‹ Le livre des martyrs [microforme]Chapitre 18 sur 27 · XI. qui sme eut orgueil · texte numérisé non relu

XI. qui sme eut orgueil

Histoire des Martyrs, par Foxe. 81

leux et insolent, qu’un nombre de cardinaux et de courtisans élevèrent un autre pape contre lui, nommé Clément, qui régna onze ans, Après lui, Benedict XIII. fut élu qui régna vingt-six ans. Sur le côté opposé, Urbain VI. svscéda à Boniface IX. Innocent VIIL., Grégoire XIL., Alexandre V., et Jean XIII. Concernant ce misérable schisme, il faudrait une autre Iliade pour en raconter en ordre les diverses circonstances et les évènements tragiques.

Wickliffe, qui considérait moins les injonctions des évêques que son devoir envers Dieu, continua à promulguer ses doctrines et à dévoiler la vérité aux yeux des hommes. Il écrivit plusieurs ouvrages qui causèrent une grande alarme au clergé et l’offensa ; mais la protection du duc de Lancastre le mit à couvert de leur malice. Il traduisit la Bible en anglais, qui, dans l'ignorance du temps, eut l'effet du soleil se levant dans une nuit obscure. A cette Bible il ajouta une préface hardie dans léquelle il sritiqua la vie déréglée du clergé et condamna le culte des saints, des images et la présence réelle de Christ dans le sacrement ; mais ce qui offensa le plus ses ennemis fut son exhortation au peuple de lire les Ecritures-Saintes pour eux-mêmes,

À peu près dans le même temps il s’éleva une dissension en Angleterre entre le peuple et la noblesse qui ne contribua pas peu à porter le trouble dans l'Etat. Dans ce tumulte Simon de Sudbury, archevêque fut pris par le peuple et décapité. William Courtnay lui succéda qui ne fut pas moins diligent à faire tout en son pouvoir pour détruire les hérétiques. Malgré cela les partisans de Wickliffe s’accrurent, et augmentèrent en nombre tous Îes jours, jusqu’à ce que Barton, vice-chancelier d'Oxford, rassemblant huit docteurs monastiques et quatre autres avec le consentement du reste, mit le sceau ordinaire de l’université À un édit, menaçant d’une amende sévère quiconque ci-après s’associerait avec aucun &es adhérents de Wickliffe, Il menaça Wickliffe lui-même de l’excommunication majeure et d'emprisonnement à moins que sous trois jours il ne se repentît et s’amendât ; ce que Wickliffe ayant compris, oubliant le pape et tout le clergé, il pensa en appeler au roi, mais le due de Lancaster s’interposant, le lui défendit; c’est pourquoi, étant obsédé de troubles et de vexations, il fut de nouveau forcé de faire une confession de sa doctrine, En conséquence de la traduction de la Bible par Wickliffe et de sa prét#ce, ses adhérents se multi-

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