CHAPITRE II
SoMMAini. — Conversation du médecin avec les malades sur lesEain minérales de Vichy. — Maladie d*estomac, dyspepsie. M. N. — Maladie du foie, jaunisse ou ictère. M. T. — Maladie d>ntraiUe, entéralgie. M P. — Affection de matrice et d'ovaire. M«n« J. — Chlorose. Mlle C. — Maladie des voies urinaires, colique néphrétique et gravelle. M. M. — Goutte •t rhumatisme. M. A. — Phénomène de l'alcalisation du sang. — Diabète. M. L. — Albuminurie. M. F. — Fièvre intermittente, affection paludéaime av«c hypertrophie da U rata. M. V.
lialadto d'astomaCi dyspepsie. M. N.
M. N, — Vous me dites, docteur, que je suis dyspeptique, parce que j'ai de mauvaises digestions; qu'est-ce que la dyspepsie?
44 MALADIES TRAITÉES A VIGHY
Leméàeein, — VoaséteB dys[)ppti(jiie, parce que vos digestions sont lentes, accompagnées de rapports, quelquefois de vomissements; vous avec des borborygmes, des flatuosités, etc.; je reconnais votre dyspepsie aux symptômes qui l'accompagnent.
M, N. — Je crois que vous vous trompez, docteur. J*ai une gastrite.
Le médecin.^ La gastrite^ monsieur N..., s*accompagne de fièvre et vous n*en avez pas ; d'anorexie, d'insomnie ;vousavez de Tappétitet vous dormez. Il y a aussi unedouleurextrème à la moindre pression épigastrique, et vous n'éprouvez hea de ce côté. La maigreur se fait rapidement et un état des plus graves arrive très-vite.
M, N. — Si je u ai pas de gastrite, j'ai une gastralgie.
MALADIES TRAIDBES A VIGHY 45
Le médecin. — La gastralgie n'est pas aussi dilTérente de la dyspepsie que vous pai-aissez le croire. Dans la gastralgie, tout le mal d'estomac est nerveux, et une des formes de la dyspepsie est la dyspepsie nerveuse. Il y a toutefois une difTérence entre la gastralgie et la dyspepsie.
Dans la gastialgie, les aliments les moins convenables sont ceux qui sont digérés avec le plus de fadlité.
Le tiraillement d'estomac, simulant le besoin de la faim, va jusqu'à la défiiillance.
. Vous n*avez pas une gastralgie, monsieur N.
A/. N. — Si tout cela est vrai, est-ce que je ne suis pas atteint du pyi-osis ?
Le médecin. — Vous n'avez pas davantage le pyrù9i». Vous ne vous êtes jamais plaint d'éprouver une sensation brûlante, de quel-
IS MALADIBS TKAmiBS A TICHT
que chose de chaud, d'irhtant, (jui, parlant de rastouiac, b'élève vers l'œsophage et la gorge et est toujours accompagné d'une sécrétion abondante de salive limpide et aigre. Vous n'avez pas cela.
Vous ôtes dyspeptique, monsieur N., et comme je vois que vous ne vous êtes pas bien rendu compte de votre maladie, je vais tâcher
de vous la faire oomprendi'e, en même temps que je vous donnmd le motif pour lequel je vous enraie ▼ow lélAHr eu» Beux de Vichy.
Le (HgeeltoD des albiiiBli eommenee à se ââre dans restomac. Peur qu éUes'epèrebiea, il faut que restomee sèerète un liquide, lê sue (fostrique; ik faut qu'il poesèdeime membrane muqueuee inlacte, uneetreuhttiea, une innerynl6xniL9xtàm d u« raoa wneal partleidier dil
périslaltique, qui pousse les aUmeuis de haut eu bas.
Si toutes 065 couditious M saut pas très»
régulières, saus maUdies touteiois, il y a dys^ pepsie. U n'est pas besoin poui* cela d'alté* ration orgaïuque..
Le trouble de la iouction £ieul suiht pour amener la dyspepsie .
La à^qp tie^ comme vous le voyez, est donc constituée par un ti ouble fcmctionnel de raete de la digestion dans l'estomac.
U y a ainsi une grande variété de dyspepsie^.
La 4yspepsie peut être acic^, si la sécrétion est trop acide .
Ëlle est muqueiéie av«c un excès de mu** cositè.
8aàmrrhal0y en prenant ce mot dans
sa véritable siguitiGatiou, c e^l-a-dire coii&ïdérée comme uu résidu de substances alimentaires mal digérées et retenues dans 1 estomac à la suite de mauvaise digestion.
Y a-t-il un excès de ûux bilieux venant par regorgement à travers le pylore dans le grand cul-de-sac de l'estomac ? La dyspepsie est
Est-ce un eicos de gaz se développant dans Feitomac avec pression épigastrit^ue, tension à celte réijion, nausées, éructations inodores ? La dyspepsie est flaiulente.
Est-ce une difficulté d'absorption de liquides tellement lente que cette quantité de liquide, restant dans l'estomac fort lon;^temps et comme
dans un vase inerte, fait entendre un bruit de clapotement lorsque le malade se retourne brusquement de droile à gauche.et vice verta^
MALADIES TKAiTÉES A VICHY 40-
OU bien lorsque le médeciu pratique la palpatioB ? Ge bruit de fluctuation est caractéristique et désigne la dyspepsie des liquides,
Lià dyspepsie des solides aiTive tout aussi bien que celle des liquides, si le suc gastrique n'est pas séa^été en assez grande quan- tité. «
La dyspepsie peut aussi coïncider avec la grossesse et être amené par elle.
Elle peut aussi être produite par l'aménie., les états diathésiques, cackectiques.
D où une très-grande variété de dyspepsies, qu'il importe de bien connaître el de bien dis- . tinguer.
La dyspepsie la plus remarquable de ces .
divei*s états pathologiques est la dyspepsie, hypociioiidiiaque. EUe mériterait mie étude fipéaale, si notre cadr^ aétait limité. . .
m IULàDIEft T^AllKS k VIOBY
Vcu voyw d^nc que lâ dyspepsie peal tee fnmîtiTef m g e wfaw r eUenattèBie dit we e t maladiet de rMrtmtifîee el 4» 1» nutdtkni; OB liîeii étare aetoideire, aoiie rmfiueBQed\iae iBûdiflcetioii sènénde ou Inratt de rom* mane.
