NOM
Un historien anonyme.
Saint Bonifnce (Winfried).
AniLrolse ;
Autbert,
peut-êlre d'Aquitaine.
Un historien anonyme.
Tilpin ou Turpin.
Date.
Commencement du VIII «^siècle.
Mort en 77*5.
Vers la Gu du Yiii^.
Mort en Soo.
ArcheTêque de Majence.
Abbé de Saint-Vincent, près Bénévent.
Archevêque de Reims.
OCTRlCe.
Les Gestes des Francs.
Des lel très, des sermons, des écrits théologiques perdus.
Un commentaire sur l'Apocalypse , des sermons . un traité du combat des vices.
La *ic de Dagobert.
On lui attribue la célèbre chronique qui porte son nom.
(Guizot, Leçons sur L'Histoire de France, \. TîT, 1829, P* ^i4-5i5 ) ^ Histoire littéraires t. IV , p. 2.
renaissance des let I res en Kii rope: nous voyons ce prince, à peine monte sur le trône, n'ayant pas encore cette puissance qui le rendit maître de la plus grande partie de l'empire romain, ouvrir les écoles cathédrales désertes, en fonder de nouvelles, et arracher les prêtres h la honteuse ignorance dans laquelle ils étaient tombés. Appelant à sa cour le peu d'hommes cités en Europe pour n'avoir pas encore perdu toute lumière, il encouragea les études auxquelles ils se livraient. Quand ces hommes voulurent éclaircir les ténèbres épaisses qui couvraient la science , ils s'occupèrent tout d'abord à donner une forme moins grossière au livre presque unique qu'ils trouvèrent entre les mains de leurs nouveaux élèves, h la Bible j, qu'il fallut récrire et ponctuer, car on en était venu à ce point de décadence qu'on ne comprenait et ne lisait que fort mal le seul ouvrage usuel à cette époque. De cette réforme il fallut passer aux premiers éléments des lettres , à la grammaire, dont les règles les plus simples s'étaient entièrement perdues. Smaragdc, abbé de Saint-Michel, mort en 8§0, en composa une fort longue. Raban Mattrc écrivit sur la même matière. Alcuin fit aussi une grammaire, et y ajouta quelques principes de dialectique. Fiien de curieux comme ce dernier ouvrage , dans lequel on voit le grand empereur servir d'interlocuteur et d'élève au philosophe, qui lui apprend ce qu'aujourd'hui nous savons en sortant de l'enfance *.
* Canisius , au l. \, p. 955, de ses Ântiquct Leciioncs . intitulé : Prowptuarium Ecclcsiasticam , olc, 1608, in-4", a public la grammîiirt'
Il faut dire aussi qu'a celle époque la grammaire lie comprenait pas seulement l'art de bien parler et d'écrire. La dialectique, la poésie, l'éloquence en faisaient partie ; c'est pourquoi nous voyons le titre de grammairien donné à tout homme cultivant les lettres. Quant aux sciences, toutes, pour ainsi dire , étaient à naître, elles modèles que les anciens nous ont laissés, encore ignorés en Occident, ne pouvaient servir de guide : aussi la géométrie , au moins la science des nombres , la musique et l'astronomie étaient-elles confondues ensemble.
Au milieu de cette obscure ignorance , nous voyons cependant briller quelques lumières. Ainsi , Charlemagne se livrait comme Alcuin à l'étude de l'astronomie. Le besoin d'étudier le cours des astres pour fixer la chronologie fil découvrir plusieurs vérités. Mais déjà l'on croyait voir dans les comètes , et dans les aurores boréales , le présage d'événements malheureux ; dans les accidents d'une nuée d'orage , des bataillons qui s'entrechoquaient ; enfm l'astrologie judiciaire allait se répandre en Occident. En géographie , on étudiait le système de Ptolémée , et toutefois quelques écrivains , contrairement à ce système , proclamaient la mobilité de la terre. Enfin Théodulphe avait fait représenter , dans une des salles de son monastère ,
d' Alcuin ; en voici le titre : Flacci Aibini seu Aicuini Dialectica et Grammatica. Nunc primum ex viembranis celeberrimi monasterii Sanctl GaUi evulgala. On trouve aussi celle grammaire daus les œuvres complètes d'Alruin, publiées cii iGoj.in fol., par André Duchêue. it par Froben en 1777. Ratisbonne\ 2 vol. in-fol.
