Unona odoratissima, nommé aux Philippines ihlang-ihlang
accompagne ce sacrifice de prières, non pas chantées ou récitées, mais simplement contenues dans une espèce de cylindre de cuir qu’on tourne comme un rôtissoir à café. Chaque révolution de l’instrument compte pour une oraison, et les lamas paresseux, qui trouvent encore ce genre de culte trop fatigant, font tourner leurs cylindres comme un moulin, song-Boom; autel thibétain. au moyen d’un ap¬
pareil hydraulique. Quel dommage qu’ils ne connaissent pas la vapeur!
Dans une partie du Tonkin on adore un chien, et on lui offre en grande cérémonie, dans une tasse dorée, une certaine substance qui ne trouverait pas sa place dans le « Livre des Parfums. » Par égard toutefois pour l’odorat des fidèles, les bonzes ont soin d’arroser d’aromates le parquet du temple pendant la cérémonie.
Les populations des Himalayas emploient aussi des huiles parfumées pour leurs cheveux, et les lissent souvent à l’aide d’un peigne de poche double renfermé dans un étui curieusement sculpté. Les femmes por-
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tent deux tresses, et les hommes une seule ; les Lepchas s’ornent en outre d’une natte formant un demi-cercle élevé au-dessus de la tête 1 .
Peigne de poche (Himalayas).
En Cochinchine, lorsque les pêcheurs se disposent à partir en voyage, ils cherchent à se rendre leurs dieux favorables en brûlant des bois ou des résines consacrés sur des autels formés de pierres grossières.
Les Javanais, qui fournissent aux Chinois les nids d’oiseaux dont ils sont si friands, font des sacrifices semblables avant de s’embarquer pour ces expéditions généralement fort périlleuses. Ils immolent un buffle, récitent des prières et s’enduisent d’huiles par-
i. D r Hooker, Journal des Himalayas, I, 195.
fumées, puis ils brûlent du benjoin à l’entrée des cavernes où ils doivent s’aventurer. Un prêtre stationné dans le voisinage offre de l’encens à une divinité tutélaire et bénit les pêcheurs avant qu’ils descendent dans l’abîme.
On trouve dans les vieux auteurs chinois des anecdotes qui prouvent l’antiquité des parfums parmi ce peuple.
Dans une nouvelle intitulée ' Hiang Shau ou le Secrétaire et les Parfums, et qui date de l’an 300 de notre ère, on raconte qu’un ministre avait pour secrétaire un jeune homme qui s’éprit de sa fille. Il s’aperçut un jour à l’odeur des vêtements de son secrétaire que sa fille lui avait donné quelques parfums dont on lui avait fait présent, et crut ne pouvoir mieux faire que d’unir les deux amants.
Dans la légende de Tao-ssé, traduite par Stanislas Julien, In-Kong, ayant reçu la visite du dieu des songes, s’empresse de brûler de l’encens en son honneur. Dans le « Portrait de famille », autre conte chinois, on parle aussi de cassolettes exhalant les parfums les plus exquis.
Nous terminerons nos citations par cet apologue également traduit par M. Julien.
Ufi homme privé de la vue savait tout reconnaître
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à l’odeur. Un bachelier prit un livre et le lui fit sentir. C est le Si-siang-ki 1 , s’écria l’aveugle, car il exhale une senteur de pommade et de fard. — Et celui-ci? — C’est le San-koué-tchi s . — Comment le savez-vous? — Parce qu’il respire la poudre de guerre.
Parmi les proverbes attribués au célèbre Confucius (Kong-Fou-Tsee), on cite le suivant : «L’encens parfume les mauvaises odeurs, et les bougies illuminent le cœur des hommes. » A en juger par la quantité de parfums et de lumières que les habitants du Céleste Empire prodiguent dans leurs cérémonies religieuses et dans leurs fêtes particulières, on pourrait en conclure assez méchamment qu’ils se sentent le cœur bien noir, et que l’odeur de leurs temples et de leurs habitations a grand besoin de cor- —-
rectif. Bâtons d’encens chinois.
L’encens chinois s’emploie sous forme de bâtons (wan hiang) ou de papier doré (yuen paon). La consommation en est si grande qu’au dire de Morrison elle occupe dix mille fabricants dans la province de Canton seulement.
i. Le Pavillon d’Occident, ouvrage qui traite de la toilette, a. Récits de batailles.
