‹ Le livre des martyrs [microforme]Chapitre 5 sur 27 · LR ES SN TRE I RENE ET RE · texte numérisé non relu

LR ES SN TRE I RENE ET RE

12 Histoire des Martyrs, par Foxe.

furent en conséquence condamnés à être fouettés d'abord et ensuite décapités.

Certaines circonstances firent cesser la persécution pour un temps, au moins dans les provinces sous l'inspection immédiate de l’empereur ; mais elle se ralluma bientôt en France, particulièrement à Lyon, où les tortures auxquelles plusieurs Chrétiens furent soumis dépassent toutes descriptions. Les martyrs de Lyon étaient au nombre de quarante-huit. Ils moururent tous avec beaucoup de courags, glorifiant Dieu et leur Rédempteur. (C’est dans ce règne que Apollonius, sénateur romain, devint martyr, Eusebius Vincentius, Potentianus, pour avoir refusé d’adorer Commode comme Hercules, furent également mis à mort. Julius, sénateur romain, reçut ordre de l’empereur de lui sacrifier comme à Hercules. Julius refusa de s’y conformer et professa publiquement qu'il était Chrétien. Pour cette raison, après être retenu en prison pendant un temps considérable il fut.mis à mort à coups de bâton.

Irénée, évêque de Lyon, naquit en Grèce et y reçut une éducation chrétienne. Il s’opposa avec zèle aux hérésies en général, et écrivit un traité contre l’hérésie, qui eut une grande influence à cette

époque. Ceci le signala comme un objet de ressentiment à l’empereur ; il fut en conséquence décapité en A. D. 202.

Les persécutions se répandirent à cette époque en Afrique, et plusieurs y furent martyrisés ; la principale de ceux-là fut Perpétue, femme mariée de vingt-six ans avec son enfant à la mamelle, Elle fut arrêtée parce qu’elle était Chrétienne. Son père, qui l’aimait tendrement, essaya de la porter à renoncer au Christianisme, Perpétue, toutefois, résista à toutes ses prières. Etant menée devant le proconsul Minutius, on lui commanda de sacrifier aux idoles ; sur son refus, elle fut mise dans un cachot obscur et privée de son enfant. Perpétue donna la plus forte preuve de courage et de force de caractère à son procès. Le juge la pria de considérer les larmes de son père, l’abandon de son enfant, et sa propre vie; mais triomphanc sur tous les sentiments de la nature, elle oublia la crainte de la souffrance dans la perspective de cette immortalité offerte par le Christ. Elle fut d’abord déchirée par les bêtes sauvages, et ensuite tuée par l'épée.

Calixte, évêque de Rome, souffrit le martyre en 224 ; et en 1 232, Urbain, un de ses successeurs subit le même sort. Agapet, un garçon

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Histoire des Martyrs, par Fexe. 13

de Préneste, en Italie, qui n'avait que quinze ans pour avoir refusé de sacrifier aux idoles, fut sévèrement fouetté et pendu par les pieds, et on versa sur lui de l’eau bouillante. Il fut ensuite déchiré par les bêtes sauvages, et enfin décapité.

Sixième Persécution Générale sous les Empereurs Romains.

Maxime, qui devint empereur dans l’année 235, commença à persécuter les Chrétiens ; et dans le Cappadoce, le président Sémiramus fit de grands efforts pour les exterminer de son royaume, Un soldat romain, qui refusa de porter une couronne de laurier offert par l’empereur et qui se confessa Chrétien, fut fouetté et mis à mort, Pontien, évêque de Rome, pour avoir prêché contre l’idolâtrie, fut banni de Sardaigne, eù y fut mis à mort. Anteros, un grec, qui succéda à cet évêque au siège de Rome, déplut tellement au gouvernement en faisant un recueil des actes des martyrs, qu'il souffrit lui-même le martyre, après avoir joui de sa dignité «eulement quarante jours. Pammachius, sénateur romain, avec sa famille et d’autres Chrétiens, au nombre de quarante-deux, furent tous décapités en un jour, et leurs têtes clouées aux portes de la ville. Hippolyte, prélat Chrétien, fut attaché à un cheval sauvage, et trainé à travers les champs, les terrains pierrieux et les épines jusqu’à ce qu'il fut mort.

