PRÉFACE. XI
dieux et de leurs héros. Si les principaux mythes doivent leur première origine à ceux que l'antique Orient avait légués aux nations de la Grèce , la forme que ces idées ont prise n'en appartient pas moins à ces hommes du Nord, qui, concurremment avec la religion du Christ, étaient destinés à régénérer le monde.
Voici quels sont, pour les peuples de l'Europe, les livres primitifs :
VEdda et les Sagas pour les habitants de la Norwége, du Danemark, de l'Islande et des autres contrées du Nord.
Pour l'Allemagne les Nibekmgen^ et aussi quelques chants de VEdda.
Pour l'Espagne tous ces fameux Romanceros plusieurs fois imprimés pendant le xvi^ et le xvir siècle.
Pour l'Angleterre, outre lesSagas^ quelques chants de VEdda et la Chronique saxonne^ nous citerons les Chants des Bardes armoricains, les Triades bretonnes qu'il faudra mettre au premier rang, si jamais leur authenticité devient certaine, puis les anciennes Ballades anglaises, écossaises, irlandaises recueillies par Percy, Walter Scott et plusieurs autres.
Quant à la France, on fut long-temps sans apercevoir l'œuvre primitive de ses habitants. Naguère encore les érudits, citant quelques paroles de la vie de Charlemagne par Eginhart, déploraient la perte des poèmes antiques et nationaux que ce grand prince avait fait réunir; on niait le génie épique de la France proprement dite. Mais de nouvelles études ont été entreprises, des poèmes écrits en français du xjr et du xiir siècle ont été lus, exa-