Voire maladie, monsieur N.» est ^e dye* pifisie ëmple, et savei hîm mainleaant ce que c'est.
Tairt a l Ms^ les maladies d'eslemac, comme le pyrosLs, la gastralgie, rembame gastrique, sonl sewPSBt traitées par des moyens sembla»
Use. LeMamuth, leeharbra de peuplier, les purgatifs doux, la magnésie et la chaux piéparée sent les médicameols qui semât le pkou sovmit Us ont com^élemeai échoué auprès de Yoos. LaseauimiBéndes traaqpoHéiBS alcalines gaseuses &'oaI paé eu plvs de suoeèe. Je
stAjUdUBs miTÉns a vicby si
vouii couseille doiic aujourd'hui de voub diri'^ ger sur Vichy, station liydro-minépato-alca-- Une tiràs-remarquable pai* $es cures dans voire cas. jUes sources que la aature a prodiguée»
iii^ cette viik sool vraiment exceptionnelleft et lourniâsent au médecin comme au malade um resîiource que ne peut égaler aucun ^uitre iQoyeJU tl^apeutique.
Maladies du 'foie
C'est la vingtièn^e visite que le docteur lait à M. T.
M» T. ^ Maie, doçleiir, wis se 19'avez
l}ijué guéri, comme vous me l'aviez p]X>mi8, à la Un de mes tf ois semaiiie^. Je suis aussi jaune
St MALADIES TRAITBB^ A VICHY
qu'un citrou. Je vous prie de m examiner :
j ai pour uies anus plus iju'uue jauuisse.
Les uuâ me disent que c'est uue hépatite, un engorgement du foie; d autres, que c est la suite de calculs Inliaii-es ; que sais-je? Prenez donc une bonne determinaLiou pour moi. S'il faut que j aille aux Eaux, j'ii*ai dès que vous me le prescrirez et que je serai en état' de |iartir. Je veux en finir avec (îette affreuse maladie.
Le médecin . — Votre demande, monsieur T , est trop catégorique, pour que je ne vous réponde pas.
Je veux vous faire comprendre que vous' n'avez qu'une jaunisse. Je vous montrerai au68i qu'eu allantà Vichy, vous trouverez dans ses eaux minérales le plus court f^emin \)0\xx' anivei* à mie guéiison que je souhaite .
MALADIES TRAITÉES A VIGHT 58
être aussi j^^oduane que vous le souhaitez vous-môme.
Vhépatite n'est pas une maladie commune; elle ne peut exister sans delà fièvre, sans une tension et une douleur plus ou moins vive au côté droit (hypochondre droit) , et sans une coloration jaune de rurine,qui devient très-rare.
Lmgorgemeni du foie présente toujours un agrandissement fadle à constater, parce que son rebord inférieur dépasse les dusses côtes droites. Cet engœ^ement peut exister sans douleur. Il y a toujours des digestions plus ou moins paresseuses, des urines xdus ou moins foncées, et comme il s*accompagned*un trouble dans la sécrétion biliaire, il peut coïncider avec de la jaunisse et avec des calculs dans les conduits biliaires.
La cQUçue héjMitique a ion siéga dans les
54 MALADUS8 TRAITRES A VICHY
conduits du foie et de la bile, appelés couduits cystiques, vésicule et canal ciioiédoque. Elle prend par accès plus ou moins fort et quelque fois ffune violence à faire croire que quelque chose va se rompre dans le corps.
La douleur s'irradie vers l'estomac, le lait entrer en contraction. Il y a vomissement.
Rien n'est pénible comme cette colique. Elle est produite par les efforts des conduits et leur contraction pour expulser robstade qui géne la biiedansson cours. La réaction est générale, mais c'est une réaction nerveuse, et la drculalion'n'en est pas troublée de suite. Le pouls reste calme au milieu de tout ce trouble.
A la suite de cette colique, il y a des urines rouges comme du safran, et les sdérotiques (blanc des yeux) deviennent légèrement jaunes. Cette crise peut passer en quel-
UAhkDïES TRAITÊB8 A VIGHT 56
ques heui es . Elle peut durer aussi un ou deux jours.
Les calculs biliaires sont distingués en hépatiques, cystiques, de la vésicule et cholédoque, selon qu'ils siègent dans le conduit hépatique, dans la vésicule, le conduit cystique et dansle conduit cholédoque. Us sont fonnés decholestèrine et de la matière colorante de la IhIb. Ibscmt qudquefois assez gros, surtout à un certain âge, pour déterminev lef accidente les plus graves.
Nous savons déjà qu'ils produisent la colique hépatique.
Enfin» ïietère (najauntMae a bien pour caractère leplus trandiô la couleur jaune de la peau, des coiijonctive6,dertirine.Lesmatièies fécales devimnent grises èt il eûste un gonflement plusou moins sensiUe du ventre. La
56 MALADI£S TAAlTÉfiS Â VlCUr
fièvre n'existe pas; Tappétitést diminué, .mais non perdu.
L'ictère peut être une maladie essentielle.
Gomme aussi il peut être symptômatique d'une maladie du foie.
Une simple émotion peut le donner.
Le plus souvent, il est simple, sans complication.
La bile passe dans le sang avec ses principes colorants jaune et bleu, sans altération organique, à l'occasion d'un simple trouble nerveux ou d'une commotion morale.
C'est ainsi que la jaunisse s'est j^roduite chex vous, monsieur T. Car vous l'aves eue à propos d'une colère rentrée : votre foie n'est pas sensible et vousn*avei pas la fièvre, donc vous n'avez pas d'hépatite. Votre fde ne déborde pas les fausses oétes, il n'y a donc pas
MALADIES TBAITËËS A VIGUY 57
d'engûigement. Vous navez pas éprouvé Ja moindre colique et les signes des calculs ne peuvent pas être sans colique.
Votre maladie n'est pas grave, monsieur T.
