ANESSE
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Sucre de lait . . .
Sels minéraux. . .
Ces chiffres ne sont pas absolus, c'est-à-dire que la proportion des matières contenues dans le lait varie beaucoup suivant la provenance et, pour un même animal, suivant le moment de la traite, lanaturo etla quantité desahments dont l'animal est nourri, etc. Dans les quinze premiers jours qui suivent la mise bas de l'animal, le lait subit des modifications, après lesquelles, le coloslrum disparaissant, il acquiert sa .constitution normale ; il offre une diminution constante d'eau, une dimiuutioa habituelle mais faible de sucre, une augmentation notable de beurre, de caséine et de sels.
Le lait de femme ne diffère pas seulement des autres laits par la quantité des éléments qui le composent ; il en diffère aussi par la qualité propre de
ces éléments. Ainsi la caséine, qui chimiquement est identique dans les divers laits, ne se présente pas sous le même aspect dans le lait de femme et dans les autres laits, quand elle a subi l'action des liquides de l'estomac ou lorsqu'elle a été coagulée par l'addition au lait de quelques gouttes d'acide. La caséine du lait de femme présente alors l'aspect de flocons filamenteux et mous, tandis que la caséine du lait de vache, et plus encore de la brebis et de la chèvre, se prend en masses épaisses et résistantes. La caséine du lait d'ânesse, en se coagulant, ne se distingue pas sensiblement de la caséine du lait de femme.
Cette différence est très importante à signaler, car c'est elle qui, pour beaucoup rend difficile et dangereuse la substitution de l'allaitement artificiel à l'allaitement ' naturel. Malheureusement s'il est possible d'amener, quant à la proportion des éléments du lait , une ressemblance suffisante entre le lait maternel et le lait qu'on lui substitue, il n'en est pas de même en ce qui concerne les qualités natives de chaque lait.
Toutefois, sachant que l'estomac du nouveau-né est organisé pour digérer de la caséine floconneuse et légère, quand on lui donnera du lait de vache on évitera la formation de masses trop épaisses de caséine coagulée, difficiles à digérer, en ne lui donnant pas à la fois une trop grande quantité de ce lait, et en Vétendanl auparavant d'une certaine quantité d'eau.
L'allaitement artificiel doit se rapprocher le plus possible de l'allaitement naturel. Le lait employé sera ramené par une addition d'eau â une richesse en
éléments nutritifs analogue à celle du lait de femme, et sa température sera élevée à celle du corps humain (ST'* cent.), soit en faisant chauffer l'eau avant de la verser dans le lait froid, soit en faisant chauffer le mélange au bain-marie sans le faire bouillir. Enfin, la quantité de nourriture préparée pour la tétée sera donnée au nourrisson à l'aide d'un appareil qui devra être aussi simple que possible , et qui exigera de lui une succion ni trop facile ni fatigante.
Modes d'allaitement artificiel.
On peut nourrir artificiellement le nouveau-né : P directement par les animaux; 2** indirectement, au moyen du biberon, de la cuillère, du verre, ou du petit-pot.
Autrefois on recommandait beaucoup l'allaitement par les animaux. Il n'est plus guère en usage que dans certaines parties de la Suisse, et en France dans l'Auvergne et les Vosges, où on dresse la chèvre blanche sans cornes à présenter sa mamelle et à se laisser téter par un enfant. La chèvre ne tarde pas à remplir son rôle de nourrice avec docilité, et à manifester même à son nourrisson un véritable attachement. Mais les difficultés pratiques de ce mode d'alimentation sont grandes , et toutes les réclames que font en sa faveur quelques éleveurs intéressés ne parviendront pas à en généraliser l'emploi. L'ânesse se prête aussi à cet allaitement artificiel direct, qui ne peut trouver son application et son utilité que dans des cas exceptionnels.
i58 LE LIVRE DES JEUNES MÈRES
Les enfants boivent aisément à la cuillère, au verre ou au petit pot ; mais alors le lait est versé ou trop vite ou trop lentement ; son ingurgitation est irrégulière ; il y a absence de tout effort de succion et défaut d' insalivation ; tous ces inconvénients peuvent être corrigés par l'habileté de la mère, mais ils ont rendu plus général l'usage du biberon.
