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G4 LE LIVRE DES JEUNES MÈRES

Cette Stérilisation du lait ne donne pas au lait des qualités digestives spéciales; et si on a du bon lait de vache, dont la provenance soit connue, et qu'on puisse renouveler aussi fréquemment que cela est nécessaire pour l'avoir toujours frais, il faudra le préférer.

Dans l'intervalle des tétées, la provision de lait frais sera mise le plus possible à l'abri de l'air et de

ijig. 44. — Brosse pour netto^'er le biberon,

la chaleur, et l'été on la conservera en l'entourant do glace, ou mieux en la stérilisant.

Le biberon sera chaque fois lavé avec le plus grand soin. Il ne faut pas qu'il reste une seule goutte de lait, qui s'aigrirait bientôt et communiquerait au biberon un goût détestable, en même temps qu'aux tétées suivantes l'enfant pourrait avaler un certain nombre de ferments, ce qui ne mauqueraitpas d'avoir sur sa santé la plus fâcheuse influence.

La première condition de l'allaitement artificiel est la propreté absolue du biberon. Il faut démonter le biberon et laver séparément toutes ses parties jusque dans les plus petits coins. Si malgré nos conseils, on a un biberon à tube, il faudra le nettoyer avec une pc-

teilles dans une marmite où on a mis un peu de paille, et de Feau froide de façon que les bouteilles y baignent à moitié.

On chauffe jusqu'à ce que Fcau du bain-marie arrive à l'ébullition; dès qne cette cbuUition de l'eau a eu lieu, et elle arrive avant que le lait bouille dans les bouteilles, on retire les bouteilles et on les bouche hermétiquement le plus rapidement possible.

On trouve dans le commerce des casseroles spéciales et des flacons disposés pour la stérilisalion du lait.

tite brosse (fig. 44), et après chaque tétée faire longtemps couler de l'eau pure dans ce tube. Une fois le biberon bien lavé, on le remettra dans sa boîte. Il faudra d'ailleurs changer souvent ce tube en caoutchouc, qui contracte facilement une mauvaise odeur.

A propos de l'allaitement maternel, nous avons dit quelle était la quantité d'aliment nécessaire aux besoins nutritifs de l'enfant et comment ses repas devaient être distribués. Ces données sont tout à fait applicables à l'allaitement artificiel.

Au début, on agira avec beaucoup de prudence et de réserve, et on se souviendra que le nouveau-né nourri au sein de sa mère prend seulement, pendant les deux ou trois premiers jours, de 10 à 15 grammes de colostrum à chacune de ses huit ou dix tétées quotidiennes. On ne mettra dans le biberon pour chacun des repas (toutes les deux heures, le jour), qu'une quantité équivalente de lait étendu d'eau (un tiers de lait et deux tiers d'eau).

Vers la fin de la première semaine, on donnera à chacun des repas environ 60 grammes d'un mélange de deux cinquièmes de lait pur et de trois cinquièmes d'eau, soit 24 grammes de lait, et 36 grammes d'eau; et au bout de quinze jours, la ration restant la même, le mélange sera un peu moins aqueux et on pourra employer le lait et l'eau en quantités égales. Au commencement du deuxième mois, la quantité de nourriture, composée d'abord de 3 parties de lait et 2 d'eau, puis de 2 parties de lait et 1 d'eau, sera toutes les trois heures environ de 80 grammes, de façon que l'enfant reçoive par

jour environ 600 grammes de liquide. Vers le troisième mois, la nature de l'aliment et le nombre des repas seront les mêmes, mais chacun de ceux-ci sera plus copieux (120 grammes), de sorte que l'enfant recevra en vingt-quatre heures environ 800 grammes de nourriture.

Ensuite, la ration pour chaque tétée sera peu à peu portée à 150 grammes, quantité bien suffisante pendant les derniers mois de Tallaitement.