Pendant que cette persécution sévissait beaucoup de Chrétiens furent tués sans procès et furent enterrés par monceaux ; quelquefois cinquante ou soixante étant jetés ensemble dans le même trou.

Maxime mourut en A.D. 238 ; et Gordien lui succéäa, durant son règne et celui de son successeur Philippe, l’église fut exempte de persécution pendant plus de dix ans; mais en l’année 249 une violente persécution s’éleva à Alexandrie, La fureur du peuple étant grandement excitée contre les Chrétiens, ils enfoncèrent leurs maisons, volèrent leurs meilleurs effets, détruisirent le reste et massacrèrent les propriétaires ; le cri universel était, ‘‘ Brûlez-les, brûlez-les ! tuez-les !”” Les noms des martyrs, et les détails de l’émeute n’ont pas, toutefois, été conservés.

Septième Persécution Générale sous les Empereurs Romains.

En l’an 249, Décius étant empereur de Rome, une terrible perséoution fut commencée contre les Chrétiens, Fabien, évêque de

14 Histoire des Martyrs, par Foxe,

Rome, fut la première personne de distinction qui sentit sa sévérité. L'empereur Philippe étant mort après avoir confié son trésor au soin de cet excellent homme ; mais Décius, n’y trouvant pas autant d'argent qu’il s’y attendait, détermina de se venger sur lui. On le saisit donc et on le décapita. Abdon et Semen, deux Perses, furent pris comme étrangers ; étant reconnus comme Chrétiens ils furent mis à mort. Moïse, un prêtre, fut décapité pour la même raison. Julien, natif de la Cilicie, fut arrêté parce qu'il était Chrétien. On le tortura fréquemment, mais il demeura inflexible ; et, quoique souvent mené hors de la prison pour être exécuté, il ÿ était ramené pour souffrir de plus grandes cruautés, Il fut, enfin, mis dans un sac de cuir, avec un certain nombre de serpents et de scorpions, puis jeté dans la mer. Pierre, un jeune homme à Lampsaque, ayant reçu ordre de Optimus, le proconsul de sacrifier à Vénus, dit : ‘Je suis étonné que vous désiriez que je sacrifie à une femme infâme, dont vos historiens même racontent les débauches, et dont la vie consiste en actions telles que vos lois tes punissent, Non ! J'offrirai au vrai Dieu le sacrifice de louanges et d'adoration.” Optimus, en entendant ceci, ordonna qu’on lui broya les membres sur la roue; mais les tourments lui inspirèrent seulement un nouveau courage; il ria même devant ses persécuteurs. Il fut enfin décapité.

Dans l’île de Crète la persécution sévit avec une extrême furie, le gouverneur étant excessivement actif à exécuter les décrets impériaux.

L'empereur Décius, ayant érigé un temple païen à Ephèse, en l'an 251, commanda à tous ceux qui étaient dans cette ville de sacrifier aux idoles. Cet ordre fut noblement refusé par sept de ses propres soldats. L'empereur voulant les épargner, leur donna du répit jusqu’à son retour d’un voyage. En son absence ils se sauvèrent et se cachèrent dans une caverne ; mais il en fut informé à son retour, l'ouverture de la caverne fut close, et ils y furent affamés ou étouffés à mort,

Après que la persécution eut sévie en Cappadoce, en Phrygie et dans d’autres districts et quand Gallus eut conclu ses guerres, une peste éclata dans l’empire ; l’empereur ordonna de faire des sacrifices aux déités païennes pour apaiser leur colère, Les Chrétiens refusant de se conformer à leurs rites, furent accusés d'être les

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Huitième Persécution Générale sous les Empereurs Romaine.

Après la mort de Gallus, Valérien fut choisi empereur. Durant l’espace de quatre ans il gouverna avec modération, et traita les Chrétiens avec une douceur remarquable ; mais en l’an 257, un Egyptien, nommé Macriamus prit sur lui un grand ascendant et lui persuada de persécuter les Chrétiens. On publia à cet effet des édits et la persécution, qui commença au mois d'Avril continua durant trois ans et six mois.