Fig. 39, 40 et 4L — Vases pour faire boire l'enfant.
Dans l'ouest de la France, on emploie, pour faire boire l'enfant, de petits vases en forme de sauciers, sans anse, en porcelaine, en buis, ou en argent. Nous donnons ci-dessus (fig. 39, 40 et 41) quelquesuns des modèles les plus usités.
Biberons
L'emploi du biberon constitue aujourd'hui le mode d'allaitement artificiel le plus communément usité.
On trouve partout maintenant des biberons de
ALLAITEiMEiNT ARTIFICIEL 16î>
toutes les formes, et les réclames de tous genres ne leur manquent pas. Le biberon le meilleur est celui qui sera le plus simple, le moins coûteux, le plus facile à nettoyer, celui dont le récipient en verre sera solide et de contenance appropriée à la quantité de nourriture qui doit être prise à chaque tétée, celui enfin dont le mamelon, ni trop mou ni trop dur, ne laissera écouler le liquide qu'avec une médiocre facilité.
Il faut rejeter les biberons en métal, ceux dont le récipient trop grand ne permet pas de mesurer aisément la dose de liquide qui convient pour chaque repa^, ou laisse un volume d'air trop grand en contact ^i^ec le lait, ceux dont la monture fixe ou à vis devient, par l'efi^et du gonflement que l'humidité lui fait subir, difficile à démonter, et par suite ne se prête pas à un nettoyage fréquent.
Pour les premières semaines, un biberon d'une contenance de 100 grammes est suffisant et il est important, d'après ce que nous venons de dire, qu'il ne soit pas plus grand. Plus tard, il devra être plus grand parce que l'enfant prendra à chaque repas plus de lait.
On le choisira de forme allongée-ronde avec un fond plat permettant de le poser debout ou à plat,, et avec un goulot droit ou légèrement recourbé.
Le bouchon ou embout^ qui ferme le goulot du récipient, est percé pour laisser arriver le liquide dans le mamelon qui le surmonte et permettre à l'air extérieur de pénétrer dans le vase à mesure que le liquide en sort. Quelques biberons sont disposés pour que
rentrée de l'air et la sortie du lait puissent être augmentées ou diminuées, en modifiant le diamètre ou le nombre des orifices de leurs conduits. Quelques biberons ont la partie inférieure de Tembout terminée par un tube en verre qui plonge jusqu'au fond du vase, facilite et règle la montée des dernières parties du liquide, comme on le voit dans la figure 43.
Enfin, le mamelon qui surmonte l'embout et doit être mis dans la bouche de l'enfant, s'il est fait avec du linge ou un morceau d'éponge est trop mou, s'altère et communique au lait un goût aigre; s'il est en tétine de vache, il contracte promptement une mauvaise odeur ; s'il est en caoutchouc souple ou vulcanisé, il perd assez vite sa résistance élastique , se ramollit, se déforme et prend un goût et une odeur désagréables.
Les mamelons en liège et en ivoire ramolli valent mieux. Le premier a l'inconvénient d'être un peu fragile ; il a le grand avantage de pouvoir être taillé plus ou moins épais, plus ou moins flexible, pour le proportionner à la force et à l'âge de l'enfant, et son prix peu élevé permet de le renouveler souvent ; le second serait parfait s'il n'était parfois, pour le début de l'allaitement artificiel, un peu dur, et si son prix était plus modique.
Le mamelon est, dans quelques biberons, supporté par un tube extérieur flexible, long ou très court. Cette disposition, représentée dans la figure 43, permet de faire boire l'enfant dans toutes les positions, d'abandonner le biberon près de lui après lui avoir donné à téter et de ne pas surveiller son repas;
ces biberons à long tnbe, n'exigeant pas dans leur usage la présence et la surveillance de la nourrice sont encore quelquefois préférés, mais ils se nettoient mal, exigent des soins d'entretien qu'on ne leur donne pas toujours. Ils ne présentent en somme pour l'enfant que des inconvénients.