Vousétes enétatdevoyager,noussommesdan8 un bon moment de Tannée, voici le mois de mai: allez en toute sécurité à Vichy, suivre le traitement le plus.eilicace et le plus sûr que vous puisiez employer.
Maladie d'entraiUes, entévalgie. M. P.
M. P. est un jeune homme de diz-huitans, soigné depuis le bas âge par notre docteur. U a eu dans Teniance une gastro-entérite, occasionnée par les mauvais-soins et le mauvais
68 MAIADIES TRAIT ÉGS A VIGUY
UtU de sa nourrice. Celle-ci, au lieu de lui dpuudr le sein, lui faisait mau^^er de la soupe. La famille s en aperçut un peu tard et le retira quaud il était encore temps. Les soins de sa fàmille Tout rétabli, mais il lui est toujours resté, en gi^andissant, une susceptibilité d*entxailles très-grande. Le moindre écart de régime la réveille. A chaque renouvellement de saison, ce sont des coliques violentes qui déterminent de la pâleur, du fix)id aux extrémités et de la diarrhée. La famille fait venir le médecin. Celui-ci, qui est venu cent fois pour la même chose et qui a dû cent fois la rassurer, lui déclare qu'il faut enfin essayer un traitement plus radical que tous ceux qu'on a employés jusqu'à ce jour, il faut tâcher de fortiher les intestins, en faisant suivre pendant trois ou quatre ans de suite un
Oigitized by
malàdies traitées a vichy 59
traitement par les eaux minérales de Vichy, prises aux sources mâmes.
Pour rassurer la famille, }e médecin entre dans les considérations suivantes:
€ n &ut écarter, lui dit-il, toute idée cTentérite^ cest-à-dire d'inflammation d'entrailles. Ces accès ne sont pas accompagnés de la moindre fièvre et la douleur du ventre, loin d'augmenter par la pression, diminue. Une entérite est une maladie d'une durée interminable, l'afiaiblissement et la fièvre en sont inséparables. La fièvre typhoïde lui semble comparable, tant les désordres en sont grands.
« La dysjpepiie intestinale n'existe pas davantage : celle-ci entrainmit des digestions mauvaises et représenterait un certain état morbide continu sans rémittences. La dyspepsie intestinale s'accompagne de tympanite ou dé-
61) MALADIES THAillSfiS A VIGUY
veloppement de gaz dans les intestms. Les gardes-robes présenteraient une intermittence de constipation et de diarrhée. La dyspepsie intestinale n'a point de colique ni de crise douloureuse.
c La présence de vers intestinouit pourrait seule produire les mêmes symptômes. Mais rien n*est plus iacile que de se rendre compte de la présence d'entozoaires dans les intestins. On constate, en effet, l'existence des parasites intestinaux, soit lombrics, soit oxyures, à l'aide d'un vermifuge répété de temps en temps. La mousse de Corse, le semen-'Contra sont des moyens inofiensifs, qui débarrassent de ces h6tes parasites et ne laissent pas de doute sur le diagnostic. Vous savez que M. P* a été souvent soumis à ce traitement et qu'il nous a été
MALADIES TAA1T££S A VIGHY ^
toujours impossible de trouver des vers intestinaux.
« Ventéralgie ou colique nerveuse des entrailles, (elle est donc Taifection de M. P.
« Il ne nous est pas difficile de soulager la colique au moment où elle se produit, soitavec des frictions calmantes, soit avec des potions antispasmodiques; mais nous n'avons pas pu empêcher son retour par les moyens que nous avons employés, comme la pepsine, ladiastase et le régime.
« Pour essayer d'un traitement curatif plus actif, je n'késite pas à vous conseiLier d'envoyer votre ûls aux thermes de Vichy. Il y • trouvera des moyens énergiques, puissants, contre ce genre d'ailection, et peut-être ce qu'il chercherait en vain ailleurs. »
it MALADIES TRAITÉES A VIGUY
Afléetloa d« matrice et des oralra. Mine J.
Ces allectious ne sembieut pas, eu générai, i^ulrer dans le cadi-e des maladies traitées à Viciiy. Nous pensons que c'est par erreur, cai* toutes les aiTections de cette classe, soit de la matnce, soit des ovaiies, soit du sont parfaitement modiâées et souvent guéries. Seulement il faut qu elles soient sous la dépendance ou la suite d'une affection d estomac, d'entrailles ou de la fonction digestive. Cette opinion est partagée par la plupart des oonirères de.Vichy, et je crois donc utile d'en parler avec quelques développements.
ûiyilizea by CjOOgle
MALABUëS TRAiT££S A YIGUY 68
Le dodeur leçat un jour une lettre d'une ancienne cliente, M*** J. £lie lui avouait ({ue, depuis un an, époque où elle avait été forcée de prendre d'autres conseils, elle était devenue enceinte, avait eu une asses bonne grossesse et Mt un ezoéllent accouchement. Depuis quatre mois que ses couches étaient terminées, elle ne pouvait se remettre d'un engorgement de matrice, suite de la métrite qui était survenue quatre jours environ après le phénomène de la parturition. Deux médecins, d'une opinion tout à iait opposée, la dirigeaient en ce moment : l'un d'eux voulait lui iaize suivre le traitement hydrothérapique et l'aulre l'envoyer à Vichy. M»* J. demandait aujourd'hui par lettre à son anden médecin, en qui elle a grande confiance, ce qu'elle devait £Bire.
M MALADIES TAAITÉKS A VICUY
La réponse ne se fit pas attendre bien longtemps.
Le docteur prit la plume et écrivit :
« Madame,
f J'ai eu l'honneur de vous donner des soins pendant une dizaine d'années et j'ai toujours, malgré vos quatre grossesses précédentes, reconnu en vous une grande faiblesse des reins, d'estomac et d'entrailles : jamais je n'ai trouvé la matrice malade, mais les dispositions du corps changent. L'innervation m'a toujours paru jouer un grand rôle chez vous.