un globe ou cercle mobile, pour figurer, avec un zodiaque, la machine du monde. 11 en a donné unedescription en vers si obscurs, a vrai dire, qu'on ne peut presque rien y comprendre V Quant h la médecine, bien que les écrits d'Hippocra te, deGallien, de Pline, eussent échappé en partie aux invasions diverses, et qu'ils se trouvassent entre les mains de quelques clercs, les juifs étaient en possession des connaissances requises pour l'exercer: d'ailleurs on commençait à croire qu'on ne les acquérait pas sans se mêler un peu de magie.
La culture bien incomplète des différentes connaissances de l'esprit que Charlemagne sut ramener dans son vaste royaume, disparut presque entièrement avec lui. Les dissensions qui agitèrent et suivirent le règne de son fils Louis-le-Débonnaire, les invasions successives des Normands, qui portèrent partout le fer et la flamme , détruisirent les monastères et les manuscrits qu'ils contenaient, et l'Europe retomba dans l'obscurité dont à peine elle était sortie. Cependant l'impulsion donnée par le grand empereur ne fut pas totalement suspendue. Dans les contrées de l'Europe qui échappèrent aux nouvelles invasions des peuples du Nord, on continua l'œuvre commencée. Les monastères, devenus plus nombreux , renfermèrent aussi un plus grand nombre d'esprits méditatifs livrés à l'étude. Déjà , sous le roi Ptobert, nous voyons les écoles se rouvrir et prospérer sous la protection des princes ou des évêques. Les riches congrégations eurent aussi des écoles où la
* Lebcuf. État des Sciences sous Charlcmas^ic,
jeunesse venait s'instruire dans les lettres bien peu avancées, il faut le dire , mais toujours en progrès.
La grammaire, la poésie, l'histoire, furent cultivées bien davantage. Malheureusement la théologie les étouffait encore. C'était toujours la science des sciences, celle que les esprits les plus élevés cultivaient, qui seule était jugée digne de iixer leur attention. Elle comprenait d'abord l'étude de V Écriture sainte et des livres qui la composent ; puis la théologie positive^ c'est-à-dire la discussion sur Dieu , son essence, et sur les différentes parties du culte qui lui était rendu. Là se portait tout le génie des hommes du moyen-àge ; trop souvent de grandes facultés se perdirent en des déclamations , que nous jugeons puériles aujourd'hui , mais alors elles étaient populaires et occupaient tous ceux qui vivaient par la pensée. Il faut dire encore à, la louange de ces hautes intelligences , que si elles s*égarèrent trop souvent dans les arguties de l'école , bien souvent elles s'élevèrent contre les superstitions qui se mêlaient au Christianisme. La théologie comprenait encore la liturgie, et le soin que l'on apporta aux cérémonies de l'église fit faire quelques pas à la musique , ou au moins en répandit les premiers éléments.
