‹ Le livre des ParfumsChapitre 9 sur 71 · Appelé onyx par les traducteurs modernes · texte numérisé non relu

Appelé onyx par les traducteurs modernes

choses aromatiques, ensemble de l’encens pur, chaque drogue à part. »

« Et fais-en un parfum, une composition faite par art de parfumeur, confite, pure et sainte. »

Le chapitre suivant nous apprend que Besaléel, fils d’Uri, et Oholiab, fils d’Ahisamach, « hommes remplis de l’esprit de Dieu en savoir et en intelligence, et en connaissance et en tout artifice », furent chargés de la préparation de cet encens, et devinrent ainsi les premiers parfumeurs des Hébreux.

Peu de sujets ont causé plus de recherches et de dissertations parmi les commentateurs des Livres saints que la nature des parfums dont se composait cet encens sacré.

Le stacté (ctoxtîi), qui est la traduction grecque du mot hébreu ^133 ( nataph ), signifie dans les deux langues quelque chose qui découle. On a donc pensé que cela pouvait s’appliquer au storax ou à l’opobalsamum. Gesennius le désigne simplement « gomme odoriférante » ; le professeur Lee veut que ce soit de la myrrhe, et Rosenmiiller fait dériver le mot «Toier/j de (JTa^eiv, distiller, et en conclut que le stacté était une essence composée de myrrhe et de cinnamome. Cette dernière opinion nous paraît fort risquée, car une essence aurait détruit la nature solide du mélange.

Les auteurs latins parlent aussi du stacté, chacun l’expliquant à sa manière. Pline le donne comme l’exsudation naturelle de l’arbre à myrrhe avant qu’il ne soit poncturé, et Dioscoride prétend que c’est un

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onguent composé de myrrhe pilée avec un peu d’eau et mélangée à de l’origan.

L’onyx ou ongle a encore plus exercé la patience des savants que le stacté. Geddes et Boothroyd l’assimilent au bdellium 1 et Bochard entasse arguments sur arguments pour prouver que c’était le labdanum 2 ou mastic, aromate encore fort employé en Orient. Maimonide l’appelle le sabot ou la griffe d’un animal, et Jarchi la racine d’une plante.

La version la plus accréditée toutefois représente l’onyx .comme la coquille d’un poisson habitant les marais de l’Inde, et qui devait son odeur au nard dont il se nourrissait. Ce poisson se trouvait aussi dans la mer Rouge, dont les Hébreux le tiraient sans doute. L’écaille blanche et transparente qui le renfermait ressemblait à un ongle humain, ce qui lui fît donner le nom d’onyx 3 .

Galbanum, en hébreu HlsSil (Chalbaneh ), signifie onctueux et s’applique évidemment à un baume: L’évêque Patrick dit que ce galbanum était une espèce très-fine qui se trouvait en Syrie sur le mont Amomus et qui différait entièrement du galbanum ordinaire employé en médecine, dont l’odeur est loin d’être suave.

Cet encens sacré était réservé au service de Dieu et il était défendu expressément aux Israélites d’en composer de pareil pour leur usage personnel.

1. Gomme-résine sécrétée par le balsamodendron mukul. a. Résine du Ci s tu s creticus.

j. ôvu? (onyx) en grec signifie ongle.

« Et ne vous faites aucun parfum de composition semblable à celui que tu auras fait. Qu’il te soit une chose sacrée à l’Éternel 1 . »

Les prêtres offraient cet encens soir et matin sur l’autel, en se servant des encensoirs que nous avons décrits. Le jour de l’expiation solennelle, le grand prêtre entrait dans le temple tenant d’une main l’encens tout préparé dans une cuiller, et de l’autre l’encensoir allumé. Il devait jeter l’encens sur le feu en pénétrant dans le sanctuaire, afin que la fumée qui s’élevait servît à dérober à sa curiosité la vue de l’arche sainte*.

Il était sévèrement Grand prêtre offrant l’encens. interdit aux particuliers de brûler l’encens dans le temple. Ce fut pour avoir violé cette loi et méprisé les menaces de Moïse et d’Aaron, que Coré, Dathan et Abiron furent engloutis avec deux cent cinquante membres du conseil, toute leur famille et tous leurs biens 3 .

i. Exode xxx,

a. Nombres xvi, rj.

j. Nombres xvi, ja-j$.

LES HEBREUX

Plus tard nous voyons le roi Ozias réprimandé par Azariah et quatre-vingts autres prêtres pour avoir voulu offrir l’encens sur l’autel. Le monarque ne tint pas compte de ces remontrances; il persista dans son dessein, et une lèpre hideuse vint s’abattre sur lui et venger l’outrage fait à l’autorité des Pontifes 1 .

Ce n’était pas toutefois seulement le vrai Dieu que les Hébreux cherchaient à encenser; ils rendaient aussi ces hommages parfois au veau d’or ou à d’autres idoles, tels que les Téraphims, espèces de fétiches qu’ils gardaient chez eux pour porter bonheur à leurs maisons et servir d’oracles au besoin. Ces Téraphims, d’après le rabbin Eliézer, se fabriquaient ainsi : on fendait la tête à un enfant premier-né, on l’enduisait d’huile et Téraphim, <r ap r& Caimet.

de sel, on plaçait sous sa langue le nom d’un esprit impur gravé sur une plaque d’or et on le dressait dans

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