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LE JEUNE MARTYR ET 8A MÈRB

Histoire des Martyrs, par Foxe. 171

l'assistance de la grâce de Dieu.” Alors l’évêque l’envoya à la prison des forçats et commanda aux gardiens de le charger de chaînes autant qu'il en pourrait porter ; de plus, il lui demanda quel âge il avait. William lui dit qu'il avait dix-neuf ans. ‘ Bien,” dit l'évêque, ‘* vous serez brûlé avant d’avoir vingt ans, si vous ne voulez pas vous soumettre.” William répondit—‘* Que Dieu me fortifie dans la vérité.” Et alors ils se séparèrent, l’évêque lui allouant pour vivre un sou par jour, pour le pain et le breuvage. Il resta de la sorte en prison les trois quarts d’une année et pendant ce temps il parut cinq fois devant l’évêque, outre quand il fut condamné dans le consistoire à l'église St. Paul, le 9ème jour de février ; son frère, Robert Hunter (qui continua à rester avec son frère William jusqu'à sa mort et nous envoya le rapport) était présent et entendit l'évêque le condamner et les cinq autres,

Alors l’évêque s'en alla, et William et les autres prisonniers retournèrent à Newgate. Environ un mois après Hunter fut envoyé à Brentwood le samedi avant l’Annonciation de la Vierge Marie, qui tombait le lundi après ; il demeura donc jusqu’à mardi, parce qu’ils ne voulaient pas le mettre à mort alors à cause de la sainteté du jour. Pendant ce temps le père et la mère de William vinrent à lui et lui conseillèrent chaleureusement de continuer comme il avait commencé ; sa mère lui dit qu'elle était contente d’avoir mis au monde un tel enfant qui pouvait se résigner à perdre la vie pour l’amour de Christ. Il lui répondit, ‘‘ Pour le peu de souffrance que j'aurai à endurer et qui ne saurait durer, Christ m'a promis, ma mère, une couronne de gloire; ne devriez-vous pas être contente?" Eu entendant cela sa mère s'agenouilla, disant, ‘ Je prie Dieu qu'il te fortifie, mon fils, jusqu'à la fin; oui vraiment je te crois aussi bien doué que tout autre enfant que j'aie au monde.” Son père supprimant ses larmes lui dit, ‘Je ne craignais rien d'autre si ce n’est que mon fils meure dans la prison de faim et de froid ; ” chose que les bons parents avaient toutefois empêchée aussi bien que craint, car il recut la meilleure nourriture et le meilleur vêtement qu'ils pouvaient lui envoyer ; ce que le fils recevait avec une reconnaissance manifeste.

Le lundi soir suivant, William rêva qu'il était sur la place où le poteau était planté sur lequel il devait être brûlé ; il pensa aussi qu'il reneontra son père et il y avait un prêtre au bûcher qui voulait

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qu'il se rétractât, auquel il dit, ‘* Retire-toi, faux prophète !” et il exhortait les gens à prendre garde à luiet à ses pareils ; tout cela arriva. Le matin le shérif lui commanda de se préparer à son sort. En même temps le fils du shérif vint à lui et l’embrassa, disant, ‘ William, n’aie pas peur de ces hommes avec des arcs et des armes préparées à vous amener à la place où vous serez brûlé.” ‘Je remercie Dieu que je ne sois pas dans la craïnte,” dit l’intrépide jeune homme, “ car j'ai déjà compté ce qu'il va m'en coûter.” Alors le fils du shérif ne put lui en dire davantage à cause de ses larmes.

Hunter prit alors sa robe et s’avanca joyeusement, le fils du shérif le prenant par un bras et son frère par l’?":::e, et en marchant il rencontra son père, suivant son rêve qui lui dit en pleurant, ‘Que Dieu soit avec toi mon fils William.” Il se rendit alors à l'endroit où était le bûcher, comme il l'avait vu en rêve; où tout n’était pas prêt, il s’agenouilla et lut le psaume 5lème, jusqu’à ce qu’il vint à ces mots ; ‘‘ Le sacrifice de Dieu est un esprit contrit ; tu ne méprises pas, O Dieu un esprit contrit.” Comme quelqu'un mettait en question la traduction de ces paroles, le shérif lui apporta une lettre de la reine et dit, ‘ Si tu veux te rétracter tu vivras ; si non, tu seras brûlé.” ‘Je ne me rétracterai pas, Dieu m'aidant,” répondit le noble jeune homme ; ayant dit cela il se leva, se rendit au poteau, et se mit droit contre lui. S’adressant au juge, il dit, ‘Mr. Brown, vous avez maintenant ce que vous cherchiez ; et je prie Dieu que cela ne vous soit pas mis à charge au dernier jour ; quoiqu il en soit, je vous pardonne, je ne redemanderai pas mon sang de vos mains.”

