LELIVRE DÈS JEUNES MERES
elles épuisent sans raison leurs seins et leurs forces, et fatiguent sans profit les organes digestifs du nourrisson. L'enfant constamment abreuvé de lait, et de la partie la plus aqueuse de ce liquide — car, sans appétit véritable, il cesse de téter au moment où le lait le plus nutritif se présente — n'a pas le temps de le digérer et le régurgite, ou le digère mal, et par suite est en proie à des coliques, de la diarrhée, etc. Il subit ainsi un arrêt de développement, et bientôt une décroissance rapide, dont il est souvent difficile de corriger les effets. Souvent, s'il supporte ce surcroît d'aliment, le nourrisson acquiert, avec un embonpoint exagéré et trompeur, qui flatte bien à tort les parents^ tous les caractères du lymphatisme, dont les conséquences peuvent être très fâcheuses.
Fréquence des tétées.
Il faut donc que l'allaitement soit régularisé, que les heures des tétées soient déterminées par le besoin de nourriture. L'enfant s'habitue vite à cette pratique, et chacun des intéressés s'en trouve à merveille. Pour cela, la mère doit, au début, avoir le courage d'entendre crier son enfant sans répondre à ses cris autrement que par de douces caresses, qui l'apaisent et l'invitent au sommeil.
En effet, les cris et l'agitation ne sont pas toujours l'expression des besoins réels du jeune enfant. Encore privé de la parole, ils sont pour lui le seul moyen de manifester ses joies aussi bien que ses contrariétés, ses impatiences et ses souffrances. C'est en
tenant compte du moment où surviennent ces cris, de l'occasion et des autres phénomènes qui les accompagnent, c'est en les observant ave-c discernement, qu'on peut arriver à leur attribuer leur signification véritable.
On reconnaîtra que l'enfant a faim, si, après un sommeil paisible ayant duré depuis le dernier repas le temps ordinaire et prévu, il agite vivement ses bras, s'il remue sa tête à droite et à gauche en ouvrant la bouche comme pour chercher le seic, s'il saisit fortement le bout du doigt qu'on lui met entre les lèvres, et le suce en manifestant bientôt quelque impatience et quelque déception.
La mère s'empressera alors de satisfaire le besoin qu'éprouve sûrement son nourrisson ; elle lui donnera à téter l'un après l'autre ses deux seins, jusqu'à ce qu'elle ait lieu de penser, d'après les indications que nous allons lui donner, que la dose nécessaire de lait a été prise, et sans attendre pour terminer le repas que l'enfant repu se soit endormi en tétant.
Comme on sait la quantité de lait que doit prendre chaque jour l'enfant pour subvenir à son existence, aux diverses phases de sa croissance, et comme on a pu, par l'expérience, en pesant le nourrisson avant et après ses repas, connaître la quantité qu'un enfant avale habituellement à chaque tétée, on a pu déterminer, approximativement bien entendu, le nombre et les intervalles des tétées quotidiennes. La mère devra suivre autant que possible les mdications cidessous :
Abstraction faite des exigences individuelles et des cas exceptionnels, il ne faut pas mettre plus de deux heures d'intervalle entre les repas pendant le premier mois ; à partir du deuxième mois, cet intervalle devra être de trois heures^ et de quatre après le troisième mois; à partir du quatrième mois, le nombre des repas sera le même, mais chacun d'eux sera plus copieux.
En agissant de la sorte, après les premières semaines, le nourrisson prendra de 70 à 100 grammes de lait à chacune de ses sept tétées quotidiennes, et après les premiers mois de 100, 120 et jusqu'à 180 grammes par repas, renouvelés cinq ou six fois dans les vingt-quatre heures.
Dès le commencement, on engagera la mère à prendre un repos continu de cinq à six heures pendant la nuit, n lui faudra pour cela se résoudre à rester sourde aux cris que son enfant poussera peutêtre d'abord ; ces cris cesseront bientôt de venir interrompre son sommeil. Le sommeil est, avec le lait, le premier besoin de l'enfant. Il faut accoutumer celui-ci dès sa naissance à en user longuement pendant la nuit. La mère donnera le sein, pour la dernière fois de la journée, entre onze heures et minuit, et pour la première fois entre quatre et cinq heures.
