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plièrent beaucoup. Plusieurs d’entre eux, en vérité, étaient des hommes instruits ; mais étant convaincus par un raisonnement solide ils se rangèrent de son côté. En peu de temps ses doctrines firent de grands progrès étant épousées non seulement par un grand nombre des étudiants d'Oxford, mais aussi par les grands hommes à la cour, particulièrement par le duc de Lancaster et lord Percy, ainsi que par plusieurs jeunes gentilhommes. Ainsi Wickliffe peut être considéré comme le grand fondateur de la réformation de ce royaume. Il était du Collège Merton à Oxford, où il prit son degré de docteur et devint si éminent par son beau génie et son grand savoir, que Simon Islip, archevèque de Canterbury—ayant fondé le Collège de Canterbury, maintenant Christ Church à Oxford—le nomma recteur, emploi qu’il remplit avec l’approbation universelle jusqu’à la mort de l’archevêque. Langhalm successeur de Islip, désireux de favoriser les moines et de les introduire au collège, essaya de renvoyer Wickliffe et de mettre un moine nommé Woodhall, à sa place. Mais les agrégés du collège refusant d'y consentir, l'affaire fut portée à Rome et Wickliffe dépouillé en faveur de Woodhall. Toutefois, ceci ne diminua en rien sa réputation. Bientôt après on lui présenta la cure de Lutterworth, dans le comté de Leicester, et il publia, dans des sermons et des écrits, ses opinions qui se répandirent dans tout le pays. Ses ennemis les plus acharnés ne l’accusèrent jamais d'immoralité, Ce grand homme fut laissé en repos à Lutterworth jusqu’à sa mort, qui arriva le 31 décembre 1385. Mais après que son corps eut reposé en terre quarante-et-unans, ses os furent déterrés par un décret du synode de Constance, brûlés publiquement et jeté à Ja rivière près de la ville, Cette condamnation de sa doctrine n’empêcha pas sa dissémination dans tout le royaume et avec un tel succès que, suivant Spelman, on pouvait à peine trouver deux hommes ensemble dont l’un n’était pas un Lollard ou un Wickliffite,
Wickliffe écrivit plusieurs ouvrages, dont les copies, en l’an 1410, furent brûlées à Oxford, Et, non seulement en Angleterre, mais également en Bohème, ses livres furent brûlés, l'archevêque de Prague en ayant fait une recherche diligente,
Dans le concile de Latran on fit un décret qui exigea'c de tons les magistrats d'extirper les hérétiques sous peine d'être Géposés. Les canons du concile étant reçus en Angleterre: la prosérution des héré-
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tiques devint une partie du droit coutumier; et une ordonnance, intituice de heretico comburendo, fut passé sous Henri IV. pour les brûler sur condamnation après quoi des statuts spiciaux furent faits dans le même but. Le premier fut approuvé seulement des lords et du roi. Les communes ne s’y prêtèrent pas. Cependant la plus grande portée de sa sévérité était que les lois de l’église devraient être supportées par des ordonnances, Il paraît que les hérétiques étaient alors très nombreux ; qu’ils portaient un habillement particulier, prêchaient dans les églises et autres endroits contre la croyance reçue et refusaient de respecter les censures ecclésiastiques.
Quand Henri IV. parvint au trône, en 1399, il passa un édit contre tous ceux qui présumaient de prêcher sans la licence de l’évêque. Tous les tra--gresseurs de cette espèce devaient être emprisonnés et amenés en jugement dans l’espace de trois mois. S'ils offraient d’abjurer, sur condamnation, et ne retombaient pas, ils devaient être emprisonnés et forcés de payer une amende, mais s’ils refusaient d’abjurer ou retombaient, ils devaient être livrés au bras séculier pour être brûlés dans un endroit public. Dans ce temps-là un nommé William Sautre, curé de St. Osith, à Londres, étant condamné comme récidive et dégradé par Arundel, archevêque Canterbury, une ordonnance fut émise, dans laquelle le bûcher est appelé la punition ordinaire et citant aussi les coutumes des autres nations. Ceci fut le premier exemple de cette cruelle punition dans le royaume,
Le clergé, craignant que les doctrines de Wickliffe ne gagnassent du terrain, firent tous leurs efforts pour les réprimer. Sous le régne de Richard II. les évêques obtinrent une autorisation générale pour emprisonner les hérétiques sans un ordre spécial de la cour; ce que, toutefois, la Chambre des Communes révoqua. Mais comme la peur d'emprisonnement ne pouvait arrêter le mal, Henry IV., qui désirait obtenir le bon vouloir du clergé, recommanda avec ferveur les intérêts de l’église au parlement, Quoique la Chambre des Communes fût peu disposée à poursuivre les Lollards, le clergé obtint enfin une des. plus détestables mesures pour brûler les hérétiques qui ne fut révoquée qu'en 1677. Ce fut immédiatement après la passation de cet acte que la cour ecclésiastique condamna William Sautre au bûcher.