Son instabihté du côté de l'estomac a exigé souvent des palliatifs. Elle vous a occasionné bien des coliques, tantôt à un point du ventre, tantôt à un autre, et selon son siège elle recevait des noms diiférents, toujours en vue
MALADIES TEAITSSS A VIGHT 65
de 8a nature nenreuse. Un jour, en urinant, vous rendîtes un petit gravier, et depuis œ jour il me fut aisô de comprendre que vos coliques de rein, si vagues, pouvaient être néphrétiques. Dans tous les cas, votre gravelle était constatée et des raisons ultérieures me firent penser qu'elle avait déterminé une légère néphrite.
€ La variabilité de Tinnervation abdominale ne se contentait pas de troubler l'estomac, les entrailles, les reins : souvent j'ai trouvé, après des crampes d'estomac, les urines troubles et vos sclérotiques jaunâtres. Qu'est-ce que ces signes pouvaient signifier, sinon que votre sécrétion biliaire était troublée dans sa drcu* lation!
c La longueur et la persistaneede votre maladie nous fit vous amsnUer pendant deux
66 MÂLÀDUBS TKAXliûËS A VICHY
années de suile d'aller à Vichy suivre le traitement thennal. Vous arez fiût deux fois ce Toyage et deux fois tous en aves retiré une sensible amôlioralîon.
« Vous pensez avoir >ujourd*iiui un engorgement de matrice.
< Or, Vmdfordfemmt de wu^rieetmpêiche de marcher et donne un mal de reins qui se propage le toig des cuisses. U doit vous être impossible de vous tenir debout dix minutes et de rester assise longtemps. Vous deves n'avoir que deux positions possibles, le lit ou la chaise lougue.
Cette aftection d'uu nouveau genre pour vous me force à vous donner quelques détails sur les maladies de matiice, des ovaires et du vagin, qui soul si fi^uenles dans l'existence delalenune* .
MALADIES TRAITiXS A VICHT 137
« LBBTftppcnlBdevoifliiiaigedelamatriceet des onam Mil tel» que ces deux organes se touchent par la trompe de falloppe (espèce do eondoil qui ta de Vtmk Fautreà travers lea Hganiffiifta larges). Leur foncHon est la même ; aussi, lorsque Pan d'eux est atteint, Tautre en sidbit ks conséquences.
€ La menslrliatkm, qui constitue toute la vie physiologique de la femme de 14 à 50 ans, force le sang qui part tous les mois des ovai*^ res à se diriger dans tes trompes de lUlope pour se déverserde là dans la matriœ.
« C'est tons les mois que oe travail s'acoomplit.
« Supposez quac» travail neamtpaakNil à Mi régulier, que font le sang qui suinte de l'ovaire ne soit pas pris, voOà une cause d'oM rti»; qu'use fsvlio do ee w« e^Joome^dans
68 MALADX£S XRAIXIŒS A VIGHY
les trompes, voilà une infanmaiùm dêt liga-'
menÊ9; supposes enAn qu'il irrite la matrice,
voilà un engorgement utérin,
€ Une ou Tautre de ces trois inflammations
a souvent bien .de la peine à se terminer sans
accidents ; car, si ime nouvelle menstruation
la surprend, en voie de résolution seulement,
une nouvelle inflammation se développe et de
là une suite de maladies qui amènent l'engor- «
gement à une série de rechutes d'une solution longue et dil&cile.
« Revenonsà votre affection.
« Si Fengorgemeni siège aucoldelàmatiice, ily produit, par le &it de son poids et de son frottement sur la muqueuse du vagin, des dénudatiom^ des ulcératùmM^ surtout si le vagin est un peu sec.
« Le o(w|ra|re pe^ii av(4r. lieuj il peut s'y.
MALADUSS TSJJXiES ▲ VIGHT 60
produire une hyperséorôticui de mucus, de muco-pus, de glaires blanchâtres, daîres comme du blanc d'œuf ; de là, la leucorrhée et le catarrhe vaginal.
c Le catarrhe vaginal résulte de Tinflammation du vagin ou vaginite, qui produit un excès de mucosité.
c Le catarrhe vaginal devient ladlement chronique si on ne le soigiœ pas ; comme aussi, bien traité, il n'a pas l'opiniÂtreté des autres catarrhes.
f Le catarrhe du col de ia matrice se produit de la même manière que le catarrhe vaginal ; il coïncide avec l'engorgement du col et il ne tarde pas k produire sur la muqueuse une sorte d'inflammation boutonneuse, comme si une maladie de peau,un herpétisme accentué existait dans ces parties.
70 MAifnigft TAAITBSS A VICHY
« Laleucofthée, pour Mproduire, n'a pas beMin du oatairhe utérin, ni du catarrhe vaginal. Ce sont deux maladias diatmctes.
€ Ainsi, sans qu'il y ait catairhe ni aucune lésion dans la matrice ou le vagin, la nature, qui a mis Iteauooup de glandes sécrétoires danscet organe pour le iubrôiier etrhumecter, peut, pai' une raison quelconque, la pauvreté du saog par exemple, produire un excès considérable de celte sécrétioa et douuer lieu à la leucorrhée ou /lueurs blanches,
tt Le flux mensU uei a pour origine un écou • Ifimeut du sang j^rovenaal du dëtaoUemeul d'un ovule (premier germe de la grossesse).
c Les perturbations que cet écoulement de sang entraine varient. Ou bien cet écoulement est insufiisant, difficile, peu abondant ; c est la dysménorrhée.
liAJuÂDlES TRAITÉES À VIGH^ 71
« Ou bim cet écoulement eit nul, aUm qu'il devrait être régulier et périodique tous les mois ; c'est l'aménorrhée.
« Ou l>iea il est trop abondant et constitue umperie ou hémorragie.
€ Mais laissons de côté pour le moment tous ces états pathologiques, qui vous ont occupée daus le temps, parce que vous les avez connus presque tous.
« li'afiection nouvelle dont vous êtes atteinte ne leur est pas étrangère, car il me semble incontestable que la maladie que vous ayei depuis "votre dernier accouchement n*est pas un fait accidentel, comme tous paraisses le croire^ mais bien la cons6q[uence de votre faiblesse et de votre atonié abdominale.
