ALPH. KARR
AVANT-PROPOS
Mon excellent ami, M. Alphonse Karr, ayant bien voulu servir de parrain à mon nouveau-né, je devrais peut-être m’abstenir de tout préambule; cependant je désire adresser personnellement à mes lecteurs, av^nt d’endosser le nous éditorial, quelques observations sur l’origine ec le but de cet ouvrage.
Il y a une dizaine d’années environ, j’eus occasion de collectionner une foule de notes pour une conférence sur les parfums, dont j’avais été chargé par la Société des Arts de Londres, institution centenaire qui sert de trait d’union entre les sciences, les arts et l’industrie. Ces notes, dont je ne pris que la quintessence pour ma conférence, furent ensuite publiées in extenso dans un journal anglais, puis enfin, je les réunis en un volume sous le titre du « Livre des Parfums 1 . »
i. The Book of Per fumes.
AVANT-PROPOS
Le succès qu’obtint en Angleterre ce volume, qui a atteint sa sixième édition, m’enhardit à traiter le même sujet en français. Ne voulant pas, toutefois, donner une simple traduction, j’attendis que j’eusse recueilli de nouveaux renseignements, j’y joignis une partie des anciens matériaux, et le livre que j’offre aujourd’hui au public est le résultat de ce mélange.
On a déjà écrit de nombreux ouvrages sur les Parfums; je parlerai des anciens’en temps et lieu; quant aux modernes, ils se divisent en deux catégories : les manuels du fabricant et les livres de réclames, qui commencent généralement par une légère esquisse historique et se terminent par l’éloge des produits de telle ou telle maison.
Je dis au commencement de mon onzième chapitre pourquoi je tiens les manuels en médiocre estime, les livres à réclames ne me plaisent pas davantage ; tout en appréciant les mérites de la publicité, j’aime qu’elle se pratique ouvertement, et je n’admets pas qu’on fasse payer son prospectus. Ces opuscules ont un autre défaut à mes yeux; quoique publiés sous divers noms, ils ont entre eux, dans la partie littéraire, un petit air de famille qui semblerait indiquer une source commune.
Il a paru aussi récemment à Paris un manuel perfectionné de parfumerie, ayant des prétentions scientifiques assez élevées. Ce livre, écrit par un étranger, était traduit par un chimiste français qui, se trouvant souvent en désaccord avec l’auteur sur des questions techniques, adopta, pour mettre sa
AVANT-PROPOS
conscience en repos, l’ingénieux moyen d’entremêler la prose de ce dernier de remarques contradictoires. Jugez la position pénible de l’infortuné lecteur se trouvant ainsi ballotté entre l’auteur et le traducteur, l’un disant blanc et l’autre noir.
J’ai cherché dans ce nouvel ouvrage à éviter tous ces écueils en étant mon propre traducteur, et en n’offrant au public que ce que j’ai cru capable de l’intéresser. Aurai-je réussi? je le souhaite sans trop y compter. Mon livre anglais, quoique bien moins complet que celui-ci, obtint les honneurs de cent cinquante comptes rendus dans les journaux, dont un seul (VAthenæum) me fut défavorable, et encore était-ce sous forme de déni de paternité, ce qui, à tout prendre, pouvait passer pour un compliment. Les critiques français seront-ils aussi indulgents? J’ose à peine l’espérer, et cependant, sans me draper dans le manteau troué d’une feinte humilité qui laisse percer l’orgueil à travers les fentes, je leur rappellerai que je suis un simple industriel sans aucune prétention littéraire, et je les prierai de me tenir plutôt compte des laborieuses recherches auxquelles je me suis livré que du résultat qu’elles ont produit.
Eugène RIMMEL.
i' r février 1870.
Chap. 1.
qui inspire toutes ses
les corps organisés
fî\ imperceptibles vapeurs. Placé, i pour ainsi dire, en vedette sur : | la partie la plus proéminente du visage, ce sens, qu’on appelle l’odorat, transmet immédiatement, au moyen des nerfs