalement, mais pour ainsi dire parallèlement à elle-même, ou très obliquement placé contre sa poitrine, de façon que la tête soit relevée et que la figure ne soit pas appli-

Fig, 37. — Mère allaitant son enfant.

quée trop fortement contrôle sein. Elle attirera doucement sous son aisselle le bras du petit, qui se trouve sous son sein.

Lorsque les enfants commencent à avoir des dents, ils mordent quelquefois le sein entêtant; on devra les empêcher de prendre cette habitude, car ils pour-

raient ainsi faire beaucoup de mal. Aussitôt qu'on sent que Tenfant veut mordre, il faut lui frapper sur la main et le gronder ; il lâche le sein et se met à pleurer. Au bout d'un moment, on le lui présente de nouveau; s'il recommence, on renouvelle la petite correction, et il comprend bientôt pourquoi on la lui inflige.

Dans tous les cas, il faut donner les deux seins à chaque repas, et maintenir entre eux une égalité parfaite.

Quantité de lait nécessaire à l'enfant.

La quantité de nourriture prise au début de l'allaitement est minime mais suffisante: 10 à 15 grammes à chacune des huit ou dix tétées pour les deux premiers jours.

Les jours suivants, la quantité de lait fournie par la mère augmente, l'enfant absorbe plus qu'il ne perd, il se développe ; ses repas sont plus copieux et doivent être moins fréquents.

Le quatrième et le cinquième jour, la sécrétion laiteuse est déjà abondante, le nourrisson prend ce qu'il prendra désormais pendant tout le premier mois de sa vie, 60 grammes environ à chaque repas, et son développement est rapide. Après un mois, 70 grammes de lait à chaque repas ; après trois mois, 100 grammes ; après cinq mois, 120 grammes ; après six mois et jusqu'à neuf mois, de 150 à 180 grammes.

Quand la lactation a acquis toute son activité, la quantité de lait fournie au nourrisson en vingt-quatre

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heures est environ de 650 grammes du premier au deuxième mois, 750 le troisième, 950 du sixième au neuvième mois.

Ces chiffres, bien entendu, n*ont rien d'absolu ; ils ne sont que des résultats moyens d'observations. Nous avons pensé qu'ils auraient quelque intérêt pour la mère soucieuse de connaître son nourrisson, et ils pourrront servir^ dans une certaine mesure, à diriger l'allaitement, naturel ou artificiel de l'enfant, et surtout à se rendre compte de son insuffisance possible.

Pour prendre la somme voulue de nourriture, il faut un certain nombre de tétées quotidiennes. Ce nombre, pour l'enfant en bonne santé et qui trouve au sein aisément de quoi se satisfaire, doit nécessairement varier avec Tâge, l'énergie vitale, l'activité de développement du nourrisson, et aussi avec le degré d'abondance du lait sécrété et le plus ou moins de facilité de son écoulement.

Un précepte important et sur lequel on ne saurait trop insister, c'est de n'accorder le sein que lorsque le besoin de nourriture est bien réel, et non pas seulement pour calmer la mauvaise humeur et les cris de Venfani.

Les mères, par une tendresse aveugle, et les nourrices, par un zèle ignorant, toujours prêtes à considérer la moindre agitation de leur nourrisson comme une preuve du sentiment de la faim, veulent donner à téter à chaque instant, à toute heure indistinctement; le jour et la nuit. Elles se privent ainsi d'un sommeil soutenu qui leur serait pourtant nécessaire^

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