« Gomme tous les autres oiganes du ventre, rutérus (ou matrice) a subi à son tour
79 MALADIES TRAilɣS A VIGHY
les mêmes lois, celles de l'iaflammation et du gonflement chronique.
« Aussi, en souvenir du passé et dirigé par la pensée que, pareillement à vos maladies précédentes, dont la marche a été si heureusement modihée par la fréquentation de Vichy, n'hésiterai-je pas à croire que celle-ci recevra d'un traitement semblable la même impression.
« Je tire doue mes conclusions et ma manière de voir de vos antécédents et du caractère spécialemen t plé thox 14 ue de vos voies diges 11 ves, des glandes qui leui* sont aiiérentes, et des moyens qui ont réussi à leur rendre toute liberté.
« L'indication des Eaux de Vichy, ainsi formulée et laisonnée, me parait aussi formelle dans votre cas que celle qui me ferait vous
MALADIES TRAITEES A VIGHT 73
conseiller d'aller à uue statioa sulfureuse, Luchou ou Barége, si vous aviez une constitution ou une maladie herpétique.
€ Je vous tiendrais encore le inènic raisonnement, si vous aviez une autre maladie, comme Tovaiite ou bien toute autre de celles que je viens de vous indiquer et de décrire rapidement.
« Toutes vos maladies ont une même origine, viennent d'une même déviation : le trouble de Tinnervation de la fonction digestive ; et, à cause de cela, elles trouveront leur guérison dans les Eaux thermales de Vichy.
« Recevez, je vous prie, Madame, l'assurance, etc.
« P. S.— Vous savez que toutes les sources de Vichy ne sont pas pareilles. Les unes sont riches eu hicarbonate et les autres eu priu-
74 MALADIES TAAiT££â A VICHY
dpes ferrugiiieuz, et il Berait imprudent de suivre indifféremment le même traitement que les autres malades. Il faut vous en remettre aux soins du médecin expérimenté que vous aves déjà consulté ; car il appartient à lui seul de vous indiquer la direction qu'il convient de suivre. »
Pauvreté du sang, chlorose. Mue C.
Le docteur est reçu coimiiô ami dans la famille de M"' C. Cette jeuue fille a aujourd'hui seize ans, et les parents, qui n'ont pas d'autre enfant, interrogent le docteur suila maladie qui a pu opérer si vite de si grands changements dans sa santé.
Le médecin. — Vos demandes au sujet de
MAXADI£S TRAITSËS A VICHY %
Mademoiselle me conduisent à tous parler de deux affecdons qui jouent à son âge un rôle des plus importants : la chUtrase^ d'une part, appelée encore pâles couleurs; et ïanémie^ d'autre part.
La chlorose est le morbus mrginm des anciens auteurs ; elle est caractérisée, comme vous le voyez trop bien, par une pâleur excessive, une ternie jaunâtre ou verdâtre de la peau, la mollesse et la flaccidité des chairs, la hlancUeur des lèvres et des conjonctives. Il y a le plus souvent de la dyspepsie.
Vous pouvez remarquer combien la digestion est troublée.
Voub ne pouvez pas parvenir à trouver le moyen de faire manger. Vous avez épuisé tous les aliments possibles. Rien ne tente. Dégoût pour toute chose.
78 MâLAD1£6 TRAlTKEb A VICHY
Les médicaments que j*ai pu employer u ont rien produit. Ceux qui ont le mieux réussi n'ont eu de résultats que pendant ti-ois ou quatre jours.
Outre cette dyspepsie stomacale^ il y a des lassitudes, des tristesses et des pleurs spouianés et qui paraissent exister saus raison.
Enfin, pour nous, médecin, il existe aux carotides uu bruit, appelé bruit de soulle,très iort, un espèce de roucoulement que l auscultation des vaisseaux nous permet do bien distinguer.
Tels sont les sfmptômes de la maladie de
Cette maladie est constituée par une diminution dans la composition du sang. Le sang se compose de parties liquides et de parties eoUdes, qui forment le caillot ; dans celles-ci,
MALADIES TRAITÉES A VIGHT 77
les globules, corps tout ronds et qu'on ne voit qu'au microscope, diminuent de 20 et 50 pour ceut.
La moyemiedes ylobules dans le saug normal est 127 pour 1,000 parties. L abaissement de 113 n'est pas incompatible avec la santé.
C'est le chifiTe 80 qu'on doit regarder comme la limite où le vice du sang commence à être morbide. On i^ncontre un abaissement à 50 et 60 dans la chlorose confirmée.
Telle est la véritable lésion du sang dans la chlorose.
Uanémie^ comme la chlorose^ consiste, noa pas dans une diminution absolue de la masse du sang, mais dans une diminution des globules de ce liquide.
L'eau augmente dans le sang à mesure que les globules y diminuent.
78 MAT«AmK8 TRAITÉES A VICHY
Ladécoloraliûu el railaibiissement âccompagneul toujours 1 auémie. Le visage se bouffit, la marche est pénible, les sueui-s faciles.
Entre la chlorose et l'anémie, il y a un trait commun : la diminution des globules du sang ; aussi a-t-on oonfoudu souvent ces deux affections, sous le nom de chhro'anémie,
Toutefds, la distinction existe.
Cette distinction porte sur les phénomènes qui dépendent du système nerveux. L'anémique et la chlorotique diffèrent totalement, à ce point que l'homme, qui ne peut avoir le système nerveux etForganisation de la femme, ne peut pas être non plus atteint de chlorose, sauf excepticm rare.
Les troubles de Tianervation peuvent être cause chez les jeunes lilles de la maladie qui nous occupe. Ces troubles nerveux peu-
MALAD1£S TRAITEES A VIGHY. 79
veut présider à tous les phénomènes de durée, de marche, d etiologie, de symptômatoiogie; en un mot, pendant toute révolution de cette remarquable et singulière maladie de la jeune ûUe, qui la saisit à la ûem^ de la jeunesse, daus ses plus belles années, de 12 à 20 ans.
Rien n'est plus favorable au traitement de la chlorose que Tusage d*une eau minérale prise sur place.
Les eaux thermales les plus diveiraes, les plus Tariées réussissent.