Parmi les martyrs qui périrent dans cette persécution se trouvèrent Rufina et $Secunda, deux dames belles et distinguées, filles d’un homme éminent à Rome. Elles furent décapitées en l'an 257. Dans la même année, Etienne, évêque de Rome, fut décapité, et environ ce temps-là Saturnin, évêque \e Toulouse, fut attaqué et saisi par la populace de la ville, pour avoir empêché, prétendaientils, leur oracle de parler. Sur son refus de sacrifier aux idoles, il fut traité avec une indignité révoltante, et ensuite attaché à la queue d’un taureau. A un signal donné l’animal, en .furie, fut conduit en bas les gradins du temple où la cervelle du martyr fut brisée, Etienne eut pour successeur comme évêque de Rome Sextus. Marcianus, qui avait la direction du gouvernement romain dans l’année 258 obtint un ordre de l’empereur Valérien pour mettre à mort tout le clergé chrétien à Rome et Sextus fut l’un des premiers qui sentit la sévérité de l’édit, IL fut décapité le 6 Août, 258, et six de ses diacres souffrirent avec lui. 4

Laurent, communément appelé St. Laurent, le principal des diacres qui enseignèrent et prêchèrent sous Sextus, le suivit au lieu de l’exécution, quand Sextus lui prédit qu’il le rencontrerait dans le ciel trois jours après. Laurent considérant cette prédiction comme une

indication certaine de son propre martyre prochain rassembla à son

retour tous les pauvres Chrétiens et distribua parmi eux tous les trésors de l’église. Ayant recu ordre d’en rendre compte à l’empe-

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reur, il assembla un grand nombre de pauvres vieillards, de manchots, d'impotents, et se rendit au magistrat lui disant, ‘* Voici les vrais trésors de l’église.” Provoqué par ce désappointement, le gouverneur commanda qu'il fut fouetté, et lui fit disloquer les jambes. Ilendura ces tortures avec un tel courage et une telle patience que l’on commanda qu'il fut attaché à un gril ayant un petit feu allumé en dessous, afin que sa mort fut plus lente. Mais sa constance étonnante et la sévérité de sa contenance dans des tourments si atroces, donnèrent, aux spectateurs, une idée si exaltée de

la dignité et de la vérité de la religion chrétienne que plusieurs d'entre eux s’y convertirent, ;

Parmi ceux-là se trouvait un soldat nommé Romanus. Il se déclara Chrétien immédiatement après la mort de Laurent, et le suivit bientôt dans un martyre moins long et moins atroce pour se rendre au séjour des esprits bienheureux, dans le ciel. Sur sa confession de foi comme Chrétien il fut fouetté et décapité.

Quatorze ans avant ces faits, la persécution sévissait en Afrique avec une grande violence et plusieurs mille personnes reçurent la couronne du martyre, parmi lesquelles se trouvait Cyprien, évêque de Carthage, éminent prélat et un ornement distingué de l'Eglise. Avant son baptême, il étudia les Ecritures avec soin, et frappé de l'excellence de leur contenu, il se décida à pratiquer les vertus qu'elles recommandent. Il vendit son bien, en distribua l'argent parmi les pauvres, s’habilla en vêtements unis et commença une vie d’austérité et de solitude. En l’an 257 il fut amené devant le proconsul Aspasius Paternus. Quand on lui commanda de se conformer à la religion de l'empire, il confessa hardiment sa foi. Il fut en conséquence exilé dans une petite ville sur la mer Libyenne. A la mort du proconsul, il retourna à Carthage, mais il fut bientôt après arrêté et amené devant le nouveau gouverneur, qui le condamna à

être décapité ; et le quatorze de Septembre, 258, cette sentence fut exécutée,

Peut-être que l’un des plus terribles événements dans l’histoire des martyrs fut ce qui arriva à Utica, où 300 Chrétiens furent, par l'ordre du proconsul, placés autour d’un fourneau à chaux en combustion. Un vaisseau de charbon et d’encens ayant été préparé, on leur ordonna de sacrifier à Jupiter ou d’être jeté dans le fourneau. Refusant unanimement ils sautèrent bravement dans l'ouverture où ils furent suffoqués immédiatement,

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Neuvième Persécution Générale sous les Empereurs Romaine.