Il est bien évident qu'on ne pourra pas, dans la pratique, conserver une régularité aussi parfaite. Nous indiquons ici le but à atteindre ; on s'en rapprochera le plus possible, et de la sorte on fournira à l'enfant à peu près la même dose de lait à des in-
tervalles réguliers, on lui permettra de digérer ce qu'il aura avalé, on lui épargnera les régurgitations trop fréquentes et les troubles digestifs qui nuisent beaucoup à son accroissement normal ; on préviendra enfin cet embonpoint exagéré qui provient du surcroît de lait que certains nourrissons de grand appétit sont capables de supporter.
En même temps, la mère aura quelques moments de loisir, et pourra se livrer au repos indispensable à sa santé, ou vaquer à ses affaires. Son lait aura le temps d'acquérir toutes les qualités qui lui sont nécessaires. Le moment de donner à téter lui sera alors aussi agréable et utile à elle-même qu'à son nourrisson ; car elle sentira la nécessité de se débarrasser de l'ample provision qu'elle aura faite pour lui. Le lait venant en abondance, l'enfant ne tiraillera pas le sein, ne cherchera point à le mordiller, et la mère aura plus de chances d'éviter les maux de sein, dont nous avons longuement parlé, et contre lesquels il faut être toujours en garde.
Le lait maternel.
Le lait est la première et doit être pendftnt plusieurs mois Vunique nourriture de l'enfant. La mère qui le fournit sera curieuse, nous en sommes sûrs, de connaître les caractères, les qualités et la composition de cet aliment admirable, dans lequel son enfant trouve tous les matériaux nécessaires à la croissance active de ses organes.
Les aliments, si divers qu'ils soient, se rangent dans les trois catégories suivantes :
P Les matières qui, par la digestion, sont transformables en sang, en chair, en organes vivants. Leur composition se rapproche de celle de l'albumine ou du blanc d'œuf, et à cause de cela on les appelle aliments albwninoïdes ; comme ce sont ces aliments qui forment véritablement le corps humain, on les appelle aussi souvent aliments plastiques.
2" Les matières qui, absorbées, prennent la plus grande part, avec l'air respiré, aux phénomènes de combustion organique et à la production de la chaleur corporelle : on les appelle, pour cette raison, les aliments respiratoires. Ils comprennent toutes les substances grasses, sucrées ou féculentes, analogues au beurre, au sucre et à la fécule.
3^ Les matières minérales, telles que le sel marin, le phosphate de chaux, l'oxyde de fer, etc., qui avec l'eau, servent comme les précédentes à la formation et au renouvellement des parties solides (les os) et des parties liquides de l'organisme.
L'association de ces trois ordres de substances est indispensable à l'entretien de la vie, au développement du corps, en un mot à l'alimentation.
Le lait, type de l'aliment complet^ renferme donc des matières albuminoïdes, des matières grasses et sucrées, et des sels minéraux. C'est un liquide d'un blanc opalin, ni bleuâtre ni jaunâtre, d'une saveur douce et sucrée ; sa consistance est un peu supérieure à celle de l'eau à laquelle il peut se mêler en toutes proportions ; il se coagule par les acides.
par Falcool, et, en particulier, par le suc provenant de la surface interne de l'estomac ; il est faiblement alcalin.
Examinée au microscope, une gouttelette de lait se montre formée par un liquide transparent dans lequel nagent une infinité de globules lisses, de volume très variable, brillants, isolés, et roulant librement lorsque le lait est pur.
Abandonné à lui-même dans un vase, le lait se sépare d'aboi d lentement en deux couches distinctes: la couche supérieure, la crème, est onctueuse, molle, opaque, formée par la partie la moins pesante du lait, c'est-à-dire les globules ; la couche inférieure, tout à fait fluide, est le lait écrémé.
