II. INSTRUCTIONS CONCERNANT LES PER- SONNES GRAVEMENT MALADES
Cï votre maladie s'aggrave et annonce l'ap- ^proche de la mort, que cela ne vous jette point dans l'abattement, ni dans le trouble ; mais résignez-vous avec courage à quitter ce monde, qui n'est pas notre demeure permanente, et désirez entrer dans la céleste patrie. 11 est arrêté que les hommes meurent une fois. {Heb.y 9, 27.) Nous sommes ici-bas comme des étrangers, et il
158 DE l'assistance chrétienne
ne doit pas nous être pénible d'aller au ciel rejoindre notre Père et notre divin Rédempteur. La mort nous délivre de nos misères et du danger de pécher davantage , la mort est la porte du ciel, la mort est la meilleure satisfaction pour nos péchés, si nous la recevons avec résignation à la volonté de Dieu. La mort nous rend semblables à notre divin Rédempteur, qui a voulu mourir pour nous.
2. Si quelque chose vous pèse encore sur la conscience, vous inquiète ou vous fait de la peine, ne le cachez pas plus longtemps; faites venir promptement votre confesseur, et ouvrezlui sincèrement votre cœur, par une confession accompagnée de repentir, afin d'être délivré de toute frayeur et de toute inquiétude.
3. Si vous avez quelque ennemi, tâchez de vous réconcilier avec lui, bannissez de votre cœur tout sentiment de haine, rappelez-vous que les dernières paroles de votre divin Sauveur furent une prière pour ses ennemis. Si vous avez une épouse et des enfans qu'il vous coûte beaucoup de quitter, fortifiez votre cœur par ces consolantes réflexions: Dieu en aura soin, il pourvoira à leur subsistance et je pourrai prier pour eux devant le trône de Dieu.
4. Quand vous aurez mis ordre à votre conscience et à vos autres affaires, ne vous occupez pas trop de ce que vous deviendrez après votre mort; mais espérez en la bonté de Dieu, abandonnez-vous entièrement à son infinie miséricorde, et ne désirez rien autre chose, sinon que Dieu soit glorifié et que sa très-sainte volonté s'accomplisse en vous. C'est la meilleure ma-
DES MALADES
nière de mourir pieusement et d'assurer son salut éternel ; car il est impossible qu'une âme, qui s'abandonne entre les mains de Dieu d'une manière si parfaite , se perde pour l'éternité. Entretenez-vous souvent avec votre Sauveur agonisant et abandonné sur la croix, et répétez de temps en temps avec lui: «Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains.»
5. Résistez avec courage et constance aux assauts et aux tentations de l'enfer. S'il vous vient un doute sur la foi, n'examinez pas, n'entrez pas en discussion avec l'ennemi du salut, mais dites aussitôt: Je crois ce que croit l'Église catholique, et je veux mourir dans la foi de ce qu'elle enseigne. Si vous êtes tenté d'abattement ou de défiance, soit à cause du grand nombre de vos péchés, soit parce que vous ne pouvez faire pénitence ou qu'il vous semble trop difficile d'entrer au ciel, s'il vous vient dans l'esprit que le chemin qui y mène est étroit, que les élus sont en petit nombre, ou que votre tiédeur et votre ingratitude vous rendent indigne du pardon, chassez promptement ces vaines frayeurs et pensez plutôt à l'immense amour, à la miséricorde infinie de notre Dieu, aux mérites sans nombre de J. C. N. S. Abandonnez-vous à la volonté de Dieu avec une entière confiance et la plus grande tranquillité. Dites à Dieu de tout votre cœur: ô mon Père, je remets entre vos mains ma vie, ma mort, mon âme, mon corps, mon salut éternel, et tout ce qui me concerne ; faites de moi tout ce qu'il vous plaira, je suis à vous, à la vie et à la mort, dans le temps et dans l'éternité.
180 de l'assistance chrétienne
6. Occupez-vous principalement à produire des actes de foi, d'espérance, d'amour, de contrition sur tous les péchés de votre vie, et d'abandon à la volonté de Dieu. Ce n'est point seulement ici un conseil, c'est une obligation pour tous ceux qui touchent au terme de leur vie. Si cela ne vous fatigue pas trop, faites vous lire, ainsi que nous l'avons dit plus haut, quelque chose sur la passion de Jésus - Christ ou sur quelqu' autre sujet pieux. Prenez souvent en main votre crucifix, baisez-le avec tendresse; ayez soin d'y faire attacher par une bénédiction spéciale l'indulgence piénière pour la bonne mort, jetez souvent les yeux sur l'image de la trèssainte Vierge Marie, recommandez-vous sans cesse à sa puissante protection ; que les noms de Jésus et de Marie soient toujours sur vos lèvres jusqu'au dernier soupir, et que le cierge béni, allumé devant vous , rende le témoignage que vous avez conservé jusqu'à la fin de votre course la foi de votre baptême.