Il pria alors ; ‘‘ Fils de Dieu, lnis sur moi !” et immédiatement le soleil luisit à travers un nuage épais si brillamment dans son visage, qu’il fut obligé de se détourner ; ce qui étonna le peuple car il faisait si obscur avant cela. Il prit alors un fagot de balai et l’embrassa, Le prêtre dont il avait rêvé la présence vint à son frère Robert avec un livre papiste pour le porter à William afin qà’il se rétractât ; livre que son frère ne voulut pas toucher, Alors William, voyant le prêtre, et s’apercevant qu'il lui avait montré le livre, il dit, ‘“ Va-t'en faux prophète! Méfiez-vous d’eux, mes bonnes gens, et éloignez-vons de leurs abominations, afin que vous n'ayez pas part à ses plaies.” ‘ Alors,” reprit le prêtre, ‘‘ regarde comme tu brûles ici, ainsi biûleras-tu dans l'enfer,” William

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répondit—‘*Tu mens, toi faux prophète! Va-t'en, toi faux prophète—va-t’en |” Il y avait là un monsieur qui dis, “Je prie Dieu d’avoir pitié de son âme.” Le peuple répéta, ‘ Amen, amen!” Immédiatement après, on alluma le feu, Alors William remit son psautier à son frère, qui dit, ‘* William pense à la passion de Christ et n'aie pas peur de la mort.” Il répondit, —'*Je n’ai pas peur.” Alors il leva les mains au ciel et dit, ‘* Seigneur, Seigneur, Seigneur, reçois mon esprit ; ‘et baissant de nouveau la tête dans la fumée étouffante il donna sa vie pour la vérité, la scélant de son sang pour la gloire de Dieu.

William Pygot et Stephen Knight souffrirent le 28 marset John Lawrence le jour suivant. A leur examen on leur demanda d'abord quelle était leur opinion du sacrement de l'autel. Ce à quoi ils répondirent à tour et même signèrent qu. dans le sacrement de l'autel, sous la forme du pain et du vin, il n'y a pas la substance du corps et du sang de notre Sauveur Jésus-Christ, mais une participation spéciale du corps et du sang de Christ ; le vrai corps et sang de Christ étant seulement dans le ciel et nulle part ailleurs. Le présent examen fini, on leur ordonna de comparaître le jour suivant qui était le 9 février, à huit heures du matin et pendant ce temps de réfléchir à ce qu'ils feraient,

Enfin, trouvant que ni les flatteries ni les menaces n'avaient d'effet, l’évêque rendit jugement contre chacun d'eux. Et parce que John Lawrence avait été l’un de leurs prêtres choisis, il fut solennellement dégradé par l'évêque. Leur sentence de condamnation et cette dégradation finie ils furent remis à la garde des shérifs de Londres, qui les envoya à Newgate où ils restèrent ensemble avec joie, jusqu'à ce qu'ils fussent menés à Essex ; et là, le 28ème jour de mars, William Pygot fut brûlé à Braintree et Stephen Knight à Maldon.

Le jour suivant, Mr. Lawrence fut mené à Colchester. Les chaînes qu’il avait porté en prison avaient tellement blessé ses membres et son corps, il était si affaibli par le manque de nourriture qu'il fut porté au feu dans une chaise et assis ; il fut ainsi brûlé. Un incident qui est bien digne de remarque arriva à son martyre, Plusieurs jeunes enfants vinrent autour du feu et crièrent, aussi bien qu'ils pouvaient le dire, ‘* Seigneur, fortifie ton serviteur et garde ta promesse ; fortifie ton serviteur suivant ta promesse,”

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Dieu répondit à leur prière, car Mr. Lawrence mourut aussi courageusement et tranquillement qu’on pouvait désirer qu'il le fit.