Malgré l'opposition du clergé la doctrine de Wickliffe se répandit
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sous le règne de Henri IV. à un tel degré que la majorité de la Chambre des Communes était en sa faveur ; en conséquence ils présentèrent deux pétitions au roi, une contre le clergé et l'autre contre les Lollards. La première représentait que le clergé faisait un mauvais usage de son bien et le dépensait d’une manière toute différente de l'intention des donateurs ; que ses revenus étaient excessifs et devraient être diminués. Dans la seconde petition ils demandaient que le statut passé contre les Lollards fût annulé ou restreint. Comme il était de l’intérêt du roi de plaire au clergé il répondit aux Communes sévèrement refusant de consentir à leurs petitions. Quant aux Lollards, il déclara qu'il désirait qu’ils fussent chassés du pays. Pour en prouver la vérité, il signa un mandat pour brûler un homme d’une humble position, mais d’une grande résolution et d’une profonde piété, du nom de Thomas Badly, tailleur de son état. Il fut condamné pour hérésie, en l’an 1409, devant l’évêque de Worcester, Tans son examen il dit, qu’il était impossible qu’un prêtre fit le corps de Christ sacramentalement, et qu'il ne le croirait pas à moins de le voir se manifester sur l’autel ; qu’il était ridicule d'imaginer, qu’au souper, Christ vint tenir dans sa propre main son propre corps et le diviser à ses disciples et tout en restant intact, ‘Je crois,” dit-il, ‘‘Au Dieu Tout-Puissant dans la Trinité ;”” mais si chaque hostie consacrée à l'autel est le corps de Christ, il doit y avoir alors en Angleterre pas moins de 20,000 dieux. Après cela il fut examiné devant l’archevêque de Canterbury, et de nouveau en présence d’un grand nombre d’évêques, du duc de York et de plusieurs personnes de la noblesse, On fit de grands effirts pour le faire rétracter mais il resta fidèle, Sur ce fait l’archevêque de Canterbury ratifia la sentence de l’évêque de Worcester, Quand le roi eut signé son arrêt de mort, il fut amené à Smithfield, et là, étant mis dans une cuvette, il fut attaché avec des chaînes à un bûcher et du bois sec mis autour de lui. Avant que le bois ne fût allumé, le fils aîné du roi vint près du lieu, et agissant en bon Samaritain, il essaya de sauver la vie de celui que les lévites hypocrites essayaient de mettre à mort. Il lui conseilla de sortir de ces dangereux labyrinthes d'opinions, y ajoutant des menaces qui auraient intimidé n’importe quel homme. Courtney aussi, alors chancelier d'Oxford, fit valoir auprès de lui la croyance de l'église,
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Cependant le prieur de St. Barthélemy, à Smithfield, apporta le sacrement du corps de Christ, avec douze torches portées en avant, au pauvre homme sur le bûcher. Il lui demanda ce qu’il croyait que c'était ; il répondit que c'était du pain bénit, mais non pas le corps de Christ. Le feu étant alors appliqué, il s’écria, ‘ Miséricorde ” s'adressant en même temps à Dieu; alors le prince commanda d’ôter la tonne et d’éteindre le feu. Il lui demanda alors s’il abandonnerait son hérésie ; que s’il le voulait, il aurait assez de bien et aussi une pension annuelle du trésor du roi. Mais ce vaillant champion de Christ refusa l'offre, plus enflammé de l’esprit de Dieu que du désir des biens terrestres. Le prince, en conséquence, commanda qu’on le remit dans la tonne. Comme on ne pouvait le séduire par une récompense on ne put l’abattre par les tourments ; mais comme un vaillant soldat de Christ, il persévéra jusqu’à ce que son corps fût réduit en cendres et son âme triomphante s’élevât vers Dieu d’où elle venait.
Sous le règne de Henri V., en 1413, on dit qu’on avait découvert une prétendue conspiration, évidemment l’œuvre des prêtres, dans laquelle Sir John Oldcastle et d’autres adhérents de Wickliffe furent impliqués. Plusieurs de ceux-ci furent condamnés pour haute trahison et hérésie ; ils furent d’abord pendus et ensuite brûlés. Une loi fut alors faite que tous les Lollards perdraient toutes leurs possessions de condition féodale avec leurs biens meubles ; et tous les shérifs et les magistrats furent requis de faire serment de les détruire et leurs hérésies. Le clergé fit un mauvais usage de cette loi, et mit en prison quiconque les offensait; mais les juges interposèrent en leur faveur, prenant sur eux de déclarer quelles opinions étaient des hérésies d’après la loi et quelles ne l’étaient pas. Ainsi le peuple fut plus protégé par les avocats que par ceux qui auraient dû être les pasteurs de leurs âmes.