En l'an 274, l'empereur Aurélien commença à persécuter les Chrétiens ; la principale victime fut Félix, évêque de Rome, qui fut promu au siège de Rome en 274, et fut décapité la même année. Dioclétien, monta sur le trône impérial en 284 ; d'abord il favorisa beaucoup les Chrétiens, En l’an 286, il s’associa Maxime pour . gouverner l'empire ; alors Félicien et Primus, deux frères chrétiens, furent mis à mort avant qu'aucune persécution générale ne survint,. Ils furent arrêtés par ordre de la cour impériale et, se confessant Chrétiens ils furent fouettés, torturés et finalement décapités, Marcus et Marcellianus, jumeaux, natifs de Rome et de famille noble, furent aussi arrêtés, torturés et condamnés à mort. Un répit d’un mois fut obtenu par eux pour que leurs parents et leur parenté pussent essayer de les ramener au paganisme, mais ce fut en vain. Enfin leur constance gagna ceux qui voulaient les ramener, et toute la famille se convertit.

Tranquillinus, le père, fut requis par le préfet, et alors il confessa que loin d’avoir été capable de convaincre ses fils à abandonner le Christianisme il était lui-même devenu Chrétien. En rendant compte du changement, il se servit d'arguments si puissants qu'il convertit le préfet, qui bientôt après vendit son patrimoine, résigna son commandemant, et passa le reste de ses iours dans une pieuse retraite,

Tibertius, natif de Rome, étant d'une famille de rang et de distinction. Etant accusé d’être Chrétien, on lui commanda de sacrifier aux idoles, ou de marcher sur des charbons brûlants, Il choisit ce dernier, et l’on rapporte qu'il marcha dessus sans souffrir, quand Fabian le condamna à être décapité.

Une affaire remarquable arriva en l’an 286. Une légion de soldats, comprenant 6,666 hommes ne contenait que des Chrétiens. Elle était appelée la légion thébéenne, parce que les soldats avaient été recrutés dans la Thébaïde, ils joignirent enfin l’empereur en Gaule, Environ ce temps-là, Maximien donna ordre d'offrir un sacrifice général, auquel toute l’armée devait assister ; en même temps les soldats devaient jurer de lui aider à extirper le Christianisme de la Gaule. Tous les soldats dans cette noble légion refusèrent de prendre part à cette cruelle entreprise, et sur leur refus furent tous mis à mort.

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Alban—d'où St, Alban recoit son nom —fut le premier martyr anglais, Il état d’abord païen, mais étant d’une disposition très humaine, il donna à couvert à un ecclésiastique, nommé Amphibalus, que quelques officiers poursuivaient à cause de sa religion. Le pieux exemple et les discours édifiants du réfugié firent une profonde impression sur l'esprit de Alban, et il devint Chrétien. Les . ennemis de Amphibalus apprenant où il était caché, vinrent à la maison de Alban pour le prendre. Son noble hôte, désirant sauver son protégé, changea d’habits avec lui. Il fut mené devant l’empereur qui se décida à satisfaire sur lui sa vengeance ; dans ce but, il lui commanda de s'avancer à l'autel et de sacrifier aux déités païennes. Le brave Alban confessa hardiment qu'il était Chrétien. Le gouverneur commanda, en conséquence, qu'il fut d’abord fouetté et ensuite décapité. Le vénérable Bède raconte que dans cette occasion le bourreau se convertit subitement au christianisme, et demanda de mourir pour Alban ou avec lui. Obtenant la dernière requête, ils furent décapités par un soldat le 22 Juin, 287, à Verulam, près de St. Alban, où une magnifique église fut érigée à la mémoire de Alban vers le temps de Constantin le Grand.

Dixième Persécution Générale sous les Empereurs Romains.