On comprend que ces chiffres ne sauraient être pris comme règle absolue pour tous les enfants. Certains nourrissons, robustes et de grand appétit, digérant bien le lait de vache , exigeront davantage ; d'autres demanderont moins. L'intelligence attentive de la mère jugera, dans ces limites, ce qui conviendra le mieux à son enfant.

Pour bien mesurer la quantité de liquide qui devra être donnée, et la verser facilement dans le biberon, on se servira avec avantage d'un verre gradué portant un petit bec-gouttière sur son rebord.

Qu'on ne l'oublie pas, une des causes les plus fréquentes d'insuccès dans l'allaitement au biberon provient de ce que l'on donne trop à digérer à la fois à l'enfant, et de ce qu'on le laisse vider de pleines bouteilles et se remplir l'estomac jusqu'à régurgitation. D ne faut mettre dans le biberon que la quantité de liquide devant être prise, le retirer à l'enfant dès que la tétée est achevée, et ne pas le lui laisser sucer à vide.

Une autre cause d'insuccès provient de la façon dont le liquide destiné au biberon est préparé Tantôt

ALLAITEMENT MFXTE ld7

on fait bouillir le lait, tantôt on le coupe avec des infusions de mauve ou de guimauve, des mucilages gommeux, des décoctions fermentescibles de pain, de gruau, d'orge ou d'avoine. Et plus l'enfant se trouve mal du régime qu'on lui impose, plus on le gorge de ces tisanes dites rafraîchissantes, qui ne servent qu'à entretenir un embarras inflammatoire de l'estomac et de l'intestin.

Le lait de vache est par lui-même d'une digestion parfois pénible pour l'enfant ; ne le rendez pas plus indigeste encore en le dénaturant ainsi.

En suivant les conseils que nous avons donnés, nous n'affirmons pas qu'on réussira toujours ; mais du moins on sera sûr d'avoir tout fait pour ne pas échouer.

Il arrive qu'une mère, après avoir allaité tout d'abord dans les meilleures conditions, voit au bout de quelques semaines son lait diminuer, au moment même où son nourrisson en demande davantage ; une autre a un lait suffisamment abondant, mais trop aqueux et, par suite, pas assez nutritif ; Uxie autre a de très bon lait, mais sa constitution délicate fait craindre qu'un allaitement trop abondant ne nuise à sa santé; une autre a mis au monde deux enfants, et n'a du lait que pour un ; parfois aussi les conditions de son existence ne permettent pas à une mère nour-

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rice de s'occuper dans la journée assez longtemps et régulièrement de son enfant. Dans tous ces cas il est nécessaire de combiner l'allaitement maternel r^vec l'allaitement artificiel, et de pratiquer ainsi l'allaitement mixte.

Dans les premiers jours qui suivent sa naissance, l'enfant a besoin de très peu de lait, et il en trouvera toujours assez dans le sein maternel; ce n'est pas à ce moment qu'il sera nécessaire de songer à une nourriture adjuvante. Mais, dès qu'on reconnaîtra la nécessité d'ajouter un supplément de nourriture, on le fera en combinant l'alimentation au sein et l'alimentation au biberon de telle sorte que les deux laits ne soient pas donnés coup sur coup, mais composent au contraire des repas séparés. Par exemple, s'il s'agit de permettre simplement à la mère de trouver, la nuit, le repos que sa santé exige, elle donnera le sein pour la dernière fois de la journée, le soir, et pour la première, le matin; et, dansTintervalle, l'enfant prendra le biberon une ou deux fois, en le préparant comme nous l'avons dit. Si la quantité de lait fournie par la mère est insuffisante, les tétées au sein seront éloignées ; au lieu de se renouveler toutes les deux heures, on pourra mettre entre elles une ou plusieurs fois dans la journée un intervalle double, — et on placera dans cet intervalle, au lieu de la tétée au sein, le repas au biberon.

Dans l'allaitement mixte, le lait de vache vient seulement suppléer ce qui manquait à l'allaitement maternel. On en augmente la quantité, suivant les besoins de l'enfant et l'insuffisance de la mère, mais

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