Peu après, ce lait écrémé, exposé à l'air et laissé en repos, d'alcalin devient acide; il fermente et se sépare à son tour en deux portions : la première est solide ou plutôt de consistance molle et d'apparence floconneuse, plus blanche que la crème, et n'a pas de saveur, c'est la caséine ou matière albuminoïde du lait ; la seconde est tout à fait liquide, jauneverdâtre, transparente, d'une saveur aigrelette, c'est le sérum ou petit-lait^ eau acidulée dans laquelle sont dissous la lactine ou sucre de lait et presque tous les composés ou sels minéraux du lait.
En résumé, on voit que les trois espèces de matières alimentaires sont représentées dans le lait.
1° les aliments plastiques ou albuminoïdes sont formés par la caséine du lait caillé.
2*^ les aliments respiratoires sont formés par le beurre de la crème et la lactine du petit-lait.
3** les sels minéraux existent en dissolution dans le petit-lait (1).
Le lait est l'aliment complet par excellence : nonseulement il renferme lous les éléments nécessaires à l'alimentation, mais il les renferme à l'état le plus facilement assimilable par les organes délicats de l'enfant. On pourrait dire que le lait est presque de la chair liquide.
Les circonstances qui, chez une femme bien portante, influent sur la composition de son lait sont nombreuses. Les différences les plus marquées tiennent au séjour plus ou moins prolongé du lait dans les seins, et au temps écoulé depuis l'accouchement.
La production du lait étant continue, et l'allaitement intermittent, le lait, dans l'intervalle des tétées, s'accumule dans les seins où son séjour l'appauvrit en beurre et le rend plus aqueux ; de sorte que le premier lait qui s'écoule au début du repas est le moins riche en crème, et que la portion suivante est meilleure. Mais la différence est .en somme peu prononcée chez la femme.
L'influence du temps écoulé depuis le début de l'allaitement est beaucoup plus remarquable.
(1) De nombreuses analyses chimiques ont fait connaître quelles étaient les quantités de ces divers matériaux compoiant le lait de la mère. Ainsi, on a trouvé que 1,000 grammas de lait, environ un litre, renfermaient :
Eau 889 grammes
Caséine 28.80 —
Beurre. 25 —
Sucre de lait ou lactiiiH . . , , . 53 — Sels minéraux , 4.20 —
De même que la quantité de nourriture doit varier avec l'âge du nourrisson, la proportion des diverses substances nutritives contenues dans le lait se modifie du début à la fin de l'allaitement. Le lait sécrété dans les premiers jours qui suivent la délivrance possède des caractères physiques et chimiques tout particuliers, et a pour cette raison reçu un nom spécial, celui de colostrum. On lui a attribué une vertu purgative qui n'est pas réelle. Comme le lait parfait, c'est un aliment, et un aliment très riche en graisse et en caséine ; pris par le nouveau-né, à qui la nature le destine, il stimule les contractions et les sécrétions de son intestin et favorise de cette façon l'expulsion du méconium.
Ce premier lait est un peu épais, jaunâtre et filant ; on y voit au microscope, à côté des globules ordinaires qui sont en petit nombre, de nombreuses granulations grasses très fines et, par places, des amas de ces granules réunis entre eux. Peu à peu, le colostrum est remplacé par le lait parfait. Le septième jour, le lait a déjà acquis ses qualités et sa composition normales ; il est toutefois encore un peu jaunâtre. Le dixième jour, il est abondant, assez épais, et peu après ne présente plus aucun des caractères du colostrum.
Pendant les trois ou quatre premiers mois, la proportion de la caséine, du beurre et des sels minéraux (du phosphate de chaux en particulier), continue d'augmenter sensiblement. Cette proportion reste stationnaire pendant les mois suivants, et diminue ensuite du dixième mois à la fin de l'allaitemeiit.
Hygiène de la nourrice.
La nature des aliments digérés par la mère peut avoir une grande influence sur la sécrétion et la composition de son lait.
Certaines substances, telles que l'ail et Tanis, lui communiquent leur odeur propre.