Nous regrettons toutes les tentatives faites pour
Fig. 42 Fig. 43
Coupe d'un biberon sans tube. Coupe d'un biberon avec tube.
épargner à la mère cette surveillance ; nous voudrions que le biberon fût pendant tout le temps du repas tenu par elle, et que l'allaitement artificiel fût, autant que possible, pratiqué comme l'allaitement naturel, avec la même attention, la même régularité et les mêmes précautions.
En résumé, le biberon à tube, quel qu'il soit, est d'un emploi dangereux pour l'enfant; l'expérience l'a condamné; il doit être rejeté.
Règlement de l'allaitement artificiel.
D'abord, il faudra se procurer un lait de vaclio pur et non écrémé : nos lectrices, si elles ont bien vonlu nous prêter jusqu'ici toute leur attention, doivent maintenant savoir pourquoi.
A la campagne cela est facile ; on pourra même alors donner facilement le lait d'une même vache et au moment de la traite, avant qu'il ait eu le temps de perdre la chaleur de l'animal.
Dans les grandes villes, le commerce des laitiers est l'objet d'une inspection de police sévère ; ce qui n'empêche pas le lait d'être souvent falsifié. Ordinairement, les marchands se contentent, après avoir enlevé la crème du lait, d'y ajouter de l'eau. Mais songez que s'il ny a plus de crème, le lait ne renferme plus assez d'aliments respiratoires! Ce lait baptisé a une saveur fade, une odeur presque nulle, une couleur légèrement bleuâtre, une consistance faible, et ne serait pas assez nourrissant pour l'enfant à qui on le donnerait.
A Paris, il existe des vacheries où il n'est pas impossible d'avoir du bon lait ; mais l'hygiène des vaches ainsi renfermées dans des étables peu aérées est si défectueuse que leur lait peut quelquefois être mauvais. Nous préférons celui qui arrive de la campagne matin et soir, et qui est livré à domicile en vases fermés et plombés : on a chance d'avoir ainsi un \2Àipur^ non écrémé et sain.
On appliquera au règlement de l'alimentation artificielle les principes que nous avons donnés pour l'ai-
laitement naturel, c'est-à-dire que les tétées au biberon, sous le rapport de la fréquence et de l'importance, seront dirigées comme les tétées au sein.
Comme nous Tavons dit, le lait de vache pur et non écrémé est, pour le nouveau-né, un aliment trop substantiel. Il faut l'étendre d'eau dans des proportions qui doivent varier avec l'âge du nourrisson.
Pendant les premiers jours, on commencera par un mélange de 1 partie de lait et 2 parties d'eau ; vers la fin de la première semaine, 2 parties de lait et 3 parties d'eau ; dans la deuxième quinzaine, 1 partie de lait et 1 partie d'eau ; au commencement du deuxième mois, 3 de lait et 2 d'eau ; et bientôt, jusqu'au sixième mois, 2 de lait et 1 d'eau ; ensuite à partir du sixième mois le lait pourra être donné pur.
L'eau sera cbaFiffée de telle sorte que, par son addition au lait, la chaleur du mélange soit, au moment où il sera versé dans le biberon, de 37 à 38 degrés centigrades environ. Si on le préfère, le mélange froid sera amené à cette température tiède en se servant du bain-màrie.
Pour assurer à la fois la conservation prolongée du lait et la destruction des microbes nuisibles qu'il pourrait contenir, on a recommandé de le stériliser. Il faut pour cela le faire chauûer, en vases clos, au bain-marie * .
1. Nous n'entrerons pas ici dans la discussion des températures auxquelles il faut faire chauffer le lait pour obtenir une stérilisation parfaite. Voici ce que nous conseillons : on met le lait dans de petites bouteilles de la contenance d'un ciiîquième de litre environ, qu'on remplit aux trois quarts, et qu'on bouche, mais pas hermétiquement. On range les bou-