Quant aux mathématiques , à l'astronomie confondue avec l'astrologie judiciaire, quant aux sciences naturelles , elles ne firent d'autres progrès que d'ajouter à toutes les erreurs qu'elles renfermaient déjà , des erreurs plus nombreuses. Avec toutes les idées bizarres, extraordinaires et fausses qui vse répandirent sur les objets de la nature physique , naissent toutes les lé-
geildcs qui s'y rapportent et dont nous verrons plus bas le système complet analysé. C'est à l'Orient, c'est aux conquêtes des Maures en Espagne, et aux relations que ces derniers établirent avec nous dès le règne de Charlema£;ne, que l'on doit en fixer l'origine. Ces légendes prirent avec les croisades et les pèlerinages en Terre- Sainte un entier développement. Tout ce que l'on découvrit des ouvrages de l'antiquité, toutes les rêveries des philosophes d'Athènes ou de Bysance furent adoptées comme d'infaillibles oracles : jointes aux idées superstitieuses de l'Orient et du Nord, que les peuples Scandinaves avaient importées, ces rêveries formèrent un corps complet de croyances plus fausses, plus étranges et aussi quelquefois plus amusantes les unes que les autres. Mais la vérité marchait et la lumière avec elle. Chaque science , étouffée sous un grand nombre de traditions mensongères , n'en faisait pas moins la découverte de quelques-uns des principes sur lesquels, plus tard, elle devait reposer. Ainsi , en astronomie , bien que le système de Ptolémée , qui fut généralement adopté , se chargeât de plus en plus d'erreurs, on commençait à distinguer les astres entre eux , à reconnaître les aurores boréales , à prédire le retour des éclipses. Bien plus : nous lisons dans les Annales de saint Berlin qu'il y avait dans le trésor impérial un bassin d'argent d'une grandeur énorme sur lequel était représentée, en bosse, la situation des étoiles et des planètes par rapport à la terre * : Gerber, celui-là même qui
Annales Berùniani ad an. 842 : Lotharius. inopiualo fralrum adven,-
fut accusé de magie , dressait des sphères qu'il couvrait de peau , euduisait de peinture , et sur lesquelles il représentait le lever et le coucher du soleil. La science des nombres lit aussi quelques progrès , et l'on commença à raisonner assez juste sur les poids et mesures. Le même Gerber cité plus haut , après un voyage en Italie et en Espagne , composa un traité de géométrie qui ne manque ni de méthode ni de raison. Enfin des manuscrits de V Itinéraire d'Antonin et des Commentaires de César j, répandirent quelques idées géographiques bien rares, il est vrai, a une époque où les historiens plaçaient le mont Vésuve en Afrique^ et donnaient à la Méditerranée le nom de mer océanique.
Ce fut aussi vers la ïm du IX® siècle que la langue latine, altérée depuis long-temps par les dialectes barbares des peuples divers qui se partageaient l'Europe, commença à n'être plus comprise , et qu'il fallut traduire les livres saints et les sermons dans un langage bien incomplet , mais qui , se développant , devait donner le jour à la langue romane , qui produisit la française. A cette époque on peut saisir les premières traces des monuments écrits de notre littérature : on rencontre dans des ouvrages latins une foule de mots, des phrases
tu lerritus,cessit, sublasliquc cuuctis ab Aquisgrani palatio, tam Sanclae- Mariae quam Regalibus ihesauris , disco etiam niirte magiiitudiuis ac pulchritudiiiis argcnleo, in quo et orbis tolius desrriptio et astrorum cousideratio et varius planetai-um discursus , divisis ab invicem spatiis, signiseminenlioribus sculpta radiabanl, parliculalim praccJso,ctc., etc.. Monumcnta Germaniœ historico, etc., éd. Péris, t, î, page 45^-
même qui souveiil appartiennent à cet idiome naissant. l\len de plus rare , avouons-le, que les ouvrages en langue vulgaire auxquels on puisse assigner, pour date certaine , le x^' ou le xi'^ siècle: quelques débris cependant en sont arrivés jusqu'à nous.
Les temps qui suivirent, jusqu'à la lin du Xlll® siècle, furent encore plus féconds, pour l'accroissement des connaissances de l'esprit en Europe, que ceux dont nous venons de parler: nous ne pouvons en tracer qu'une analyse rapide.