En première ligne, illkulplacer les eaux ferrugineuses; mais, les bicarbonatées, chargée d*acid6 carbonique et de prindpes ferrugineux, sont aussi favorables; car, en dehors de rélémentferrugineiix,rélément sodique opère sur Testomac une action qui réveille Tappétit, l'assimilation, la nutrition et les forces.
MAUkDIES TRAITEES Â VICliY
En dehors de Tactiou médicameateube, le voyage, la dislracùon, le chaugement de climat, les promeuades, les excui-sions, tout agit daiiâ un sens favorable, et il est rare que l'amélioratiou u eii soit pas la conséc^uence.
V'ous avez ainsi, clieib parents, les explications que vous pouviez attendre de moi et de mon expôiienGe.
Faites partir Mademoiselle avec une personne de vos amis, ou mieux aeoompagnez-la à Vichy; confiez-la à la direction d*un médecin, el elle vous reviendra dans de meillem'es conditions.
Oigitized
MALADIES THA1TÉ&3 A VICHÏ 8t
Maladies des voies urinaires. — Coliquo néphrétique, graveJULe. Mt M.
Dans sa tournée du maiiu, le docteur eutre chez M. M. Ce dernier a été surpris, la nuit dernière, d'un violent accès de colique néphrétique, dont n'ont pu venir à bout les calmants les plus énergiques.
M. M. a déjà eu trois accès; le dernier a été le plus aigu.
Ge malade a entendu quelques personnes raconter que cette maladie conduisait à la pierre; il veut l'éviter à tout prix. Il demande comment il se foit ^'on puisse tant sooffinr et quelle eet la nature de cette affection et ses moyens de guérisen.
92 MALAliiK:^ THA1T££S A VICUY
L$ médecin. — Les rems, Toyes-Yous, monsieur M., laissent passer, comme à travers un crible, le petit sable excessivement ûn qu*on connait sous le nom diacide urique. Supposez que quelques grains de ce sable soient plus gros; ils auront de la diiEculté à passer; de là les elTorts, la colique, la congestion, la néphrite quelquefois.
Si les pelils gravieis se réunissent et en forment uu ylxxs gros dans la vessie, celui-ci, devenu trop considérable, ne peut plus sortir et devient un calcul,
La composition chimique de ces calculs se trouve ébe de Tadde uiique, des urates de soude, de chaux, de magnésie, d'ammoniaque, âepho6pbateammomaoo-magné8ien,ducarbonate et oxalate de diaux, etc., et une matière animale*
BIALADIES TRÂITBES A VICHY 83
Nous avons dit que les graviers des reins, 80US la forme d'acide nrique, oocasloimaieat la colique néphrétique et constituaient la gra<* velle. Ce que nous allons dire maintenant de la gravelle s'applique également à la colique néphrétique.
lOL gravelle tire son nom des graviers ou petits corps graveleux de la grosseur d'une tête d'épinglë, parfois heaucoup plus petits ; on les trouve réunis au fond du vase dans lequel Turine a été déposée et s'est refondie. U y a des graviers, comme nous le disions, assez gros pour occasionaer beaucoup de soui£raace à la sortie des reins, de la vessie ou du canal. Cest siu-tout à la sortie des reins et des uré* tères que ces graviers peuvent déterminer des accès de colique dont la violence est inouïe. Ces coliques, dont la dui'ée est souvent beaucoup
M MAIADIICS TAAITKES A ViGHY
moindie, peuTtfU se prolonger vingt-quatre heures et au-delà. laes doulenra partent alori da rein draift ou gauche, font le toor de la ceinture et semblent se perdre sur les c6tôs du ventre, en se dirigeant vers la vessie; rarement les deux côtâs sont pris à la fois. Les extrémités se refroidissent, le pouls ne change pas de caractère. U n'est pas plus £rôq\ient qu'à l'état normal. Les vomissements surviennent et le malade croit qu'il va mourir dans une crise.
Ces concrétions urinaires peuvent s'arrêter dans la vessie, s y assembler, s'y a^lomérer et ne plus pouvoir traverser l'urètre ; c'est alors un véritable calcul ou pierre.
Les caîouU ou pierres sont doue de gros graviers qui séjournent dans la vessie, où ils ne font qu'augmenter. Us forment quelquefois dei mwm imsm»% doiu le poids s'élève i
MALADIES TBAIXteS A VICHT 85
pluaeuTs kilogrammes, puisqu^onenadtdime qui pesait jusqu'à 3 kilos 900 grammes. On en trouve quelquefois, 2, 3, 4; on dte des cas où le nombre en est oonsidérable, oomma celui de Buffon, dont la vessie en renfermait dnquantMinq du volume d'un gros pois et d'une forme triangulaire. Us sont, eu général, ovoïdes, ternes et lisses.
Leur dureté présente des diffôrences inAnies. lis peuvent se développer autour d'un corps étranger, conune ime épingle, un caillot de sang, etc.
Après la colique néphrétique, la gravelle, les calculs, ajoutons quelques mots sur le ca" tarrhe de la vessie^ conséquence le plus souvent d'une cystite chronique (inflammation de vessie) ou d'une hypertrophie de la prostate.
Ainsi, noms aimms paroouru aveo vous,
86 MALADIES TAAXT£fiâ A VICHY
monsieur M . , la plupart des maladies des voies urinaires à propos de voire accès de colique, et vous saurez que toutes ces maladies sout modiûôes avautageusemeul par le traitemeat de Vichy.
Le catarrhe de ia veuie à l'état aigu n'est autre chose que rinflammation muqueuse de ce réservoii*. Le besoin d'uriner Iréquemment et impérieusement, les douleurs cuisantes pendant la sortie de l'urine, le ténesme, les ôpreintes, la fièvre, l'agitation, la soif, l'insonuiie, les hoL[uets, les voinissemeiils, i' mine muqueuse, peu abondante, rougeâtie : tels sout les symptômes de cette iiiilammation.
Le catarrhe chronique n*a plus ces paroxysmes de doulçur et de fièvre; il a la frôqu^ce dans la mixtion et le dépAt caractôristiqua au ftmd du vase d*un mucus plus ou
xMALADIES ÏRAITEE6 A VICHY 87 "
moins épais, glaireux et quelquefois purulent dans les dernières périodes de la maladie.