Malgré les efforts des pa:2ns pour exterminer les Chrétiens, ils augmentèrent tant qu’ils devinrent formidables par leur nombre: Galère, le fils adoptif de Dioclétien, poussé par sa mère, persuada à l’empereur de commencer une autre persécution. Elle commença le 23 Février, 303, et s’ouvrit d’abord à Nicomédie. Le préfet de la ville alla un matin à l’église des Chrétiens, que ses officiers eurent ordre d’ouvrir de force, et alors il livra aux flammes les livres sacrés. Dioclétien et Galère, qui étaient présents, commandèrent à leurs gens de raser l’église jusqu’en terre. Ceci fut suivi d’un cruel édit, ordonnant la destruction de toutes les autres églises et de leurs livres ; et un ordre lui succéda bientôt après, ayant pour but de proscrire les Chrétiens, et de les rendre en conséquence incapables d'occuper aucune place de confiance, de profit ou de dignité, ou de recevoir aucune protection des institutions légales du royaume. Un martyre immédiat fut le résultat de cet édit ; car un hardi Chrétien, non-seulement le déchira mais blâma l’empereur pour son injustice et sa cruauté ; il fut en conséquence arrêté, torturé et brûlé vif. Les prélats chrétiens furent également pris et emprisonnés ; et

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Galère donna privément ordre de mettre le feu au palais impérial pour que l’on put accuser les Chrétiens d’en être les incendiaires et avoir un prétexte plausible pour continuer la persécution avec sévérité. On commanda aussi un sacrifice général ce qui causa plusieurs martyrs. Entre autres, un Chrétien nommé Pierre, fut mis à la torture et brûlé ensuite ; plusieurs diacres et anciens furent saisis et exécutés, et l'évêque de Nicomédie fut lui-même décapité, Si grande était la persécution qu’il ne fut fait aucune distinction quant àl’âgeoulesexe. Plusieurs maisons furent mises à feu, et des familles chrétiennes entières périrent dans les flammes ; d’autres eurent des pierres attachées au cou et jetés dans la mer, La persécution devint générale dans toutes les provinces romaines, mais particulièrement dans l’Est et dura dix ans.

Dans ce temps-là les Chrétiens pensaient qu’il n'était pas permis de porter les armes sous un empereur païen. Maximilien, le fils de Tabius Victor, reçut ordre de Dion, le proconsul, de se faire mesurer pour se faire enrôler. Lui, toutefois, se déclara Chrétien, et refusa de remplir les devoirs militaires. Etant trouvé de grandeur convenable, Dion ordonna qu’il fut marqué comme soldat. Il dit à Dion qu'il ne lui était pas possible de s'engager dans le service. Le proconsul lui répondit instantanément qu'il devait soit servir comme soldat, ou mourir de désobéissance. ‘‘ Faites comme il vous plaira avec moi,” répondit Maximilien : ‘‘ décapitez-moi si vous le trouvez bon.” ‘Je suis déjà un soldat de Christ, et ne puis servir aucun autre pouvoir.” Le proconsul prononca alors cette sentence sur lui, ‘que pour avoir refusé de porter les armes, et professer la foi chrétienne, il serait décapité.” Il écouta cette sentence avec une si grande intrépidité, qu'il s’écria, ‘que Dieu soit loué.” A la place de l’exécution il exhorta ceux qui étaient Chrétiens de le demeurer : et ceux qui ne l’étaient pas d’embrasser une foi qui les menait au salut éternel. Il recut alors le coup fatal,

Enfin les empereurs Dioclétien et Maximien se démirent du diadème impérial, et furent remplacé par Constantin et Galère ; le premier un prince d’une disposition des plus douces et humaines, et le dernier remarquable par sa tyrannie et sa cruauté, Ceux-ci divisèrent l'empire en deux gouvernements égaux : Galère gouverneur dans l'Est et Constantin dans l’Ouest. Le peuple sentit les effets des différentes dispositions des empereurs ; car ceux de l’Ouest furent

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gouvernés de la manière la plus douce, mais ceux qui demeurèrent dans l'Est sentirent toutes les misères de la cruauté et de l'oppression,

Comme Galère entretenait une haine implacable aux Chrétiens, nous apprenons ‘‘ qu’il ne les condamnait pas seulement à la torture, mais à être brûlés à petit feu. On les enchaînait d’abord à un poteau, et l’on entretenait un petit feu à la plante de leurs pieds. Ensuite des flambeaux à peine éteints étaient appliqués à toutes les parties du corps, pour les torturer par tout le corps ; et l’on prenait soin de les tenir en vie, en leur jetant de l’eau froide à la figure et en leur en donnant pour se laver la bouche, de peur que leurs gorges ne se desséchassent par la soif et qu'ils n’étouffassent, Ainsi leurs souffrances se prolongeaient jusqu’à ce qu’enfin leur peau étant consumée, et tout près d’expirer on les jetasse dans un grand feu et eussent leurs corps brûlés en cendre, après quoi leurs cendres furent jetées dans quelques rivières.”

