Chron. xxvi
7 a LE LIVRE DES PARFUMS.
une niche devant laquelle on allumait des lampes et on brûlait de l’encens.
Les punitions sévères qu’entraînait l’usage des parfums sacrés prouvent suffisamment que les Juifs avaient une grande prédilection poür les aromates. En effet, ils avaient emprunté à leurs anciens maîtres, les Égyptiens, comme nous l’avons déjà dit, tous les raffinements d’une civilisation déjà très-avancée, et, entre autres, ce système d’ablutions et d’onctions parfumées que la chaleur de leur climat rendait particulièrement agréables.
LES HÉBREUX
devaient durer un an entier ; « six mois avec huile de myrrhe, et six mois avec senteurs et autres embellissements de femme. » C’est ainsi qu’Esther se prépara à être présentée au roi Assuérus et elle trouva grâce devant ses yeux plus que.toute autre vierge *.
Nous voyons aussi Ruth se couvrir de parfums pour plaire à Booz, et Judith avoir recours aux mêmes moyens lorsqu’elle veut enivrer Holopherne de ses séductions afin de délivrer le peuple de sa tyrannie. Elle se frotte d’un précieux onguent, natte sa chevelure, met une riche coiffure sur sa tête et échange sa robe de veuve pour « les habits de sa joie i. 2 3 . »
En un mot, nous trouvons les parfums cités à chaque instant dans la Bible. Tantôt on les emploie à donner une odeur agréable aux vêtements, comme le faisaient les Grecs du temps d’Homère, et comme ils le font encore de nos jours, tantôt on les brûle pour parfumer la salle du festin, tantôt enfin on les répand sur le lit, où ils devaient faire naître des songes agréables.
« J’ai parfumé ma couche de myrrhe, d'aloès et de cinnamome 8 »
On mélangeait aussi des aromates au vin pour le rendre plus agréable. Le vin du Liban, dont le prophète Osée vante la bonne odeur 4 , contenait de l’en-
i. Esther, n, ia.
a. Judith, x, 4.