On a observé que des nourrices qui absorbaient de l'alcool fournissaient un lait assez chargé de ce principe pour avoir une action fâcheuse sur le nourrisson.
La pomme de terre accroît la proportion de beurre et de sucre de lait.
La bière augmente la quantité de lait.
Un régime mauvais ou une nourriture insuffisante amènent une diminution dans la sécrétion du lait, qui, en même temps, contient plus de beurre et en somme devient nuisible à la santé de l'enfant.
Il résulte des observations faites sur ce sujet qu'il est indispensable d'apporter dans le régime de la nourrice une grande variété, et qu'il n'y a pas lieu de lui imposer une alimentation spéciale. Elle peut user de tous les aliments qu'elle digère sans peine, en évitant seulement les substances excitantes ou échauffantes. Les femmes du Nord boivent de la bière et du café, celles de la Bourgogne boivent du vin, celles de la Normandie du cidre, celles des campagnes mangent surtout des légumes et celles des villes plus souvent de la viande, — et les unes et les autres peuvent être de bonnes nourrices. La
viande, le poisson et les légumes conviennent également; les fruits bien mûrs et la salade, s'ils sont bien digérés, ne seront pas interdits. Ce qui importe, c'est de ne pas modifier trop brusquement le régime habituel, de satisfaire l'appétit, qui est souvent notablement accru par l'allaitement, et de le satisfaire en faisant des repas plutôt fréquents que trop abondants et succulents.
Une précaution utile à prendre, et cependant à laquelle peu de nourrices pensent, c'est d'éviter de donner à téter pendant le travail de la digestion. L'activité vitale et le sang se portent à l'estomac pendant ce travail ; ils en seraient détournés au profit des glandes mammaires pour la sécrétion et rémission du lait ; alors l'estomac, étant privé de leur concours, ne ferait que très imparfaitement ses fonctions, et il en résulterait de la* fatigue et des tiraillements qu'on attribuerait à tort à l'exigence de Tallaitement. Une partie des maux d'estomac dont se plaignent les nourrices trouvent là leur cause.
La mère qui allaite doit prendre chaque jour, au grand air et surtout au soleil, un exercice modéré. Les bains tièdes, peu prolongés, lui conviennent parfaitement. Mais elle ne saurait trop se garantir contre l'impression du froid et de l'humidité. Elle fera bien de se couvrir les seins d'une mousseline pliée en plusieurs doubles, qu'on renouvellera toutes les fois qu'elle sera mouillée par le lait qui s'écoulera quelquefois dans l'intervalle des tétées. Pendant la tétée du premier sein, il peut même arriver que le lait s'échappe de l'autre
lî arrive quelquefois que ces pertes de lait «ont assez abondantes pour causer une véritable gêne : on peut dans ce cas faire usage d'une petite Me en verre faite exprès dont nous donnons la figure.
Ces fioles sont plates d'un côté et un peu bombées de l'autre; elles portent au mUieu du côté plat un trou ^ destiné à recevoir le bout du sein ; sur le bord supé- ^ rieur, il y a une petite ouverture pour le passage de l'air, et à côté un petit anneçiu dans lequel on passe
\ve de face. Vue de profiL
Fig. S8. - Bouteille plate destinée à recevoir le lait.
un cordon pour suspendre la bouteille au cou. Elle reçoit le lait qui s'écoule du sein. Pour l'enlever du sein, il faut avoir soin de boucher le trou qui sert à l'introduction de l'air et la renverser sur le côté opposé à l'ouverture dans laquelle était le mamelon.
Cette bouteille peut être employée toutes les fois qu'il y a accumulation et écoulement de lait. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il faut l'entretenir dans un parfait état de propreté, et la vider souvent.
Aussitôt après la tétée, il est très utile de laver le mamelon avec une éponge fine ou un linge souple imbibé d'eau tiède.
Enfin, dernière recommandation, la mère qui allaite a besoin de calme et de tranquillité d'esprit ; elle doit être tout entière à la joie profonde du grand rôle qu'elle remplit.