Constantin le Grand.

Constantin le Grand se décida enfin de redresser les griefs des Chrétiens. Dans ce but il leva une armée de 30,000 fantassins et de 8,000 cavaliers avec lesquels il marcha vers Rome contre l’empereur Maxentius. Il considéra que tandisque son père n’adorait qu'un seul Dieu il prospérait continuellement ; il rejeta donc les idoles et implora l’assistance du Tout-Puissant, qui écoutait ses prières, et lui répondait d’une manière si surprenante, que Eusèbe dit qu’il n’aurait pu ie croire s’il ne l’avait entendu de la propre bouche de l’empereur qui en confirma publiquement et solennellement la vérité. Ce récit extraordinaire est comme suit : ‘ L'armée arrivant près de Rome, l’empereur était occupé dans des exercices de dévotion le 27 Octobre, environ vers les trois heures de l’après-midi, quand, sur le déclin du soleil, il lui apparut soudainement une colonne de lumière dans le ciél, sous forme d’une croix, avec cette inscription distincte—/n hoc signo vinces : Par ce signe tu vaincras. Constantin fut grandement surpris de cette étonnante apparition, qui fut aussi visible à toute l’armée, qui en fut aussi étonnée que lui. Les officiers et les commandants, poussés par les augures et les devins la considérèrent comme un augure défavorable présageant une malheureuse expédition. L'empereur lui-même ne la comprenait pas, jusqu'à ce qu’enfin le Christ lui apparut dans une vision,

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avec une croix à la main, lui commandant d'en faire un étendard royal, et de le faire porter continuellement devant son armée comme une enseigne de victoire ainsi que de sûreté. De bonne heure le matin suivant, Constantin informa ses amis et ses officiers de ce qu'il avait vu durant la nuit, et envoyant quérir des ouvriers experts leur décrivit la forme de l’étendard qu'il leur commanda de faire avec le plus grand art et magnificence. Ils le firent ainsi: une longue lance, plaquée d'or, avec une traverse au haut en forme de croix, à laquelle ils attachèrent une bannière de pourpre taillée en carré, brodée d’or, et montée en pierres précieuses qui brillaient d’un éclat merveilleux ; vers la pointe était dépeint l’empereur entre ses deux fils ; au-dessus de la croix était placé une couronne couverte d’or et de bijoux, dans laquelle le symbole sacré— à savoir les deux premières lettres du Christ en Grec, X et P, l'une mise sur l’autre en croix. Il porta cette devise ci-après, non seulement sur son bouclier, mais aussi sur ses pièces de monnaie dont il existe encore plusieurs,

Dans la bataille qui suivit Constantin défit Maxentius, et il rentra à Rome en triomphe. Une copie fut alors publiée en faveur des Chrétiens et une copie en fut envoyée à Maxime dans l'Est,

Nous ne pouvons clore le récit de ces persécutions sous les empereurs romains, sans attirer l’attention sur la colère évidente que le Tout-Puissant manifesta envers les persécuteurs. L'histoire montre que nulle nation ou individu ne peut prospérer où le Christ, le fils de Dieu est méprisé. Pendant ces événements, les Romains ne souffrirent pas seulement des pestes et ne furent pas seulement détruits par leurs propres empereurs, mais aussi par les gucrres civiles dont trois arrivèrent en deux ans à Rame après la mort de Néron. Dans les jours de Tibérius 5,000 Romains furent blessés ou tués en une fois par la chute d’un théâtre. Des Juifs, environ ce temps-là, il fut détruit par Titus et Vespasien 11,000, outre ceux que Vespasien tua en soumettant la Galilée, et ceux qui furent envoyés en Egypte et autres provinces en esclavage au nombre de 17,000. Deux mille furent amenés avec Titus en triomphe; plusieurs d’entre eux il livra pour être dévorés par les bêtes féroces, tandis que le reste fut mis à mort cruellement. Par ceci, toutes les nations peuvent voir ce qu'il en coûte de rejeter la révélation de Dieu, et encore plus de persécuter ceux que Dieu envoient pour leur salut,

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