Les maladies de la prostate, les rétrécissements de r urètre, les calculs urinaires, les tumeurs de la vessie, la pai-aiysie de la vessie, voilà autant de maladies disliuctes et autant de causes du catarrhe de la vessie.
Il n*existe pas d'Inflammation de la proetate, sans que oette glande ne finisse au bout de très-peu de temps ou de plusieurs récidives par se tuméfier et s'hypertrophier. Or, oes affections sont tvès-oommunes.
L'hypertitq^hie de k prostate est très-fréquente chez les hc^nmes qui ont passé 50 ans.
La prostate dont je vous parle est une sorte d'amygdale ou de glande sans ccmduit excréteur qui 86 trouve à la sortie du col de la vessie et embrasse la pi'emière portion du canal.
8B MALADIES TAAITÉBS A VICHY
C'est à travers cette glande que s'ouvrent les conduits ôjaculateurs de la vésicule séminale.
La lumèfiiclaoïi de la prostate dévie le canal el peat même le boucher. De là, une cause d'ischurie et de rétention d'urine.
Je ne veux pas vous tenir plus longtempSi mon8ieurM.;ilm'6taitimpos8ible de vous foire comprendre votre maladie sans vous donner une idée de toutes celles des voies urinaires, puisque toutes ont une corrélation intime et que Tune d'elle peut engendrer toutes les autres.
De là, la grande nécessité de vous traiter de bonne heure, de détruire cette prédisposition, soit par les moyens de Tbygiène, soit par les médicaments, soit par les eaux hydro-miué* raies alcalines gazeuses.
J'insiste sur tous ces moyens, parce que la
tendance de ces alTecLious est de devenir cin-onique très-facilement et susceptible de se reproduire à la moindre cause occasionnelle, au moindre écart de r^me, à propos du plus léger refroidissement.
Pendant plusieurs années de suite, il vous faut allei* chercher à Vîchy provision de santé, un éloignement. à vos crises et une modification spéciale de votre sang, que vous ne pouvez espérer qu'à la longue et en suivant une règle rigoureuse.
La Goutte. M. A.
Le docteur a depuis 20 ans pour client M. A.
qui est goutteux de père en fils. 11 a ses articulations raides \ les trois-quai ts du temps, il
90 MALADIES TRAITEES A VIGHY
est obligé de se servir de béquilles. Ses orteils sont euilés, ses genoux coiilieimeut des matières topliacées, ses petites articulations des mains ont doublé. Il a souvent des répercussions vers la téte, le cœur et l'estomac.
Un jour, la conversation s'engage sur sa maladie.
Le médecin, Mon cher monsieur A., la
science a Mi sur la goutte les ^us remaïquar Mes découTertes.
On sait aujourd'hui distinguer la goutte du rhumatisme, ce qu'on ne savait pas encore depuis Hippocrate, c'est-à-dire depuis trois mille ans.
L'erreur sur la croyance que ces deux maladies étaient d'origine commune reposait sur leur préférence à envahir les articulations.
Les plus grands espiits en médecine^de tous
MALADI£S TAAITEfiS A VICHY 91
les temps, s'y étaient trompés et n'en fàisaient le plus souvent qu'une seule et même maladie.
Ceux qui les séparaient, et panni ces derniers il y a eu de grands savants, notamment Sydenham, qui était goutteux lui-même, avaient signalé leur différ^oe, mais sans rien
Les médecins actuels, à la tête desquels il faut placer un môdeciu anglais, le D' Garod, ont uni l'observation clinique à l'analyse chimique et établi le véritable point de distinction entre la goutte et le rhumatisme.
11 ont trouvé que le sang du goutteux renfermait toujoui*s im excès d'acide urique.
Ils ne recoimaissent la goutte dans ses formes anomales, soit de l'estomac, du cœur ou du cerveiiu, ijue iorsqu'ilb trouvent de l'acide urique eu excès, dans le sang. .
92 MiVL.\DlES TRAITÉES A VICHY
Le sang du goutteux est surchargé d'urates, TOilà le lait démontré.
Mais cette surchai'ge ue produit pas £atalement la goutte, puisque chez les albuminuriques cette sux-chaige existe.
La diathèse goutteuse doit doue ùti-e distin* guée de la diathèse urique ou de l'excès d'àcide urique daus le baug.
La diathèse goutteuse est aussi la première coudiLion de révolution de la maladie.
Les urates vicient le sang à la façon des poisons et sont l'annonce de la goutte, en portant le trouble dans tous les organes.
8i ce sel se porte àcerfcaines articulations, au gros orteil, par exemple, il s'y âdt un dépôt tophaoé. Alors le sang, par ce dépôt, revient à sa composition normale et le malade est soulagé.
Ce dépôt peut se Xaire ailleurs, au cœur, à l'aorte ou aux relus.
Les relus ëlimiueut tous les jours deTacide uiiqueet de l'urée, bl cette élluiioatioa cesse, il y a là uue cause excitaliice de la goutte.
Tous les agents qui diuiiauent la sécrétiou uriuaire sont uue cause de goutte. Parmi ces agents, nous trouvons l'alcool, le café, le
thé, etc., etc.
Parlons à présent du rhumatisme.
Ce mot se dit d'une foule de douleurs. Une simple douleur névralgique est souTent confondue avec le rhumatisme.
Toutes les douleurs dans les articulations, dansla continuitèdes membres, sans les symptômes de rinflammation, sont;dites rhumatismales.
Le rhumatisme articulaire est une inflam-
tf4 MAÏADJJSS XaAlTJiËS A VIGUY
mation du système fibro-séreux des articulalions, avec altération particulièTe du sang. C'est l'arthrite ou arthritiê.
Le rhumatisme articulaire aigu est une maladie bien nette. Elle est accompagnée de gouHement dans une ou plusieurs articulations à la fois. Après douze ou vingt-quatre heures, l'inflammation et le gonflement quittent brusquement cette place, poui envahir une, deux ou plusieurs' autres articulalious à distance. Ainsi voyage, plusieurs fois de suite, rinflanmiatiou ailiculaire ou arthrite articulaire aiguë. Elle quitte les premièi'es articulations, y revient jusqu'à trois ou quatre lois dans l'espace de temps que dure cette pénible aflèction.