Chaque matin et chaque soir on doit offrir aux dieux trois bâtons d’encens ; tantôt on les place dans un encensoir de forme élégante, comme le spécimen ci-joint pris du temple de Tong-Chou-Fou, tantôt on les dépose au pied d’une statue, comme celle de la Providence qui est représentée visà-vis. Ces bâtons, que les Européens nomment joss (corruption du mot portugais Dios ), forment aussi un accessoire indispensable de tous les banquets.
Dans le Ti-vang-mi-ao ou salle (Tong-chou-Fou). des cérémonies à Pékin, on voit douze grandes urnes, consacrées aux empereurs décédés, dans lesquelles on brûle de l’encens. L’encens forme aussi partie de l’hommage que les mandarins offrent aux souverains quand ils vont le visiter, et, lors même qu’il est absent, ils en brûlent devant son trône. On rend pareil honneur aux mânes de Confucius pendant la fête annuelle qui se célèbre en son
Les parfums jouent également leur rôle dans les funérailles chinoises. Le corps est lavé, parfumé et revêtu de ses plus beaux habits, puis on place au-dessus du portrait du défunt la cassolette montée sur pieds qui se trouve dans toutes les maisons un peu aisées.
Le cortège se forme ensuite et conduit le mort à
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sa dernière demeure en brûlant des papiers odorants. Les plus proches parents se traînent sur des béquilles, comme si la douleur avait paralysé leurs forces, tandis que les femmes, portées dans des palanquins fermés avec des rideaux de soie blanche, se répandent en lamentations.
Outre les bâtons et papiers aro- 1 matiques, la parfumerie chinoise comprend encore quelques huiles essentielles d’un parfum plus fort qu’agréable, une poudre nommée e hiang pour donner une bonne odeur aux vêtements et une pommade pour les cheveux, appelée hiang-tsaou.
Comme chez certains musulmans, la boîte de parfums nommée | chwang-lëen forme une partie in- statue de la Providence, dispensable de la corbeille de mariage, les plus riches y joignent un nécessaire de toilette (king-lëen ) .
renfermant tous les instruments nécessaires pour se coiffer et se farder.
Les Chinois n’emploient pas de savon, un t] 11 alcali naturel nommée keen , qui se trouve en I abondance aux environs de Pékin, leur sert Cassolc „ e pour laver le linge. Quant à leur toilette, nous chinoise sommes forcé de convenir qu’ils ne considèrent pas les ablutions comme en formant la base principale.
En revanche, les femmes se servent d’une foule de cosmétiques, Les élégantes emploient comme les anciennes Romaines, pour conserver leur teint, une espèce de masque composé de farine de riz et d’huile de thé, qu’elles gardent toute la nuit et enlèvent le matin. Elles se frottent alors la peau d’une poudre blanche nommée meen-fun. et se colorent les joues, les lèvres, les narines et le bout de la langue avec du carmin étendu sur de petites cartes dont la surface, d’un vert métallique, se change en rose vif en la mouillant du doigt. Quelques-unes font une espèce de cold-cream de la pulpe d’un fruit nommé lung-ju-en.
Elles lissent leurs cheveux avec la pommade dont nous avons parlé, ou au moyen d’une sorte de vernis qui leur donne un éclat extraordinaire et les fixe parfaitement. Ce vernis se compose de copeaux qu’on fait fondre dans un verre d’eau, et qu’on applique avec une petite brosse.
On reconnaît à la coiffure d’une Chinoise si elle jeune chinoise. est fille, femme, ou veuve.
Avant le mariage, elle porte les cheveux relevés sur le front, en forme de croissant et nattés par derrière en
une longue tresse qui tombe quelquefois jusqu’à terre.
Le jour de ses noces elle doises d’une couronne de rpapier doré, et le lendemain elle se fait une espèce || de chi
s orne comme
ignon appelé, vulgai- !
rement coiffure à la théière. |||| flk 'jlÈiSlIjli
Les jours de fête ce chignon |||| I
est orné de fleurs naturelles ou artificielles, suivant la
Lorsqu’une femme perd i
son mari, elle se rase une - — -