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J. En grec vapSô(jTa)(ut.
mercantile qui ne les abandonnait jamais, en faisaient d’abondantes provisions pour les revendre dans leur pays.
Le docteur Blane, cité par Calmet, dit aussi avoir trouvé le nard sous forme d'herbe odoriférante, et le grand Linné lui-même paraît avoir partagé cette erreur en classant le célèbre aromate sous le nom d’c 4ndropogon nardus, plante qui donne aux parfumeurs l’essence dénommée géranium des Indes.
Sir'William Jones, orientaliste distingué, fit une étude spéciale de cette question ardue, et finit par
découvrir que le nard était une espèce de valériane appelée par les Arabes sumbul ; ce qui signifie épi barbu, et par les Indous jatamansi ou mèche de cheveux, noms dus tous deux à la forme de la tige, qui ressemble à la queue d’une hermine ou d’une belette.
Il lui donna donc la dénomination de Valeriana jatamansi, qui a été acceptée par tous les botanistes modernes. — Le mot nard pa-
(Vaicriamjatamami). raît être dérivé du mot tamul,
ndr, qui désigne une foulé de substances odorantes, telles que ndrtum pillu, verveine des Indes; ndrum
panel, jasmin ; ndrta manum, orange sauvage, etc.
Les illustrations qui servent de frontispice à ce chapitre, et qui sont tirées d’un manuscrit arabe persan du xn e siècle, représentent deux sortes de nard : l’une
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nommée en arabe nàrdin, l'autre phu. Cette dernière, qui est une espèce de valériane, se rapproche beaucoup plus de la description de Sir W. Jones. On voit sur la même planche le cinnamome et l’amyris dont on extrait le baume de Judée.
Si, après toutes les autorités que nous venons de citer, il nous est permis de hasarder notre opinion personnelle, nous [dirons que le nard des anciens était probablement un nom générique sous lequel ils désignaient les parfums les plus exquis, de même que les Chinois qualifient leurs principaux aromates du nom de hiang, qui proprement dit signifie encens, ce parfum étant pour eux le type de tous les autres.
C’est ainsi que les
Romains appellent Safran (Crocus Satims).
tour à tour nard un onguent exotique fabriqué à Laodicée ou à Tarsus et la lavande indigène employée pour le bain 1 .
r». N ardus Italica.
Ce qui tend à confirmer cette idée, c’est que le nard indien, valeriana jatamansi, que nous avons eu occasion d’examiner à l’exposition de Londres en 1862, possédait une faible odeur à peine agréable, et qui se perdait à la combustion.
Le safran se compose des stigmates desséchés du crocus sativus. — C’était un des aromates les plus appréciés des anciens, mais il n’est guère employé maintenant que pour la teinture ou comme condiment dans la cuisine méridionale.
La canne odorante est un roseau connu par les botanistes sous le nom de calamus aromaticus, et le cinnamome est l’écorce du cinnamomum verum.
L’encens est une gomme-résine obtenue par incision d’un térébinthacée nommé par les anciens Thurifera et par les modernes Boswcllia Thurifera. Cet arbuste est originaire d’Arabie ; c’était, du temps de Virgile, le pays de Saba qui fournissait le meilleur.
11 India mittit ebur, molles sua tliura Sabæi. »
L’Inde nous envoie l’ivoire, et Saba ses doux encens.
Théophraste prétend qu’il ressemble à un poirier et que c’est pendant la canicule seulement qu’on peut en obtenir le suc, Pline raconte une foule d’histoires merveilleuses sur l’origine du précieux aromate et les difficultés qui existaient pour l’obtenir.
On distingue deux sortes d’encens : le meilleur, l’encens mâle, est rond, blanc, onctueux, et s’en-
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flamme facilement. L’encens femelle est mou, plus résineux et moins suave d’ôdeur. On les extrait tous deux en incisant l’écorce de l’arbre comme on le voit dans le frontispice de ce chapitre.
Encens (Boswellia Thurifera).
L’encens brûlé seul produit une fumée âcre et peu agréable, -— aussi celui qu’emploie de nos jours le culte catholique est-il mélangé avec du benjoin.
La myrrhe est pour les poëtes le résultat des pleurs de Myrrha, fille de Cinyrus, roi de Chypre, qui fut métamorphosée en arbuste, pour la punir d’avoir trop
aimé son père. Pour les botanistes, c’est tout simplement Ja résine du Balsamodendron myrrha, qui croît principalement en Arabie et en Abyssinie ; elle ne sert dans la parfumerie moderne qu’à la composition des dentifrices.
Il ne faut pas confondre l’aloès employé en médecine avec celui dont parle la Bible. Ce dernier est Yo/lloexylum'agallochum, arbuste fort abondant dans tout l’Orient, et dont le bois trèsaromatique forme le principal ingrédient des bâtons odorants que les Chinois et les Indiens brûlent dans leurs temples.
Tous ces parfums étaient alors fort chers, et quelques-
Aloès ( Aloexylum Agallochum). uns valaient leur
poids en or. Aussi voyons-nous les aromates figurer parmi les riches présents que la reine de Saba apporte à Salomon, et ceux que les mages offrent à Jésus enfant. Lorsque Ézéchias reçut les ambassadeurs babyloniens, il leur montra toutes les choses précieuses « l’argent et l’or et les drogues aromati-
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ques, et les huiles de senteur de grand prix, et tout ce qui se trouvait en ses trésors 1 . »
L’habitude égyptienne d’offrir des parfums aux hôtes qu’on recevait pour leur faire honneur paraît avoir pénétré chez les Juifs. Isaïe parle de l’eau de senteur qu’on jette au visage de ses amis 3 , comme on le fait encore de' nos jours en Orient, et tandis que Jésus était à table dans la maison de Simon le Lépreux en Béthanie, une femme entra portant un petit vase d’huile de nard de grand prix, et ayant cassé le vase lui en versa sur la tête le contenu 3 .
Le savon ne paraît pas avoir été connu des Juifs. Il est vrai que le mot hébreu borith FTH3, qui se trouve deux fois dans la Bible 4 5 , est rendu dans presque toutes les traductions modernes par le mot savon, mais il y a tout lieu de croire que c’est une erreur.
La Septuaginte 8 traduit borith par herbe, et la Vulgate latine par l’herbe borith. Jarchi croit que c’était de l’herbe à foulon, et c’est aussi la signification que lui donne Diodati. « Quand tu te laverois de nitre et employeroi • autour de toi beaucoup d’herbes aux foulons... »
Maimonide prétend que c’était une espèce de saponaire nommée par les Arabes ga^ùl et qui, sui-