On vit alors toutes les sciences , sous le nom de Triviiim et de Quadricium * , réunies en corps de doctrine et former ainsi ce qu'on appela Cler^lc. Ce*s sciences, au nombre de sept, étaient la grammaire, la logique, la rliétoriquc, l'arithmétique, la géométrie , la musique et l'astronomie. La théologie, qui les dominait toutes , n'y était pas comprise. Cette division des sciences en sept branches remonte aux siècles antérieurs au douzième. « Dans le cinquième, a dit à ce sujet Legrand d'Aussy -, Marclanus Capella avait publié un ouvrage où il l'adopta. Au huitième, A la fin eu donna un où il la suivit également, sans autre dif-
* Dès le Tii*" siècle saint Braule - évèque de Saragossc , se servit des termes de Trivium et de Quadrivium dans le sens qu'on leur donna depuis. Conrad, moine de St. -Gai, quelques siècles après, en fait aussi mention. Jean de Gènes, Kigord et plusieurs autres en parlent ; et pour iaire mi grand éloge du fameux Abailard, on le f{uiili[iait chargé des sciences du Trivium cl du Quadrivium.
- T. \ des ^lutices et Extraits des manuscrils de lu BiOliul/ic(/uc du Jioi. p. 200.
férciicc que de comprendre sous le nom général de mat/ieîïiatu/ues les quatre dernières branches. Au dixième parut un Commentaire de Capella^ par Remiy moine de Saint-Germain. Mais au Xll*^ et au xili^ siècle, on ne connut que les Sept Arts; c'est là que se réduisait toute l'encyclopédie du temps. Ecrivains latins et français, poètes ou prosateurs, tous ne parlent qu'avec transport des Sept Arts. A les entendre, c'était le dernier effort, le nec plus ultra de l'esprit humain , quoiqu'ils confondissent sous la même dénomination et les arts libéraux et les sciences, et qu'ils ne connussent encore qu'une très-faible partie des uns et des autres. Aussi, chez eux , être instruit dans les Sept Arts , c'est posséder tout ce qu'il est possible de savoir. Quand les auteurs du roman à' Alexandre veulent peindre l'éducation savante donnée à leur héros par Aristote , ils le représentent versé dans les Sept Arts. »
Au milieu de cette confusion étrange, il y avait cependant quelques progrès : ainsi, comme nous l'avons déjà remarqué , le besoin dans lequel on était, pour étudier la chronologie , de la science des nombres , iit avancer les mathématiques ; un Anglais , nommé Jean de Basingestokes , rendit un important service à l'Europe en rapportant d'Athènes toutes les ligures des chiffres grecs et l'explication des lettres qui en étaient le signe. Alors on fit usage des chiffres arabes, connus depuis le xii^ siècle , mais non encore généralement adoptés. Au milieu des idées superstitieuses dont l'astrologie judiciaire entourait l'astronomie , on continuait cependant à suivre le système de Ptolcmée , à (^n
réfuter les erreurs , on ctudia même celle science dans son principe : Odon d'Orlcans ^ scolastique de la cathédrale de Tournay, se plaçant devant le portail de son église, le soir et même la nuit , instruisait ses disciples sur le cours des astres , les leur montrant du doigt. Nous voyons encore dans le xiii^ siècle les liommes du plus grand esprit distinguer V astronomie de Vastroloi:ie judiciaire. Hugues de Sainl-V ictor nommait la première une science naturelle , la seconde une superstition. Jean de Sarisbury se moquait de ceux qui y ajoutaient loi. De même, Albert-le-Grand ^ si renommé à cause de ses prétendues connaissances occultes, réprouve l'Astrologie judiciaire et la Transmutation des métaux. Enlui , l'auteur de V Image du Monde savait que la terre était ronde, et qu'il y avait des antipodes. Quant à la médecine, sa pratique, même avant le Xll^ siècle, n'était pas exclusivement abandonnée aux Juifs , bien que ces derniers y fussent toujours très-habiles. Beaucoup de religieux s'y livrèrent , et deux conciles du xil® siècle , qui leur défendirent cet exercice, n'eurent pas un grand effet *. On sait que les femmes avaient aussi , à cette époque , une connaissance plus ou moins étendue dans l'art de guérir avec des simples. Abailard , en fondant le Paraclet ^ voulut que les religieuses pratiquassent cet art, et sainte Hildegarde ^ religieuse dans les Pays- Bas , eut une si parfaite connaissance de la médecine, qu'elle écrivit quatre livres sur l'utilité dont
^ Dans le concile de Bézicrs . tenu un peu avant lan i5iU: Gilles,
étaient, pour la guérisoii, les métaux, les légumes, les arbres, les poissons , les oiseaux et tous les animaux de la terre. Malgré tout, les Chrétiens, à cette époque, ne purent jamais rivaliser avec les Arabes , dont la réputation fut toujours plus grande et méritée.