Les persécutions des Lollards sous le règne de Henry V. furent causées par le clergé, puisque ce monarque était naturellement opposé à la cruauté: On suppose que la principale cause de l'inimitié du clergé à leur égard provenait de ce qu’ils voulaient les priver d’une partie de leurs revenus. Quoiqu'il en soit, ils pensérent que la manière la plus effective d’enrayer leurs progrès serait d’en attaquer le principal protecteur, Sir John Oldcastle, baron de
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Cobham ; et de persuader au roi que les Lollards conspiraient pour renverser le trône, On rapporta même qu'ils avaient l'intention de tuer le roi avec les princes, et la plupart des lords spirituels et temporels, dans l'espérance que la confusion qui en résulterait serait favorable à leur religion. Une fausse rumeur fut répandue, que Sir John Oldcastle avait rassemblé vingt mille hommes à St, Giles-in-the- Fields, un endroit couvert de buissons. Le roi s’y rendit lui-même à minuit et n’y trouvant pas plus de quatre-vingt à cent personnes qui y étaient rassemblées pour un culte, il tomba sur eux et en tua plusieurs avant de savoir le but de leur assemblée. Quelques-uns d’entre eux étant ensuite examinés furent gagnés par des promesses ou des menaces à confesser tout ce que leurs ennemis désiraient ; et ceux-ci aecusèrent Sir John Oldcastle,
Le roi sur cela le pensa coupable ; et mis sa tête à prix de mille marques, avec promesse d’exemption perpétuelle de taxe pour toute personne qui l'arrêterait. Sir John fut pris et emprisonné dans la Tour ; mais il s’échappa et s’enfuit dans le pays de Galles où il se cacha longtemps. Mais étant arrêté ci-après à Powisland, au nord du même pays par Lord Powis, il fut amené à Londres, à la grande satisfaction du clergé, qui était résolu de le sacrifier pour porter la terreur chez le reste des Lollards. Sir John était d’une bonne famille, avait été shérif de Hertfordshire sous Henri IV. et fut appelé au parlement parmi les barons du royaume sous ce règne. Il avait été envoyé au-delà de la mer sous le comte de Arundel pour faire la guerre aux Français. (C’était un homme d’un grand mérite et malgré cela il fut pendu par le milieu du corps avec une chaîne et brûlé vivant. Cette sentence barbare fut exécutée au milieu des malédictions des prêtres et des moines, qui firent leurs plus grands efforts pour empêcher le peuple de prier pour lui. Telle fut la fin tragique de Sir John Oldcastle, baron de Cobham, qui quitta le monde avec une résolution qui répondait parfaitement au courage qu’il avait montré dans la cause de la vérité et de Dieu, Ce fut le premier sang noble répandu par la cruauté papale en Angleterre,
Récit historique du progrès de la Réformation sous le règne du vol Henry VIII.
Le lecteur suivra, sans doute, avec un intérêt tont particulier les
faits rapportés sous ce règne. Ce fut alors que Dieu, par le moyen du roi, délivra notre pays du joug papal.
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Les guerres entre la maisons de York et Lancaster avaient produit un tel trouble que la nation salua avec joie l'accession de Henri VIL au trône qui était descendu de la maison Lancastre, par son mariage avec l’héritière de la maison de York, les débarrassèrent de la crainte de nouvelles guerres par de nouveaux prétendants. Mais son avarice, la sévérité de ses ministres, sa mauvaise conduite dans l'affaire de Bretagne, et sa jalousie de la maison de York le rendirent si odieux à son peuple que sa vie était peu respectée et sa mort aussi peu lamentée. Henri VIII. lui succéda avec tous les avantages. Sa restitution de l'argent qui avait été exigé du peuple sous le couvert de la prérogative du roi fit oonelure à la nation qu’elle allait vivre en sûreté sous un tel prince et que de violents remèdes contre le mal ne seraient hlus nécessaires. Soit par la magnificence (le son propre ciiüotère ou par avoir vu les mauvais effets de la parsimonie de son frère, le nouveuu roi distribua ses récompenses Avec une bonté démesurée ; il épuisa ainsi les deux millions que son père avait amassés et vida le coffre le plus plein de la chrétienté. Il avait été instruit avec un soin exceptionel : son père ayant ordonné que lui et son frère aîné fussent bien instruits ; son frère le prince Arthur mourant à l’âge de onze ans, il devint héritier de la couronne,
Un des hommes les plus proéminents de ce siècle fut le cardinal Wolsey. Il était de basse origine, mais il était doué de grands talents et possédait une adresse étonnante à s'insinuer chez les grands. Il n’y avait pas longtemps qu’il avait été introduit au roi avant d'obtenir sur lui un entier ascendant; pendant quinze ans il continua à être le plus grand favori jamais connu en Angleterre, Il vit que Henri était un grand amateur du plaisir et avait une grande aversion pour les affaires, aussi il entreprit de le débarasser de la peine de gouverner et lui donner le loisir de suivre ses goûts. Cela fut la cause principale de l'influence sans borne que Wolsey acquit bientôt sur un souverain tout aussi ambitieux que lui.
Wolsey devint bientôt maître de tous les offices du pays et des traités À l'étranger, de sorte que les affaires allaient comme il le voulait, Il devint bientôt odieux aux parlements, et, en conséquetice, il n'en essaya qu'un, quand les subsides accordés furent si odiques, qu'après cela il préféra se procurer de l'argent par le moyen d'emprunts et de bienveillances, Après un temps, il porta scandale