‹ Le livre des ParfumsChapitre 25 sur 71 · Martial, liv. Il, chap. su · texte numérisé non relu

Martial, liv. Il, chap. su

LES ROMAINS

es parfumeurs de Rome, appelés unguentarii *, ou quelquefois murobrecharii % étaient fort nombreux. Ils habitaient un quartier nommé vicus thuraricus, dans le Vélabre. Le plus célèbre, du temps de Martial, était un certain Cosmus, dont il fait souvent mention.

A Capoue, il y avait une si grande quantité de parfumeurs, que la principale rue de la ville, nommée Séplasia, leur était presque entièrement consacrée. Ces industriels étaient Grecs pour la plupart, et, comme à Athènes, leur boutique (taberna) était le rendez-vous des riches désœuvrés et des élégants patriciens.

Un épais rideau voilait aux regards indiscrets du public le mystérieux laboratoire où se confectionnaient les puissants auxiliaires de la beauté. C'est là que se pétrissaient la myrrhe et le lentisque, pour former des pastilles destinées à donner à l’haleine une suave fraîcheur; c’est là que la pierre ponce trois fois calcinée était réduite en poudre pour servir de dentifrice, ou qu’on pilait des roses avec des noix de galle pour en faire un opiat.

Là, à côté du véritable kohl égyptien, qui se vendait au poids de l’or, se trouvait le simple noir de fumée, dont les personnes économes se contentaient, à défaut du collyre étranger. Là se préparaient les

Page 1