Le Dr, Farrar, le vénérable évêque de l'église St. David fut désigné comme victime par le sanguinaire Gardiner. Cet excellent et savant prélat avait été promu archevêque par le lord protecteur sous le règne d’Edouard ; mais après la chute de son patron il tomba aussi en disgrâce par la malice de plusieurs ennemis parmi lesquels se trouvait George Constantine, son propre domestique, Des articles, au nombre de cinquante-six, furent préparés contre lui, dans lesquels il fut accusé de plusieurs négligences et contumaces dans le gouvernement de l'église. Il y répondit et les nia. Mais ses ennemis étaient si invétéré" qu'ils prévalurent, et il fut en conséquence, retenu en prison jusqu'à la mort du roi Edouard, et à l'avènement de la reine Marie et de la religion papiste, ce qui lui causa de nouveau trouble, étant accusé et examiné pour sa foi et sa doctrine. Sur quoi il fut cité devant l’évêque de Winchester avec Mr. Hooper, Mr. Rogers, Mr. Bradford, Mr. Saunders, et autres le 4 de février. Ce jour-là même il devait être condamné avec eux ; mais parce que le loisir ou l’envie n’en était pas venu à l’évêque, sa condamnation fut différée et il fut de nouveau renvoyé en prison, où il resta jusqu’au 14 du dit mois de février. Après cela il fut envoyé au pays de Galles pour y recevoir sa sentence de condamnation. Le 26 février, dans l’église de Carmarthen étant amené par Griffith Leyson, Ecr., shérif du comté de Carmarthen, il fut présenté au nouvel évêque de St. David et à Constantine le notaire public, qui là et alors déchargea le dit shérif et le recut sous leur propre garde le remettant de plus à la garde de Owen Jones ; et déclara là-dessus au Dr, Farrar la grande clémence et miséricorde que le roi et la reine lui offraient ; que s’il voulait se soumettre aux lois du royaume et se conformer à l'unité de l’église catholique il y serait reçu et pardonné,

Le nouvel évêque de St. David était un certain Henry Morgan, un furieux papiste, qui devint maintenant le principal juge de son prédécesseur persécuté, Ce Morgan, siégeant comme juge, livra à l’évêque Farrar certains articles et questions par écrit, qui étant lus en sa présence, Farrar refusa d'y répondre jusqu’à ce qu'il vit sa commission légale et son autorité, Là-dessus Morgan le prononca contuare et pour la punition de cette opiniâtreté le remit à la garde

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de Owen Jones, jusqu’au 4 de mars, et alors d’être amené encore au même endroit entre deux ou trois heures,

Au jour et lieu appointé, l’évêque parut encore devant son orgueilleux successeur, se déclara prêt à répondre aux articles etaux positions ci-dessus mentionnés, demandant poliment une copies des articles et un temps convenable pour y répondre. Cela lui fut accordé et le mardi suivant lui étant assigné entre une heure et trois il fut de nouveau mis sous garde. Au jour fixé il parut de nouveau et exhiba un écrit contenant sa réponse aux articles objectés et fournis à lui auparavant. Alors Morgan lui offrit les articles sous cette forme concise : Qu'il voulait que lui, étant prêtre, renoncât au mariage—de reconnaître la présence réelle de Christ dans le sacrement sous la forme du pain et du vin—de confesser et reconnaître que la messe est un sacrifice propitistoire pour les vivants et les morts—que les conciles généraux légalement réunis ne meurent jamais et ne peuvent errer—que les hommes sont justifiés devant Dieu non pas par la fof seulement, mais que l'espérance et la charité sont aussi nécessaires à la justification—et que l’église catholique a seule l'autorité d'interpréter les Ecritures et de décider les controverses de religion et de formuler des règlements concernant la discipline publique.

Il refusa de souscrire à ces articles, affirmant qu'ils étaient inventés par les hommes, et ne regardaïent pas la foi catholique. Après ceci Morgan lui délivra la copie des articles, fixant le lundi suivant pour y répondre et y souscrire soit affirmativement ou négativement, Le jour vint et il montra sur un morceau de papier sa décision et sa réponse aux articles qui étaient les mêmes qu'auparavant, L'évêque fixa le mercredi suivant, dans l'avant midi, pour entendre sa sentence finale et décisive, Morgan lui demanda ce jour-là s’il renoncerait à ses hérésies, schismes et erreurs qu’il avait jusque là maintenus et s’il souscrirait aux articles catholiques autrement qu'il ne l'avait fait avant.