IL — Allaitement mercenaire
Si Ton s'est assuré, sans qu'il reste le moindre doute, que la mère ne peut allaiter son enfant, il faudra prendre une nourrice étrangère et si les ressources des parents le permettent, on choisira de préférence, nous l'avons dit, une nourrice sur lieu.
Nourrices sur lieu et nourrices de campagne.
E y a deux sortes de nourrices à gages :
P Celles qui, venues le plus souvent de la campagne pour habiter la ville, se placent dans une famille pour nourrir un enfant sous la surveillance des parents — on les appelle, comme nous l'avons dit, des nourrices sur lieu;
2* Celles qui viennent prendre un enfant dans sa famille pour l'emporter * chez elles^ ordinairement à la campagne, et l'élever loin du contrôle maternel, on les appelle des nourrices de campagne.
Ces dernières, absolument maîtresses d'elles-
mêmes et des enfants qui leur sont abandonnés, pauvres et malheureusement encore le plus souvent inintelligentes, en s'en gageant à élever un enfant étranger^ songent moins aux soins qu'elles lui doivent qu'à l'argent qu'il leur rapporte. Et ce trafic n'est profitable pour elles^ bien souvent, qu'à la condition de continuer leur travail aux champs et l'allaitement de leur propre enfant; et alors l'autre, V étranger^ nourri artificiellement, privé de tout ce qui lui est dû et de tout ce qui a été promis à ses parents, — sein, bon air, propreté et soins, — est voué à un développement imparfait, au rachitisme, au dépérissement qu'amènent fatalement le défaut de soins et l'insuffisance ou la mauvaise qualité de l'alimentation. Sans doute, à présent que la nouvelle loi pour la protection des enfants du premier âge est exécutée, ces femmes sont placées sous la surveillance de médecins-inspecteurs et visitées par les membres d'une commission locale ; parmi elles, il y en a certainement qui comprennent leur devoir et l'accomplissent avec honnêteté; mais, il n'en est pas moins vrai que les nourrissons confiés aux nourrices de campagne sont les plus mal partagés et que la mortalité qui pèse sur eux est encore vraiment désolante.
Une mère ne doit consentir à éloigner d'elle son enfant que lorsqu'elle y est absolument forcée ; elle devra toujours préférer à la nourrice de campagne une nourrice sur lieu. L'allaitement mercenaire, sous la surveillance et la direction maternelles, est le meilleur moyen de remplacer le sein de la mère.
Choix de la nourrice.
Le choix d'une nourrice est chose difficile pour les parents, et déhcate pour le médecin, car rien n'est moins commun que de rencontrer réunies toutes les quahtés désirables. Il faut dans ce choix n'exiger absolument que les quahtés essentielles, et s'attacher avant tout aux conditions vraiment importantes.
L'idéal d'une bonne nourrice serait une femme âgée de vingt à trente ans, née de parents sains, elle-même bien portante, bien développée, ayant de belles dents, des seins plutôt glanduleux que volumineux, avec des mamelons bien conformés, dont le lait serait abondant, nourrissant et âgé de deux à trois mois ; une femme expérimentée, qui aurait déjà élevé un premier enfant ; alerte, propre, d'apparence agréable, d'un caractère gai et doux, d'une intelligence éveillée et pratique, et d'une impressionnai) ilité pas trop vive. On conçoit que toutes ces conditions ne se trouvent pas communément réunies.
Il faudra que l'examen de la nourrice soit complet, et ne lui confier l'allaitement, c'est-à-dire la vie d'un enfant, qu'après s'être assuré de son état de santé, de l'état de santé de son propre enfant qu'elle a allaité jusqu'alors, et d'après lequel on préjugera les qualités de son lait et la valeur de ses soins. Après cela, renseignez-vous, interrogez, prenez toutes vos précautions pour n'être pas trompé sur l'âge, les habitudes, la famille, etc., de la nourrice qui se présente à vous, — et si vous trouvez en elle toutes les garan-