Les tentatives de la science, en Occident, surtout dans les opérations chirurgicales , ne furent pas heureuses : vers la iin du xii^ siècle , un moine d'Andern, aux Pays-Bas , sur lequel on essaya la taille in ingidnc pour la pierre, y succomba Enfin, il paraît que le pédantisme et la charlatanerie dont faisaient montre, en sortant des écoles de Salerne ou de Montpellier, les médecins de cette époque, leur attirèrent, et non sans cause, un grand nombre d'ennemis *.
On le voit, l'erreur sur tous les points dominait la vérité, qui, en se montrant, soulevait contre elle la majorité des esprits, et se trouvait bientôt forcée au silence, ou même à rétracter ce qu'elle avait osé dire. Cependant, elle ne cessa pas d'avancer, jetant parfois de si vives lumières, qu'elles ne s'éteignirent plus, et
archevêque deNarLoiine, défendit aux ecclésiasliqucs d'exercer la médecine sans la permission de leur prélat. Dans celui de Trêves tenu en i5io, il fut défendu aux aventuriers qui se disaient docteurs, d'exercer la médecine et la chirurgie, sous peine d'excommunication. (D. Martenne, Tliesanrus Anecdotorum, t. IV, col. 2512-67.)
* Voyez , pour de plus longs détails sur la médecine , la disserta tion de l'ahbé ,l>ebeuf sur l'état des sciences depuis le roi Robert jusq'uà Philippe-le-Bel, l. XR^ delà coUect. Leber, et p. ig/j. l. IL des Dissertations sur C histoire civile et ecclésiastique de Paris. Paris, 1741» iH-12.
servirent de guide à la civilisa tioii , qui marchait a grands pas.
Dans ce tableau, nous avons seulement voulu indiquer la source de toutes les légendes qui vont nous occuper, et les causes qui les ont si généralement répandues. (>ommc principale entre ces causes, nous avons placé la destruction de toutes bonnes études, qui, formant, pour ainsi dire, table rase dans les esprits, les prépara merveilleusement à toutes les croyances. Puis les fables de l'Orient, celles de la Grèce et de Ptome, reçues comme vérités incontestables , sont aussi des eauses qu'il ne faut pas oublier. 11 en est d'autres encore, mais particulières, momentanées, locales, qui tiennent au génie des peuples qui s'établirent en Europe, et qui seront déduites dans le cours de notre travail. Parmi elles, en voici deux que nous voulons seulement signaler.
La première est la religion catholique et la manière dont elle fut pratiquée alors : le nombre infmi de superstitions grossières que le souvenir du paganisme ou les croyances particulières aux nations conquérantes mêlèrent au culte simple et pur de la primitive Eglise, accoutuma les esprits aux merveilles étranges qui se répandent toujours aux siècles d'ignorance. La seconde est la magie, qui, née avec les premiers temps de l'histoire, répandue en Occident bien avant le Christianisme, prit, sous toutes les formes, sous tous les noms, une influence tellement considérable, que, pendant le moyenâge, tout homme supérieur, quel que soit son pays, sa condition, le temps auquel il a vécu, fut accusé de connaître les sciences occultes et de s'y livrer. A ces causes,
il faut ajouter que l'esprit domiuaut de l'époque lut d'accepter de toutes les sources des idées, des couuaissances, des inventions, des faits; de les arranger à sa guise, de les modeler sur elle-même, et de donner ainsi son costume et ses mœurs à des fables d'une origine bien plus ancienne. C'est un fait dont nous reconnaîtrons l'exactitude quand nous étudierons la transmigration d'une légende d'un peuple chez un autre peuple.