Là-dessus Farrar produisit une certaine liste écrite en anglais, et restant dans les actes, en appelant de l’évêque comme d'un juge incompétent, au cardinal Pole et aux autres autorités les plus élevées. Ceci, toutefois, ne lui servit de rien, Morgan, donnant cours à sa rage, prononca sentence contre lui, le condamnant comme un hérétique excommunié et devant être livré sur-le-champ

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au pouvoir séculier, à savoir au shérif de la ville de Carmarthen, Mr. Leysen. Après quoi sa dégradation suivit naturellement.

Ainsi ce saint évêque fut condamné et livré au pouvoir séculier et peu de temps mené à l'exécution dans la ville de Carmarthen, où sur le marché public sur le côté sud de la croix, le 30 mars, étant un samedi avant le dimanche de la passion, il endura patiemment les tourments du feu. Parmi les incidents de ce martyre dignes de mention se trouve le suivant: Un Richard Jones, un jeune noble fils d’un chevalier, venant au Dr. Farrar un peu avant sa mort, semblait se lamenter sur la douleur de ce qu'il avait à souffrir ; auquel l’évèque répondit, que s'il le voyait se remuer une fois dans les souffrances des flammes, il devrait n’ajouter aucune foi à sa doctrine. Et comme il le dit, ille fit; car il resta si patiemment, qu'il ne remua point jusqu'à ce qu'un Richard Gravell le frappât avec un bâton, et il tomba dans les flammes et expira, ou plutôt s'éleva au ciel pour y vivre à toujours.

Martyre du Rév. George Marsh.

George Marsh naquit dans la paroisse de Deane, dans le comté de Lancaster, et ayant recu une bonne éducation, ses parents l’élevèrent pour le commerce et l'industrie. Il se maria à environ 25 ans à une jeune femme de la campagne ; avec laquelle il continua à vivre sur une terre ayant plusieurs enfants, Sa femme étant morte, et lui ayant convenablement établi ses enfants, alla à l'université de Cambridge, où il étudia et accrut beaucoup ses connaissances et fut ‘un miuistre de la Sainte parole de Dieu et pour un temps curé du

tév. Laurence Saunders. Dans cette situation il continua pendant un temps, démontrant avec ferveur ce qu’est la vraie religion et rabaissant la fausse doctrine par ses lectures pieuses et ses sermons aussi bien là que dans la paroisse de Deane comme ailleurs dans Lancashire, Mais un aussi zélé protestant ne pouvait êtrs en sûreté. Il fut enfin appréhendé et gardé comme prisonnier dars Chester, par l’évêque de ce diocèse, environ quatre mois,

Il fut envoyé ensuite à Lancaster ; et étant amené avec d'autres prisonniers aux sessions, il fut contraint de lever 18 train narmi les malfaiteurs, k

Pendant qu'il était à Lancaster, plusieurs vinrent lui parler lui donnant des conseils comme Pierre en donnait à Chiist; mais il

lui

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répondit qu'il ne pouvait suivre leur conseil, mais qu'avec la grâce de Dieu il vivrait et mourrait avec une pure conscience et coinme jusqu ici il avait cru et professé.

Quelques jours après, Mr. Marsh fut transporté de Lancaster ; et venant à Chester, le Dr. Cotes l’envoya chercher, ensuite l’évêque, pour se présenter dans la salle. Alors il lui fit certaines questions concernant le sacrément, et Marsh fit des réponses telles que l’évêque en parut satisfait, disant qu'il niait tout-à-fait la transubstantiation, et ne permettait pas l’abus de la messe ni que les laïques recoivent seulement une espèce, contrairement à l'institution de Christ; points sur lesquels l'évêque essaya de le convaincre, quoique (Dieu en soit loué) bien en vain. Il eut beaucoup d’autres conversations avec lui, pour l'induire à se soumettre à l’église de Rome; et comme il ne pouvait prévaloir auprès de lui, il l’envoya en prison. Et après y avoir été il vint vers lui plusieurs fois, un nommé Massie, vieillard affable, un Hensham, chapelain de l'évêque et archidiacre avec plusieurs autres; qui, avec beaucoup de philosophie, de sagesse mondaine et de vanité trompeuse, d’après la tradition des hommes mais non d'après Christ, s’efforcèrent de le persuader de se soumettre à l'Eglise de Rome pour reconnaître le pape comme chef, et d'interpréter l’Ecriture comme l'église le faisait.

