‹ Le livre des missionsChapitre 141 sur 232 · I. EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

I. EXAMEN DE CONSCIENCE

T e principal obstacle à une véritable conversion, -^consiste en ce que Ton ne se connaît pas soimême , et qu'on se fait illusion en s'imaginant que telle ou telle chose n'est pas péché. Plusieurs chrétiens vivent ainsi dans une ignorance coupable des commandemens de Dieu et des devoirs de leur état, ils vivent comme dans une certaine ivresse, croupissent dans de bas désirs et de sales voluptés; dans une dégoûtante tiédeur et insouciance pour tout ce qui est spirituel et pieux, tellement qu'ils perdent toute connaissance de Dieu et d'eux-mêmes; en sorte que s'ils ne sont pas précisément des assassins et des voleurs, s'ils ont encore quelques vertus naturelles (propres aussi aux païens), et quand même ils s'approprient les beaux noms d'honnêtes gens, d'hommes de probité, ils ne sont cependant rien moins que des personnes agréables à Dieu ou de bons chrétiens. Quand de tels pénitens doivent se confesser, ils ne se reconnaissent coupables d'aucun péché : est-ce qu'ils sont innocens et sans reproche ? \ \ Hélas! non. Il ne leur manque que la véritable^ connaissance d'eux-mêmes, connaissance qu'ils n'ont pas parce qu'ils négligent entièrement le j sincère examen de leur conscience. — Et quels | sont donc ordinairement ces chrétiens qui sont | si vertueux à leurs propres yeux? Ce sont pour la plupart ceux qui ne se confessent habituellement qu'une fois l'année ou qui ne se sont peut- | être point du tout confessés depuis plusieurs années, vivant indifférents dans un entier oubli de leurs devoirs; et ce qui plus est, qui sé- j

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duisent encore les autres , en disant: » Telle et telle chose n'est pas péché;» ou: «je peux bien prendre cela sur moi; — ou: «je dois bien m'y connaître aussi.» — Or quand le confesseur aura examiné ces choses, il découvrira, que ces personnes si raisonnables, sont comme un tombeau plein de péchés! La connaissance de soi-même est un don de Dieu que saint Augustin demandait, en disant: «Faites, Seigneur que je vous connaisse et que je me connaisse ! » Si vous voulez donc, âme fidèle! vous connaître parfaitement vous-même, priez le Saint-Esprit qu'il vous communique ses lumières et son secours.

Combien de temps faut-il employer à l'examen de conscience?

1. On doit y mettre autant de temps et de soin que Ton a coutume d'en employer à une affaire d'une très-haute importance. Que ferait un homme qui aurait un procès dont la perte le priverait de toute sa fortune? Avec quel soin ne rechercherait-il pas tout ce qui pourrait servir à sa cause? Et vous, pécheur, n'avez-vous pas, par votre chute dans le péché mortel, perdu votre droit au ciel et mérité l'enfer? La confession que vous allez faire et l'examen de conscience qui doit la précéder, décidera peut-être de votre bonheur ou de votre malheur éternel; car il est possible que ce soit la dernière de votre Yie.

2. Le temps que vous devez employer à l'examen de votre conscience ne saurait être exactement déterminé. Celui qui a la conscience délicate ou craintive, peut facilement se tranquilliser, quand il s'est remis en mémoire ses

péchés graves; car quant aux péchés véniels, s'il vient à en oublier quelques-uns, qu'il se garde d'en concevoir du trouble , puisqu'à la rigueur il n'est pas tenu de les confesser.

3. Cependant pour celui qui vit comme plongé dans le vice, qui se confesse à peine une fois l'an, qui transgresse la loi de Dieu presque à chaque occasion; il ne peut pas se contenter d'un simple coup d'œil sur sa conscience ; il doit s'occuper quelques jours avant la confession d'une chose aussi importante, il doit pendant ce temps se tenir bien recueilli', rappeler dans sa mémoire et examiner sérieusement : les lieux où il s'est trouvé, les personnes qu'il a fréquentées, les affaires qu'il dirige . . etc., autrement il ne pourra déclarer que confusément une multitude de péchés , sans distinction de nombre , d'espèce et de circonstances.

4. Plusieurs aussi s'examinent trop superficiellement au point que dans le confessional ils ne savent s'accuser que d'un petit nombre de péchés. Combien les hommes d' affaires et de métier s'ils allaient jusqu'au fond de leur conscience, ne trouveraient-ils pas de mensonges coupables, de fraudes et de supercheries, de conventions illicites et injustes. Mais s'ils pénétraient ainsi dans leur conscience, il faudrait restituer le bien d' autrui injustement acquis, leur fortune en serait diminuée, voilà pourquoi ils ne veulent pas considérer les péchés de leur cœur. Les hommes sans pudeur, efféminés et voluptueux ne veulent pas passer en revue leurs infamies, parce qu'ils ne veulent pas changer de vie , et se donnent toutes les peines possibles pour se persuader que ce qu'ils font n'est pas péché.

SUR LA PÉNITENCE

Voulez-vous, àme fidèle, ne pas abuser de ce sacrement, mais en user comme il faut pour votre salut, agissez en faisant votre examen de conscience, comme si déjà Jésus -Christ devait vous juger au dernier jugement. Représentez -vous vivement votre Sauveur avec les yeux de la foi, et jugez-vous vous-même, afin qu'un jour vous ne soyez point jugé. Vous souvenant de cette parole: «Celui qui se juge soi-même, ne sera point jugé. »

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