Les organes intérieurs, surtout les membranes fibro-séreuses du cœur, de la tôte et de
MAIADI£d TRAITÉES A VICUY 96
l'estomac, ne restent pas indifférents à cette lésion. Souvent même, ils en reçoivent une atteinte indélébile ; comme cela arrive dans l'endocardite pour les ouvertures du cœur.
Le plus i>ouvent, rinilamuialion articulaire se termine par résolution, au bout d'un temps toujours assez long. Mais elle peut laiie uaitre autour des articulations des dépôts calcaires et être lorigine d'une maladie du cœur.
Voilà la goutte d'im et le rhumatisme deTautre. Deux maladies parlaitement distinctes.
Le rhumatisme goutteux n'est ni la goutte ni le rhumatisme. C'est une maladie k part.
Le rhumatisme goutteux a son caractère dans la force de la lésion. Ilest assez rare.
Maintenant, doit-on traiter la goutte ? Voilà la question que médecins et malades se posent.
96 lUlAOIBS TAAJrrÉJBS A VICHY
Les uns disent qu'il faut respecter la goutte. Us sont de l'avis de cette compagnie d*assurance sur la vie, qui n'admetpasles goutteux, non à cause du danger de la maladie, mais à cause des remèdes que les goutteux prennent.
Pour moi, monsieur A., je dis qu'il faut traiter sagement la goutte, pour soulager èt, s'il se peut, guérir les goutteux.
Jen'hésitedoncpasàavoir recours à l'usage de Teau minérale de Vichy, en faisant dans cette ville plusieurs saisons consécutives.
Cest le plus sûr moyen offert par la nature de modifier le sang des goutteux, d'activer la sécrétion uriuaire et d'éliminer l'acide urique.
Cela dit, je suis amené à vous parler du phénomène de Falcalisation.
MALADIE» TRAITÉES A VICHT 17
PHÉNOMÈNE DE L'àLCALISATION DU SANQ.
Ge phénomène se produit toutes les fois qu*on boit en assez grande quantité et pendant longtemps de Teau minérale franchement sodique, comme Teau de Vichy, dont Teflèt est de rendre Turine adde,ou neutre, ou alcaline.
Voilà le liait de TalcaUsation.
Elle n'est jamais que passagère et de trèscourte durée.
£lle est toujours à notre disposition. Mais elle ne se produit qu'aux heures où l'on Mt usage de l'eau minérale en hoisson, ainsi que pendant le bain*
L'alcalisalion a existe pas d'une manière absolue. Le saiig ne se sature pas de sels alcalins par uu traitement quelconque.
il conserve toujours la {»^pnété de rejeter
9B MALADIES TRAITEES A VICUY
au dehors les sécrétions acides q[ui appartieiment à l'état physiologique.
L'alcalisatioa ii*est pas une saturation du sang par les alcalins; si oette saturation avait lieu, elle agirait comme un agent toxique et en aurait les conséquences.
Du moment où TalcaUsation serait trop ibrte, il y aurait intolérance physiologique : elle provoquerait une réaction et cette réaction se traduirait par une maladie.
L'alcalisatiou bien, comprise ne peut donc signifier qu'une modiiication passagère dans la nature de nos excrétions, qui sont acides naturellement et deviennent neutres ou alcalines, sous rinfluence des sodiques. '
L alcalisation, si elle dépasse le but, peut avoir un résultat opposé à celui qu'on se propose d'obtenir.
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Ce résultat consiste à lendre le sang trop fluide. Puisque les principes de Talcalisation sont toxiques, et qu'ils ne peuvent être convertis en notre propre substance, il Haut qu'ils soient rejetés très-vite et très-rapidement. L'activité fonctionnelle des veines se trouve accrue et augmente la sortie de ces substances étrangères à l'organisme.
L*aIcaiisation a donc, comme moyen thérapeutique, deux raisons d être. La première, c'est d'opérer un changement dans la composilioa des humeurs, notammeul dans la sécrétion des urines. La seconde, c'est d'activer ce dernier moyen d'éhmiûation.
L alcalisation comme moyeu physiologique ne peut qu'être uuisiLle. C'est pour cette raison que les personues bien portantes ne doivent pas faire usage des eaux de "Vichy.
Dès lors, la piuâadoe montre qu» remploi thérapeutique des eaux alcalines doit ôtre Joien indiq[u6 et bien surveillé.
La nécessité d'un médecin qui dirige wtre trailemeat à Vichy se trouve ainsi démontrée.
En résumé, mon cher monsieur A., vous voyes que ceux qui font usage des eaux minérales, soit pour la goutte, soit pour toute autre maladie^ subissent un double courant, Tun interne et l'autre externe. Le dernier, éliminateur toujours favorable, chasse les principes contraires au sang, aux tissus, à la vie; le premier, toujours nuisible, introduit, au moyen des bains ou de la boisson, les principes qui rendent le sang impropre à une bonne circulation physiologique.
Les eaux- sodiques peuvent être un instru* ment de gâérison,c*est le cas le ]^us fréquent; ♦
MALADIES TRAITÉES A VIOHY 101
mais elles peuvent être aussi un instrument de maladie ou d'aggravation de la maladie, étant appli(|uées maladi'oitemeQtou avec excès.
On évitera toujours les fâcheux résultats qui pourraient survenir en s*en rapportant îiux lumières d'un médecin.
Après cette digression, qui nous a permis d'envisager la manière d'agir des eaux minérales sodiques sur l'organisme, revenons à votre goutte, monsieur A.
Vous avez beaucoup souffert cette année.
Votre mai empire. Il est temps d'utiliser nos ressources tliei'maies contre votre aûection.
C'est pour vous engager à proûter de Vichy que je vous ai donné toutes ces explications.
Je vous conseille doue d'y aller cette auuêe dès le mois de juin, veis le commeuccmeul de la saison.
m NAL4DIES TRAITÉES A VICHY