A ceci Mr. Marsh répondit qu'il reconnaissait et croyait à une seule église catholique et apostolique, hors de laquelle il n'y à point de salut ; et que cette église n'est qu’une seule parce quelle a toujours confessé et confessera toujours et croira en un seul Dieu, et un seul Messie, et ne croira qu’en lui seul pour son salut; laquelle église est aussi dirigée et conduite par un seul Esprit, une seule parole et une seule foi ; et que cette église est universelle et catholique parce qu’elle a existé depuis le commencement du monde, existe et existera jusqu’à la fin du monde, renfermant dans son sein toutes les nations, tribus et langues, conditions, états et rangs d'hommes ; et que l'église est bâtie seulement sur le fondement des prophètes et des apôtres, Jésus-Christ lui-même étant la principale pierre de l’angle et non sur les lois et décrets romains dont le chef était l'évêque de Rome, Et où ils disent que l'église se maintient par la succession des évêques, étant dirigée par les conciles écuméniques, les saints pères et les lois de la sainte église et avait ainsi continué pendant quinze cents ans et plus ; il répondit que la sainte

LU

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église, qui est le corps de Christ et en conséquence très digne d’être appelée sainte, existait avant la succession des évêques, des conciles généraux ou décrets romains ; n’était nullement astreinte à aucun temps ou lieu à la succession ordinaire ou à la tradition des pères ; n'avait aucune suprématie sur les empires ou les royaumes ; mais était un pauvre et simple troupeau, dispersé au loin, comme des brebis sans pasteur au milieu des loups ; ou comme une famille d'orphelins et d'enfants sans père ; et que cette église était conduite ét régie par la parole de Christ, lui étant son chef suprême, l'assistant, la secourant et la défendant contre tous les assauts, les erreurs et les persécutions par lesquelles elle est toujours entourée, Mr. Marsh fut après cela examiné plusieurs fois par l'évêque et les chanceliers qui se servirent de tous les moyens pour l’induire à se rétracter ; mais tous leurs efforts furent vains, car le noble martyr résista également à leur persuasion et à leurs menaces,

‘L'évêque de Chester commença alors à lire la sentence de la condamnation ; mais quand il en eut lu la moitié, le chancelier l’appela et lui dit, ‘ Bon, my lord, arrêtez ! car si vous lisez encore plus loin, ce sera trop tard pour la rappeler.” L'évêque s'arrêta donc quand plusieurs prêtres et bon nombre de personnes ignorantes demandèrent avec instance à Mr. Marsh de se rétracter. Ils lui commandèrent de s’agenouiller et de prier et qu’ils prieraient pour fui, et lui prierait pour eux. Quand ceci fut fini, l'évêque lui demanda s’il ne demanderait pas la faveur de la reine à temps. Il répondit qu’il la désirait et qu'il aimait sa faveur aussi grandement qu'aucun d'entre eux; mais que cependant il n’osait pas renier le Christ, so: Sauveur, par crainte de perdre sa faveur éternelle et de gagner la mort éternelle,

L'évêque continua à lire sa sentence environ cinq ou six lignes, quand le chancelier avec des paroles flatteuses et un visage riant, l'arrêta et lui dit, ‘Encore une fois my lord arrêtez, car si ce mot est dit, tout est fini ; aucun repentir ne pourra alors servir.” Alors se tournant vers Mr. Marsh, il demanda, ‘‘ Qu’en dis-tu ? ne veux-tu pas te rétracter ?” Plusieurs des prêtres et de gens l’exhortèrent de nouveau à se rétracter et à sauver sa vie. Illeur répondit, ‘J'aimerais autant vivre que vous, si en le faisant je ne reniais mon maître le Christ ; mais alors il me renierait devant son Père qui est aux cieux,

L'évêque lut alors la sentence jusqu’au bout, et lui dit ensuite,

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‘Maintenant je ne prierai plus pour toi, pas plus que pour un vien !” Mr. Marsh répondit que malgré cela il prierait pour sa seigneurie, Il fut alors livré aux shérifs de la ville; alors son dernier gardien voyant qu'il allait le perdre dit avec larmes, ‘“ Adieu, bon George ;” ce qui fit que les officiers le menèrent à la prison à la porte du nord où il fut bien strictement gardé jusqu’à sa mort, temps qu il passa avec peu de confort ou d'aide de personne, Car étant dans le cachot ou une obscure prison, personne de ceux qui voulaient lui faire du bien ne pouvait parler avec lui, ou au

. moins n’osait l'essayer par crainte d'accusation ; et quelques-uns ded

citoyens qui l’aimaient par rapport à l'Evangile, quoiqu’ils ne 16 connussent point, venaient quelquefois le voir le soir et lui demander coment il se portait. Il leur répondait joyeusemert qu’il se portait bien et remerciait Dieu grandement de lui accorder la faveur de le choisir pour être témoin de la vérité et de souffrir en conséquence: ce qui le remplissait de joie ; le suppliant de lui donner la grâce de ne pas succomber sous la croix mais de la supporter patiemment pour sa gloire et pour la paix de son église,

Le jour de son martyre étant venu, les shérifs de la ville avec leurs officiers allèrent à Northgate, et le firent sortir avec des entraves aux pieds. Quand il vint au lieu de l'exécution quelquesuns lui offrirent de l'argent et désirèrent qu’il portât une bourse à la main pour la donner à un prêtre pour dire des messes pout lui après sa mort ; mais Mr. Marsh dit qu’il ne se dérangerait pas pour recevoir de l'argent, mais il demanda à quelque bonne personne de le prendre si les gens étaient disposés à en donner et de le remettre aux prisonniers ou aux pauvres. Il parcourut tout le chemin eu lisant avec attention, et plusieurs dirent. ‘Cet homme ne vi pas à la mort comme un voleur ou comme quelqu'un qui mérite de mourir.” En arrivant au lieu de l’exécution hors de la ville, un député chambellan de Chester montra à Mr. Marsh, un écrit signé du grand sceau, disant, que c'était son pardon s’il voulait se rétracter. Il répondit, que d'autant que cela tendait à l’éloigher de Dieu, il ne le recevrait pas à cette condition,

Il commença à parler au peuple, montrant la cause de sa mort, et il les aurait exhortés à être fidèle à Christ, mais un des shérifs lui dit qu’il ne fallait pas alors faire un sermon. 1l s’agenouilla alors, pria avec instance, et fut enchaîné au pôteau, ayant sous lui un tas

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de fagots et un baril avec de la poix et du goudron, sur la tête. Le feu ayant été fait maladroitement et le vent le portant par ci pär là, il souffrit horriblement à sa mort ce qu'il supporta, toutefois, bien patiemment. Quand les spectateurs supposèrent qu’il était mort, soudainement il éleva les bras, disant, ‘‘ Mon Père qui est au cieux, aie pitié de moi,” et ainsi il rendit l’esprit entre les mains du Seigneur. Là-dessus, plusieurs du peuple dirent que c'était un martyr et qu'il était mort avec un merveilleux courage, ce qui poussa l’évêque peu de temps après à faire un sermon dans sa

cathédrale et d’y affirmer que le dit Marsh était un hérétique,

brûlé comme tel et était alors un tison dans l'enfer.

Martyre de William Flower.

William Flower naquit à Snowhill, dans le comté de Cambridge. Il fut instruit comme catholique romain ; et étant amené à l’église fut recu dans les ordres et devint un moine dans l’abbaye d’Ely. Après être resté qnelque temps dans le monastère, il devint prêtre séculier, revint au lieu de sa naissance et officia pendant quelques années comme prêtre. Après un certain temps en examinant les Ecritures saintes il commença à avoir des doutes sur les doctrines et pratiques de l'Eglise romaine ; et après une inspection subséquente les trouvant opposées à la parole de Dieu, il les abjura et embrassa les doctrines de la réformation. Il vint alors à Londres et s'établit à Lambeth où il se maria et tint une école, Allant un jour à Westminster, il entra dans l’église Ste. Marguerite au temps de la messe. Comme il refusait de s’agenouiller à l'élévation de l’hostie, il fut réprimandé par le prêtre ; ce qui irrita tellement Flower qu'il le frappa sur la tête, le prêtre ayant en sa main un calice contenant des hosties consacrées.

Comme sa conduite provenait plutôt d’un zèle imprudent que d'une connaissance solide, il se soumit au jugement de l’évêque Bonner prêt à souffrir, pour sa folie, n’importe quelle punition qu’il trouverait à propos de lui infliger. L'évêque aurait tnitigé sa punition s’il avait voulu embrasser la foi papiste, mais il refusa de le faire absolument ; il fut en conséquence emprisonné à la Gatehouse.” La conversation suivante eut Jieu ici entre lui eb tn compagnon prisonnier, Mr. Robert Mmith que nous donnens au complet comme explicant sa conduite :—

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Smith— An, comme je comprends que vous professez de suivre l'Evangile et l'avez fuit depuis longtemps, je mo permets de vous demander concernant certaines choses que vous avez commises à l’étonnement de ceux qui professent la vérité,

Flower—Je loue Dieu de m'avoir montré la lumière de sa sainte Parole, et vous remercie sincèrement pour votre visite. Je vous déclarorai la vérité en toutes choses que vous me demanderez

légalement,

Sinith—Montrez-moi alars lan vérité quant à votre action, commise sut John Cheltam, le prêtre dans | :slise aussi exactement que possible,

Flower—Je venais de éhez moi à Lambeth et em entrant dans l'église Ste, Marghorite et voyant le peuple se prosterner devant une méprisable idole, étant. poussé de zèle pour mon Dieu que je vis déshonoré, je me laissai aller à la colère et frappai le prêtre et je fus en conséquence immédiatement arrêté,

Smith—Ne connaissiez-vous pas la personne que vous avez frappée? n’y avait-il pas eu de mauvaise disposition ou de haine entre vous en aucun temps ?

Flower— Non, vraiment ; je n'avais jamais vu la personne, à ma connaissance, ni n'avais entretenu de mauvaise disposition ou haine.

Smith—Pensez-vous que cela fut bien, et d’après la loi de l'Evangile ?

Flower—Je confesse que toute chair est sujette au pouvoir du Tout-Puissant, qui fait que ses ministres font sa volonté et son plaisir ; comme par exemple, Moïse, Aaron, Phinée, Josué, Zimri, Jéhu, avec plusieurs autres non seulement changeant les décrets, mais aussi donnant du zèle à son honneur contre tout ordre et respect de la chair et du sang. Car comme le dit St. Paul, ‘‘ Ses œuvres sont au-dessus de notre connaissance : ” par l'esprit duquel j'ai aussi donné ma chair pour souffrir comme il plaira à la bonne volonté de Dieu de le déterminer.

Smith— Pensez-vous que ce soit juste pour moi, ou tout autre, de falre la iêine cliose en suivant votre exemple.

Flower—Non, vraiment ; et je ne sais pas non plus si je pourrais le fuire encore moi-même : quand je suis venu à l'église St. Paul, jé n'étais pas plus capable de le faire que maintenant je suis capable

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de défaire ce qui est fait; mais étant poussé par l’esprit, et étant complètement satisfait de mourir pour le Seigneur je sacrifiai volontiers ma chair sans crainte, C’est pourquoi je ne puis vous vous recommander de faire la pareille. Premièrement, parce que je ne sais pas ce qui est en vous. Secondement, parce que les enseignements de l'Evangile nous commandent de souffrir avec patience tous les torts ; cependant, si celui qui m'a rempli de zèle vous rend digne vous ne serez ni arrêté, ni condamné ; car il fait parmi son peuple des œuvres ineffables dans tous les âges qu'aucun homme ne saurait comprendre, Je vous prie humblement de juger avec le meilleur esprit et de ne pas condamner les œuvres de Dieu ; car je ne puis exprimer de ma bouche les grandes miséricordes que Dieu m’a montrées dans ce cas dont je ne me repens pas,

Smith—N'êtes-vous pas sûr d’avoir à mourir pour cet acte, et cela avec violence ?

* Flower—J'ai, avant que l’acte ne fut commis, sacrifié mon corps à la mort pour cela ; c’est pourquoi je portais sur moi, en écrit, mon opinion de Dieu et des Saintes Ecritures ; que s'il avait plu à Dieu de leur permettre de me tuer dans l'église, ils auraient vu, dans l'écrit, que mon espérance qui (j'en remercie Dieu) est gardé sûrement sur ma poitrine ; étant sûr de la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur, et fort chagrin pour tous mes péchés, et espérant que bientôt, par sa miséricorde je cesserai de les commettre,

Smith—Je n'ai pas besoin de parler avec vous de l'espérance que vous avez davantage ; car je m'apercois (Dieu en soit loué) que vous êtes dans un bon état ; et c'est pourquoi je supplie Dieu d’étendre ses ailes sur vous afin que, comme vous avez été zélé par amour pour lui, même jusqu’à faire la perte de cette vie, il vous donne son Saint-Esprit pour vous conduire à une meilleure vie, ce qui, je crois, arrivera prochainement,

Flower—J'’ai hâte que cela soit, cher ami, étant assuré qu'ils peuvent tuer le corps et que je recevrai la vie éternelle et ne verrai plus la mort. Robert Smith partit alors, laissant Flower dans le cachot,

Après quelque temps, il fut amené devant l’évêque qui lui administra, sous serment, plusieurs articles. Mais ne répondant pas d’une manière satisfaisante, il fut renfermé à la prisen Fleet,

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Mistoire des Martyrs, pur Fote. 183

Alors il fut amené devant le gardien et trouvé coupable d'avoir maltraité un prêtre dans l'exécution de ses devoirs et aussi pour inaintenir de damnables hérésies, L'’évêque lui demanda, alors, s’il connaissait quelque cause pour laquelle on ne devrait pas prononcer sentence contre lui comme hérétique? Flower répondit, “ Je n'ai absolument rien à dire, car je ne me départirai pas de ce j'ai déjà dit ; et faites en conséquence ce que vous voudrez,

L'évèque passa alors sentence sur lui comme hérétique et le livra au pouvoir séculier,

Le 24 avril, 1555, il fut conduit au bûcher à la cour de l’église de Ste, Marguerite, Westminster, au milieu d’un nombre prodigieux de spectateurs. Là, il s'agenouilla et pria comme suit :

‘“O Dieu éternel, père tout-puissant et miséricordieux qui a envoyé ton Fils sur la terre pour me sauver et toute l'humanité ; qui remonta au ciel et laissa son sang sur la terre derrière lui pour la rédemption de nos péchés, aie pitié de moi, pour l'amour de ton cher Fils, notre Seigneur Jesus-Christ en qui seul je confesse qu’il y a salut et justification et qu'il n’y à pas d’autre chemin, ni sainteté par lequel ou dans lequel un homme puisse se sauver. C’est ici ma foi, dont je prie tous les hommes ici présents d’être témoins.”

T1 répéta alors la prière dominicale ; après quoi, il se prépara, à subir sa sentence, Un prètre romain désira qu’il rétractât son hérésie et par ce moyen sauvât sa vie ; auquel il dit, ‘* Monsieur, je vous prie, pour l'amour de Dieu d’être satisfait ; car ce que j'ai dit, je l’ai dit; et je compte que Dieu me rendra capable de demeurer ferme jusqu'à la fin.”

Ceci fait, il fut enchaîné au bûcher et sa main gauche attaché à son côté, L'autre, celle avec laquelle il avait frappé le prêtre, fut alors élevée et coupée ; il supporta' cela sans la moindre apparence d'émotion. Les fagots furent alors pilés autour de lui et étant allumés, il cria, ‘O toi Fils de Dieu, aie pitié de moi; O toi Fils de Dieu, recois mon esprit.” Il répéta ces mots trois fois quand la fumée lui enleva la parole ; mais il montra encore aux spectateurs qu'il n'était pas privé de vie en levant le bras d'où la main avait été coupée avec l’autre aussi longtemps qu'il fut capable. Comme il n’y avait pas suffisamment de fagots il endura de grandes tortures, le bas de son corps étant consumé un temps considérable avant que les autres parties fussent beaucoup affectées. Enfin, toutefois.

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